L'Étrange vie de Susumu Daeiichi (part 1-5, en cours)
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L'Étrange vie de Susumu Daeiichi (part 1-5, en cours)

Daeiichi Susumu
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Surnom : Death Head VI
Profession : Étudiante | Terroriste
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L'Étrange vie de Susumu Daeiichi (part 1-5, en cours) || Dim 9 Sep - 14:03

Back to Zero
BEFORE THE DEATH HEAD

Elle n'avait jamais eue l'impression que sa mère l'aimait.

Depuis sa naissance, et jusque à ses cinq ans, sa mère lui avait toujours parue stressée, énervée ou même ennuyée quand elle était proche de sa fille, se servant de son argent pour se trouver des baby sitters ou s'occupant rapidement d'elle. Un bébé normal était chéri par ses parents, était sans cesse attrapé, câliné et embrassé même. Elle n'avait pas besoin d'être grande pour le remarquer, il suffisait de voir les autres familles aux parcs, avec un père et une mère, au lieu d'être avec un adolescent qui attendait de recevoir sa paye.

Eventuellement, elle s'était dit que c'était de sa faute, mais elle se demandait bien ce qui lui avait manqué. Elle aurait voulue un garçon ? Ou alors elle n'aimait pas comment la petite avait besoin d'affections ? Elle ne savait pas lire les gens, elle ne comprenait pas pourquoi sa mère était aussi distante, pourquoi elle ne venait jamais la voir quand elle pleurait ou ne prenait même pas la peine de la nourrir elle-même.

Elle l'attrapait bien mais c'était parce que Susumu était en train de marcher quelque part où elle ne devait pas être. Et il n'y avait rien d'affectueux dans la façon avec laquelle elle était manipulée par sa mère, quelques fois, elle en avait des bleus ou des griffues, tellement elle était dure dans son approche. Elle en pleurerait mais même à cet âge, elle savait que sa mère ne viendrait certainement pas l'aider, donc, elle devient un bébé silencieux.

La maternelle était un bon endroit en contraste, quoi qu'elle ne comprenait pas la joie de ses jeunes camarades devant la sortie de l'école. Avec le temps, elle comprit qu'ils étaient contents de retourner à leurs maisons, étant ramassés et chéris par leurs parents. Elle était simplement récupérée par un adolescent en quête d'argent, quoi que certains semblaient prendre la pitié pour elle, lui offrant des bonbons ou du chocolat avant qu'elle ne revienne à la maison.

Avec le temps, elle apprit les mots. Elle avait toujours été intelligente, ayant maîtrisé l'art de se débrouiller seule depuis un petit moment. Ses livres eux-mêmes semblaient lui rappeler que sa famille avait quelque chose de pas normal. Il y'avait toujours un homme, un "papa" avec la mère et l'enfant d'abord. Elle n'avait jamais vu d'hommes comme ça chez elle. Peut-être que c'était ça qui rendait sa mère triste ?

Marcher vers sa mère, occupée, avec le livre bien ouvert sur le père semblait être une bonne idée au moment. C'était le geste d'un enfant qui ne comprenait pas grand chose mais voulait quand même aider. Malheureusement, sa mère n'avait pas appréciée. Un instant, il y'eut une brève surprise sur son visage, puis, à l'effarement et la peur de Susumu, la rage. Il lui fallut très peu de temps pour combler la distance entre sa fille et elle, lui arrachant le livre hors des mains et lui attrapant le bras avec fermeté.

Ton père, ma fille. Ton père c'est lui qui m'a abandonnée. Je l'ai connu que une nuit puis il est re-parti en me disant qu'il valait beaucoup mieux qu'une simple junkie comme moi. Tu veux le retrouver, hein ? Tu veux qu'on se réunisse peut-être ? Ça n'arrivera pas, parce que lui et moi, on ne s'est connus que une nuit, et toi, t'es là parce que ce connard à pas pris les bonnes précautions !

Les yeux rouges de sa mère se concentrèrent sur elles, puis elle entreprit de toucher le livre. A l'horreur de Susumu, une sorte d'hideuse tête démoniaque noire fut dessinée sur le livre, alors que ce dernier fut jeté vers le salon... et détona promptement dans un bruit de cauchemar, aveuglant et déchirant les tympans de Susumu, qui s'écroula en arrière en larmes, repartant vers sa chambre après s'être levée, sous l'oeil médisant de sa mère.

Le livre n'avait pas été détruit, mais elle ne le re-toucha jamais, parce qu'elle pensait que sa mère allait s'en servir pour la tuer. Elle resta dans sa chambre alors que des voisins vinrent pour hurler sur sa mère, provoquant un débat sonore qui dura toute la nuit. Elle garda son doudou le plus proche sur elle. Elle n'avait pas vraiment compris les mots de sa mère en entier, mais elle était désormais sûre que cette dernière la haïssait.

Elle devait contacter son père, mais comment faire ?

Le lendemain, elle vint à l'école, de façon plus morne que d'habitude. Elle ne jouait pas, n'écoutait pas en classe et parlait beaucoup moins que d'habitude. Un professeur vint finalement la voir : il s'appelait Paul Nobo, elle l'aimait bien. Il avait un accent qui l'amusait. D'après ce qu'il disait, il venait d'une contrée autre que le Japon.

Susumu, est-ce qu'il y'a quelque chose qui est arrivée ? J'ai entendu dire que tes voisins se sont disputés avec ta mère.

Ils vivaient bien dans une banlieue où les histoires se propagent facilement, après tout, au lieu d'être étouffées comme dans la ville principale. Hésitante, la petite fille prit finalement la décision de lever la manche de son T-shirt, révélant, aux yeux graduellement horrifiés de Paul, la marque de la main de sa mère.

C'est grave si ma mère fait ça ?

Paul se figea brièvement, et posa sa main sur son épaule, tentant de lui sourire. C'était grave d'après ce qu'elle avait bien compris. Est-ce que sa mère allait se retrouver dans l'endroit où les criminels vont quand ils sont attrapés ?

Je vais en parler aux autres, oui c'est grave. Est-ce que... tu aurais un ami qui pourrait t'héberger ?

Oui, Suzuki est gentille.

Va lui demander, okay ? On va s'arranger pour tout régler,ne t'inquiète pas Susumu.

Susumu hocha la tête, et les évènements qui suivirent se firent un peu vite. Suzuki était son amie, et elle accepta donc de laisser la jeune fille vivre temporairement chez elle. Ce fut bref, mais les parents de Suzuki était tout les deux à la maison, étaient contents et pour la première fois de sa vie, Susumu se sentait aimée. Mais en même temps, elle sentait une sorte de jalousie envers son amie, qui bénéficiait de l'amour de ses parents là où la jeune fille n'avait jamais héritée que du mépris de un.

Il y'eut une procédure pour la séparer de sa mère, et son père fut contacté rapidement. C'était des trucs d'adultes qu'elle ne comprenait pas encore, avec de grandes salles de gens sérieux qui offrent des preuves et parlent beaucoup. Elle avait été incitée à venir mais s'était endormie plusieurs fois, quoi qu'elle essayait désespérément de garder une façade aussi sérieuse que ses voisins plus âgés.

Sa mère était là, avec un avocat à côté d'elle. Dès que Susumu devenait l'attention de la salle, elle posait son regard aussi. Et la petite fille en était intimidée, parce que le regard de sa mère, et plus particulièrement ses yeux rouges, était extraordinairement intimidant. Elle se rappelait du pouvoir de sa maman et se demandait si elle n'avait pas piégée la salle ou la chaise.

Il y'avait aussi quelqu'un d'autre dans la salle. Un homme, grand et mince, avec de beaux habits balncs. Elle sentait une sorte de familiarité avec lui mais elle ne savait pas si c'était son père parce qu'il avait des yeux noirs et des cheveux blancs. Les auditions s'enchaînèrent, et il fut décidé qu'elle sera séparée de sa mère et ira vivre chez son père. Ils avaient voulu le faire dès qu'ils avaient entendus l'explosion chez elle, mais les circonstances abusives avaient accélérés le processus.

On parlait de scandale, d'ignorance massive des professeurs et tout mais elle s'en fichait. Elle voulait juste quitter la maison.

Une fois la décision prise, elle fut surprise de voir que sa mère ne semblait pas gênée plus que ça, même alors qu'elle allait être en prison pour quelques années. En fait, elle se tourna bien vers sa fille, poussant de bons samaritains à essayer de faire barrière de leurs corps.

Vas-y, ma fille. Va avec ton père ! Il va t'abandonner ! Comme il m'a abandonné moi ! Il n'a aucun amour pour un bête accident comme toi et une fois qu'il n'aura plus besoin de toi, tu seras à ma place !

Une commotion survint. Les "SCANDALE !", "C'EST UNE INFAMIE !", "TAISEZ VOUS !" survolèrent dans la salle comme des balles alors que sa mère se vit escortée hors de la salle par un groupe d'agents de sécurité. Son père, en dépit des accusations, se tint droit, sans expressions, se penchant légèrement pour bien regarder sa fille dans les yeux.

Je vais m'occuper de toi, ma fille. Je te le jure.

Susumu s'avança un peu pour tenter de lui faire un câlin, il fit de même. Avec le temps, elle réalisa que son geste était causé par la présence d'autres personnes dans la salle : qui irait refuser un câlin comme ça ? Et puis, l'image du père qui enlace l'enfant effrayé offre une bonne image pour les journaux locaux.

En sortant du tribunal, Susumu fut surprise de voir une voiture luxueuse devant le bâtiment, encore plus quand son père entreprit d'y entrer d'un air nonchalant, ouvrant la porte.

Papa ?

Elle s'arrêta de parler. Le mot lui semblait presque alien. Tout lui était un peu surprenant pour être honnête. Son père était devant elle après des année !

... Où allons nous ?

Chez moi. Je vis ailleurs, ne t'inquiète pas, il y'a le bus pour aller à l'école. fit t-il.

Susumu monta dans le véhicule avec hésitation, accrocha sa ceinture et se retourna brièvement, un sourire logé sur le visage, comme si elle disait adieu à ses problème et s'apprêtait à vivre une vie normale et confortable pour la première fois !

Malheureusement, la vie avait encore beaucoup de choses à lui envoyer.► Daeiichi Susumu - Back to the beginning.[/b]

« DEATH OF INNOCENCE »  ► Susumu
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Dernière édition par Daeiichi Susumu le Lun 10 Sep - 3:24, édité 1 fois
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Re: L'Étrange vie de Susumu Daeiichi (part 1-5, en cours) || Dim 9 Sep - 14:04

Le succès de l'un est l'échec de l'autre
Solo

Death Head II, l'héritier, rodait dans le sous-sol de la banque du Japon, inspectant des lingots et autres magots précieux, calant l'argent dans des boîtes et les offrant à un second homme près de lui.

Death Head II avait une tenue propre, avec une combinaison entièrement noire, un manteau entièrement blanc, quoi qu'il y'avait quelques reflets violets de temps dans le tissu, et un masque en tête de forme massive noire, avec deux petits points rouges à la place d'yeux. Il avait aussi des gants blancs et des chaussures noires, tentant sans doute de mélanger le blanc au noir dans son costume pour une sorte de symbolisme quelconque.

Son camarade, lui, était nettement moins bien habillé. Son habit, entièrement violet avec des lignes rouges, avait une épaulière massive et pointue sur l'épaule droite, ainsi que plusieurs piques sur le long de la manche droite et des symboles sur le gant. En contraste, le côté gauche était plus normal, sans piques ni épaulières, présentant une fashion assymetrique contestable. Son masque ressemblait à celui d'un oiseau bizarre, avec un bec et plusieurs trous pour servir d'yeux. Son pantalon pouffant et ses chaussures en forme de serres donnaient l'impression qu'il aurait voulu avoir un alter aérien.

Et pourtant, son alter lui permettait de faire quelque chose de plus impressionnant encore : il ne lui fallut qu'un toucher pour téléporter la boîte ailleurs, dans les mains d'un énième bonhomme dans un petit appartement sur une rue qui donnait vers la rivière. De toute évidence, ce Death Head formait un petit trio.

B-boss ? On peut partir ? On a l'argent après tout, hein ? Les gunz ont promis d'attaquer cette banque ce soir même et...

Chaque syllabe qui te sort de la bouche, c'est une seconde de plus dans cet endroit. Le silence est aussi précieux que l'or qui gît à nos pieds, mon cher.

Death Head, qui s'était retourné pour parler à son jeune ami, fut "surpris" de voir le canon d'une arme à feu pointée sur lui, un gloussement accompagnant la découverte du danger. Deux hommes s'étaient glissés derrière le duo de super vilain. En dehors de leurs physiques baraquées et leurs immenses sourires inquiétants, ils avaient une particularité physique notable : des parties mécaniques, héritées de leurs alters, se manifestant via des armes robotiques, ou des yeux luminescents ou, dans des cas spéciaux, des dents en forme de clé USB.

Le premier Gunz voulut presser le bouton, mais fut surpris de constater que son doigt ne bougeait plus : en fait, l'arme se retourna lentement vers son partenaire en crime, qui observait le procédé avec horreur, ayant à peine le temps de réagir avant de se prendre une balle explosive dans le crâne, envoyant son corps voler sur quelques mètres en arrière !

Mon cher Genji. Je vais t'apprendre quelque chose de très important. Déclara Death Head II, ses yeux luisant d'une couleur violette alors que le Gunz survivant entreprit de lever l'arme fumante vers sa tête. Tu ne dois pas être aussi terrorisé par le danger. Plus tard, dans ta vie, tu seras confronté à des forces énormes. Les héros du pays se lanceront à ta traque, la police te pourchassera et les vilains se feront une joie de prendre ta place. Si tu veux hériter de ce masque, tu dois avoir de la volonté. La volonté de ne jamais reculer devant personne, la volonté de faire des choses complètement folles ou maléfiques pour obtenir la victoire, la volonté de mettre un plan en marche peu importe les coûts. Si tu refuses de mettre ton esprit à 100% dans ce que tu fais, tu ne seras jamais la main qui influence le destin : tu seras juste une paire d'yeux parmi tant d'autres dans la foule imbécile qui observe les aléas du monde.

