Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita]
header

Partagez|

Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita]

Heliaïna Irisnovic
Vilain
avatar
Surnom : La Terreur Rouge
Profession : Contrebandière
Rang : C
Yens : 180
Alignement : Dominatrice
Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita] || Jeu 26 Juil - 16:20

Une, deux, trois… Six cigarettes plus tard je sortais enfin du rade miteux qui me servait de cachette aujourd'hui.

Le vieux tenancier avait toujours été un immonde sac de purin veule et pourris jusqu'à la moelle mais il était à peu prêt le seul bonhomme capable de me cuisiner une tourte à l'agneau convenable. Il savait fermer sa grande gueule lorsque je mangeais, n'avait pas les mains baladeuses et était presque agréable avec clients… S'en était presque triste qu'il soit obnubilé par l'argent, surtout au point de tenter de subtiliser le portefeuille qui dépassait du petit sac à main que j'avais laissé au pied de son comptoir. Il devait vraiment n'avoir qu'un demi neurone d'actif pour croire que j'avais quitté des yeux mon sac alors qu'il venait de me servir mon seul repas de la journée. J'ai longuement hésité à l'envoyer de l'autre côté pendant que je me gavais, c'est son immonde sourire de vicelard fier de ses conneries qui l'a envoyé rejoindre ses vils ancêtres, pas moi. Heureusement que j'étais seule dans son rade pourris, je n'avais vraiment pas la foi d'éliminer des témoins…

Je sortais donc de ce petit bouibouis une longue cigarette au bec, l'air las et une mèche de mes cheveux cendrés me tombant sur l’œil droit, ça me donnait l'air d'une espèce de chien mouillé ou je ne sais quel autre genre de serpillière. La nuit venait de tomber sur Tokyo et le peu de populace traînant dans ce quartier était rentré chez elle bien avant que le soleil se couche. Au final la ville pouvait se montrer assez agréable, une fois vidée de ses habitants, les hauts grattes-ciels grisâtre me rassuraient presque une fois la nuit tombée, ils avaient un air blafard et oppressant mais formaient tout à la fois un cocon d'anonymat non négligeable. Et puis l'air japonais était bien plus respirable de nuit, sans les milles et unes automobiles que l'on pouvait entendre ronfler à des kilomètres et les milliers de petits bureaucrates que l'on devait éviter pour se frayer un chemin dans les rues de la capitale de jour.

Je déambulais donc paisiblement, sans sembler suivre un chemin précis me dirigeant simplement au hasard dans la direction qui m'intéressait. Je n'étais pas bien pressée de toute façon, mon portable indiquait à peine 22h alors que mon rendez-vous avec Mr. Nakamura était programmé pour minuit. L'image, assez repoussante, du solide vilain me revenait au même instant en tête. Même au plus profond des ghettos russes je n'avais jamais vu pareil bonhomme. Deux mètres au garrot, un visage carré, dur et… Abîmé, pour rester polie, le regard en acier trempé et cet air mauvais, violent voilà c'était ça le mot. Oh il ne m'effrayais pas pour autant, quand on travaillais avec les ravagés du bulbe des bas-fonds russes et chinois on apprenait vite à ne pas se laisser intimider par les apparences de tout à chacun. Lui devait avoir bien ris en voyant la poupée d'un mètre soixante qui se cachait sous le pseudo de Konstantinos, il devait s'attendre à une belle brute de marchand d'arme Balkanique, à la place y avais moi et ma gueule d'intello mal brossée… Mais le courant était passé tout seul, il voulait des armes, des explosifs en tout genre et de l'efficacité, moi je voulais des contacts dans la pègre. On s'est vite arrangé, après deux trois livraisons qui par ailleurs me font encore manger aujourd'hui, une sorte de… ''test'' : avec nos Alters respectifs, l'homme volcanique et la fonderie humaine, braquer des banques, ouvrir des coffres forts et s'échapper de tout le foutoir ainsi créer semblait d'une facilité enfantine. On avait pris pour cible une petite banque de dépôt affiliée à la banque centrale japonaise, cible facile, assez peu gardée et surtout pleine de liquidités selon mes informations. Une prise de choix tant pour tester nos capacités respectives que pour se remplir une bonne fois pour toutes les poches et pouvoir ensuite s'atteler à des projets plus ambitieux, pour ma part en tout cas. Je ne savais pas grand-chose des buts du colosse nippon, il était violent, aimait tuer, violer, torturer et faire sauter des bombes. C'en était assez pour dresser un rapide tableau de la psyché du bonhomme : il ressemblait en tout points aux terroristes russes que j'avais pu croiser lors de mes pérégrinations, il était né pour les champs de bataille et il en jouissait continuellement. Je n'avais que peu d'affection pour ce genre de type, ils étaient des oppresseurs nés, mais il était impossible de ne pas reconnaître leur efficacité. Je comprenais aisément pourquoi le Syndicat se reposait sur pareille engeance : ce type devait distiller la terreur dans les rangs des Héros.

C'est à ces pensées que j'atteignais le point de notre rendez-vous, un rapide coup d'oeil à me cellulaire m'annonçait un bon quart d'heure d'avance, que je tuais d'une, ou dix, bonnes cigarettes. Le coin était franchement lugubre, la banque que nous ciblions était au beau milieu d'une petite avenue commerçante touts feux éteints et sans âme qui vive. Deux badauds, alcoolisés, et un sans abris traînaient encore dans la rue et je me fis toute petite dans une alcôve. Seule la fumée des cigarettes que j'enchaînais trahissais ma présence et les deux épaves n'étaient pas en état de s'en rendre compte… Je les observais en attendant mon homme, deux salary-man ivres morts la cravate défaites et la gueule rougeaude. J'aimais l'alcool, avec passion, mais jamais je ne me mettais dans pareils états, c'était dégradant putain…

Après ma onzième cigarette je vis une ombre approcher dans le sens inverse des deux poivrots, toujours occuper à chanter d'incompréhensibles chansons en s'égosillant comme jamais, vu l'air massif de cette dernière et les 23 heures 59 qu'annonçait mon téléphone je me doutais qu'il s'agissait de Keita. J'hésitais pourtant à sortir de ma cachette, ce n'était pas le moment d'attirer l'attention des deux poivrots et la brute elle devait avoir déjà remarqué la fumée sortant continuellement de la petite alcôve où je patientais. Je me contentais donc de glisser une jambe, surmonté d'une combinaison entièrement noire, seul vêtement sur ma peau en plus de la veste en jean que je portais par dessus et comptait abandonner dans cette alcôve le temps de notre forfait, hors de ma cachette suivit de prêt par ma tête. Je n'eus l'occasion de croiser le regard du Yakuza mais voyait parfaitement à son allure qu'il m'avait vu, je m'enfonçais donc à nouveau dans mon alcôve, allumais une dernière cigarette et attendis que le bestiau soit dans mon champs de vision pour lâcher subrepticement, et avec un accent occidental laid à en pleurer :

« Mr. Nakamura ? J'agitais mollement la main avant de retirer ma veste, tout est prêt de mon côté et à part les deux épaves devant vous l'endroit semble désert. C'est quand vous voulez. »


Nakamura Keita
Membre du Syndicat
avatar
Surnom : Vulcain
Profession : Mercenaire - Lieutenant du Syndicat
Rang : S
Yens : 1285
Alignement : Destructeur
Re: Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita] || Dim 29 Juil - 1:43

Haute température !


