Flash Back 4 - Les masques retirés
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Flash Back 4 - Les masques retirés

Daeiichi Susumu
Vilain
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Surnom : Death Head VI
Profession : Étudiante | Terroriste
Rang : A
Yens : 1295
Renommée : 190
Alignement : Juge
Flash Back 4 - Les masques retirés || Sam 1 Sep - 2:28

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Les masques retirés
Solo

Susumu se trouvait devant le miroir de sa propre salle de bain, engagée dans une sorte de combat de regard avec sa réflection. Ses deux yeux rouges et ses cheveux, qui atteignaient à peu près ses épaules, présentaient toutefois autre chose que sa bête copie sur la surface reflective : au lieu de se voir, elle voyait sa mère, si grande pour une Susumu toute petite et avec un regard cruel qui allait bien avec les orbes rouges qui lui servaient d'yeux.

Prenant le temps de souffler un bon coup, Susumu ouvrit un tiroir, fouilla un peu dedans et entreprit d'en extraire une boîte de lentilles de contact, posant rapidement deux lentilles de couleur marron et relevant ensuite la tête pour apercevoir son reflet. Après seulement quelques secondes d'ajustement, elle put finalement voir la Susumu du miroir, avec de grands yeux marrons pour camoufler la couleur de ses yeux.

Elle sourit un instant et entreprit de se lever de son siège, dissimulant la boîte dans le tiroir et enfilant l'uniforme de son lycée rapidement. Elle était sûre qu'elle passait plus de temps dans cet uniforme que dans d'autres vêtements, quoi que ça ne la gênait aucunement. C'était ce qu'on attendait d'une élève comme elle après tout.

En attrapant son portable, Susumu remarqua qu'elle venait de recevoir plusieurs messages de la part d'amis et d'amies. Certains avaient eu le courage d'écrire des messages, d'autres avaient décidés d'utiliser des émojis, au moins deux s'étaient dits qu'il serait marrant de composer des lettres en émjos. Par désire de perfection, elle répondit à tout les messages, changeant juste assez à chaque écrit pour donner l'impression qu'elle accorde une attention unique et personnelle envers le récipient.

En descendant, elle aperçoit son père, en train de discuter au téléphone. L'apercevant, il murmura quelques excuses, baissa l'appareil et un mince sourire se creusa sur son visage habituellement stoïque.

Susumu. Bon anniversaire.

Elle répondit avec le même sourire et fit une courbe avant de partir. Sa vie s'était immensément améliorée depuis le temps : elle était belle, athlétique, populaire, son père la respectait, elle avait bien maîtrisée son alter et ses notes étaient excellentes. Elle avait même obtenue une place en tant que représentante de la classe.

Et pourtant... Pensa t-elle, alors que les pierres du jardin crissaient sous ses pieds, le portal de la luxueuse maison de son père s'ouvrant devant elle. Je me sens... vide.

--

La fille de Taro avait daignée porter un seul petit chapeau multi-colore en cone, tapotant sur le bureau avec son stylo. S'il y'avait quelque chose de comique avec son attitude super-sérieuse, en contraste total avec le chapeau, son interlocuteur n'osait pas en rire.

Il était un peu plus petit qu'elle, et pas bien musclé. Son visage et ses cheveux étaient camouflés derrière une capuche épaisse, qu'il portait au dessus de son uniforme. Depuis le temps, elle avait daignée lui laisser utiliser le manteau noir, vu qu'il semblait encore plus nerveux quand l'objet n'était pas en sa possession. Il était déjà assez préoccupé comme ça, se frottant les mains et regardant un peu partout dans la salle, essayant de se concentrer sur autre chose que les yeux marrons de la représentative.

Monsieur Keito. A force de venir ici, je vais penser que vous avez une attraction pour moi. Commença t-elle, tentant de le mettre à l'aise.

Keito était un élève particulier, sans alter et sans histoire. Il était un élève moyen qui se fondait dans la masse. Son seul fait notable, c'était bien son refus d'apprendre l'Anglais ou autres langues étrangères. D'après lui, se faire serait un "rejet de son identité". Et en dépit de ses apparences de lapin nerveux, rien n'avait jamais su lui faire changer d'avis.