Genji, qui s'était accroupi pour tenter d'évader la mort, releva la tête en silence, intéressé. Sous son masque, Death Head II laissa échapper un sourire... et fit feu.

Le succès de l'un est l'échec de l'autre, surtout dans ce métier. Si tu as peur, tu mourras comme les Gunz... et, comme les Gunz, c'est moi qui m'occupera de te tuer si tu manques le courage de bien porter ce masque, compris ?
--

Susumu se trouvait près du bureau du directeur de l'école, assise à côté de son père, les bras croisés. La petite fille, désormais vieille de 9 ans, avait quelques marques et écorchures sur le visage et le long du bras, son expression faciale était une de colère ou d'embarras, en contraste avec le calme nonchalant de son père.

Quelques années s'étaient écoulées depuis qu'elle avait été récupérée par son père. Il était distant et froid mais il ne la haïssait pas comme sa mère, et il avait des amis qui étaient sympas avec elle. Elle ne se sentait pas haïe, et c'était ce qui comptait pour elle. Elle s'imaginait que son père était simplement nerveux ou alors était dans le genre qui à du mal à communiquer son affection pour sa fille. Mais depuis le temps, sa vie était devenue plus...

Non, elle avait du mal à dire agréable. Son père avait découvert son alter peu après la découverte de sa fille. Elle l'avait éveillée à trois ans mais s'était arrangée pour le dissimuler. Depuis qu'il l'avait découvert, il avait gagné un certain intérêt. Au début, elle ne faisait que faire exploser des objets isolés mais il y'a quelques années... elle avait été forcée de blesser un voleur.

Sa vie était mieux qu'avant mais le besoin de perdre de l'empathie et d'être plus enclin à la violence avait rendue Susumu plus violente, plus aigre à utiliser son poing que ses mots maintenant. C'était pour cette raison qu'elle était convoquée au bureau du directeur d'école : elle s'était élancée dans un combat avec une autre fille, après avoir été trop de fois insultée par cette dernière. Elle n'avait même pas pris du temps pour le faire, d'ailleurs. Une provocation, et elles étaient toutes les deux en train de se battre.

Cette fille, Tanaka Suzuchi, était une sorte de petite despote d'après les informations de ses camarades. Populaire et toujours entourée de ses groupies, elle avait des parents riches, de un. Elle s'était crue toute permise mais Susumu lui avait prouvée tort. Et de son point de vue, ça faisait du sens : elle n'aimait pas comment elle lui parlait donc elle a réagi en conséquences.

La porte à côté s'ouvrit, grâce à un bonhomme en suit gris, et père et filles entrèrent dans la pièce. Elle reconnut immédiatement le père de Tanaka, parce qu'ils avaient tout les deux des petits yeux mesquins, de courts cheveux noirs et des pommettes prononcées. Contrairement à Susumu, elle avait clairement héritée de son père en tout. En silence, ils furent invités à s'asseoir sur deux chaises, le directeur ayant décidé de prendre son air le plus sévère possible.

Monsieur Taro, merci à vous d'être venu.

Je vous en prie.

Excusez-moi, mais je vais couper court. Mr.Suzuchi est... très en colère concernant la bagarre entre vos deux filles. Et pour être franc, son tempérament inquiète. Elle à du mal à fonctionner dans les groupes, s'énerve rapidement et n'écoute pas ses professeurs. J'ai peur de ne pas pouvoir la garder dans cette école si elle continue à défier ainsi notre enseignement.

Susumu sursauta légèrement, ses grands yeux rouges s'écarquillant directement avant de se concentrer sur Tanaka, occupée à ricaner. Il lui fallut plus de volonté qu'elle ne voudrait l'admettre pour s'empêcher de bondir sur la fille et serrer ses mains autour de son cou pâle. Ce ne serait pas difficile, vu qu'elle avait clairement subie plus de dégâts que sa "rivale".

Le directeur se pencha légèrement en avant. Il était plus vieux que les deux hommes dans la pièce, le gris envahissait déjà le noir de sa chevelure et son visage se voyait déjà marqué par les rides. Quelque fois, Susumu avait voulu tirer sur sa barbe. Pas par malice, mais plus par la simple curiosité enfantine encore en elle.

Nous sommes conscients des problèmes déjà rencontrés avant, mais...

Susumu fut surprise pour la deuxième fois en un très court délai, mais Taro ne bougea même pas un sourcil. Le stoïcisme de son père l'étonnait : il était en contraste total avec le caractère rebelle de sa fille. Il y' avait des moments où elle se demandait si son père n'était pas quelqu'un d'autre, pour ainsi dire. Après, elle était sûre que les similarités finiraient par apparaître tôt ou tard, en terme de caractère.

Elle ne connaissait toutefois pas grand chose sur l'histoire de son père, sur comment il avait rencontré sa mère et pourquoi il était parti. Elle s'était dis que plus tard, quand elle sera grande et lui vieux, elle ira lui demander... en espérant qu'il n'ait pas tout oublié.

Avec tout le respect possible, la situation n'a rien à voir avec les agissements de sa mère. Cependant...

Taro se leva et entreprit de s'accroupir droit devant le trio, sans jamais trahir la moindre hésitation ou colère devant sa situation.

Je m'excuse pour les actions de ma progéniture. D'ici la fin de ce week-end, je ferais tout en mon pouvoir pour régler la situation et lui expliquer la situation.

Je suis content de vous voir aussi réceptif au changement ceci dit. Il me chagrinerait de la renvoyer, votre fille est très intelligente.

Bien. Je vais partir de suite mais avant, Susumu, je t'en prie, excuse toi.

Susumu se retourna vers sa rivale et son père et entreprit de se faire un angle. Elle tenta de s'abaisser juste assez pour ne pas voir le sourire triomphant de la petite morveuse, mais malheureusement, cette dernière se pencha aussi !

Désolée.

Bien ! Bons week-ends à vous.

Les duos quittèrent rapidement la salle, Susumu contenant difficilement ses larmes de frustration alors que Tanaka et son paternel entreprirent de les doubler, un sourire narquois au visage. Elle entreprit d'imiter son propre père en réponse, levant la tête de façon fière, les mains bien dans les poches. Ce ne fut qu'une fois dans la voiture qu'elle entreprit de faire tomber le masque, croisant les bras et envoyant un regard noir à son père.

Ce dernier la dévisagea et entreprit de commencer la conduite. Il faisait tard : Le soleil couchait déjà, peu de voitures étaient présentes et des ombres noires se mélangeaient déjà au ciel orange au delà. L'école, un modeste bâtiment en bordure de la banlieue, disparut lentement à l'horizon, tout comme la voiture de Tanaka, qui vivait à Tokyo.

Pourquoi est-ce que t'as pas utilisé ton alter, papa ?

Pardon ?

T'as ton propre alter, hein ? T'aurais du l'utiliser sur le papa de Tanaka et le directeur... surtout l'autre, il m'a comparé à maman...

Susumu recula légèrement, de plus en plus inconfortable avec les comparaisons avec sa mère. Le même alter, les mêmes cheveux, les mêmes yeux... elle avait peur de devenir comme elle. Une femme seule et haineuse. Elle pensait que prendre les rênes, dominer ceux qui osent se tenir près d'elle et ne pas montrer une once de peur lui permettrait de changer ça. Au lieu de simplement se tenir sur le côté et maudire sa vie, elle prendrait le contrôle.

Un criminel comme nous ne se sert pas de son alter impulsivement... non, il ne fait rien d'impulsif, Susumu. J'avais des doutes sur l'école, tu sais ? Momochi m'a convaincu, mais plus le temps passe, plus je me dis que tu as des chances de tout avouer par accident.

Tu me prends pour un bébé ?!

Tu ne me donnes vraiment pas d'occasions de te voir comme plus que ça.

Elle se tût, vexée par ses mots.

Te souviens tu de Death Head II ? L'héritier ?

Oui. Il est devenu un grand criminel en vivant comme ça. Il n'a peur de rien ! Quand on lui disait quelque chose, il agissait ! Il n'aurait pas dit pardon !

C'est pour ça qu'il est mort, vois-tu. Il s'est surestimé. Il pensait que son contrôle sur la technologie le rendait tout puissant et est mort bêtement en défiant un super héros sans aucun gadget sur lui. Il avait une bonne philosophie de base mais il le vivait mal. Le courage, la volonté, l'ambition ? C'est utile à un vilain, oui, mais il faut savoir se retenir. Si l'on agit de façon impulsive, sur un bête coup de colère, les conséquences peuvent être graves.

Il lui lança un regard : elle était happée.

Pourquoi crois tu que personne ne sait qui je suis vraiment ? Parce que je me modère. Je me suis excusé au directeur, j'ai ravalé ma fierté et je mène une vie normale en dehors de mes activités. Je reste calme et polis dans la vie quotidienne et j'évite d'agir de façon suspicieuse. Si tu veux progresser dans la vie, tu dois bien prédire toutes tes actions, être au courant de la moindre des opportunités et bien garder ton ambition en main. Elle pourra te guider vers la victoire, non vers un gouffre.

Susumu hocha la tête : elle comprenait maintenant. L'ambition est important, mais il faut aussi savoir se modérer et tenter de mener une vie normale. Avoir un véritable masque pour déguiser ses véritables buts, au lieu d'être une petite brute impulsive.

Nous allons voir si tu pourras appliquer mon message. Susumu. D'ici la fin du week-end, je veux que tu prépares un plan pour ruiner la réputation de cette sotte sans te faire repérée. Tu pourras attendre un moment, histoire que les projecteurs ne soient plus sur toi, mais je veux que tu pousses cette sotte et son père aux larmes. Compris ?

... Compris !► SUSUMU - Back to the past[/b]

« Il y'a plus de dix ans...  »  ► Susumu
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Dernière édition par Daeiichi Susumu le Dim 9 Sep - 14:06, édité 1 fois
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Re: L'Étrange vie de Susumu Daeiichi (part 1-5, en cours) || Dim 9 Sep - 14:05

Le passé rattrape toujours
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Death Head III, "l'évasif", était assis sur un tabouret dans une petite pièce miteuse, un sourire satisfait dissimulé derrière son masque de mort blanc. Il avait des vêtements entièrement blancs avec des lignes rouges le long des jambes et des bras, partant d'un simple point rouge au milieu de son torse. Sa tenue ressemblait à une armure avec un grand manteau blanc, avec quelques piques sur les épaules, des grands gants avec des ongles acérés et de grandes chaussures blanches.

Sa tenue était en contraste total avec les vêtements bien plus sobres des gangsters tout proches, ces derniers "admirant" une masse de monnaie à leurs pieds. La raison pour laquelle les criminels étaient peu satisfaits de cette somme de monnaie pourtant colossale était évidente : Death Head III venait de s'accumuler une montagne de cash, immensément plus grande que celle des Yakuza, à sa grande joie d'après son ricanement moqueur.

Qu'est-ce qui se passe donc, messieurs ? Seriez-vous jaloux ?! Pourtant, cet argent me revient de droit, c'est moi qui m'occupe du crime après tout ! Je mérite la plus grande partie de la récompense !

Ferme ta geule, Death Head. C'est pas parce qu'on est dans un entrepôt isolé que tu peux...

Je n'ai pas peur de la police et pas peur de vous non plus ! Je peux parler comme je veux et vous, sans-pouvoirs, vous n'avez qu'a vous mettre sur vos genoux en vénération !

T'es meilleur parce que t'as des pouvoirs ?

Bien sûr que oui, sombre crétin !

Death Head III se leva promptement, leva la main et entreprit de donner des coups de mains à la pile d'argent, la faisant lentement disparaître. Une fois fini, il leva la tête, juste à temps pour remarquer que les Yakuzas venaient de sortir leurs armes, pointant fusils, mitraillettes, pistolets et autres armes létales dans la direction du super-vilain. En réponse, ce dernier se leva lentement et croisa les bras, peu intimidé.

J'en ai marre de me faire insulter en permanence par toi ! On va voir comment ton pouvoir tient contre des balles, "Death Head" !

Death Head III leva le doigt, et les projectiles fusèrent dans la pièce, le corps de Death Head III ployant sous les balles et le propulsant à des mètres plus loin, un cri étouffé se lançant hors de sa gorge. Un tel assaut aurait sans aucun doute déjà réduit n'importe qui en compote, mais les Yakuza continuèrent, afin de bien transpercer l'armure... et aussi par plaisir cathartique.

Ils s'arrêtèrent finalement après avoir épuisé tout les chargeurs, contemplant le mur défoncé et le corps étrangement intact du super-vilain... qui se releva promptement et posa, satisfait quand les cris de surprises fusèrent de la part de Yakuza. Des cris de surprises qui se turent rapidement quand des balles fusèrent de ses doigts, s'échappant hors de petits portails à la pointe de ces derniers et décimant les hordes de Yakuza.

Le super-vilain laissa le procédé continuer pendant un moment puis s'arrêta, observant l'appartement désormais couvert de sang. Il observa brièvement la masse de billets verts, complètement anéantie, et haussa les épaules.

C'est exactement ce que j'ai dit. Moi, Death Head III, siège au sommet du monde ! C'est pas des Yakuzas de merde qui vont prendre ma place de sitôt ! Hahahaha !

Ricanant, Death Head III marcha sur les corps et quitta la scène, triomphant.

--

Susumu était occupée à manger toute seule dans la maison de son père, portant un broccoli à sa bouche et grimaçant de dégoût. Puis, elle entreprit de reprendre une expression sereine, juste à temps pour retrouver du dégoût en consommant le légume. Elle trônait seule sur une table en bois, dans une pièce bien éclairée mais quelque peu austère, qui donnait sur la cuisine ainsi que sur le salon, fermé avec une porte en bois.