- T’es plutôt sexy dans ta combi, dis donc…

Une fois arrivé à son niveau et devant le fameux alcôve, j’me mis à la mirer de haut en bas. J’devais bien avouer que les occidentales avaient un charme bien à elles. Elle était p’être plate et pas plus haute que trois pommes, mais elle avait une joliesse indéniable et une bouille mignonne. Sous une pensée bien lubrique d’mon cru, j’la voyais s’accroupir devant moi en train d’me pomper l’dard. C’était pervers, oui, mais les gens qui savaient comment j’étais n’en seraient pas étonnés. Pis, j’avais beau kiffer comme un chien les callipyges que j’adhérais à l’adage qui disait que « l’exception confirme la règle ». Ceci étant dit, j’avais la nette impression que si j’y allais trop fort avec elle, j’risquais d’l’éclater complètement. Elle avait la forme d’une poupée Barbie ou limite d’une adolescente à peine sortie d’la pré-puberté, quelque chose du genre. J’me fis aussi la réflexion qu’elle aurait même pu me mener par l’bout du nez si elle avait eu un séant un peu plus développé, un peu comme une certaine coréenne. On pouvait faire l’impasse sur les gros seins. D’ailleurs, j’étais pas pro mamelle d’vache à lait, même si j’étais pas du genre à bouder mon plaisir quand j’en avais en face. Là, l’européenne avait quedal. Taillée comme une véritable japonaise, en fait. Presque triste tout ça. Pourtant, y’avait un p’tit queq’chose chez elle qui pouvait m’captiver. J’cherchais pas à la foutre coûte que coûte dans mon pieu, mais c’était certainement sa joliesse qui m’avait poussé à accepter l’deal.

- C'quoi cette odeur… ?

Sur ma phrase sortie d’nulle part, j’m’étais alors penché vers elle tout sourire pour la sentir, comme ça, sans pression, au calme quoi. A force d’côtoiement, la jeune femme avait dû capter que j’craignais pas du tout son pouvoir et que l'concept d’espace privée, j’connaissais pas vraiment. Après, j’poussais pas non plus ma chance plus loin jusqu’à la peloter, la bécoter ou autres joyeusetés du genre. Notre relation restait pro, mais elle devait capter que des étrangères à titiller, y’en avait pas des masses au Japon, surtout dans notre milieu assez particulier. J’continuai à la sniffer comme un clebs pendant un certain moment, jusqu’à ce qu’un sourire pervers n’barre ma gueule déjà bien amochée. Elle avait p’être fumé comme un pompier, mais y’avait des effluves qu’échappaient pas à mon fin odorat et j’pouvais conclure sans mal que : Tu pues la mort. Mon chuchotement n’était pas un reproche. Bien au contraire même. L’idée qu’elle ait saigné un type avant d’venir ici m’amusait. Mon sourire dégueulasse près d'sa face d’vait lui faire comprendre c'fait. Les deux alcoolos qui passèrent enfin à notre niveau s’mirent à s’marrer comme d’gros cons. Vu ma posture, il pensait que j’étais en train d’rouler une pelle à Helia qu’ils pensaient être une catin. D’ailleurs, l’un d’eux s’mit à proférer des obscénités à notre égard pour pas dire à l’égard d’celle que j’étais supposé entrain d’galocher comme un gros porc. Dure la vie d’femme hein… ?

- ‘Fin… Tu m’dis quec’est quand j'veux mais vu que c’est toi qu’à choisi l’coin, j’suppose que t’as quand même un plan… Non ? Tu croyais quand même pas qu’j’allais pas t’fournir ça ? A moins qu’on y parte comme ça en portant nos couilles ?

Là, mon sourire s’élargit encore plus et mes pupilles s’dilatèrent sous l’effet d’l’excitation (d'celle d'faire du carnage, j’rassure), si bien qu'ma tronche ressemblait à celle d’un démon, carrément. D’toute façon, j'savais, elle savait, nous savions : Une bonne partie du braquage allait certainement s’dérouler d’façon chaotique. J’étais pas un homme à suivre les plans à la lettre en vérité. Les trucs trop bien planifiés, trop bien fignolés, ça enlevait son charme à la destruction. J’aimais l’imprévu, les casses corsées, parce que ça m’amusait et m’rendait clairement vivant plus qu’autre chose ! Du fun à tout point d’vue. Puis, sans attendre sa réponse, j’me redressai tranquillement avant d’fouiller mes poches pour m’trouver une clope dans un paquet presque vide. J’aurai bien pu la fouiller, mais j’avais pas envie d’me faire cramer. Ou d’me faire presque cramer. Si j’pouvais contrer l’essence d’ses attaques, mon alter n’était clairement complètement invulnérable au sien ; et c’était bien parce que j’considérais qu’elle avait du potentiel –en plus d’sa tête d’suceuse- que j’prenais plaisir à l’assister dans ces missions. L’argent ? Une connerie pour moi. Ça m’intéressait pas vraiment et j’avais c’qui faut pour vivre ou pour m’faire plaisir quand j’en avais envie. Mon plaisir s’résumait aux clopes, au sake et au cul d’Iseul. Ceux des putes quand Iseul était pas dispo ou qu’elle m’faisait la tête. Ça s’apparentait à un substitut mais au moins, j’me vidais quelque peu les couilles…