Elle aurait pu l'abandonner et laisser l'école l'expulser éventuellement. Mais sa fierté demandait à ce qu'elle le change. Elle avait posée des cancres sur le chemin de la réussite, avait rendue des "mean girls" toute dociles et s'était assurée du respect des délinquants du coin. Elle n'allait pas reculer et laisser une tâche noire marquer son record à tout jamais.

Je suis désolé mais... je ne pense pas que ça marchera aussi cette fois... je vous le dis rapidement, comme ça on peut vite quitter l'école. Offrit t-il, parlant comme s'il craignait d'être mis sur écoute.

Il disait la même chose depuis les derniers rendez-vous, donc elle fit la même chose et agita la tête de droite à gauche. Elle n'était pas vraiment pressée de rentrer, et plus elle gâchait le temps de Keito, plus il serait amène à finalement accepter l'Anglais, réalisant que l'alternative était tout aussi coûteuse en temps sans lui offrir l'occasion d'étendre ses horizons culturelles.

Je suis concernée par ton cas, tu sais ? L'Anglais est une langue importante, tu ne peux pas progresser dans la vie avec juste le Japonais. Je te fais perdre du temps pour que tu réalises que tu risques de perdre beaucoup plus en refusant d'apprendre les langues étrangères.

C'est ça. C'est l'étranger qui me gêne.

Susumu leva immédiatement un sourcil. C'était une révélation particulière. Sa petite stratégie devait avoir fait effet, vu comment il avait simplement révélé l'affaire. Elle masqua son excitation derrière un simple sourire, consciente qu'elle faisait un progrès important.

Pourquoi donc ? Vos parents ne sont pas des nationalistes.

Elle se rappelait de certains propos "outrageux" dits en public, hors du lycée. En dépit de sa nervosité, son avis sur ces mots était comme son avis sur l'Anglais : inébranlable. Il ne regrettait aucunement ce qu'il avait dit

C'est compliqué, vraiment. C'est une affaire de... enfin... j'ai rencontré quelqu'un et je...

Qui donc ?

C'est compliqué, heu... écoute. On peut se revoir demain, au parc ?

Mon commentaire de tout à l'heure n'était pas sérieux.

Je le sais mais c'est juste que... ça me met plus à l'aise, tu comprends ? C'est plus facile pour moi de parler.

Elle n'avait jamais pensée à simplement l'emmener dans un endroit plus amène. Grimaçant intérieurement, Susumu fit un effort admirable pour garder un masque stoïque. Il était dérangeant qu'il se trouve dans une sorte de groupe ou connaisse quelqu'un avec des idéaux extrémistes mais elle n'aura qu'a être précautionneuse... du coup, Susumu se leva.

Parc Taisyo, vers 19 heures, demain, hm ?

Oui ! Je suis content de voir que vous me comprenez !

Oui, oui... bonne soirée, monsieur Keito.

--

Susumu se dirigeait vers la maison de son père, pensive. D'un côté, Keito pouvait essayer de l'attirer dans un piège, et son alter n'était pas très efficace contre les pièges si elle ne pouvait pas s'éloigner de l'objet avant la détonation. De l'autre, elle pouvait essayer de se trouver des amis pour la prévenir en cas de piège, ce qui lui offrirait des renforts si l'occasion venait à tourner mal.

Il serait peut être bon de juste signaler à la police de s'occuper de ça mais elle voulait voir cette affaire se régler personnellement. C'était son travail et elle ne voulait pas reculer alors qu'elle venait de faire des avancées majeures sur l'affaire. Les vacances arrivaient bientôt de tout façon, donc elle pourra se reposer le temps voulu. Elle n'avait jamais vu les week-end que comme des occasions de travailler sans être gênée par l'école.

Plongée dans ses réflexions, elle ne devina pas que la maison de son père était bizarrement sombre et sans lumières, ouvrant le portail d'un air nonchalant et pénétrant dans la cour pour ouvrir la porte. Ce ne fut qu'une fois en relevant la tête qu'elle comprit ce qui venait de se passer : sa classe entière siégeait dans le salon, bondissant dès que la lumière revint dans la maison. Certains furent juste assez proches pour l'enlacer même !

BON ANNIVERSAIRE !!!!!!