Son père recevait des "amis" à la maison, et il lui avait dit de ne pas la déranger. Elle avait été très confuse par cette règle il y'a de cela quelques années, mais ce n'est pas comme si elle passait du temps avec papa. Ce dernier était plus présent que sa mère mais il insistait pour élaborer ses stratégies et recevoir ses amis à la maison. En contre-partie, elle pouvait inviter ses propres camarades et jouissait d'une liberté certaine.

Mais inviter ses amis était un peu dur, son père leur faisait  peur. Leurs parents pensaient qu'il était agréable mais pour les enfants, le père de Susumu tenait de l'ogre maigre. Du coup, elle se contentait souvent de prendre des desserts seule, avant de remonter dans sa chambre pour regarder la télé. De toute façon, elle n'avait pas autant de copains qu'elle ne le voulait, un peu pour les mêmes raisons que son père : elle faisait peur.

La porte en bois s'ouvrit un instant, et elle entendit des rires et de la musique, ainsi que la voix plate d'un présentateur télé. Elle baissa promptement les yeux, comprenant qu'un des amis de son père était en train de faire un séjour vers la cuisine. Cependant, les lourds bruits de pas de l'homme s'arrêtèrent, et elle releva la tête timidement hors de confusion, apercevant finalement la figure mince et chauve de Momochi.

Ha, tiens, salut Susumu ! Fit t-il, s'approchant d'elle. Comme son père, il était grand et bien habillé. A l'inverse de son père, il était très joyeux et avait le coeur sur la main. Elle l'aimait bien, comme le prouva son sourire immédiat.

Momochi !Fit t-elle, avant de se taire soudainement, réalisant qu'elle venait de faire du bruit.

C'est rien de grave. T'as bien grandie depuis le temps, hein ? Quand je t'ai vue pour la première fois, tu devais faire trois pommes ! Alors, ton école est bien ?

Ho... hum, non, pas vraiment... j'ai eu une, heu, altercation avec cette fille, Tanaka... elle était méchante donc je l'ai tapée mais du coup, je suis un peu en trouble. Je dois trouver un moyen de l'humilier mais discrètement et bah, j'ai attendu et du coup je pense que j'ai trouvé un bon plan !

Ha oui, ton père l'a mentionné ! Tu sais avec le bon plan, c'est facile.

Ton ordinateur ?

Momochi claqua des doigts et hocha la tête de façon positive. Susumu, en réponse, clappa un petit peu des deux mains, un grand sourire satisfait au visage. Elle s'arrêta quand elle aperçut, brièvement, le regard inquisiteur de Moizoi à la porte, quoi qu'il s'arrêta rapidement pour rejoindre les festivités. Il était un peu austère comme allié de son père. Un adulte ennuyant qu'elle ne voudrait pas revoir de sitôt.

Je t'apportes l'ordinateur portable demain. D'ici Lundi prochain, ta petite rivale et son papa seront hors de tes cheveux. Fit t-il, se dirigeant vers la cuisine pour aller se chercher quelques bouteilles d'alcools. Toute ravie, Susumu ingéra promptement un broccoli et eut, encore une fois, une moue de dégoût.

Le chauve s'arrêta et la dévisagea un peu, ricanant.

Tu ressembles beaucoup à ton père quand tu grimaces, tu sais ?

--

Susumu était assise sur le bureau de son père, qui était en train de faire un voyage financier. Elle ne comprenait pas trop les affaires d'adultes donc elle se contenta d'observer le petit ordinateur portable de Momochi, qui était en train de faire une recherche Goggles. Un peu confuse, elle posa discrètement la main sur le pad de l'ordinateur.

Tu sais ce que je fais, Susumu ?

Du journalisme, hein ? Tu... écris des trucs et papa le lit.

Oui, et figure toi que mon chef cherche des articles sur cet homme. Du coup, tu vas m'aider en cherchant des histoires embarrassantes sur lui, m'kay ? Comme ça, tu m'aides et tu fais ce que ton papa veut !

Cool ! Mais... qu'est-ce que tu vas faire ? Tu n'as pas peur que je fasse quelque chose de mal ?

T'es une fille maligne. Je suis sûr que tu n'as pas besoin d'aide ! Allez, bonne chance ! Je vais aller faire un tour dans la maison !

Il fit un dernier signe et Susumu entreprit de le suivre du regard un instant, puis il monta par les escaliers et disparut. En conséquent, elle se mit en route, cherchant des indices dans l'Internet.

Il était stérile et sa fille avait été adoptée. Il n'avait pas de femmes parce qu'il voyait d'autres femmes alors qu'il en avait déjà eu une. De par le passé, il avait rejoint un groupe qui s'appelle "Aube sacrée" et aurait encore des relations avec. Elle ne comprenait pas pourquoi c'était mal de rejoindre un groupe. Il parait qu'il détournait même de l'argent de sa compagnie pour se faire des vacances, comme un gros voleur !

De façon maladroite, elle réussit à unir les articles, prenant un peu de tout et de rien. Le journalisme, ça semblait facile ! Mais c'était assez fatiguant parce qu'il y'avait beaucoup de gros mots et d'images interdites donc elle avait besoin de se couvrir les yeux, cliquant un peu partout sur la page pour l'ajouter au répertoire.

Elle ne sut pas combien de temps s'était écoulé, mais une fois "finie", elle se sentait engourdie et ses yeux étaient tout piquants. Ce fut le moment que Momochi choisit pour revenir promptement, un verre de chocolat à la main. Il l'offrit à Susumu, qui quitta le siège et s'empara du verre avec un bref "merci", affichant une façade cool et nonchalante... qui se désintégra à la première gorgée de chocolat, affichant un grand sourire satisfait.

Bon boulot ! Je m'occuperais de la suite et de tout peaufiner. Ça va partir ce soir et les effets seront ressentis demain, t'inquiète pas !

Ça va le faire si vite ?

L'internet est très rapide ! Allez, je repars du coup, vu que ton père arrive bientôt ! Embrasse le de ma part !

Il prit ses affaires, ainsi que l'ordinateur et entreprit de quitter les lieux promptement. Pas assez promptement pour qu'elle ne remarque pas un petit objet dans ses mains... et trop promptement pour que ça paraisse normal. Quelques minutes seulement après son départ, Taro revint, dans une somptueuse voiture noire.

Susumu le vit sortir rapidement pour se frayer un chemin vers sa chambre. Une fois arrivé, il laissa échapper un bref cri de victoire et descendit promptement de l'étage, un sourire satisfait au visage. Il ressemblait un peu à celui de sa fille... enfin, le sien était nettement plus maléfique. La petite fille décida de se cacher derrière la table, ne bougeant pas tout le long de la brève conversation en Français entre son père et un autre camarade.

Elle resta figé au même endroit quand il termina l'appel, se tournant ensuite vers sa fille. Son sourire disparut en un instant, remplacé par le stoïcisme habituel.

Ha. Susumu.

Heu... salut papa ?

Comment s'est passé ta petite fouille ? Est-ce que Momoshi à fait... un tour de la maison ?

Intimidée, elle hocha rapidement de la tête, et pour la seconde fois, un grand rictus déchira le masque de pierre habituellement porté par son père.

Je suis fier de toi, ma fille. Je vais t'emmener au restaurant... tant que tu restes sage, bien entendu.

Ses hésitations disparurent avec ses peurs, et Susumu hocha rapidement la tête. Le restaurant était une chose, mais entendre son père lui dire qu'il était fier d'elle ? C'était un jour unique ! Toute idée d'avoir fait quelque chose de mal venait de quitter son esprit !

--

En arrivant à l'école, elle s'était imaginée une véritable commotion, tout les enfants concentrés autour d'une Tanaka surprise et dépassée... mais, à sa grande surprise, les enfants étaient tous séparés et occupés à s'échanger les ragots, au lieu d'aller pointer du doigt. Même les adultes étaient en train de discuter, quoi qu'ils parlaient nettement plus bas que les enfants.

Même les pimbêches normalement près de la petite riche étaient en train de se faire un petit échange de rumeurs. Susumu, elle, se contenta de se diriger vers une Tanaka occupée à faire un appel sur son portable rose qu'elle avait eue pour son anniversaire il y'a quelques semaines. Les larmes coulaient abondamment de ses joues et ses jambes tremblaient, sans que personne ne vienne pour la consoler ou lui offrir du soutien.

La petite fille aux yeux rouges s'arrêta, une étrange sensation lui écrasant le coeur. Elle avait tapée sur cette fille, elle s'était fait embêter par cette dernière, elle avait même dit son premier gros mot envers elle ! Pourquoi est-ce qu'elle avait de la pitié pour elle ? Elle le méritait ! C'était ce que son père lui avait demandé de faire !

A trop contempler ses actions, Susumu ne remarqua pas un silence soudain de la part de Tanaka, elle ne remarqua aussi pas le poing de cette dernière, qui frappa promptement la mâchoire de la future criminelle, l'envoyant au sol. Surprise, elle ne put se défendre alors que l'ancienne reine de la cour de recrée s'empara de son col, la hissant dans les airs.

Toi ! C'est toi, hein ? C'est toi qui m'a fait ça !

Mais qu'est-ce que tu dis ?! Tu me fais mal, arrête ! Fit t-elle, levant les bras pour intercepter les coups de poings envoyés à sa direction. L'assaut de Tanaka était énervé et rapide, mais elle frappait l'air plus qu'elle ne frappait vraiment Susumu.

T'as dit à ton père bizarre d'envoyer ces rumeurs pour me ruiner ?! Y'a que toi qui... T'es vraiment qu'une folle bizarre ! Comme ta mère l'addict !

Bah au moins j'ai une mère ! Lâcha t-elle, la poigne de Tanaka se détendant en réponse. La petite Daeiichi se releva et inspecta sa mâchoire, tentant de ne pas être aggressive.

T'es... t'es qu'une chienne ! T'as lâché ces rumeurs juste parce que tu me blaires pas ! T'es complètement malade !

Non, tais-toi !

Les adultes s'approchaient déjà pour les séparer. Susumu avait mal aux bras et à la mâchoire, mais elle tenta de garder un air détaché, en contraste total avec la furie aux larmes qu'était devenu Tanaka. L'attitude détachée mais hautaine était complètement partie, et son maquillage coulait avec ses larmes, formant de grosses tâches noires sur ses joues.

Tu seras jamais heureuse ! Je... je te maudis ! Plus tard tu verras ce que ça fait de se faire tout prendre ! JE TE HAIS ! JE TE HAIS !

Elle continua de hurler sa haine à Susumu, qui se contenta de la dévisager jusque à ce que la foule engloutisse les deux rivales.

--

Susumu trônait dans l'infirmerie, avec une poche de glace sur la mâchoire et quelques pansements sur les bras. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'elle soit attaquée, mais retenait ses larmes. Elle voulait que papa la voit comme forte en dépit des blessures, pas faible et chouineuse. L'infirmière à côté, elle, semblait compréhensive, quoi qu'un peu dépassée.

Tu vas bien ?

Vi...

En dehors de la douleur sur le corps, elle avait encore cette sensation étrange qui lui tourmentait l'esprit. Est-ce qu'elle venait de faire une bonne chose ? Est-ce que Tanaka avait bien méritée ce qui venait de se passer ? Elle avait besoin de son père ou de Momochi mais ils étaient occupés, donc elle allait être récupérée par une des servantes dans la maison.

C'est choquant ces rumeurs, hein ? Après, ne t'inquiète pas, ce n'est pas toi.. enfin, tu n'as pas les moyens de chercher et propager ces choses, hein ? Et ton père est un homme droit je doute qu'il fasse quelque d'aussi horrible que ça.

En dépit de ses mots, Susumu restait déprimée, observant ses pieds d'un air vide. La jeune femme aux lunettes resta silencieuse et s'empara d'un miroir, s'accroupissant et permettant à Susumu de se voir dans la surface.

Tiens, regarde, tu restes toute jolie !

Susumu se regarda et constata, effectivement, qu'elle n'avait pas de grosse bosse sur la mâchoire ou de dents détruites. Un peu hésitante, elle décida de sourire, un rictus s'affichant lentement sur son visage. Quelques secondes s'écoulèrent, puis le miroir fut retiré et elle vit la stagiaire partir pour chercher un jouet.

De cette façon, elle ne put pas remarquer la terreur sur le visage de la petite fille. Au miroir, elle avait vu quelque chose de familier, quelque chose qui la terrifiait.

Elle n'avait pas vu un sourire de joie ou de relief. Elle avait vu l'écoeurant rictus de triomphe de son père.► SUSUMU - Back to the past[/b]

« Il y'a plus de dix ans...  »  ► Susumu
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Thème de Susumu :

Daeiichi Susumu
Justicier
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Surnom : Death Head VI
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Rang : A
Yens : 1460
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Alignement : Juge
Re: L'Étrange vie de Susumu Daeiichi (part 1-5, en cours) || Dim 9 Sep - 14:06

Les masques retirés
Solo

Susumu se trouvait devant le miroir de sa propre salle de bain, engagée dans une sorte de combat de regard avec sa réflection. Ses deux yeux rouges et ses cheveux, qui atteignaient à peu près ses épaules, présentaient toutefois autre chose que sa bête copie sur la surface reflective : au lieu de se voir, elle voyait sa mère, si grande pour une Susumu toute petite et avec un regard cruel qui allait bien avec les orbes rouges qui lui servaient d'yeux.

Prenant le temps de souffler un bon coup, Susumu ouvrit un tiroir, fouilla un peu dedans et entreprit d'en extraire une boîte de lentilles de contact, posant rapidement deux lentilles de couleur marron et relevant ensuite la tête pour apercevoir son reflet. Après seulement quelques secondes d'ajustement, elle put finalement voir la Susumu du miroir, avec de grands yeux marrons pour camoufler la couleur de ses yeux.