- Allez, on va s’échauffer un peu…

Après avoir embrasé ma clope grâce à un doigt magmatisé, j’tirai une taffe que j’soufflai sur elle pour la titiller un peu -faut dire que y’avait pas qu'son accent dont j’me moquais parfois-, avant d’me redresser enfin pour tourner ma gueule vers les saoulés qu’arrêtaient pas d’raconter j’sais pas quoi. Étant donné que j’avais une grande capuche, ces derniers n’me reconnurent pas et heureusement. Faut dire qu’à Tokyo, j’avais pas du tout le loisir d’me balader sans camoufler mon visage tellement ça pullulait de héros. Pas comme à Sapporo où tout était tranquille grâce aux nombreuses mafias qui y étaient implantées, mais surtout grâce au syndicat. Enfin… Pas un fait qui m’faisait chier jusqu’à la mort puisque j’en jouais parfois, d’mon anonymat ici. J’me rapprochai alors des deux types avant d’passer derrière eux pour foutre un bras par-dessus les épaules d’chacun. Si ma carrure les impressionna pendant un moment au point qu’ils avaient quand même fini par s’raidir, j’pris un ton moins rauque pour les appâter un peu tout en les entrainant avec moi. Puis, lorsque nous furent tous les trois face à l’alcôve qu’accueillait en son sein la belle grecque, j’pointai un doigt vers elle : Elle veut s’amuser avec vous les gars ! Elle vous trouve à son gout ! Une partie d’l’alcool s’vaporisa instantanément d’leur sang pour faire place à un soudain entrain pervers, puisque c’est tout sourire qu’ils s’avancèrent vers elle en tendant leurs sales paluches, frocs déformés.

Qui voudrait pas s’enfiler une étrangère même en pleine rue ?

________________




Dernière édition par Nakamura Keita le Dim 29 Juil - 13:26, édité 1 fois
Heliaïna Irisnovic
Vilain
avatar
Surnom : La Terreur Rouge
Profession : Contrebandière
Rang : C
Yens : 180
Alignement : Dominatrice
Re: Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita] || Dim 29 Juil - 7:22

Il avait vraiment la gueule d'un méchant de film le Nakamura, je m'y faisais pas…

Et j'aurais bien voulu dire que cette gueule était posée là, face à moi, mais en réalité elle me toisai de haut, très haut même : trente bons centimètres séparaient sa ligne de vue de la mienne et si je ne m'étais pas adossée contre le fond de l'alcôve pour relever la tête je serais en train d'admirer son poitrail… Mais même de si loin il faisait peur à voir, c'était cette bouche, ces dents saillantes et cette mâchoire apparente à travers la passoire qui lui servait de visage qui faisait tout le personnage. Le temps que son regard lubrique fasse le tour de ma combinaison j'avais enchaîné une nouvelle cigarette et rangé cellulaire et paquet de clopes dans le petit sac à main, encore bien remplis, que j'avais planqué sous ma veste ; si tout se passait bien ce soir je passerai récupérer le tout au petit matin, sinon j'aurais perdu trois clopes et un portable à 500 yens.

Une bouffée de tabac failli me transpercer l’œsophage quand le colosse approcha soudainement sa tête de mon col pour sortir la plus élégante des remarques. Je reniflais nerveusement à deux reprises avant d'hausser les épaules et me diriger vers une nouvelle bouffée lorsque Keita se mit à renifler lui aussi, mon col puis ma poitrine et mes bras… Je ne restais interdite qu'un très court instant, on survivait pas longtemps aux côtés de déglingos dans son genre en jouant la pudeur vertueuse et j'eus le temps de tirer trois bonnes lattes avant qu'il ne cesse de se prendre pour un chien et de me renifler la combinaison. Son immonde sourire de dégénéré apparu ensuite à travers la fumée de ma clope, réussissant à me faire arquer un sourcil amusé jusqu'à-ce qu'il me la sorte comme un coup de pilon dans la tête…


'' βλασφημία αιμορραγία αισθάνεστε το αίμα να περάσει το χρόνο ή τι ? ''

(Putain d'limier tu flaires l'hémoglobine pour passer le temps ou quoi ?')


J'hoquetai de surprise, je n'avais aucunement prévu de la sortir à voix haute celle-là… Il n'y prêta pas attention en tout cas, il continuai de me fixer avec son sourire de ravagé du bulbe, il était aussi flippant que dégueulasse, mais putain ce qu'il en imposait : avec lui dans les parages j'avais toujours l'impression de me retrouver dans un vieux film de gangster américain. Je laissait couler sa remarque, et le fait qu'il me toisait maintenant bien en face à face avec la gueule à une dizaine de centimètres de la sienne, j'avais l'air d'une proie sur le point de se faire boulotter par le lion le plus sadique de la région. Mais bordel, il avait du nez, pas loin d'une vingtaine de cigarettes, quelques gouttes de parfum et la solide odeur de l'agneau cuit dans son gras et une sacrée tripotée d'oignons étaient passés par là depuis que j'avais concassé la tête de ce vieux fils de baillis contre la plaque de cuisson de son rade pourris et ce taré de Nakamura était encore capable de sentir le sang qui avais giclé sur ma face à force de coups répétés dans le fond d'une poêle... C'était bien un tueur né pas de doutes là dessus… C'est ainsi prise dans ce jeu de regards et de narine que j'aperçus, derrière la masse imposante du Yakuza, les deux poivrots locaux nous passer devant et se fendre en calembours et insultes quand à ma condition de… Pute ? Il avais bien dit pute cet enfoiré de fils de dégénéré des steppes ? Mon sang bouillit tandis-ce que dans ma tête la température montait, littéralement, et que le colosse japonais reprenait.

Ah, oui, le moment intéressant : le plan. Y'avais pas de plan, de la banque comme de la soirée. C'était pire que de l'amateurisme c'était de l'improvisation enthousiaste. J'étais fourré avec le plus dangereux et ravagé du bulbe des tueurs psychotiques du pays, qu'es-ce que je pouvais bien en avoir à foutre de l'élaboration d'un plan ? Au vu de sa réputation ç'aurait juste servis à faire joli contre un mur lorsqu'on se serais sortit de là. Non j'avais mieux qu'un plan, j'avais la force…

''Depuis quand l'grand Keita Nakamura s'intéresse aux plans ? Vous entachez votre réputation là. Lui répliquais-je immédiatement un sourire narquois aux lèvres. On porte nos couilles comme vous dites, et pou… Je me fis couper par un épais volute de fumée dirigé en plein dans ma face.