Susumu se tint juste, une sorte de sourire bête au visage alors que plusieurs jeunes étudiants tournaient autour d'elle. Son père se trouvait à son bureau avec un sourire satisfait au visage, portant un chapeau pointu de fête. Elle était touchée et confuse... quoi qu'elle entreprit de rire rapidement, n'étant pas capable de démontrer de la faiblesse même dans un tel moment.

H-ho ! Merci beaucoup ! Fit t-elle, alors que des chapeaux étaient posés sur son crâne, et que des lunettes de soleil étaient ajustées sur sa vision. Elle était sure qu'elle en avait au moins 8 sur le nez, tenant en place grâce à une sorte de miracle d'équilibre. Quelques dizaines de personnes vinrent lui hurler des messages aux oreilles et elle contempla brièvement une retraite vers le portail.

Je suis contenhahahahahahahahmerci pour les cours !t'utilises quel shampoc'est quoi ton manga préfdonnez lui de l'espje stress tellement je sais plus quoi dire !here come that boila meme pas !

Les heures s'écoulèrent, tenant plus de la tornade sociale que de l'anniversaire. Quand elle n'était pas occupée à boire du jus de fraise (pas d'alcool, jamais) ou même du jus d'orange, elle parlait avec quelqu'un. Elle avait vu tout le monde dans la soirée, elle avait rie, était devenue triste, s'était ravie, avait offert des solutions, promis des rendez-vous... ses journées futures étaient remplies avant même que le soleil ne se couche vraiment.

Elle escorta le dernier fêtard jusque au portail, s'excusa et rentra chez elle, baissant un peu la tête. Père avait été clair sur les règles, vu comment la maison était... propre. Pas de gobelets cassés, de tables renversées, de vases brisés ou de fenêtres pas réparées. Il y'avait bien des détritus mais elle s'affaira de s'en occuper, alors que Taro entreprit de claquer des doigts.

Quelques servants surgirent des parties non-explorées de la maison, il n'y eut pas besoin de demandes d'ordres pour qu'ils se mettent au travail, et Susumu se prépara à monter afin de dormir mais remarqua que son père venait d'ouvrir la porte, la regardant de façon neutre et lui envoyant une veste.

Il est l'heure de discuter.

--

Susumu lança un regard vers le siège arrière de la voiture, finissant d'enfiler la veste kakie offerte par son père. Elle se souvenait du temps qu'elle avait passée ici, petite, à observer la voiture, ou les environs ou même le dos de son père. Il s'était bien assuré de la garder là jusque à son premier acte de super-vilainie.

Rien de bien important. Il voulait se débarrasser du Wrangler, un vilain capable de repousser les objets autour de lui s'il en percevait le danger. Il avait invité Susumu à le faire pour lui, et cette dernière s'était arrangée pour charger un objet, masquant le crâne, l'envoyant au Wrangler et s'assurant de le faire exploser après confirmation. En réponse, après s'être assuré de la mort de son rival, il lui avait permis de s'asseoir à côté, comme adulte.

Tu t'es fait beaucoup d'amis. Commença t-il. Il avait dit qu'ils iraient au restaurant, mais elle voyait bien qu'il ne prenait pas le chemin le plus rapide. Même pas le chemin habituel.

Oui... c'est toi qui vient de les inviter ?

Correct. Je suis très satisfait de tes résultats, que ce soit dans la vie civile ou vilaine. Je tiens à te congratuler, ma fille. Fit t-il, insistant particulièrement sur ces derniers mots. Elle se contenta de sourire en réponse, consciente que des congratulations pareilles ne surviennent qu'une fois par millénaire.

Je t'en remercie, mais... j'avoue que ça m'atteint. Mon horaire est toujours rempli et c'est dur d'être moi.

Que veux tu dire ?

J'ai bâtie ma réputation en tant que Miss Parfaite. J'écoute les gens, j'ai de l'humour, de l'empathie, de la sagesse mais les gens viennent tellement à moi... et puis, je suis sûre que si je craque un jour, tout va s'effondrer. Les gens ne m'aiment pas vraiment, ils aiment quelqu'un d'autre... tu vois ?