Elle sourit un instant et entreprit de se lever de son siège, dissimulant la boîte dans le tiroir et enfilant l'uniforme de son lycée rapidement. Elle était sûre qu'elle passait plus de temps dans cet uniforme que dans d'autres vêtements, quoi que ça ne la gênait aucunement. C'était ce qu'on attendait d'une élève comme elle après tout.

En attrapant son portable, Susumu remarqua qu'elle venait de recevoir plusieurs messages de la part d'amis et d'amies. Certains avaient eu le courage d'écrire des messages, d'autres avaient décidés d'utiliser des émojis, au moins deux s'étaient dits qu'il serait marrant de composer des lettres en émjos. Par désire de perfection, elle répondit à tout les messages, changeant juste assez à chaque écrit pour donner l'impression qu'elle accorde une attention unique et personnelle envers le récipient.

En descendant, elle aperçoit son père, en train de discuter au téléphone. L'apercevant, il murmura quelques excuses, baissa l'appareil et un mince sourire se creusa sur son visage habituellement stoïque.

Susumu. Bon anniversaire.

Elle répondit avec le même sourire et fit une courbe avant de partir. Sa vie s'était immensément améliorée depuis le temps : elle était belle, athlétique, populaire, son père la respectait, elle avait bien maîtrisée son alter et ses notes étaient excellentes. Elle avait même obtenue une place en tant que représentante de la classe.

Et pourtant... Pensa t-elle, alors que les pierres du jardin crissaient sous ses pieds, le portal de la luxueuse maison de son père s'ouvrant devant elle. Je me sens... vide.

--

La fille de Taro avait daignée porter un seul petit chapeau multi-colore en cone, tapotant sur le bureau avec son stylo. S'il y'avait quelque chose de comique avec son attitude super-sérieuse, en contraste total avec le chapeau, son interlocuteur n'osait pas en rire.

Il était un peu plus petit qu'elle, et pas bien musclé. Son visage et ses cheveux étaient camouflés derrière une capuche épaisse, qu'il portait au dessus de son uniforme. Depuis le temps, elle avait daignée lui laisser utiliser le manteau noir, vu qu'il semblait encore plus nerveux quand l'objet n'était pas en sa possession. Il était déjà assez préoccupé comme ça, se frottant les mains et regardant un peu partout dans la salle, essayant de se concentrer sur autre chose que les yeux marrons de la représentative.

Monsieur Keito. A force de venir ici, je vais penser que vous avez une attraction pour moi. Commença t-elle, tentant de le mettre à l'aise.

Keito était un élève particulier, sans alter et sans histoire. Il était un élève moyen qui se fondait dans la masse. Son seul fait notable, c'était bien son refus d'apprendre l'Anglais ou autres langues étrangères. D'après lui, se faire serait un "rejet de son identité". Et en dépit de ses apparences de lapin nerveux, rien n'avait jamais su lui faire changer d'avis.

Elle aurait pu l'abandonner et laisser l'école l'expulser éventuellement. Mais sa fierté demandait à ce qu'elle le change. Elle avait posée des cancres sur le chemin de la réussite, avait rendue des "mean girls" toute dociles et s'était assurée du respect des délinquants du coin. Elle n'allait pas reculer et laisser une tâche noire marquer son record à tout jamais.

Je suis désolé mais... je ne pense pas que ça marchera aussi cette fois... je vous le dis rapidement, comme ça on peut vite quitter l'école. Offrit t-il, parlant comme s'il craignait d'être mis sur écoute.

Il disait la même chose depuis les derniers rendez-vous, donc elle fit la même chose et agita la tête de droite à gauche. Elle n'était pas vraiment pressée de rentrer, et plus elle gâchait le temps de Keito, plus il serait amène à finalement accepter l'Anglais, réalisant que l'alternative était tout aussi coûteuse en temps sans lui offrir l'occasion d'étendre ses horizons culturelles.

Je suis concernée par ton cas, tu sais ? L'Anglais est une langue importante, tu ne peux pas progresser dans la vie avec juste le Japonais. Je te fais perdre du temps pour que tu réalises que tu risques de perdre beaucoup plus en refusant d'apprendre les langues étrangères.

C'est ça. C'est l'étranger qui me gêne.

Susumu leva immédiatement un sourcil. C'était une révélation particulière. Sa petite stratégie devait avoir fait effet, vu comment il avait simplement révélé l'affaire. Elle masqua son excitation derrière un simple sourire, consciente qu'elle faisait un progrès important.

Pourquoi donc ? Vos parents ne sont pas des nationalistes.

Elle se rappelait de certains propos "outrageux" dits en public, hors du lycée. En dépit de sa nervosité, son avis sur ces mots était comme son avis sur l'Anglais : inébranlable. Il ne regrettait aucunement ce qu'il avait dit

C'est compliqué, vraiment. C'est une affaire de... enfin... j'ai rencontré quelqu'un et je...

Qui donc ?

C'est compliqué, heu... écoute. On peut se revoir demain, au parc ?

Mon commentaire de tout à l'heure n'était pas sérieux.

Je le sais mais c'est juste que... ça me met plus à l'aise, tu comprends ? C'est plus facile pour moi de parler.

Elle n'avait jamais pensée à simplement l'emmener dans un endroit plus amène. Grimaçant intérieurement, Susumu fit un effort admirable pour garder un masque stoïque. Il était dérangeant qu'il se trouve dans une sorte de groupe ou connaisse quelqu'un avec des idéaux extrémistes mais elle n'aura qu'a être précautionneuse... du coup, Susumu se leva.

Parc Taisyo, vers 19 heures, demain, hm ?

Oui ! Je suis content de voir que vous me comprenez !

Oui, oui... bonne soirée, monsieur Keito.

--

Susumu se dirigeait vers la maison de son père, pensive. D'un côté, Keito pouvait essayer de l'attirer dans un piège, et son alter n'était pas très efficace contre les pièges si elle ne pouvait pas s'éloigner de l'objet avant la détonation. De l'autre, elle pouvait essayer de se trouver des amis pour la prévenir en cas de piège, ce qui lui offrirait des renforts si l'occasion venait à tourner mal.

Il serait peut être bon de juste signaler à la police de s'occuper de ça mais elle voulait voir cette affaire se régler personnellement. C'était son travail et elle ne voulait pas reculer alors qu'elle venait de faire des avancées majeures sur l'affaire. Les vacances arrivaient bientôt de tout façon, donc elle pourra se reposer le temps voulu. Elle n'avait jamais vu les week-end que comme des occasions de travailler sans être gênée par l'école.

Plongée dans ses réflexions, elle ne devina pas que la maison de son père était bizarrement sombre et sans lumières, ouvrant le portail d'un air nonchalant et pénétrant dans la cour pour ouvrir la porte. Ce ne fut qu'une fois en relevant la tête qu'elle comprit ce qui venait de se passer : sa classe entière siégeait dans le salon, bondissant dès que la lumière revint dans la maison. Certains furent juste assez proches pour l'enlacer même !

BON ANNIVERSAIRE !!!!!!

Susumu se tint juste, une sorte de sourire bête au visage alors que plusieurs jeunes étudiants tournaient autour d'elle. Son père se trouvait à son bureau avec un sourire satisfait au visage, portant un chapeau pointu de fête. Elle était touchée et confuse... quoi qu'elle entreprit de rire rapidement, n'étant pas capable de démontrer de la faiblesse même dans un tel moment.

H-ho ! Merci beaucoup ! Fit t-elle, alors que des chapeaux étaient posés sur son crâne, et que des lunettes de soleil étaient ajustées sur sa vision. Elle était sure qu'elle en avait au moins 8 sur le nez, tenant en place grâce à une sorte de miracle d'équilibre. Quelques dizaines de personnes vinrent lui hurler des messages aux oreilles et elle contempla brièvement une retraite vers le portail.

Je suis contenhahahahahahahahmerci pour les cours !t'utilises quel shampoc'est quoi ton manga préfdonnez lui de l'espje stress tellement je sais plus quoi dire !here come that boila meme pas !

Les heures s'écoulèrent, tenant plus de la tornade sociale que de l'anniversaire. Quand elle n'était pas occupée à boire du jus de fraise (pas d'alcool, jamais) ou même du jus d'orange, elle parlait avec quelqu'un. Elle avait vu tout le monde dans la soirée, elle avait rie, était devenue triste, s'était ravie, avait offert des solutions, promis des rendez-vous... ses journées futures étaient remplies avant même que le soleil ne se couche vraiment.

Elle escorta le dernier fêtard jusque au portail, s'excusa et rentra chez elle, baissant un peu la tête. Père avait été clair sur les règles, vu comment la maison était... propre. Pas de gobelets cassés, de tables renversées, de vases brisés ou de fenêtres pas réparées. Il y'avait bien des détritus mais elle s'affaira de s'en occuper, alors que Taro entreprit de claquer des doigts.

Quelques servants surgirent des parties non-explorées de la maison, il n'y eut pas besoin de demandes d'ordres pour qu'ils se mettent au travail, et Susumu se prépara à monter afin de dormir mais remarqua que son père venait d'ouvrir la porte, la regardant de façon neutre et lui envoyant une veste.

Il est l'heure de discuter.

--

Susumu lança un regard vers le siège arrière de la voiture, finissant d'enfiler la veste kakie offerte par son père. Elle se souvenait du temps qu'elle avait passée ici, petite, à observer la voiture, ou les environs ou même le dos de son père. Il s'était bien assuré de la garder là jusque à son premier acte de super-vilainie.

Rien de bien important. Il voulait se débarrasser du Wrangler, un vilain capable de repousser les objets autour de lui s'il en percevait le danger. Il avait invité Susumu à le faire pour lui, et cette dernière s'était arrangée pour charger un objet, masquant le crâne, l'envoyant au Wrangler et s'assurant de le faire exploser après confirmation. En réponse, après s'être assuré de la mort de son rival, il lui avait permis de s'asseoir à côté, comme adulte.

Tu t'es fait beaucoup d'amis. Commença t-il. Il avait dit qu'ils iraient au restaurant, mais elle voyait bien qu'il ne prenait pas le chemin le plus rapide. Même pas le chemin habituel.

Oui... c'est toi qui vient de les inviter ?

Correct. Je suis très satisfait de tes résultats, que ce soit dans la vie civile ou vilaine. Je tiens à te congratuler, ma fille. Fit t-il, insistant particulièrement sur ces derniers mots. Elle se contenta de sourire en réponse, consciente que des congratulations pareilles ne surviennent qu'une fois par millénaire.

Je t'en remercie, mais... j'avoue que ça m'atteint. Mon horaire est toujours rempli et c'est dur d'être moi.

Que veux tu dire ?

J'ai bâtie ma réputation en tant que Miss Parfaite. J'écoute les gens, j'ai de l'humour, de l'empathie, de la sagesse mais les gens viennent tellement à moi... et puis, je suis sûre que si je craque un jour, tout va s'effondrer. Les gens ne m'aiment pas vraiment, ils aiment quelqu'un d'autre... tu vois ?

Ha, je comprends. Vers mes plus jeunes années, j'ai fait la même chose. Dans ce genre de cas, il te faut un confident ?

Quelqu'un qui-

Qui te comprendra et à qui tu peux te confier. Tu pourras te montrer sous ton vrai jour. Après, fais attention et garde des mesures au cas où il essaye de te trahir. Le naïf ne dure pas dans ce métier.

... Comme Momochi ?

Tiens de préférence, prends une confidente. Je n'ai pas envie que tu te trouves un petit ami. Les jeunes garçons ne sont intéressés que par le matériel et t'abandonneront si tu tombes enceinte. Et tu ne peux définitivement pas garder une relation avec un garçon platonique... peut être que tu peux prendre un homosexuel après, hm...

Ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais. Fit t-elle, ne daignant pas faire une blague de son côté. Elle observa ensuite son père dans les yeux et regarda ailleurs, espérant qu'il commente sur ses yeux.

Il ne le fit pas, et se tint tut pour le reste du voyage. Le restaurant fut bon, mais son sommeil troublé.

Est-ce qu'elle pouvait vraiment croire en quelqu'un ? Est-ce qu'elle risquait d'être vue sous son vrai jour ? Qu'était son vrai jour ? La fille d'un criminel, perfectionniste, qui doit utiliser un masque d'empathie pour aller dans la vie de tout les jours et qui ne sait pas ce qu'elle va faire. Est-ce qu'elle se contentera de tuer au hasard comme Death Head IV ? Ou aura t-elle un objectif précis ?

Elle s'imagine être comme sa mère, et il lui faut du temps et de l'effort pour étouffer ses larmes.

--

Susumu était en train de se diriger rapidement vers le parc, laissant derrière elle une jeune Lycéenne au regard satisfait. Il faisait assez froid, donc elle avait des gants noirs, une écharpe bleue, une veste bleue et un pull et un pantalon noir, avec seulement quelques bottes. Elle aurait aussi pris une simple capuche mais elle ne se sentait pas d'humeur.

Elle n'osait pas l'avouer, mais Keito l'intéressait. Elle se demandait s'il pouvait être son confidant... elle pouvait simplement aller sur l'anonyme via l'internet, ou écrire des lettres, ou même tenter de trouver un autre vilain mais ces options manquaient de vérité. Susumu voulait quelqu'un de physique, qui la connaissait déjà de préférence. Et Keito remplissait ces conditions.

Il n'était pas populaire, de un. Donc s'il tentait de la trahir auprès des autres, ils allaient simplement refuser de le croire. Si elle est vue avec lui, elle peut dire qu'elle accorde de l'intérêt à tout le monde. Et il semblait... spécial. Peut-être qu'il la comprendrait ? Elle n'avait pas besoin de tout dire mais elle voulait quelqu'un qui la comprenne dans tout ses défauts, pour ainsi dire.