Et je restais là, penaude, alors que le colosse se relevait et se tournait vers les deux poivrots, qui venaient tout juste de me traiter pour la 62e, comme le nombre de leurs os que j'avais l'intention de leur faire ingurgiter par le sphincter, fois de ''pute'' en moins de cinq minutes. La scène ne dura pas bien longtemps mais je les vis comme passer de ''raide comme des planches'' à ''cuit comme cochons'' en moins de temps qu'il ne me fallu pour rallumer ma cigarette, après tout un molosse comme le Yakuza qui vous tombait sur le coin de l'épaule aussi inopinément ça fichais un sacré coup au moral en général… Et pourtant, alors que je profitais de cet instant d'intimité pour récupérer les trois clopes que j'avais rangé dans mon sac, je vis la figure des deux poivrots s'illuminer du sourire mauvais que seuls les hommes prévoyant de se vider l'entrejambe savaient produire. Je restai dans le fond de mon alcôve l'air interdit alors que Nakamura revenais vers moi avec ses deux nouveaux, et éphémères, camarades en me pointant du doigt avant de sortir une réplique définitivement digne d'un proxénète de film de mafieux.

Le miracle là dedans c'est que je me pris immédiatement au jeu, je n'étais pas une sainte nitouche ni une vierge effarouchée, il est vrai que je n'avais pas beaucoup d'atouts ''féminins'' à proposer à la vue de ces messieurs ; mais j'avais la grâce légendaire de mon peuple et je savais comment cambrer un dos, et pas que le miens… Je dégainai alors mon plus radieux sourire, et dieu sait qu'il était radieux vu le soin quotidien que j'apportais à ma dentition blanche immaculée, me cambrai dans une posture improbable appuyée sur chaque côtés de mon alcôve la jambe gauche pliée et une main dans mes cendrés cheveux souriant en coin comme la plus aguicheuse des prostituée. Pour mettre les choses au clair, évidemment ; évidemment, ce n'était pas la première fois que je le faisais… C'était si facile d'avoir les hommes à ce jeu là que m'en priver aurais été criminel, surtout lorsque mon périple chinois en dépendait. Sauf que là c'est moi qui jouissais de voir ces deux pauvres sacs à saké remplir soudainement leurs pantalons respectifs, malgré la croyance populaire, en ricanant comme les bons fils de chiens qu'ils étaient. J'allais me les faire putain.  

Je pris alors mon plus bel et cliché accent européen, accompagné d'un superbe rire de courtisane frivole, pour lâcher le plus naturellement possible :

''Je n'ai jamais pu me contenter d'un seul homme… Messieurs. Je laissais un temps en suspens aux deux poivrots, dont l'un retirait déjà son froc, et Mister Nakamura est trop brute pour moi… Je quittais ma position ridicule pour ouvrir grand les bras à celui des deux qui était déjà cul nu et le laisser s'y glisser. Montrez moi ce que c'est que le Nirvana les garçons.''

Et à l'instant ou l'heureux poivrot commençait à fouiller ma combinaison, pour chercher un passage ou un velcro je ne sais pas bien ce qu'il tentait, les deux mains que j'avais langoureusement posé sur ses joues se resserrèrent pour lui écraser les tempes tandis-ce que mon sourire se faisait nettement moins aguicheur et mes yeux bien plus vrillés. La température de mes mains frisais déjà les 800 degrés Celsius quand je commençais enfin à sentir mes doigts passer au travers de ses joues pour venir appuyer sur sa mâchoire inférieure. Le pauvre bonhomme tenta bien d'hurler, mais des doigts comme du plomb en fusion lui parcouraient déjà le fond de la gorge ; alors que la peau et les muscles de son visage se vaporisaient à vitesse grand V. Un rictus hideux de colère et de jouissance déformais mon visage précédemment si doux alors que je me mettais à susurrer à l'oreille encore intacte du mourant.

''Alors elle te plaît ta pute sale petit fils de chien ? Tu croyais vraiment que tes sales petites pattes de clebard allaient toucher autre chose que ta queue ce soir ?''

Je relâcherais la pression une petite dizaine de secondes plus tard, lorsque la tête de l'ex-alcoolique n'étais plus qu'une pâte informe dégoulinant sur mes mains couvertes de sang et de liquide céphalo-rachidien, son corps décapité s'effondra comme un sac alors que je relevais les yeux vers le deuxième qui venait de buter contre Keita en reculant l'air apeuré.

''Merci pour ce moment Mr Nakamura mais si vous pouviez m'prévenir avant de me filer de quoi me saloper ma combi la prochaine fois ce serait fort aimable.''

La sérénité qui m'envahissait après un tel meurtre était inégalable en intensité, j'agitais mollassement les mains pour en dégager les restes du défunt fils de chien avant de jeter un coup d’œil dédaigneux au second poivrot puis de lui lâcher un sourire à nouveau radieux et de remonter la tête, et le sourire, vers le colosse.

''On peut revenir aux choses sérieuses maintenant ?''

________________


Thème d'Heliaïna
Nakamura Keita
Membre du Syndicat
avatar
Surnom : Vulcain
Profession : Mercenaire - Lieutenant du Syndicat
Rang : S
Yens : 1285
Alignement : Destructeur
Re: Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita] || Dim 29 Juil - 15:18

Haute température !


- Aaaah… T’es vraiment magnifique comme ça… T’me donnerais presque envie d’te dévorer toute crue !

Mes mirettes n’affichaient plus pupilles ni iris. Ils étaient vitreux avec un sourire diabolique qu’arrangeait rien au tableau que j’devais donner aux deux autres personnes ; puisque la deuxième victime s’était retournée vers moi avant d’faire littéralement sur lui. Fallait vraiment être vilain pour apprendre à pas avoir peur d’ma gueule. Ou être un héros qui m’détestait farouchement et qui cherchait à m’faire la peau. Mais comme l’type qu’avait la bite à l’air n’était dans aucun des cas, l’voilà qui paniquait comme un pauvre con. Il voulut même hurler comme un dingue, mais aucun son n’sortit d’sa gueule tant il s’voyait déjà six pieds sous terre. Et il avait pas tort d’penser d’la sorte. La mort lui pendait effectivement au nez. A Sapporo, j’l’aurai surement laissé filé. Malgré les litres d’saké dans son sang -Qu’avaient dû s’évaporer sous la terreur qu’il ressentait à l’instant T-, il aurait pu s’enfuir et faire notre renommée. C’était parfois qu’on s’faisait un nom. Même un « ravagé du bulbe » comme moi en était conscient et consentait à laisser un ou deux chanceux s’en tirer. Mais ici, y’avait tellement de héros à chaque coin d’rue que j’me voyais pas faire cette erreur. J’étais pas un couard, mais y’avait bien des moments où j’avais  pas envie d’prendre d’risques inutiles, surtout que j’étais pas là pour une cause ou un but bien précis. Juste pour l’fun d’aider une « blanche » plutôt mignonne qu’essayait d’se faire une place dans l’milieu. Une sorte d’piston quelque part…

- P-Pitié !!! Ne me tuez pas ! Je ferais tout ce que vous voudrez ! Je vous jure que je ferai tout ce que vous voudrez ! D’ailleurs, vous l’avez entendu hein !  C’était l’autre qui l’insultait allègrement ! Moi je faisais que rire de sa connerie sans rien dire !! Il l’a bien mérité sa mort ce con, hahahahahaha !