Ha, je comprends. Vers mes plus jeunes années, j'ai fait la même chose. Dans ce genre de cas, il te faut un confident ?

Quelqu'un qui-

Qui te comprendra et à qui tu peux te confier. Tu pourras te montrer sous ton vrai jour. Après, fais attention et garde des mesures au cas où il essaye de te trahir. Le naïf ne dure pas dans ce métier.

... Comme Momochi ?

Tiens de préférence, prends une confidente. Je n'ai pas envie que tu te trouves un petit ami. Les jeunes garçons ne sont intéressés que par le matériel et t'abandonneront si tu tombes enceinte. Et tu ne peux définitivement pas garder une relation avec un garçon platonique... peut être que tu peux prendre un homosexuel après, hm...

Ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais. Fit t-elle, ne daignant pas faire une blague de son côté. Elle observa ensuite son père dans les yeux et regarda ailleurs, espérant qu'il commente sur ses yeux.

Il ne le fit pas, et se tint tut pour le reste du voyage. Le restaurant fut bon, mais son sommeil troublé.

Est-ce qu'elle pouvait vraiment croire en quelqu'un ? Est-ce qu'elle risquait d'être vue sous son vrai jour ? Qu'était son vrai jour ? La fille d'un criminel, perfectionniste, qui doit utiliser un masque d'empathie pour aller dans la vie de tout les jours et qui ne sait pas ce qu'elle va faire. Est-ce qu'elle se contentera de tuer au hasard comme Death Head IV ? Ou aura t-elle un objectif précis ?

Elle s'imagine être comme sa mère, et il lui faut du temps et de l'effort pour étouffer ses larmes.

--

Susumu était en train de se diriger rapidement vers le parc, laissant derrière elle une jeune Lycéenne au regard satisfait. Il faisait assez froid, donc elle avait des gants noirs, une écharpe bleue, une veste bleue et un pull et un pantalon noir, avec seulement quelques bottes. Elle aurait aussi pris une simple capuche mais elle ne se sentait pas d'humeur.

Elle n'osait pas l'avouer, mais Keito l'intéressait. Elle se demandait s'il pouvait être son confidant... elle pouvait simplement aller sur l'anonyme via l'internet, ou écrire des lettres, ou même tenter de trouver un autre vilain mais ces options manquaient de vérité. Susumu voulait quelqu'un de physique, qui la connaissait déjà de préférence. Et Keito remplissait ces conditions.

Il n'était pas populaire, de un. Donc s'il tentait de la trahir auprès des autres, ils allaient simplement refuser de le croire. Si elle est vue avec lui, elle peut dire qu'elle accorde de l'intérêt à tout le monde. Et il semblait... spécial. Peut-être qu'il la comprendrait ? Elle n'avait pas besoin de tout dire mais elle voulait quelqu'un qui la comprenne dans tout ses défauts, pour ainsi dire.

Le parc était désert, et Susumu ferma les poings, convaincue qu'elle allait tomber dans un piège. Personne n'allait au parc avec un temps pareil après tout. Quand elle entendit des sortes de gloussements dans le coin, elle laissa échapper un juron et s'aventura plus loin dans le parc, fouillant dans son sac pour chercher une bombe à lacrymogène.

Réalisant qu'elle venait d'oublier, elle se contenta de s'avancer prudemment vers une partie isolée du parc, se préparant à prendre son ton de voix le plus autoritaire. Elle se tut immédiatement en remarquant la scène, toutefois : il y'avait bien Keito et un petit groupe, mais ces derniers étaient occupés à le tabasser, le poing d'une blonde s'écrasant contre sa joue, et envoyant du sang contre l'herbe.

Ils avaient des têtes d'étrangers... enfin, Susumu se corrigea. Ils avaient des stéréotypes Américains, avec de grandes statures pour les garçons et des vêtements rouges négligés, l'un d'entre eux portant même un gros "MURICA : FUCK YEAH !". Il y'avait deux garçons plutôt musclés, une fille à lunette et une autre, blonde, occupée à faire le tabassage.

Putain d'enculé ! Tu vas continuer à tagger cette merde sur la porte de l'immeuble ? Hurla l'homme, agitant ses poings en rythme avec celui de la blonde. Il parlait en Anglais : l'incompréhension de Keito était palpable sur son visage déjà tuméfié, et Susumu s'approcha par réflexe, attirant l'attention de 9 yeux, le dixième étant fermé suite aux dégâts causés par les coups.