Le parc était désert, et Susumu ferma les poings, convaincue qu'elle allait tomber dans un piège. Personne n'allait au parc avec un temps pareil après tout. Quand elle entendit des sortes de gloussements dans le coin, elle laissa échapper un juron et s'aventura plus loin dans le parc, fouillant dans son sac pour chercher une bombe à lacrymogène.

Réalisant qu'elle venait d'oublier, elle se contenta de s'avancer prudemment vers une partie isolée du parc, se préparant à prendre son ton de voix le plus autoritaire. Elle se tut immédiatement en remarquant la scène, toutefois : il y'avait bien Keito et un petit groupe, mais ces derniers étaient occupés à le tabasser, le poing d'une blonde s'écrasant contre sa joue, et envoyant du sang contre l'herbe.

Ils avaient des têtes d'étrangers... enfin, Susumu se corrigea. Ils avaient des stéréotypes Américains, avec de grandes statures pour les garçons et des vêtements rouges négligés, l'un d'entre eux portant même un gros "MURICA : FUCK YEAH !". Il y'avait deux garçons plutôt musclés, une fille à lunette et une autre, blonde, occupée à faire le tabassage.

Putain d'enculé ! Tu vas continuer à tagger cette merde sur la porte de l'immeuble ? Hurla l'homme, agitant ses poings en rythme avec celui de la blonde. Il parlait en Anglais : l'incompréhension de Keito était palpable sur son visage déjà tuméfié, et Susumu s'approcha par réflexe, attirant l'attention de 9 yeux, le dixième étant fermé suite aux dégâts causés par les coups.

C'est qui ?

Je le connais. Excusez moi pour la gêne accordée, je vais m'assurer de l'emmener à un hôpital, il ne refera plus ça.

Keito était toujours aussi confus, et la blonde le lâcha, s'approchant lentement de Susumu pour la dévisager. Elle était à peu près aussi grande qu'elle, avec des yeux verts intense. Susumu se serait concentrée sur autre chose, mais sa vision se troubla en un instant quand le poing de l'Américaine fendit les airs pour venir s'écraser sur son visage, l'envoyant en arrière de quelques pas.

Un objet s'écrasa au sol, et Susumu posa la main sur son oeil droit. Sa lentille avait été frappée si fort qu'elle avait été délogée de son oeil ! Se faire frapper inculqua un bref coup de sang à Susumu, et cette dernière oublia les leçons de son père à propos de la violence, oublia sa vie en tant que Miss Parfaite brièvement.

Son propre poing s'écrasa contre le nez de l'Américaine, et elle vit quelques dents arrachées et brisés au coin de sa vision, le sang éclaboussant son oeil "véritable" et le forçant à le fermer. Elle voulut tomber en arrière, mais Susumu s'empara de ses longs cheveux blonds et tira dessus avant de se mettre hors du chemin, la jetant au sol.

Les autres reculèrent, un peu effrayés, et la victime de Susumu se releva rapidement, le visage couvert de sang et de poussière.

Putain ! Vous êtes tous fous dans ce pays de merde ! Hurla t'il, la femme restant silencieuse et courant avec le reste. La Daeiichi se tint seule, respirant lourdement. L'adrénaline passée, elle se rendit compte qu'elle avait mal à la tête, à cause du coup de poing. Se tournant vers Keito, elle se pencha et essuya le sang sur son oeil rouge, l'ouvrant brièvement, par pur réflexe.

Se rendant compte de son erreur, elle recula et ramassa la lentille, désormais sale, essayant de prétendre que rien n'était arrivé. Keito se releva doucement et elle réalisa qu'elle venait de délaisser le blessé pour son apparence, bondissant vers lui pour le relever par l'épaule.

Ses pensées tournaient de la véritable tornade. Elle venait de blesser quelqu'un après s'être prise un coup de poing, elle avait du sang sur le visage ainsi qu'une blessure notable, son interlocuteur était aussi blessé et venait de voir son oeil rouge, sa lentille était ruinée et si quelqu'un passait par là, il risquait d'y avoir du scandale, et quelqu'un allait certainement passer par là en voyant les Américains paniqués.

Elle voulait un peu d'action mais pas à ce point !

Keito, viens. J'ai de quoi te soigner à la maison. Fit t-elle, tentant de cacher ses blessures en enfonçant presque sa capuche sur sa tête.

Elle entreprit ensuite d'enrouler son écharpe autour de son propre visage pour dissimuler la blessure, enserra la taille du lycéen avec son bras et se mit en route. Il ne protesta pas. Miraculeusement, ils ne furent pas remarqués sur le chemin.

--

Elle était sûre que Keito avait rougi en apercevant sa maison. Ça ou c'était le sang sur son visage. Elle savait que son père était en train de préparer un gros coup, donc elle avait la journée devant elle pour soigner ses blessures et quitter la maison.

Ignorer ses blessures avait bien empirer la douleur, mais elle avait été entraînée aux premiers secours, afin de pouvoir se soigner ou aider un allié. Enlevant rapidement l'écharpe et la veste, elle traîna quasiment le jeune homme dans la salle de bain et se mit au boulot, sortant un sac vert marqué d'une croix blanche et l'ouvrant rapidement.

Keito avait été silencieux tout le long du trajet, et ne dit rien alors qu'elle se mit au travail. Elle aurait pu l'emmener à une infirmerie mais elle voulait le "coincer" pour ainsi dire. Seul dans la salle de bain, ils pouvaient parler en toute discrétion. Et puis, ça lui donnait une dette envers elle.

C'était le genre de personne qu'elle cachait. Pas quelqu'un de bien et de concerné, juste une femme égoïste qui se sert de la situation difficile de quelqu'un d'autre pour son propre objectif. Une partie d'elle était dégoûtée mais l'autre savait bien qu'elle n'avait pas choisi le bon "travail" pour se soucier des autres.

C'est pour ça que tu n'apprends pas l'Anglais ? Tu... te fais taper dessus par des Américains ?

Non...  je... enfin, t'as entendu. C'est moi qui emmerde les Américains, mais c'est pour mon patron.

Ha, ce patron. Fit t-elle, lui adressant un bref avertissement avant de poser de l'alcool sur une de ses blessures. Elle se demandait s'il avait été tabassé avant, et ce qu'elle trouverait juste en retroussant les manches du jeune homme, mais ce serait indiscret.

Tes parents sont au courant ?

Ils s'en fichent. Je suis pas assez doué au lycée donc ils font comme si je n'existe pas. J'ai passé des années à tenter d'être parfait en plus. J'ai été poli, je ne suis pas sorti avec les mauvaises filles, j'ai... j'ai été obéissant... mais juste quelques mauvaises notes et c'est comme si ma naissance était un accident.

Il posa son bras sur l'épaule de Susumu, et cette dernière manqua d'ajouter un hématome au visage de Keito.

J'avais pas d'objectif dans la vie, tu comprends ? Mais cet homme m'a permis de... devenir moi-même. Il m'a donné un endroit où je peux m'exprimer et le courage d'assumer ce que je fais.

Et d'où vient cette haine de l'étranger ?

Bah j'ai écouté ce qu'il disait... y'a vraiment des faits. Je peux pas te les dire maintenant mais si tu vas le voir.

Un culte. Il était tombé dans les griffes d'un fou charismatique et il en avait reçu des idées nationalistes. C'était un problème qui tenait de la police maintenant, et elle s'arrêta un moment pour réfléchir.

T'es pareil, non ?

Plaît t'il ?

Tu te retiens et t'as la pression d'être parfaite ? Ou au moins, tu essayes un peu de te cacher. Ta lentille de contact par exemple. Et cette furie soudaine dans le parc. Et pour être honnête, tu as toujours été trop... parfaite. Je me disais toujours que tu devais cacher quelque chose.

Ses mots n'étaient pas dits calmement, mais nerveusement, comme s'il pensait qu'elle allait le manger pour ça. Susumu se contenta de se geler, et hésita : pouvait t-elle faire de lui son confidant ?

... Oui. Fit t-elle. C'est une longue histoire mais...

Ne t'inquiète pas, je comprends. Fit t-il, levant les mains. Je garderais le secret et le dirais à personne.

... Je ne révélerais rien concernant cette histoire de cu-de personne charismatique en retour. J'aurais d'autres choses à révéler de mon côté en revanche.

C'est pas grave. Je serais la personne qui t'aide. On s'échangera nos secrets dans notre petit coin. Fit t-il, beaucoup moins hésitant et charismatique que tout a l'heure. Elle ne protesta pas alors qu'il enlaça ses doigts avec ceux de Susumu, avec un mince sourire au visage.

Oui... juste toi et moi, avec nos deux masques retirés.

Et elle lui sourit en retour. Elle savait qu'elle allait contre l'avis de son père, savait qu'elle tombait probablement dans une vie différente et savait aussi qu'elle allait mener une sorte de triple vie... mais ce n'était pas important.

Elle venait de trouver quelqu'un. Elle ne savait pas où ça l'irait, ou même si elle allait se trouver une relation avec lui, ou même si ça allait se finir bien, mais elle s'en fichait. Lentement, elle cala sa tête pour retirer son autre lentille de contact rouge, exposant finalement la vraie couleur de ses yeux.

Sa mère n'était plus dans ses pensées, comme la pression de sa vie de miss parfaite, comme le bruit des explosions sur les innocents, comme la douleur causée par l'Américaine, comme le sang et les éclats de dents présentes sur son écharpe. Pour une fois, elle se sentait libre de tout remords.

Elle ne se sentait plus vide.SUSUMU - Back to the past

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Daeiichi Susumu
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Re: L'Étrange vie de Susumu Daeiichi (part 1-5, en cours) || Dim 9 Sep - 14:07

Wanna love you
Solo

Ses grands yeux rouges étaient fixés sur ceux du requin, sans qu'elle ne cligne jamais des yeux, défiant le prédateur du regard.

Bien évidemment, la vitre entre les deux aidait très probablement avec ça, et elle ne faisait même pas face au fameux grand requin blanc. D'après le petit panneau à côté d'elle, elle était en train d'observer un requin-taureau, beaucoup plus réceptif aux aquariums que son fameux cousin. En dépit de son air intimidant, il était relativement docile envers les humains, ce qui n'empêchait pas à quelques touristes et gugusses de laisser échapper des piaillements de terreur quand le requin ne faisait que nager vers eux.

Le requin était un peu son opposé. Un animal dangereux mais avec une réputation exagérée, qui se voit affublé une sauvagerie fictive. Susumu, à l'opposé, était aussi dangereuse mais tout le monde s'approchait d'elle, convaincu qu'elle était gentille et compréhensive, ignorant le sang déjà sur ses mains.  C'était une réflexion... étrange, mais il fallait dire que ses pensées divergeaient vers des endroits étranges par moment.

Aussi, elle ne savait pas si elle pouvait vraiment s'identifier a l'animal quand les Daeiichi du passé pratiquaient la chasse aux ailerons. Après un peu de réflexion, elle décida de se délaisser de l'animal, tournant la tête vers Keito, qui était en train de venir vers elle avec deux petits souvenirs. Une plance de surf miniature, marquée d'une énorme morsure de requin et une petite figurine de poisson tout plat, qu'elle ne saurait nommer.

Lequel tu veux ? Fit t-il, se calant devant l'aquarium. Elle hésita brièvement puis entreprit de prendre le poisson, le rangeant sans sa poche.

Merci.

Kaito poussa un "ouais" discret et rangea sa planche, sous le regard de Susumu. Ils avaient entamé la confidence depuis déjà un an. D'un côté, il l'avait aidé à finalement retirer ses contacts et s'assumer, quoi qu'elle savait que sa mère ne risquait pas de quitter son psyché avant longtemps. De l'autre, elle s'était arrangée pour éloigner ses brutes.

Il fut décidé que sa haine des étrangers reste un secret mais en échange, elle devrait aller voir les sessions d'Aube Sacrée, le groupe qu'il avait rejoint. Son succès, et la façon avec laquelle elle avait réussie à éviter que son père ne remarque les réunions, l'avait rendue un peu fière, quoi qu'elle continuait d'agir en tant que miss parfaite.

En dehors de la couverture parfaite que ça lui offrait, elle était juste contente d'avoir au moins une personne avec qui être vraiment elle-même pour le moment. Pas l'étudiante modèle ni la petite super-vilaine, juste Susumu, une jeune femme avec des qualités mais des défauts. En attendant, la fille aux cheveux bruns observa le poing de son confident se lever lentement. Sans avoir besoin de dialogue, elle secoua la tête et cala son poing derrière son dos.

Trois secondes s'écoulèrent et elle leva le doigt, sa main ouverte faisant face au poing fermé de Keito. Elle aurait aimée faire un sourire de politesse, mais un rictus joyeux, semblable à celui d'un enfant, apparut sur son faciès. En réponse, Keito tenta de ressortir de la situation en tant que gagnant du conflit moral, et fit son meilleur air stoïque... avant de se mettre à rire de son côté, attirant l'attention des autres visiteurs.

N'ayant même pas besoin de communiquer, ils partirent, quoi que Susumu se tourna vers la vitre de l'aquarium, en direction du requin taureau : elle s'était servie de la reflection pour voir son coup d'avance.

Merci a toi.

--

Tokyo la nuit, c'est beau. Certains pourraient penser que la cité est trop claustrophobique et quasiment psychédélique dans ses néons, mais Susumu aimait l'activité. Elle voyait les pubs d'idoles sur les buildings, les titres brillant, les ondes de mascottes, les écrans remplis de bandes annonces de films ou de pubs et ne pouvait s'empêcher de sourire devant la liberté qui se dressait devant elle.

Il y'avait cet espèce d'interdit qui l'excitait. Elle échappait à la surveillance de son père et vivait une vie secrète en tant que confidente de Keito. Un seul coup de malchance, un seul élève au mauvais endroit et elle est chopée. Elle était entourée de projecteurs avec le jeune homme, bloquée dans un tango compliqué qui pourrait bien compliquer leurs vies collectives.

Enfin, elle serait en complications. Il n'est pas exactement illégal de faire des sorties avec une fille en soi. Keito était relativement silencieux avec ses parents, mais d'après ce qu'elle savait, ils se fichaient bien de ce qu'il faisait. Elle aurait besoin d'expliquer à toute la classe pourquoi elle est avec lui et devra aussi rassurer son père concernant les intentions du jeune homme... ou potentiellement lui faire accepter ce dernier.

Le temps change les gens, et elle s'était trouvée une sorte d'affection pour le jeune homme, quoi qu'elle avait du mal à l'admettre. Susumu était une personne logique, le genre qui réfléchit avant d'agir, et elle était complètement incapable de repérer la source de cette attraction. Si elle était poétique, elle admettrait que c'est le pouvoir de l'amour, incapable d'être compris par sa logique froide, qui la pousse à aimer. Et pour elle, qui n'as jamais reçu de l'affection, cette sensation est incroyablement alien et étrange en conséquence.

Elle pensait, toutefois, qu'elle aimait Keito parce qu'il représentait la liberté. Elle ne l'aimait pas parce qu'il était mignon ou intelligent, mais simplement car il permettait à la jeune femme de finalement s'affranchir de ses responsabilités et de temporairement vivre sans la pression de l'école ou de la vie aux super-pouvoirs. Le concept est ce qu'elle aime, la personne n'est jamais que le conduit de son affection.

Ou alors elle avait finalement succombée à ces puissants mouvements de sourcil, capable de faire ployer la gente féminine.

Une fois devant l'aquarium, Susumu s'approcha de son véhicule, une moto, et vérifia sa montre. Il y'avait encore assez de temps pour un film.

On va au cinéma, on prend un film de deux heures, maximum.

Pourquoi pas... Les mangues du paradis ?

Ha, un film indépendant. Secrètement déçue, elle enfila son casque rouge et offrit le bleu à Keito avant de déchaîner le véhicule, se posant dessus et attendant de pouvoir passer. Keito se cala devant elle et posa ses mains sur son ventre, mais  n'étant pas une fille d'animé qui panique quand le garçon respire dans sa direction, elle ne perdit pas son attention.

Une fois le passage trouvé, elle s'y engouffra, naviguant au travers des voitures.

--

La créature s'agitait dans la pièce noire, faisant face au protagoniste en armure. Le démon semblait ricaner, la caméra suivant à peine sa tête noire et verte. Son expression enjolivée était en contrast total avec le calme du protagoniste, qui n'avait qu'un petit sourire confiant au visage.

Des mangues brillantes trônaient en fond.

HAHAHAHAHAHAHAHA ! TU NE MANGERAS JAMAIS LES MANGUES DU PARADIS ! JE LE FERAIS ! MOI ! LE DEMON !

Il est temps pour toi d'avoir une meilleure diète en effet !

OOOOOOOOOOOOFFFFFFFFFF ! POUR CELA TU DOIS MOURIR ! Poussa le démon, envoyant des tonnerres du bout de ses doigts. Les étincelles illuminèrent la salle de cinéma en bleue, révélant une Susumu à peine assise sur son siège, le poing levé avec une expression d'intérêt total au visage.

Keito, lui, était plus modeste, observant d'un seul oeil. Il était occupé à manger des pop corns. Le film était de toute façon tellement bruyant que personne d'autre n'était gêné. Il observa brièvement Susumu et ricana, satisfait de la voir si intéressée dans le film... et aussi ravi à propos de la campagne marketing très déshonnête du film.

--

C'était génial la partie où le requin laser sort de l'eau, non ?!

Ouais, j'avoue. J'ai lâché à la partie avec les aliens kung fu après.

Susumu agita les poings en réponse, comme si elle faisait du kung-fu. Les autres spectateurs lui firent des regards bizarres, mais ça ne la souciait pas. Elle vivait pour ça. C'était le but, après tout : faire ce qu'elle voulait et bien montrer son vrai jour.

Atteignant sa moto, elle jeta un coup d'oeil sur sa montre et remarqua qu'il faisait tard. D'après son soupir mal déguisé. Se retournant brièvement vers lui, elle contempla l'idée de le ramener chez lui, faisant tourner le casque avec ses mains.

Tu veux que je te dépose ?

Nan, c'est prêt de chez moi de toute façon. Fit t-il, pointant du doigt un immeuble tout prêt. Juste un immense bâtiment lumineux parmi tant d'autres mais elle hocha la tête. En réponse, elle leva la main.

C'était productif, que comptes tu faire demain ?

Y'a un parc qui s'ouvre demain.

La dernière fois que tu t'es rendu au parc...

Ils m'avaient pas prévenus avec l'accélération soudaine des tasses ! Mais je serais prêt ! Fit t-il, agitant les mains. En réponse, ce ne fut pas un évènement particulièrement amusant, mais la nostalgie avait un certain don pour gommer les petits défauts... enfin, si on peut bien dire que les évènements de quelques mois tiennent de la "nostalgie".

Ils s'observèrent et elle entreprit de se retourner lentement pour poser le casque. Le problème dans la confession, c'est que ça ne se finit jamais bien pour un vilain. Un jour, elle devra écumer les rues en tant que Death Head VI et livrer un combat contre les forces de l'ordre tout en ménageant sa vie civile et professionnelle. Gérer un amour, ce n'était pas facile dans de conditions pareilles... et puis, surtout, comment réagirait t-il s'il venait à apprendre ?

Quand un compagnon apprend que l'amour de sa vie est un héros, il peut comprendre, il peut se caler derrière les actions héroïques de l'élu(e) de son coeur. Mais un vilain ? A moins d'avoir un époux spécial, on risque de choquer et horrifier. L'idée de devoir potentiellement supprimer Keito lui faisait mal au coeur. Elle était prête à enfermer sa classe dans une salle et les faire exploser pour protéger son identité mais tuer Keito lui semblait impardonnable.

Elle voyait ça comme de la faiblesse, mais par moments, elle voyait aussi ça comme son humanité. Keito représentait sa part "gentille", détachée de la violence, du mensonge et du désir compulsif d'être la meilleure. Si elle venait à être séparée de lui... enfin, ce n'était pas quelque chose à esquiver pour toujours. Demain, elle confessera et... et elle verra.

Bonne soirée. Révise, le week-end ne durera pas longtemps.

Ha, une émergence de la présidente du conseil d'étudiants ?

Elle leva le casque pour tirer la langue et démarra au quart de tour.

--

Les deux Daeiichi étaient occupés à souper dans le salon. Si Taro mangeait de la viande rouge par immenses morceaux, Susumu était plus réservée, mâchonnant lentement et poignardant, de temps à autres, sa viande.

Ton pouvoir grandit. A ce rythme, tu pourrais bien voler de tes propres ailes sans ma guidance.

Je n'ai pas l'arrogance d'agir seule, père.

Oui, et de toute façon, je ne te laisserais pas. Si tu fais tes preuves en tant que vilaine costumée, on connaîtra éventuellement ton alter. Si tu émerges en tant que Death Head VI, d'un coup, ils auront du mal à identifier ton pouvoir. Je me suis chargé de déguiser les attentats. Ils pensent que c'est des bombes.

Bien. Ils penseront avoir affaire à de la technologie, et non un alter plus tard... comment va ta lutte contre ce PDG, d'ailleurs ?

Il pensait que je voulais kidnapper sa femme. J'ai attrapé son fils. Il le saura ce soir... et tiens, quid de ta cible de choix ?

Les étrangers. De cette façon, je pourrais avoir du support de la part de nationalistes et les touristes me craindront. Peut-être que je pourrais aussi attirer de l'attention internationale de cette façon.

Il hocha la tête et il y'eut de nouveau du silence. Sans doute inspirée par sa propre épreuve plus tard, Susumu leva la tête et observa Taro, ce dernier la dévisageant en retour. Elle ne savait pas s'il avait l'air plus jeune ou vieux qu'il ne l'était vraiment : il avait des pommettes saillantes et des cheveux blancs (quoi que marqué par des mèches de cheveux noirs en zig-zag, à sa confusion éternelle) mais il y'avait une sorte de feu dans ses yeux. Le genre qu'elle voyait dans des hommes bien plus jeunes.

Comment est-ce que tu as rencontré... cette femme ?

Il leva les yeux au ciel et finit de manger.

Quand on s'est rencontrés, nous étions jeunes et au lycée. J'étais attiré par sa beauté et son franc-parler, elle était attirée par ma détermination et mes compétences. Nous t'avons eu et nous avons décidés d'assumer et je suis resté avec elle, j'ai même suggéré ton nom. Mais mes ennemis ont essayés de me frapper via ta m-cette femme et toi. Je me suis éloigné pour les distraire et j'ai tenté de vous surveiller. Malheureusement, le stress l'a gagnée et elle a reçue une version distordue des évènements.

Il secoua la tête.

Les vilains ne s'entre aident pas. Un bébé est une cible facile, je suis désolé pour ce qui t'est arrivé. Fit t-il. Son ton était lacé d'une irritation mal déguisée, et semblait avoir été préparé à l'avance. Consciente qu'elle était en eaux troubles, Susumu secoua la tête mais son père leva son sourcil immense en réponse.

Pourquoi cet intérêt maintenant ? Je t'ai prévenu, les adolescents modernes sont des pervers obsédés qui veulent ton corps. Ils t'abandonneront au moindre signe de danger et te briseront le coeur. Et bonne chance pour élever correctement un bébé avec ta double vie.

Je-je sais mais... je suis curieuse. Que ma propre mère me dise que j'étais un accident...

Je comprends que ce soit choquant mais ne lui accorde pas de doutes. Elle était perturbée et tu n'étais qu'une enfant. Ne sois pas définie par la haine d'une femme que tu n'as plus vue depuis plus de quinze ans.

Elle agréa, et le repas se finit dans le silence.

--

Susumu, emmitouflée dans la laine de sa veste de motarde, se trouvait près de l'entrée immense du parc, son téléphone dans la main.

Le discours de son père lui revenait en tête, jetant le doute dans son esprit. Elle voulait prouver qu'il avait tort mais elle se demandait s'il n'avait pas raison. Kaito était... gentil mais pouvait t-il vraiment supporter une relation ? Est-ce qu'elle n'allait pas finir visée par des vilains et forcée de l'abandonner aussi ?

Elle avait peur de répéter un cycle, de devoir un jour tomber sur un Keita devenu cynique et cruel suivant les années. Et si elle aurait sans doute pu passer plus de temps pour méditer sur l'affaire, elle allait devoir gérer une affaire de son père. Ce dernier avait disséminé les objets piégés un peu partout dans le parking d'un building, afin de prendre par surprise un vilain rival qui y organisait une réunion secrète.

Il allait lui envoyer un message d'apparence simple, qui lui permettait de déclencher l'une des bombes. Elle n'allait pas pouvoir se concentrer sur le rendez-vous de cette façon, parce qu'elle avait besoin d'une commande mentale précise et aussi parce qu'elle aurait besoin de sortir le portable.

Elle pouvait le garder dans sa poche et attendre que la petite symphonie résonne, mais elle recevait déjà des tonnes de message. Elle aurait pu reporter le rendez-vous mais elle voulait absolument être sûre des intentions du jeune homme, afin de ne plus être tourmentée plus longtemps. Et demander au téléphone manquait de flair dramatique.

En le voyant arriver, elle hocha la tête et s'approcha. Il n'avait pas changé de vêtements, portant toujours le même pull, pantalon, gants et tout, mais c'était une habitude. Et elle n'était pas vraiment habillée pour un rendez vous non plus.

Désolée, j'ai... enfin quelque chose est arrivée et je dois garder correspondance avec papa. Ça ne te gêne pas ?

Non non ! C'est grave ?

Non... mais je pense qu'aller au parc va m'aider pour me remonter le moral, allez-viens.

Il la suivit d'un bref coup de tête concerné. Il neigeait, le ciel de la nuit était dégagée et les fêtards dansaient autour d'eux, la foule gigantesque engloutissant les deux amoureux, mais son doute transformait une soirée joyeuse en un cauchemar d'incertitude. En arrivant à l'entrée, elle passa aisément.

Kaito ne passa pas, vu que les gardes semblaient se méfier de son esthétique "capuche noire et gros manteau". Immédiatement, il pesta, piétinant le sol et agitant les bras sous le regard ennuyé des familles derrière lui et des gardes. La scène lui apporta un sourire... puis son téléphone vibra.

Je suis au marché. Tu veux que je t'apportes quoi ?

Elle fit sa propre réponse, puis entreprit d'activer une des bombes. Il n'y eut aucun choc, aucune déflagration : le rendez-vous des mafieux était isolé. Plusieurs personnes venaient d'être englouties dans une boule de feu loin d'elle... et elle s'en fichait, rabaissant le téléphone et accueillant Kaito avec le sourire.

En fait, si elle le pouvait, elle déclencherait les autres bombes de suite.

--

Par surprise, il fut révélé que faire des attractions avec un téléphone constamment dans la main n'était pas une bonne idée. Elle s'était attendue à des messages en chaîne mais son père prenait son temps. Avec le recul, il voulait probablement semer le chaos lentement, guider les Yazukas vers une autre bombe et profiter de la confusion.

Kaito lui parlait, et elle communiqua en réponse. Mais ses messages avaient été décidés à l'avance : ses sourires, ses rires et ses blagues étaient faites a l'avance. Elle lisait un script plus qu'elle ne réagissait comme une vraie personne.

Je n'ai pas trouvé ce que tu voulais... devrais-je chercher ailleurs ?

Boum.

Elle ne sait pas comment ça se passe, mais les messages viennent et il semble bien écrire. Il a sans doute programmé une application quelconque pour envoyer les messages après... ou alors, il était assez loin de l'action pour écrire au téléphone. Avec son pouvoir, réagir aux surprises lui était facile.