Ow… Qu’elle était belle la nature humaine ! Y’a bien des jours où j’me disais en fait que j’étais p’être un fumier, mais bien loin d’être hypocrite qu’ces chiens qui composaient une société qui s’pensait parfaite et sans aucun défaut. Du reste, l’type s’était même mis à genoux devant moi, avant d’se prosterner comme un fidèle devant son dieu vivant. Là-dessus, j’avais haussé un sourcil à la fois dégouté et amusé par la scène qu’il nous faisait. Il avait craqué le pauvre ! Mais sa survie n’était pas négociable. Alors qu’il était face contre goudron, j’levai l’une d’mes pattes qui s’recouvrit aussitôt d’magma avant d’écraser sa nuque pour n’pas dire son crâne sans effort. Sa mort avait été quasi-instantanée. Rapide même. Ses salamalecs avaient commencé à m’faire chier, mais il avait eu l’mérite d’faire vibrer « ma corde sensible » pour que j’lui offre une mort rapide. Restait plus qu’un amas d’sang et d’cervelle bouillie sous ma semelle et même que l’tout avait bien maculé mon jeans, mais j’en avais pas grand-chose à cirer contrairement à la demoiselle qui s’était presque plaint à cause d’sa combinaison qu’elle avait dégueulassé. J’avais également compris son empressement à travers sa dernière phrase bien avant que j’bute l’deuxième malchanceux, sauf que j’comptais revenir sur sa plainte. Ladite plainte. Mais bien avant, j’avançai vers elle avant d’choper l’un d’ses bras pour la tirer vers moi et ainsi la sortir définitivement d’son alcôve. Vraiment p’tite en fait, la gonzesse.

- C’toi qu’est sensée vérifier que l’coin est tranquille pour opérer. J’ai juste mêlé l’utile à l’agréable en t’faisant faire ton taf, c’est tout. Et pis y’avait qu’à voir ta gueule pour comprendre que t’as pris ton pied. Hein que t’as pris ton pied ?! C’est quoi l’deal d’ailleurs ? T’aimes pas les gros porcs ? Pourtant j’en suis un, bordel et tu m’ferais pas croire que t’penses pas ça, on m’la fait pas à moi ! D’ailleurs, t’ferais quoi si j’décidais d’vouloir t’enculer ? Tu t’battrais ? Mais si t’es sûre d’pouvoir m’amocher un minimum, est-ce que t’penses pouvoir m’vaincre, hein ?

J’eus un rire alors que j’la tenais contre moi. Il faut dire que pendant que j’lui causais, j’avais passé un bras autour d’sa frêle taille et une main en dessous d’son menton pour lui redresser sa bouille histoire qu’on s’mire yeux dans les yeux. J’avais cette fois-ci un sourire un peu modéré, mais tout aussi craignos en vérité. Bien plus perfide et plus intéressé que d’habitude. T’inquiète pas que j’te payerais une autre combinaison bien plus intéressante. Histoire que t’puisses mimer les putes d’bas-étage. D’ailleurs, ça sentait l’vécu vu comment tu t’y prenais, héhéhé ! Perdre l’nord ? Jamais. J’étais un gros machiste, c’était bien connu et un moindre mal pour celle-là même qui voulait d’mon aide pour s’faire du fric facile. Une bonne poignée d’secondes s’tint comme ça avant que j’finisse par la relâcher pour choper ma victime et le tej’ dans l’alcôve tant qu’à faire. Fallait pas éveiller les soupçons, même si ça servait pas à grand-chose vu tout l’boucan qu’on allait occasionner dans pas longtemps en fait. Par la suite, j’me retournai vers la banque avant d’lui faire un signe  pour qu’elle m’suive. On allait enfin passer aux choses sérieuses. D’un coup d’œil, j’avais remarqué son sac en m’demandant s’il pouvait contenir assez d’pognon dedans, mais je haussai les épaules. A c’niveau-là, c’était pas mon problème. Elle était grande -façon d’parler hahaha- et saurait s’débrouiller. C’serait pas un blem pour une meuf qu’avait traversé tout l’orient en solo pour atterrir ici.

- P’tit conseil d’pote : Si t’as toujours envie d’trainer à Tokyo, faudrait p’être mieux que tu recouvres ta gueule. Ça grouille de héros par ici et t’risques d’te faire choper si tu fais pas assez gaffe.

Que lui avais-je dis en faisant tout l’contraire alors qu’on s’dirigeait vers la banque, soit en retirant ma capuche.

- J’vais faire sauter les portes. Il nous restera cinq minutes avant d’se faire encercler par une escouade d’flics et y’a mon p’tit doigt qui m’dit que si y’a des locaux ou une salle d’surveillance à l’intérieur, ils vont rappliquer en moins d’temps qu’il en faut. Généralement, les héros prennent l’double du temps voire même l’triple pour rappliquer. Ceci dit, y’a toujours des chiens pour arriver très très vite. Dépend d’leur emplacement ou des rondes qu’ils peuvent effectuer çà et là. Comme tu l’constates, tout est une question d’baraka parfois. Mais tout ça pour dire que j’vais monter la garde et m’occuper des premiers arrivants. Toi, tu t’charges des quelques poulets qui sont à l’intérieur si jamais y’en a et tu chopes l’pognon par la suite. J’te fais confiance pour la suite et pour l’partage.