C'est qui ?

Je le connais. Excusez moi pour la gêne accordée, je vais m'assurer de l'emmener à un hôpital, il ne refera plus ça.

Keito était toujours aussi confus, et la blonde le lâcha, s'approchant lentement de Susumu pour la dévisager. Elle était à peu près aussi grande qu'elle, avec des yeux verts intense. Susumu se serait concentrée sur autre chose, mais sa vision se troubla en un instant quand le poing de l'Américaine fendit les airs pour venir s'écraser sur son visage, l'envoyant en arrière de quelques pas.

Un objet s'écrasa au sol, et Susumu posa la main sur son oeil droit. Sa lentille avait été frappée si fort qu'elle avait été délogée de son oeil ! Se faire frapper inculqua un bref coup de sang à Susumu, et cette dernière oublia les leçons de son père à propos de la violence, oublia sa vie en tant que Miss Parfaite brièvement.

Son propre poing s'écrasa contre le nez de l'Américaine, et elle vit quelques dents arrachées et brisés au coin de sa vision, le sang éclaboussant son oeil "véritable" et le forçant à le fermer. Elle voulut tomber en arrière, mais Susumu s'empara de ses longs cheveux blonds et tira dessus avant de se mettre hors du chemin, la jetant au sol.

Les autres reculèrent, un peu effrayés, et la victime de Susumu se releva rapidement, le visage couvert de sang et de poussière.

Putain ! Vous êtes tous fous dans ce pays de merde ! Hurla t'il, la femme restant silencieuse et courant avec le reste. La Daeiichi se tint seule, respirant lourdement. L'adrénaline passée, elle se rendit compte qu'elle avait mal à la tête, à cause du coup de poing. Se tournant vers Keito, elle se pencha et essuya le sang sur son oeil rouge, l'ouvrant brièvement, par pur réflexe.

Se rendant compte de son erreur, elle recula et ramassa la lentille, désormais sale, essayant de prétendre que rien n'était arrivé. Keito se releva doucement et elle réalisa qu'elle venait de délaisser le blessé pour son apparence, bondissant vers lui pour le relever par l'épaule.

Ses pensées tournaient de la véritable tornade. Elle venait de blesser quelqu'un après s'être prise un coup de poing, elle avait du sang sur le visage ainsi qu'une blessure notable, son interlocuteur était aussi blessé et venait de voir son oeil rouge, sa lentille était ruinée et si quelqu'un passait par là, il risquait d'y avoir du scandale, et quelqu'un allait certainement passer par là en voyant les Américains paniqués.

Elle voulait un peu d'action mais pas à ce point !

Keito, viens. J'ai de quoi te soigner à la maison. Fit t-elle, tentant de cacher ses blessures en enfonçant presque sa capuche sur sa tête.

Elle entreprit ensuite d'enrouler son écharpe autour de son propre visage pour dissimuler la blessure, enserra la taille du lycéen avec son bras et se mit en route. Il ne protesta pas. Miraculeusement, ils ne furent pas remarqués sur le chemin.

--

Elle était sûre que Keito avait rougi en apercevant sa maison. Ça ou c'était le sang sur son visage. Elle savait que son père était en train de préparer un gros coup, donc elle avait la journée devant elle pour soigner ses blessures et quitter la maison.

Ignorer ses blessures avait bien empirer la douleur, mais elle avait été entraînée aux premiers secours, afin de pouvoir se soigner ou aider un allié. Enlevant rapidement l'écharpe et la veste, elle traîna quasiment le jeune homme dans la salle de bain et se mit au boulot, sortant un sac vert marqué d'une croix blanche et l'ouvrant rapidement.

Keito avait été silencieux tout le long du trajet, et ne dit rien alors qu'elle se mit au travail. Elle aurait pu l'emmener à une infirmerie mais elle voulait le "coincer" pour ainsi dire. Seul dans la salle de bain, ils pouvaient parler en toute discrétion. Et puis, ça lui donnait une dette envers elle.