Keito s'égosillait devant une mascotte, et elle hocha la tête, se promenant parmi les stands. Tout était parfaitement désigné pour lui offrir un rendez-vous inoubliable mais son père avait tout ruiné. Ce n'était pas la première fois, mais elle l'admettait : son père l'énervait.

Et dans sa colère, elle se demandait s'il avait dit la vérité. S'il la traitait comme sa fille ou s'il l'aurait laissée chez sa mère si elle n'avait pas d'alter... et il avait bien forcé Susumu à ruiner la vie de cette fille après avoir fait un gros speech sur comment il faut accepter les coups ! Peut être qu'il avait été l'un de ces "adolescents cons" au début, d'ailleurs ?

Susumu ? Tout va bien ?

Oui, tout va b-hurgh !

Très bien, je vais m'y déplacer. Envoie moi un message d'ici deux minutes.

Boum.

Elle allait aussi devoir causer une détonation d'ici deux minutes, ce qui signifiait qu'il allait abandonner le téléphone pour l'instant... elle remit son téléphone en poche. En dépit de ses protestations, elle avait bien activée la bombe ! Et Kaito vint pour poser sa main sur son épaule en plus !

Le but du truc, c'est qu'on soit soit honnêtes, hein ?

... Tu as raison, viens, vite.

Prenant la main de son confident, elle entreprit de rejoindre rapidement la grande roue. "VOYEZ TOUT TOKYO !" hurlait le panneau près du stagiaire ennuyé. Son coeur battait la chamade dans sa poitrine, même si elle ne savait pas si c'était par rage ou par excitation. Il y'avait très peu de queue, elle aurait pris ça pour un signe du destin dans un autre état d'esprit mais elle s'en fichait bien.

Les deux entrèrent dans la capsule, et Susumu s'assit en face de Kaito. Lui était tout bête, changeant de position toutes les cinq secondes tout en rougissant. Susumu, elle, était assise toute droite, ses grands yeux rouges fixés vers la ville.

Dix secondes, elle se leva et pointa l'immense ville du doigt, constatant que la grande roue s'était arrêtée. Panne ou design volontaire, elle s'en fichait bien : la femme se leva et pointa du doigt, pile au moment où elle était censée déclencher la quatrième bombe.

Boum. Un petit flash de lumière retentit dans un coin près de la banlieue, des émissions de fumée se dégageant de la zone. Kaito regarda, cligna des yeux et tourna son regard vers elle.

J'ai un alter, Kaito. Je l'utilise pour aider mon père à commettre des crimes. C'est la personne que je suis. Pas une miss parfaite, pas une femme intéressée par des films sans queue ni tête. Une criminelle qui vient de mettre fin à des tonnes de vie sans s'en soucier.

Elle se pencha vers lui, sans jamais cligner des yeux ou le quitter du regard. Si les regards pouvaient tuer, celui de Susumu aurait causé un carnage dans tout le parc.

Est-ce que tu veux rester avec moi ? Est-ce que tu veux joindre ce type de vie ? Assister une criminelle ? Elever son enfant qui pourrait peut être marcher dans ses pas ?

Susumu se rassit promptement. Elle ne savait pas s'il y'avait des caméras mais c'était le souci de l'adrénaline.

Kaito attendit, puis se releva lentement et entreprit de s'emparer de la manche de son pull, tirant en arrière pour révéler plusieurs trous sur la chair de son bras. Son regard ne changea pas, mais Susumu jurait qu'elle pouvait voir de la fumée s'en échapper.

Je... j'ai un alter moi aussi. Je... je crée des gaz... je peux faire des trucs doux mais pour Aube Sacrée, je fais des gaz super virulents aussi. J'ai pas de costumes et tout mais je compte en avoir un et être autre chose que l'arme de boss, autre chose que l'enfant non voulu, autre chose que la victime des étrangers, autre chose que le mec que tout le monde évite.

Il se lécha les lèvres et continua.

Mais... je sais que je suis quelqu'un à tes yeux. Tu me vois comme autre chose qu'un truc à utiliser ou à jeter et c'est pour ça que... je t'aime. Tu me traites comme quelqu'un ! Pas comme une arme chimique vivante ! Pas comme un rebut ! Avec toi, je me sens apprécié ! Et bien sûr que je suis prêt à accepter ça ! Tu vaux tout pour moi !

Susumu resta figée. De un parce qu'elle était véritablement surprise par les révélations... et aussi parce qu'elle comprenait ce qui se passait.

C'était en train d'arriver !

Si le monde essaye de nous séparer...

Elle bondit sur l'occasion, sortant hors de son siège pour lui choper les mains. Les explosions vinrent plusieurs fois en arrière plan, la dernière étant assez violente pour être légèrement aperçue de tout en haut. Les cris d'horreurs résonnèrent en bas.

On va le détruire tout les deux ! Les étrangers, nos parents, les hypocrites, ceux qui te rejettent !Les héros ! Les vilains ennemis ! La police ! On va tous les détruire ! Et quand on aura un enfant, il suivra nos pas !

Haha, détruire le monde c'est une chose, mais gérer un enfant !

Bah, ça viendra plus tard !

Leurs lèvres se rencontrèrent, alors que les passants fuyaient le parc, que le personnel évacuait le parc, que les "ATTENTATS " fusaient dans les airs et que son téléphone vibrait furieusement. Mais elle s'en fichait.

C'était la beauté de l'instant. Et ça, on le le vole pas.SUSUMU - Back to the past

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Re: L'Étrange vie de Susumu Daeiichi (part 1-5, en cours) || Lun 10 Sep - 3:23

THE CHOICE
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La salle de classe était particulièrement silencieuse, le professeur inscrivant ses instructions au tableau sous le regard gêné des élèves. Susumu, elle, restait sérieuse, toute droite au milieu du groupe d'élèves ennuyés ou en train de lutter contre le sommeil. Elle espérait inspirer les autres élèves de cette façon mais elle rencontrait peu de succès, sans doute parce que la leçon abordée n'était pas en rapport avec le temps présent.

Des années avant la découverte des alters, le métro de Tokyo fut attaqué par le culte apocalyptique d'Aum Shinrikyo. En tout, enlevant la vie de 12 personnes, blessant grièvement 50 autres et provoquant des troubles de la vision pour près de 1000 innocents.

Susumu fronça légèrement des sourcils. Dans le monde aux super-pouvoirs, les tragédies d'hier étaient rapidement oubliés. Après tout, un vilain pouvait aisément lancer une attaque similaire avec une utilisation de ses pouvoirs bien senties. Elle avait de l'expérience avec ça, quoi que ce n'était pas le genre de faits qu'elle allait vanter en classe. Pour le public, elle était la parfaite présidente de la classe et rien de plus ou de moins.

Un élève daigna lever la main.

Avec tout le respect pour les victimes, c'est arrivé il y'a... des siècles quoi.

C'est un avertissement. Rétorqua t-il. Dans ce nouveau monde, il faudrait beaucoup moins d'hommes et de ressources pour lancer un plan pareil. A tout moment, un attentat pire que celui d'Aum Shinrikyo pourrait arriver. Soyez vigilants et restez précautionneux : nous vivons dans une période dangereuse, héros ou non.

Susumu se permit d'ignorer les propos paranoïaques du prof et se tourna vers Kaito, studieux, avant de se re-concentrer sur le tableau.

--

Susumu était occupée à rentrer chez elle, les yeux rivés vers son portable. Il n'avait pas insisté à l'accompagner cette fois, ce qui avait de quoi éveiller l'attention de Susumu. Surtout avec l'évènement qui allait venir demain soir, qui allait les unir contre son propre père le temps d'un dîner. Elle ne voulait absolument pas qu'il soit distrait, consciente que son père tolérait seulement la présence du jeune homme.

Tout va bien ?

Ouais, juste un peu de stress. Désolé mais je pense que je vais me coucher tôt ce soir, histoire de bien me préparer. Ton père me stress XD

Je vais lui parler, ne t'inquiète pas. Il ne te veut pas du mal, il veut seulement te voir en personne.

Je t'envie, mes vieux sont tellement enchantés avec toi !

Susumu leva la tête et vit une personne quitter la rue. C'était convaincant, mais elle pouvait toujours reconnaître un des espions de son père, déployés pour sa protection... et aussi pour s'assurer que le couple ne parle pas d'idées de fugues ou de trahisons. Elle avait apprise à les accepter dans sa vie, quoi qu'ils allaient tout rendre difficile quand le temps viendra de vraiment quitter le logis familial.

Très tôt dans la relation, il fut décidé qu'ils iraient ailleurs, hors de l'ombre de son père. Kaito avait impliqué qu'ils pourraient le faire en tuant Taro mais Susumu, une fois débarrassée de l'exaltation de l'amour, avait un peu abandonné le plan. Les associés de son père iraient pourchasser le duo après tout, et tuer un parent, même quand il n'était pas parfait, est le genre de pêché qui engage quelqu'un dans une route bien sombre.

Oui, elle était vilaine, mais elle voyait sa vilainie comme un moyen de se faire connaitre et de passer son message nationaliste. Tuer l'homme qui s'était occupée d'elle, c'était déjà beaucoup moins raisonnable... mais en même temps, il n'acceptera certainement pas la fugue de sa fille, et n'acceptera jamais qu'elle parte ailleurs, hors de sa zone de contrôle.

Son téléphone vibra, et elle remarqua que Kaito lui avait simplement signalé qu'il allait être occupé. D'un air déçu, elle écrivit un bref message et rangea son téléphone pour bien rejoindre sa maison.

--

On sait très bien ce qui se passe demain, papa. Commença Susumu, détournant ses yeux de la télé pour fixer son père dans les yeux. Ce dernier, penché sur son ordinateur, fronça des sourcils et leva la tête.

Je jugerais ton "amant" comme il le mérite. S'il mérite mon respect et démontre qu'il est digne de toi, tout ira bien. Mais si je ne vois qu'un petit rustre, je le traiterais comme un parasite. J'imagine que tu l'as bien informé de ça ?

En effet.

Et que comptes tu donc faire plus tard ? Comptes tu faire comme il y'a deux ans et te perdre dans ton amour ? Fit t-il, d'un ton qui se voulait mielleux. Il avait effectivement été pris par surprise par les explosions, et sa défense... ne l'avait pas vraiment convaincu. Il considérait le jeune homme comme un imprévu dans ses plans, la personne qui déconcentrait Susumu et la détournait de la voie solitaire du vilain.

Au mieux, il tenait du male alpha. Un prédateur avec de l'expérience et de la puissance, qui laissait passer le jeune mâle d'un oeil prudent, prêt à asseoir son autorité ou supprimer son jeune rival en un instant si ce dernier venait à devenir arrogant.

Fort heureusement, il ne savait pas tout sur la relation entre les deux.

Bien, il sera préparé.

Bien, bien. Fit t-il, d'une manière à mettre fin à la conversation. Susumu hésita un instant puis se tourna vers la télé, croisant les bras. Un instant, elle avait voulu demander ce que les parents de sa mère avaient pensés de Taro, mais elle se souvenait que le chemin de son père était relativement similaire au sien.

Elle se contenta de regarder les programmes.

--

La jeune terroriste était devant le miroir, s'appliquant du rouge à lèvre et vérifiant son portable toutes les deux minutes. Il ne suffisait pas qu'il dise qu'il était en route : il devait indiquer où il était précisément, s'il ne faisait pas de rencontres flippantes, comment ça se passait... c'était comme passer un test. Elle essayait de se rassurer en disant que c'était ça, un contrôle où avoir moins que 9/10 était un échec.

Elle se fixa dans le miroir et vérifia sa robe rouge. Rien de révélant du tout, que du chic avec des gants en laine blancs qui lui allaient jusque aux coudes. Elle se mettrait encore du parfum si son nez pouvait encore le supporter et elle était incapable de se lever et de quitter son miroir, parce qu'elle voyait un nouveau défaut à chaque fois qu'elle se faisait.

Il lui fallut dix minutes pour descendre, remarquant que son père se trouvait devant la porte. Il souriait, et c'était bien, mais elle remarquait que ce n'était pas un bon sourire. Il n'y avait pas la satisfaction du père devant le bonheur de la fille ou le simple sourire confiant du père qui se prépare à vaincre un prétendant. Il y'avait l'anticipation sadique de voir quelqu'un échouer, et elle comprit ce qui arrivait quand la porte du portal s'ouvrit pour laisser passer une voiture noire et chic.

Les deux riches sortirent du véhicule et entreprirent de saluer le duo des Daeiichi, Susumu étouffant son horreur derrière un sourire cordial. Les Hebi, des vieux riches aux habitudes méprisantes. S'ils étaient là alors que le diner avait lieu... c'était l'équivalent de jeter la proie dans la geule du prédateur. Son père la dévisagea, une sorte de joie infantine sur le visage, le genre qu'elle avait vue il y'a de cela des années alors qu'il avait comprit la tromperie de Momochi.

J'ai décidé de te cacher quelque chose d'important. Tu n'as pas trop de problèmes avec ça toi-même après tout. Dit t-il. Susumu sortit son téléphone et quitta la maison, prétendant partir saluer les Hebi. Ces derniers quittèrent leurs voitures et dévisagèrent la future héritière un instant avant de serrer sa main.

Tu as bien grandie ma fille ! Tu me rappelles moi quand j'étais toute jeune !

Haha, en espérant qu'elle ne vieillisse pas comme toi !

La jeune femme fit un rire gêné et leva la tête, apercevant déjà le profil de Kaito, la main levée en salutation. Il cessa de bouger en apercevant Susumu, cette dernière s'approchant rapidement de lui pour tenter de l'enlacer. Elle entendit des bruits de satisfaction derrière, un signe que les Hebi semblaient avoir compris ce qui se passait.

Wow, t'es encore plus jolie qu'avant ! Enfin désolé, ça fait pas...

Écoute, papa a tendu un piège. Il faut que tu partes, il a invité des bourgeois de pacotilles et...

Ha, voilà ton cavalier.

Taro se trouvait derrière le couple, les mains dans les poches. En lâchant Kaito, elle put remarquer qu'il avait fait de son mieux pour se trouver une tenue convenable. Il avait acheté un costard noir à sa taille, s'était trouvé une cravate rouge impeccable, avait bien coiffé ses cheveux normalement en bataille, s'était équipé de ses plus belles chaussures... elle avait même senti un parfum qu'il aurait renié en temps normal.

Mais Taro était plus grand, plus confiant et juste... "mieux". Son costard blanc était impeccable, il était complètement propre, ses gestes étaient contrôlés et nonchalants et il utilisait un parfum de meilleur qualité encore. Kaito ressemblait à un garçon qui essayait d'être un homme, et Taro, en comparaison, était un homme, un vrai de vrai. Un qui n'avait pas une combinaison blanche derrière le costard pour dissimuler son alter.

Et pourtant, Kaito serra la main du père de Susumu, qui eut la décence de ne pas tenter de lui écraser la main.. ou, au moins, il essaya de le faire mais le jeune homme réussit à apporter une défense convenable. Un instant, le sourire de satisfaction de Taro fit place au mécontentement, quoi qu'il se contenta de battre en retraite de façon digne, au lieu de tenter de continuer la joute.

Tu as une poigne de fer, mon garçon !

Je m'entraîne beaucoup avec votre fille... et heu, vous aussi, monsieur. Vous êtes fort !

Ha, vois-tu, c'est moi qui l'ait entraînée, justement. Viens, le repas nous attend.

Taro quitta la scène, emmenant les Hebi avec eux. Le portail se referma derrière eux de façon accéléré, invitant clairement les deux jeunes à pénétrer plus loin dans la maison. Consciente que la soirée allait être compliquée, Susumu secoua la tête.

Je suis désolée... essaye juste de le supporter. Je ne m'attendais pas à une manoeuvre comme ça.

T'inquiète pas, je fais face a pire... tiens, d'ailleurs, ton père... heu, tu sais que vous avez le même sourire ? C'est un peu étrange parce que sinon vous avez pas de ressemblance.

Tout viens de la mère.

--

Tout le monde était réuni hors de la table. A la grande surprise de Susumu, le dîner n'était effectivement pas fait pour un groupe pareil, sans doute pour mieux la confondre. Au début, elle avait cru qu'il voulait simplement voir comment Kaito irait distribuer les plats, mais son père entreprit de prendre des bouchées trop grandes, avec les deux Hebi, forçant le duo à partager la nourriture restante entre eux.

Ça semblait vraiment "petit", mais si Kaito prenait la nourriture pour lui, alors tout le monde penserait qu'il était égoïste et faisait passer ses intérêts avant ceux de sa fiancée... mais s'il lui donnait tout, alors il n'aurait rien ou très peu à manger. Et partager ne nourrirait pas les deux. Avec regret, elle décida de le laisser la servir, afin de voir si ça pourrait influencer l'opinion de son père.

La nourriture était bonne en plus, et elle voyait qu'il était affamé après son petit voyage. Se promettant d'aller lui chercher quelque chose après, elle termina son repas, un Kaito dépité entreprenant de porter un restant de nourriture à sa bouche. D'un coup, la fourchette vint s'enfoncer dans sa bouche avec plus de rapidité que son geste lent ne pourrait le permettre. Et s'il n'y eut pas de sang, la surprise lui fit quand même lâcher l'objet et le poussa à se lever.

Surprise, Susumu fut la seconde à se lever, le reste étant soit figé de terreur soit en train d'observer la scène. Consciente de qui se passait, elle lança un regard plaintif à son père, sans que ce dernier ne bouge, satisfait par le traitement de Kaito. Kaito qui, justement, entreprit de respirer un coup et observa les riches.

Désolé, je ne sais pas ce qui m'as pris.

Le jeune individu se rassit promptement mais hélas, il fut l'erreur de se positionner pour s'asseoir tout en faisant bouger le siège. Le siège partit plus vite que prévu et il finit donc par s'écraser au sol, laissant échapper un cri de surprise et de douleur. A la grande horreur de Susumu, les Hebi trouvèrent ça assez marrant pour en ricaner, Taro trônant au milieu de la table tel un roi.

Je te sors de là si tu veux. Chuchota t-elle. En réponse, il se remit sur son siège, sans un mot, et lui fit un bref signe de la tête avant de se remettre droit devant la table... et aussi droit devant Taro, en confrontation.

Donc... qu'est-ce qui t"intéresse exactement chez ma fille, toi qui cherche a devenir mon gendre ?

Ha bah elle est jolie je pense ? Et intelligente, et on a les mêmes centres d'intérêt aussi, et elle est très indépendante et capable.. aussi...

Le sourire de Taro grandit, et Susumu posa ses mains sur ses épaules, dans une vaine tentative de distraire.

Très charmant. Fit Taro, l'autre couple ricanant également. Je ne cherche moi même que le meilleur pour ma fille, et je vois que tu sembles être bien amoureux d'elle, c'est rassurant.

Kaito semblait rassuré, mais le visage de la terroriste en herbe se fit sévère, comprenant exactement ce qui allait se passer.

Mais.. enfin, en toute mesure... puis-je comprendre exactement ce que tu comptes faire plus tard ? On m'a dit que tu est dans un... culte.

L'ambiance n'avait jamais été vraiment cordial mais la farce polie avait été remplacée, et un instant, Susumu crut qu'un combat allait éclater. En tout cas, les deux utilisateurs d'alter étaient pris par surprise.

Oui mais... justement, je compte m'en séparer bientôt, justement pour son bien.

Ha, mais un culte, on ne le quitte jamais, non ? Tu y as passé des années après tout. Il va y'avoir un impact sur ta vie.

Non ce n'est pas un problème. Je vous le jure. Fit t-il. Susumu décida de prendre sa défense.

Nous avons un moyen de tout régler, papa. Ne t'inquiète pas, j'ai passé des années avec lui et je sais qu'il n'est pas comme les autres.

Oui, oui. Les jeunes adultes, ça se promet beaucoup de choses puis ça empire tout. Susumu, je sais ce que tu comptes faire, mais toi... c'est quoi ta vocation ? Est-ce que tu as un plan ? Un moyen de garder ma fille sauve ?

Oui. Il a été décidé qu'il fera des petits boulots pour l'instant... mais avec le temps, il pourrait travailler en tant qu'ingénieur. Les héros ont besoin d'objets et d'items après tout, donc c'est un travail fleurissant. Et pour la défense... papa, j'ai presque 22 ans, je peux repousser des assaillants.

Il laisse son amante le défendre ?

Susumu se contenta de dévisager l'Hebi, ne se rappelant même pas de son nom. En réponse, il se rabaissa dans son siège, sans que son père ne réagisse.

Et pour un enfant alors ? Comment feras tu ton travail si tu en as un ? Dans le monde politique, tu dois toujours travailler, ou alors tu dévaleras et d'autres prendront ta place.

On en adoptera un, ce n'est pas grave.

Susumu laissa échapper un soupir de contentement quand Taro entreprit de se rassoir... mais fut surprise quand il soupira et hocha la tête.

Ne réponds pas à celle-là... mais, Kaito, comptes tu toujours te cacher derrière ma fille ?

Je vous demande pardon ?

A la fin, c'est Susumu qui a dit ce que tu ferais, et qui t'a défendu. Dois-je en conclure que tu comptes sur elle pour faire ta vie ? Que se passe t-il si vous vous séparez ? A quoi ressemblerait ton futur sans elle ?

Vous parlez beaucoup du futur mais... oui, je ne serais pas à un bon endroit sans Susumu, c'est bien pour ça que je l'aime.

Humph. C'est émouvant, mais quelques années plus tard, quand il n'y aura plus l'effet enchanteur, vous verrez que...

Mais qu'est-ce que tu fais, a parler de ça comme si t'en avais de l'expérience ? Du futur, de l'amour, de tout ?

Taro releva la tête, et Susumu aperçut ses yeux, quasiment sortis de leurs orbites. Les Hebi se turent et, un instant, elle crut voir Death Head V, le terrible assassin. Kaito lui-même laissa échapper un gloussement de peur nerveux mais continua.

Le futur, tu y pensais quand tu prenais des trucs illicites avec la mère de Susumu ? L'amour, tu l'avais en tête quand tu l'as mise enceinte une nuit avant de l'oublier ?

Susumu resta immobile un instant, les yeux fixés vers le plafond, mais fut forcé de confronter la réalité quand Taro se leva, pressant ses poings sur la table avec assez de force pour creuser des trous là où ses poings s'étaient abattus.

Je ne sais pas où... où tu as trouvé ce tissu de mensonge mais tu vas sortir de cette maison, et de nos vies, espèce de petit merdeux ! Tu penses que tu est malin parce que tu consultes mes ennemis ? Tu veux causer un fossé dans la famille ? Ça ne t'intéresse pas d'essayer de plonger ma fille dans tes cultes ?

Oulala, calmez vous, qu'est-ce qui se-

Taro lança un regard, et Hebi se prosterna dans sa chaise. Kaito profita de la discussion pour s'éloigner, se dirigeant vers la porte.

Je ne vais pas me laisser intimidé par un petit tyran qui panique quand il ne peut plus contrôler sa fille. Fais ce que tu veux contre moi, et elle ne l'approuvera pas !

Taro posa son regard sur Susumu, et elle pensa brièvement à tout ces moments où elle avait lancé son "regard de la mort" contre un cancre ou élève friend de troubles... un peu. Puis, la réalité de la situation lui revint, et elle posa sa main contre la chaise, désormais plus sûre de ce qui se passait autour d'elle.

Papa, ce qu'il dit... est-ce qu'il a raison ?

C'est très simple, ma fille ! Tu choisis l'homme qui t'as ramassée, qui t'as élevée, nourrie, congratulée et qui as fait de toi quelqu'un... ou tu prends un plouc des banlieues cultiste ! Un petit merdeux qui cache son alter hideux derrière une combinaison ! Un menteur ! Un moins que rien qui n'aurait du jamais du venir dans ta vie ! Il n'était pas dans le plan !

Susumu hocha la tête en silence, se tourna vers Kaito... et partit promptement : la dernière partie de sa phrase était déjà preuve des accusations portées à son encontre... mais aussi, par faiblesse, elle ne voulait simplement plus se retrouver seule et sans défense contre un parent énervé. Et les révélations récentes... non, elle ne pouvait plus le voir, pas avant un moment.

Le portail s'ouvrit, sans doute que Kaito avait activé ce dernier via le petit appareil de l'entrée, et le duo se lança dans une course dans les ténèbres de la rue, l'adrénaline les poussant à courir bien plus longtemps qu'ils ne le pouvaient vraiment. La fatigue de Susumu semblait lui être venue tout d'un coup, au lieu de lentement s'accumuler pour ainsi dire.

Ils s'arrêtèrent dans une ruelle sombre, entre deux voitures, et se posèrent contre un arbre. Susumu avait le regard rivé vers les étoiles, là où Keito observait une bouche d'égout. Aucun des deux n'osait dire un mot, et il fallut du temps à Susumu pour se collecter.

Je... je voulais pas faire ça.

... Quoi, ruiner ma vie ? Répondit t-elle, trop fatiguée pour être proprement énervée.

... Désolé, je... je me suis emporté et... j'ai fait la recherche sur des sites illégaux mais je comptais pas lui dire maintenant. C'était de la monnaie d'assurance pour le départ mais... enfin voilà...

Le départ vient d'être avancé... même s'il me ramène chez lui, tu vas être persona no grata, tu sais ? Et je doute qu'il se préoccupe de mes pensées sur toi... qu'est-ce qu'on va faire ?

J'ai préparé quelques endroits en avance, on va y'aller avant toute chose et...

... Comment est-ce que tu fais pour être si calme ? Demanda t-elle, se tournant vers lui. Elle ne savait pas si elle devait pleurer, se jeter dans ses bras, crier ou le frapper... ou alors faire un mixe bizarre des quatre.

C'est que l'instinct... enfin il va falloir qu'on change nos identités... peut être qu'on quitte Tokyo aussi, c'est-

Ses mains se fermèrent autour de son cou... ou plutôt, hors de la matière de la tenue. Réalisant ce qu'elle faisait, Susumu changea rapidement de style attrapant le col de sa tenue pour presser son visage contre le sien. Avec ses talons haut et la différence de taille déjà existante, il était littéralement soulevé au sol sur un centimètre ou deux.

Mais enfin ! Arrête d'être aussi calme ! Changez nos identités ! Quitter Tokyo ! T'as des vies préparées ? Pourquoi est-ce que tu ne me le dis pas ? Comment est-ce que t'es aussi préparé ?

Il avait un peu raison, y'a.. quelqu'un qui m'a aidé. Je comptais le faire bientôt mais je te le disais pas par précaution, désolé. Mais il n'a rien contre toi, je l'ai supplié de rien faire à ton encontre.

J'en ai marre que les gens autour de moi se mettent à me cacher des choses. Fit t-elle.J'ai... écoute, pour l'instant je veux juste dormir et réfléchir à ce qui s'est passé, juste mène moi vers ta planque.

Le couple se mit en route, Susumu essayant de ne pas trop réfléchir aux révélations récentes, quoi qu'elle doutait.. sa vie n'était t-elle que mensonges ? Le père héroïque n'était qu'un junkie qui avait eu une fille par accident ? Sa mère avait toujours eu raison ?

Sa vie spiralait dans tout les sens, et la jeune femme tentait lentement de comprendre que la vie en question avait été guidée par la tromperie et les mensonges.
« Seulement au lycée... »  ► Susumu
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