Mon p’tit laïus, c’était uniquement pour la forme. Elle savait déjà tout ça, mais quand on faisait les choses d’façon pro, y’avait pas à badiner sur les détails ; et même sur les mises en garde qui ressemblaient plus à des répétitions qu’autre chose, j’étais pas du genre à faire les choses à moitié. C’était p’être paradoxal vu que j’prenais du fun à tout faire d’façon explosive -aujourd’hui n’serait pas une exception, évidemment-, mais j’étais aux côtés d’une jeune que j’me sentais l’âme d’encadrer et d’couver l’temps qu’elle fasse ses armes. C’était également pour ça qu’elle avait fait appel à moi, p’être. D’ce fait, trop faire l’con pouvait lui couter la peau des fesses à terme. C’était plus facile d’prendre la poudre d’escampette seul qu’à deux, très clairement. Tout d’même, j’me mis à ricaner pour faire descendre la pression avant d’replier mes manches lorsque j’fis face à la porte tout en faisant craquer bruyamment mes jointures. Enfin, mes bras s’recouvrirent soudainement d’épaisses couches d’magma avant que j’pose mes mains sur l’entrée blindée. Ma lave était tellement corrosive qu’il m’fallut pas plus d’une minute pour tout faire péter. Mais alors que la porte d’entrée et tout c’qui allait avec tombèrent au sol, j’me retrouvai face à une multitude d’policiers dans le hall d’entrée, armes braquées vers l’extérieur et donc vers moi, un peu comme s’ils nous attendaient. L’alarme qui sonna suite à mon forfait n’fut même pas l’cadet d’mes soucis…

Parce que j’avais poussé Helia vers un côté pour m’planquer d’l’autre, des millièmes d’secondes avant qu’une violente fusillade n’débute.

Sur l’cul pendant quelques secondes, j’finis par jeter un regard presque courroucé à la grecque, avant d’lui faire signe que c’était à elle d’jouer.

Avec son alter, y’avait à faire.

Pendant c’temps, des sirènes retentirent dans l’secteur.

Ça sentait l’piège à plein nez. Son informateur ou quelqu’un d’autre voulait sa peau.

Ou la mienne si elle avait cafté qu’elle faisait son coup avec moi.

C’était bien notre veine…

________________


Heliaïna Irisnovic
Vilain
avatar
Surnom : La Terreur Rouge
Profession : Contrebandière
Rang : C
Yens : 180
Alignement : Dominatrice
Re: Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita] || Mar 31 Juil - 2:21

- On garde les réjouissances pour quand j'aurais les poches pleines Mister Nakamura.

Je l'avais sortit avec un petit sourire espiègle, j'avoue que j'avais pris un immense plaisir à faire fondre la tronche de ce chien… Bon, le plaisir avait un peu été gâcher par les jérémiades terrorisées de second larrons. Il faisait peine à voir, mais j'allais pas pour autant jouer la carte de la pitié et empêcher Keita de lui faire fondre la cervelle. Un autre sourire naquit sur mes lèvres lorsque le pied recouvert de magma de Nakamura se posa sur sa nuque. Le bruit des tissus organiques fondant sous l'extrême chaleur était grisant. Par contre, maintenant que je l'avais vu tuer je me rendais réellement compte de ce qui faisait la force du bonhomme : le sang froid. Ah ah. Il était rester impassible face à la pauvre petite crotte lui suppliant de l'épargner et avait à peine esquisser un sourire en le tuant. C'était propre, tout ce qu'on attendait de ce genre de tueur : pas une bête sauvage mais un faiseur froid et efficace.

J'allumais une autre cigarette, l'avant dernière, avant de placer la toute dernière dans le petite poche de poitrail de ma combinaison. Pendant ce temps le colosse avait finit de d'essuyer la pompe sur le crâne du pauvre poivrot et ce dernier ne ressemblait plus qu'à une flaque informe. Celui devant moi était un peu mieux conservé, on voyait encore dépasser la carotide sur laquelle j'avais tirer en jouant dans la gorge du bonhomme. Le temps que je relève les yeux Keita était face à moi, me tirait le bras  et m'extirpait de ma cachette sans plus de cérémonie. Je me laissa faire comme si de rien était, tirant une autre bouffée que je lui soufflais au visage lorsque celui-ci commença à causer. Le temps que j'amène à nouveau ma cigarette à ma bouche je me sentais plaquée contre le colosse, sa main immense dans mon dos tandis-ce qu'il tenait toujours mon bras. Quel lourdaud… Mais il n'avait pas tort, je ne m'en plaignais pas, parce qu'il était plus fort que moi ; j'étais peut-être assez agressive lorsque l'on touchait à mon intimité mais j'aimais beaucoup ma nouvelle vie nippone et comptait bien continuer d'en profiter…

''Z'avez pas l'air d'avoir tenter l'coup pour l'moment M'sieur Nakamura, et connaissant votre réputation j'en déduis que j'ai rien à craindre question avances. Et j'ai rien contre les gros porcs, tant qu'ils savent fermer leur gueule et admirer en silence.''

Là il faisait peur à voir, il avait le regard plus neutre, plus… Raisonnable. Et un éclat de raison dans les yeux d'une telle bête est la pire chose que l'on peut imaginer voir de sa vie. Heureusement ça restait une brute aux manières de gangster, c'était presque rassurant que de l'entendre balancer saloperies sur saloperies ; au moins avec ça on savait où on allait. Je ne pris pas la peine de répondre à sa petite pique sur mes manières, je savais très bien d'où elles venaient et je n'avait pas besoin de m'étendre dessus…

Il pris ensuite le chemin de la banque, par la grande porte évidemment, je retirais ma veste et mon sac de sous les deux cadavres encore suintants et le suivit à petits pas. Mettre un masque ? Il comptait vraiment laisser des témoins le Nakamura ? Surprenant… Enfin, en le voyant retirer la sienne tout en m'adjoignant d'en mettre une je soupirais amusée. Il était moins effrayant lorsqu'il était irrationnel, c'était plus dans son rôle. Ma dernière clope était maintenant à mon bec et je la laissais fumer paisiblement en écoutant Keita se lancer dans un petit briefing réglementaire, encore une surprise : s'il y avait bien un homme que je ne voyais pas faire ce genre de discours c'était lui. Mais après tout un peu de prudence et de sécurité n'allait pas nous faire de mal. Je farfouillais dans mon sac le temps qu'il en termine avec son petit discours et appose les mains sur la porte blindée, j'aurais bien voulu avoir le temps de faire ça avant que tout ne commence mais tuer des poivrots ça fait perdre le sens des priorité, c'est ça le plaisir… Je vérifiais que mon cellulaire était toujours là, le rangeait bien au fond du sac et commençait à en extraire le contenu bâton par bâton.