C'était le genre de personne qu'elle cachait. Pas quelqu'un de bien et de concerné, juste une femme égoïste qui se sert de la situation difficile de quelqu'un d'autre pour son propre objectif. Une partie d'elle était dégoûtée mais l'autre savait bien qu'elle n'avait pas choisi le bon "travail" pour se soucier des autres.

C'est pour ça que tu n'apprends pas l'Anglais ? Tu... te fais taper dessus par des Américains ?

Non...  je... enfin, t'as entendu. C'est moi qui emmerde les Américains, mais c'est pour mon patron.

Ha, ce patron. Fit t-elle, lui adressant un bref avertissement avant de poser de l'alcool sur une de ses blessures. Elle se demandait s'il avait été tabassé avant, et ce qu'elle trouverait juste en retroussant les manches du jeune homme, mais ce serait indiscret.

Tes parents sont au courant ?

Ils s'en fichent. Je suis pas assez doué au lycée donc ils font comme si je n'existe pas. J'ai passé des années à tenter d'être parfait en plus. J'ai été poli, je ne suis pas sorti avec les mauvaises filles, j'ai... j'ai été obéissant... mais juste quelques mauvaises notes et c'est comme si ma naissance était un accident.

Il posa son bras sur l'épaule de Susumu, et cette dernière manqua d'ajouter un hématome au visage de Keito.

J'avais pas d'objectif dans la vie, tu comprends ? Mais cet homme m'a permis de... devenir moi-même. Il m'a donné un endroit où je peux m'exprimer et le courage d'assumer ce que je fais.

Et d'où vient cette haine de l'étranger ?

Bah j'ai écouté ce qu'il disait... y'a vraiment des faits. Je peux pas te les dire maintenant mais si tu vas le voir.

Un culte. Il était tombé dans les griffes d'un fou charismatique et il en avait reçu des idées nationalistes. C'était un problème qui tenait de la police maintenant, et elle s'arrêta un moment pour réfléchir.

T'es pareil, non ?

Plaît t'il ?

Tu te retiens et t'as la pression d'être parfaite ? Ou au moins, tu essayes un peu de te cacher. Ta lentille de contact par exemple. Et cette furie soudaine dans le parc. Et pour être honnête, tu as toujours été trop... parfaite. Je me disais toujours que tu devais cacher quelque chose.

Ses mots n'étaient pas dits calmement, mais nerveusement, comme s'il pensait qu'elle allait le manger pour ça. Susumu se contenta de se geler, et hésita : pouvait t-elle faire de lui son confidant ?

... Oui. Fit t-elle. C'est une longue histoire mais...

Ne t'inquiète pas, je comprends. Fit t-il, levant les mains. Je garderais le secret et le dirais à personne.

... Je ne révélerais rien concernant cette histoire de cu-de personne charismatique en retour. J'aurais d'autres choses à révéler de mon côté en revanche.

C'est pas grave. Je serais la personne qui t'aide. On s'échangera nos secrets dans notre petit coin. Fit t-il, beaucoup moins hésitant et charismatique que tout a l'heure. Elle ne protesta pas alors qu'il enlaça ses doigts avec ceux de Susumu, avec un mince sourire au visage.

Oui... juste toi et moi, avec nos deux masques retirés.

Et elle lui sourit en retour. Elle savait qu'elle allait contre l'avis de son père, savait qu'elle tombait probablement dans une vie différente et savait aussi qu'elle allait mener une sorte de triple vie... mais ce n'était pas important.

Elle venait de trouver quelqu'un. Elle ne savait pas où ça l'irait, ou même si elle allait se trouver une relation avec lui, ou même si ça allait se finir bien, mais elle s'en fichait. Lentement, elle cala sa tête pour retirer son autre lentille de contact rouge, exposant finalement la vraie couleur de ses yeux.

Sa mère n'était plus dans ses pensées, comme la pression de sa vie de miss parfaite, comme le bruit des explosions sur les innocents, comme la douleur causée par l'Américaine, comme le sang et les éclats de dents présentes sur son écharpe. Pour une fois, elle se sentait libre de tout remords.

Elle ne se sentait plus vide.SUSUMU - Back to the past

« Seulement au lycée... »  ► Susumu
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Thème de Susumu :

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