Pendant ce temps j'entendais le colosse faire fondre la porte blindée, en moins d'une minute il avait terminer, moi aussi. Et bien heureusement, oh par tout les putains de Saints de Byzance heureusement. Car à l'instant ou j'entendais les lourdes portes blindées s'effondrer sur le sol de la banque et l'alarme se déclencher je me sentais poussée sur le côté, mon sac volant contre un mur et moi m'écrasant la face contre le bitume. J'allais me relever pour hurler de rage, la face passablement griffée, mais je vis passer la multitude de balles d'un œil horrifié. Les mauvais souvenir de Bulgarie remontèrent en surface et je m’aplatis au sol les mains sur la tête. Quand la salve passa je relevais la tête pour voir le regard outré du japonais, j'y répondis par un autre atterré. Qu'était-ce encore comme bordel ? On m'avais dit que la banque était à peine gardée, c'était une petite filiale sans grande importance, c'était les mémés et les jeunes célibataires qui venaient déposer leur fric ici pas des gros bonnets. D'un second coup d'oeil à Keita je compris qu'il attendait que je bouge mon cul, je repris mes esprits et me mise à quatre pattes pour chercher mes bâtons, six beaux sticks de dynamite : nitroglycérine de premier choix, sur-concentrée ils étaient bien plus petits que les classiques bâtons de l'industrie minière, à peine la taille et la largeur d'un gros cigare cubain, mais leur capacité de destruction était des plus appréciable ; surtout que je cherchais à buter la bande de fils de putes qui nous avaient tirer dessus, pas la banque et le pognon que je comptais y récupérer. Ces petits bijoux m'avaient coûtés la peau du derche et il était hors de question que je ne les fasse pas fructifier, et dès ce soir putain de merde.

Je jetais un regard courroucé à Keita, pas contre lui mais contre ce qui venait de se passer, et il était la seule autre forme de vie du coin en mesure de comprendre toute la haine que j'allais mettre dans mon lancé, je sortais mon briquet, allumais la mèche d'un premier bâton puis d'un second, les lançaient successivement par la grande ouverture créée par mon cher collègue et entendit quelques secondes plus tard des hurlements, de terreur de rage et pas mal d'ordres en un japonais plus que châtié. Je rentrait deux doigts dans mes oreilles et me tassait contre le mur près duquel m'avait propulsé Keita, l'explosion fut à la hauteur de mes espérances. Comment le savais-je alors que les quatre murs de la banque tenaient encore debout ? Le bras décharné qui m'étais passé devant était un bon témoin de l'état de l'intérieur. Je relevais la tête, balançais deux sticks à Keita, sans les avoir allumer bien évidemment et m’engouffrais sans un mot de plus à l'intérieur.

Grandiose idée tiens, seule ma trajectoire ratée et l'horreur qu'il venait de voir avait empêché l'un des poulets encore debout à m'abattre d'une balle en pleine tête. Bah ç'aurait été une bonne occasion de voir si j'étais capable de faire fondre une balle avant qu'elle ne me transperce… En tout cas ils étaient, visiblement, encore six debout. Putain de merde y avais au moins une quinzaine de cadavres par terre… Pour quelle putain de raisons plus d'une vingtaines de putains d'flicailles en arme nous attendaient à l'intérieur de cette putain de banque ? Putain.

Pour le moment je courrais vers un des flics les plus à l'écart du reste du groupe, lui sautait dessus le corps porté à sa température maximale et m'en débarrassait en lui enfonçant le poing de part et d'autre de son crâne. Il s'éteignit dans un râle immonde et je profitais de l'horreur visible du seul autre dans mon champ de vision pour courir comme une gazelle vers le fond de la pièce, j'avais fait un peu de repérage et je savais déjà comment atteindre le coffre, ce qui m'inquiétait c'est que vu la quantité de barbouzes dans le hall il devait y en avoir tout un tas planqués dans le bâtiment. J'espère que Nakamura faisait le ménage à l'entrée parce que j'allais déjà avoir du boulot ici.

J'avais passé la porte, refermée et fait fondre son entourage pour la bloquée et avais ensuite posé un putain de court instant mon cul contre le mur le plus proche. J'étais dans un couloir sombre qui menait directement à une porte, l'antichambre de la partie privé de la banque si mes souvenirs étaient exacts, et si en plus de m'avoir balancé mon indic ne m'avait pas refilé de fausses infos. J'avais le cœur qui battait la chamade et le souffle dans les bottes. C'était pas passé loin, et c'était pas finit en plus. Pourvu qu'aucun clampins ne garde le coffre…

________________


Thème d'Heliaïna
Nakamura Keita
Membre du Syndicat
avatar
Surnom : Vulcain
Profession : Mercenaire - Lieutenant du Syndicat
Rang : S
Yens : 1285
Alignement : Destructeur
Re: Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita] || Mer 1 Aoû - 16:11

Haute température !


J’avais attendu une bonne minute après son départ avant d’me redresser pour essayer d’regarder à l’intérieur. Restait encore quelques keufs debout mais traumatisés. Et y’avait d’quoi. Ils venaient d’échapper d’peu à la mort et voir leurs collègues en lambeaux comme ça, ça devait pas être fendard. S’il fallait reconnaitre un truc à la p’tite grecque, c’est qu’elle avait d’la suite dans les idées et des réflexes vraiment appréciables. Pas pour rien qu’elle m’tapait dans l’œil et pas seulement pour son gros cul que j’m’étais gardé d’peloter depuis qu’on s’est connu. Pourtant, c’était pas faute d’avoir eu l’occase d’le faire, mais chaque chose en son temps. D’ailleurs, c’était pas trop l’moment d’penser à ça. Pendant que la gusse s’tuait à la tâche à l’intérieur, fallait à tout prix que j’neutralise les policiers restants. Et y’avait rien d’bien difficile. J’aurai pu utiliser les bijoux qu’elle m’avait passé, mais y’avait mon p’tit doigt qui m’disait qu’ils allaient servir plus tard. Du coup, j’posai mes couilles sur la table en faisant mon apparition à l’entrée, avant d’lever mes bras, droit devant, tout en mimant des armes à feu avec mes mains. Pis, en quelques secondes seulement, des balles de lave fusèrent et transpercèrent leurs chairs d’façon impitoyable. Aucun d’entre eux n’survécut. Ils n’avaient pas eu l’temps d’réagir d’quelconque façon en vrai : Qu’ce soit pour récupérer leurs armes et appuyer sur la gâchette pour les uns, ou même essayer d’se planquer pour les autres… Aucun n’put bouger l’moindre petit doigt et heureusement. J’avais vraiment pas envie d’m’employer ici et maintenant.

Surtout pas avec toutes ces sirènes environnantes qui annonçaient l’arrivée imminente d’la cavalerie !

Mais bien avant l’arrivée d’leurs renforts, j’me mis à inspecter un peu les environs et ce malgré la poussière qui persistait encore. Causée par les explosions répétées, évidemment. J’dus même m’boucher un peu les narines pendant un moment pour que ça passe, avant d’mieux explorer l’coin. Mais y’avait pas grand-chose à mater. J’me penchai tout d’même vers l’corps inerte et sans vie d’un keuf avant d’le fouiller un peu partout. J’retirai sa plaque et même sa carte d’identité, histoire d’m’assurer qu’on avait bien affaire à des flics ; parce qu’il y avait pas mal d’vilains et d’mafieux qui pouvaient s’déguiser en poulets et foutre la merde, mais les informations que j’grattai grâce aux papiers m’indiquaient que y’avait pas d’ambiguïtés à c’niveau-là. C’était bien des policiers. Et là, j’commençai à grogner comme un clébard. Y’avait clairement une couille dans l’potage ! Même en excluant la présence inexpliquée d’ces agents, même si l’évidence voulait que l’indic’ d’la gamine l’ait tout simplement vendu aux hautes instances, j’vins à m’demander si notre coup était pas vain. En supposant que ces gens-là savaient qu’on allait venir dans l’coin, est-ce qu’ils avaient laissé l’oseille ici ? M’était d’avis que non. Qu’il y’avait plus rien dans les parages et que cette banque était p’être un guet-apens pour choper la gamine. L’gouvernement devait sans doute savoir qu’une grecque foutait la merde chez eux ou pire encore ! Y’avait fort à parier que les services grecques les avaient p’être alerté d’la présence d’une des leurs sur l’sol nippon. Ce s’rait même pas étonnant si elle était bien connue des keufs chez elle…

J’partais loin dans l’délire, mais j’avais appris d’par mon expérience, que tout était possible…

J’finis par lever ma gueule vers les plafonds et tout, avant d’voir que plusieurs caméras avaient été mises en place. Normal pour une banque. Mais c’qu’il l’était moins, c’est qu’ils pivotaient à l’instant T. J’eus alors un gros soupir en m’faisant un facepalm. Si j’étais pas du genre à m’cacher parce qu’on savait bien qui était Vulcain, j’eus d’la peine pour la gosse. Nul doute qu’elle allait être identifiée. Voilà pourquoi j’voulais qu’elle porte au moins un putain d’masque ou qu’elle camoufle sa gueule au minimum, quelque chose comme ça. J’irai pas jusqu’à la traiter d’amateure si son but était d’se faire connaitre ou d’se faire un nom, mais voilà c’qui s’passait quand on prenait pas ses précautions ou qu’on était servi par une saleté d’indic d’mes couilles ! Non vraiment… Plus l’temps passait et moins j’sentais cette affaire qui devait avoir des tenants et aboutissants que j’saisissais pas encore. Sur cette impression, j’voulus même aller la récupérer, mais en arrivant d’vant la porte qui menait certainement à sa position, j’me rendis compte qu’elle avait pris l’soin d’bien sceller l’entrée. J’me mis alors à tambouriner l’coin : GAMINE !! SORS D’ICI ON S’CASSE FISSA !!! Sauf qu’une fine couche d’glace sortit d’nulle part et recouvrit et la porte et les murs d’l’antichambre dans laquelle la meuf s’était fourrée. Et là j’poussai un Meeerde !!! qui voulait tout dire. Un utilisateur d’alter s’trouvait à l’intérieur avec elle. Un héros ? Un p’tain d’mercenaire ? J’pouvais pas savoir. J’voulus utiliser ma lave pour tout bousiller devant moi, mais des voitures d’police étaient déjà arrivées sur place.

A croire qu’Heliaïna allait devoir s’démerder toute seule.

***

- Penser que ce petit rat avait raison… Et que tu ramènerais même avec toi le grand Vulcain ! A croire que j’ai vraiment de la chance !

Un homme était sorti d’la pièce qui menait au coffre et avait fait face à la pauvre gamine. Il était beau, bien soigné, vêtu d’un costard plutôt que d’un costume de héros et son sourire fin et délicat achèverait n’importe quelle femme. D’ailleurs, il s’était fendu d’une révérence, preuve d’sa politesse et d’sa bonne éducation ou prétendue bonne éducation. Un vrai dandy comme on en trouvait plus. Son aura était tout bonnement glacière et d’un seul touché sur un mur, il avait réussi à réfrigérer l’endroit comme pour faire comprendre à la jeune femme qu’elle était dans un sale pétrin ! La glace contre un alter de haute température. Un duel qui promettait d’être particulièrement violent. Si l’on pouvait d’ailleurs dire que l’alter d’la gamine avait un certain ascendant sur celui de l’inconnu qui lui faisait face, l’expérience pouvait néanmoins faire toute la différence. Et les héros d’son genre malgré leur apparence étaient parfois peu vertueux et sans aucune vergogne. L’argent de cette banque a été transféré ailleurs suite aux informations que nous a divulgué… Ton indic. On croyait même que tu viendrais avec tes acolytes hier soir et nous avons attendu en vain. Enfin… Un mal pour un bien, n’est-ce pas ? L’homme s’mit à sourire. Un sourire peut-être beau mais bien plus sadique et vicieux que celui d’Vulcain. Helia allait devoir s’employer plus que jamais puisqu’il fit encore usage d’son alter glacier : En moins de temps qu’il n’en fallut, l’dandy forma des piques d’glace et les propulsa violemment vers la belle caucasienne qui allait s’faire impitoyablement empaler si jamais elle n’réagissait pas.

Ça promettait d’être bien corsé, tout ça !

________________


Contenu sponsorisé
Re: Petit braquage d'échauffement [Pv Nakamura Keita] ||

Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» 05. Petit échauffement | Edena P. Miller
» JOEL POURQUOI VOTRE PETIT INOSANG A SI PEUR DE LA PRISON ET DE L'EXIL ???
» Petit besoin (d'un Courant) d'air
» Un petit caniche ou bichon ? 3 ans maltraité (60) ADOPTE
» MILOU petit croisé bichon gris 7 ans au Beaussart ADOPTE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dawn of Heroes :: Tokyo :: Centre-Ville :: Quartiers d'affaires-
Sauter vers: