BIENVENUE EN ENFER
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BIENVENUE EN ENFER

Gyō Asao
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BIENVENUE EN ENFER || Dim 4 Nov - 0:29

BIENVENUE EN ENFER

Gyō
Asao

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[ANGLETERRE - NOVEMBRE 281]

Le jeune anglo-japonais fut rapidement repéré par les recruteurs de la Grande Association de Héros dans l'orphelinat dans lequel il se trouvait. Son alter attira l’attention, ce qui lui valut une place dans l’une des écoles de la G.A .H. Il eut le temps de se familiariser avec les lieux. Cependant ce qu’il ne savait pas, c’est qu’un entrainement préparatoire l’attendait. Un entrainement qui lui permettrait de monter à bord d’un train à très grande vitesse qu’est la formation des héros. Cent jours. Cent jours de souffrance et d’apprentissage afin de forger le caractère et le physique et ainsi pouvoir rejoindre la vraie formation dés héros.


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Asao avait reçu l’ordre de se présenter au camp d’entraînement à cinq heures du matin. Anxieux, il se retourna dans son lit pendant des heures avant de parvenir à s’endormir. Lorsqu’il s’éveilla, il faisait jour. À cette époque de l’année, le soleil se levait à sept heures passée. Il bondit de son lit, complètement paniqué.

Il n’avait pas entendu le réveil sonner. Il ne l’avait pas mal réglé, ni fait tomber accidentellement au cours de la nuit. Quelqu’un s’était introduit dans sa chambre pendant son sommeil et l’avait fait disparaître. Connor – un autre orphelin avec qui Asao s’est lié d’amitié –  l’avait mis en garde à de nombreuses reprises. Les instructeurs chargés de l’entraînement avaient pour habitude de jouer de tels tours à leurs élèves, mais il ne s’attendait pas à se faire piéger avant même le début du programme.

Au pied de son lit, il découvrit un sac à dos et un uniforme. Le chiffre sept était cousu sur le T-shirt et le pantalon de treillis. Contrairement aux vêtements réglementaires qu’il était habitué à porter, ils étaient tachés et rapiécés. Le caleçon et les chaussettes étaient crasseux et les rangers avaient visiblement servi à d’autres apprentis héros en formation. Il souleva le sac à dos. Il pesait une tonne, mais il n’avait pas le temps d’en examiner le contenu.

Il se demanda s’il devait porter ses propres caleçons et rangers, au risque d’être puni pour avoir désobéi à un ordre tacite, ou enfiler les sous-vêtements sales et les bottes usées, et essuyer les railleries de ses camarades. Il jeta un dernier coup d’œil au caleçon et opta pour la première solution.

Il n’eut pas le temps de se laver les dents, de se coiffer ou de prendre une douche. Dans l’ascenseur, il rencontra un pensionnaire plus âgé que lui. Le regard du garçon se posa sur les chiffres cousus sur son uniforme.

Il consulta sa montre.

- Premier jour du programme d’entraînement ?

- Oui.

- Tu sais qu’il est sept heures et demie ?

- Je sais, dit Asao. Je suis en retard.

Le garçon éclata de rire.

- En retard pour l’enfer, lâcha-t-il en secouant la tête.

Le centre d’entraînement était un cube de béton, sans fenêtre ni chauffage, posé au milieu d’un champ de boue. Une clôture de cinq mètres séparait la zone du reste du campus. À sa vue, le petit Gyô fut saisi d’effroi.

Il franchit l’unique porte et déboucha dans un dortoir aux murs nus. Trois filles et quatre garçons étaient accroupis devant des lits de métal, les mains sur la tête. Ils avaient conservé cette position pendant deux heures et demie, en attendant son arrivée.

L’instructeur en chef et ses deux assistants vinrent à sa rencontre. Il frémit devant ce colosse d’une quarantaine d’années, au physique de culturiste, au crâne rasé et à la moustache rousse soigneusement taillée.

- Bonjour Asao, dit-il d’un ton posé. Je m’appelle Jack Roy. C’est gentil à toi de nous rendre visite. Tu as pris un bon petit déjeuner ? Rien de tel pour commencer une journée, pas vrai ? J’imagine que tu as eu le temps de lire les journaux. Quelles sont les nouvelles du monde ? Comme tu le vois, je ne voulais pas commencer sans toi. J’ai donc demandé à tes petits camarades de t’attendre dans cette position extrêmement inconfortable. Tu crois que je peux leur permettre de se relever, à présent ?





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Re: BIENVENUE EN ENFER || Dim 4 Nov - 19:21

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[ANGLETERRE - NOVEMBRE 281]

- Oui, répondit le japonais d’une voix à peine audible.

- Très bien, mes enfants. Levez-vous. Asao, pourquoi tu ne serres pas la main de tes camarades ? Je crois qu’ils t’adorent déjà.

Les muscles des jambes tétanisés, les élèves se redressèrent en gémissant. Asao salua chacun d’eux, mais ne récolta que des regards haineux.

- À présent, place-toi devant le lit numéro sept. Oh, mais je constate que tes rangers sont impeccables.


Il souleva ses bas de pantalon.

- Tout comme tes chaussettes, à ce que je vois. Y en a-t-il d’autres parmi vous qui portent des rangers et des sous-vêtements neufs ?

Gyô vit avec soulagement quelques mains se lever.

- Excellente initiative, dit l’instructeur. J’ignore pourquoi on vous a fourni des sous-vêtements et des bottes usagés. Il doit s’agir d’une terrible méprise. Quoi qu’il en soit, sachez que vous devrez porter les mêmes pendant cent jours.

Asao sourit. Une fille aux cheveux roux, chaussée de rangers dans un état déplorable, lui lança un coup d’œil assassin.

- Laissez-moi maintenant vous présenter les deux merveilleux amis qui m’assisteront au cours des cent jours paradisiaques que nous allons passer ensemble. Voici Mr Hunt et Miss Smith.


Les adjoints, tous deux âgés d’une vingtaine d’années, étaient presque aussi musclés que Mr Roy. Hunt, un homme noir au crâne rasé portant de grosses lunettes de soleil, était l’incarnation de la brute épaisse. Miss Smith avait des yeux bleus, de longs cheveux blonds et raides, mais sa carrure d’athlète la rendait à peu près aussi séduisante et féminine qu’un camion poubelles.

- Miss Smith, auriez-vous l’obligeance de m’apporter un seau ? Asao, je te prie d’avoir la gentillesse de te mettre en équilibre sur un pied.

Il obéit. La jeune femme tendit à Jack Roy un seau de métal.

- J’espère que ceci t’apprendra à te montrer plus ponctuel à l’avenir.

L’instructeur en chef enfonça le récipient sur la tête d’Asao, qui se retrouva aussitôt aveuglé et assailli par une forte odeur de désinfectant. Il pouvait entendre les autres élèves ricaner. Roy tira une matraque de sa ceinture.

- Est-ce que tu m’entends, numéro sept ? demanda l’instructeur.

- Oui, monsieur.

- Fort bien. Chaque fois que ton pied touchera le sol, je me permettrai de te rappeler à l’ordre, comme ceci.


Jack frappa sur le seau de toutes ses forces. A l’intérieur, le fracas était insoutenable. Asao ne tarda pas à réaliser que se tenir en équilibre sur un pied était plus délicat lorsqu’on était plongé dans le noir.

- Mes chers petits, vous êtes tout à moi pour les cent jours à venir. Chacune de ces journées sera également réjouissante. Pas de congé. Pas de week-end. Réveil à cinq heures quarante-cinq. Douche froide pour tout le monde, habillement, puis parcours-combat. Sept heures, petit déjeuner suivi d’exercices physiques. Neuf heures, début des cours. Au programme, techniques de combat, langues étrangères, maniement d’alter et cours d'adaptation sur différents milieux hostiles. Quatorze heures, parcours-combat. Quinze heures, déjeuner. Seize heures, exercices physiques. Dix-huit heures, retour au dortoir.

Le pied d'Asao effleura le sol. Jack écrasa la matraque sur le seau. Il crut que son crâne allait exploser.

- Garde moi ce foutu pied en l’air, mon petit. Où en étais-je ? Ah oui. Dix-huit heures, retour au dortoir, douche, chaude si vos performances ont été satisfaisantes. Vous en profiterez pour laver et suspendre vos vêtements, afin qu’ils soient secs le lendemain matin. Ensuite, vous cirerez vos rangers. Dix-neuf heures, dîner. De dix-neuf heures trente à vingt heures trente, travail scolaire individuel. Vingt heures quarante-cinq, brossage des dents, puis extinction des feux. Nous vous offrirons quelques excursions à l’extérieur du centre. Des stages de survie, pour vous changer les idées. Le dernier d’entre eux aura lieu en Malaisie, un pays très, très ensoleillé où l’utilisation des alter n’est pas vraiment règlementée. À tous ceux qui, au cours de ce programme, trouveraient mes méthodes cruelles, je rappelle que les clôtures qui entourent ce camp d’entraînement ne sont pas là pour vous retenir, mais pour empêcher vos petits camarades restés à l’extérieur de vous donner un coup de main ou de vous faire passer de la nourriture en douce. Vous êtes libres de renoncer à tout moment, mais si vous voulez devenir un héros de la G.A.H, il vous faudra recommencer le programme depuis le début. Même punition pour ceux qui auraient la mauvaise idée de se blesser et d’être immobilisés plus de trois jours. Asao, pose le pied par terre et retire-moi ce seau ridicule.

Il s’exécuta et mit quelques secondes à s’habituer à la clarté du dortoir.

- Tu étais très en retard ce matin, n’est-ce pas ?

- Oui, monsieur.

- Écoutez-moi bien, vous tous. Vu que Gyô a fait la grasse matinée et pris un petit déjeuner un peu trop lourd, je crois qu’il est préférable de nous abstenir de déjeuner. Rassurez-vous. Il ne vous reste que onze heures et demie à patienter avant le dîner.


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Dernière édition par Gyō Asao le Jeu 6 Déc - 18:19, édité 2 fois
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Re: BIENVENUE EN ENFER || Jeu 8 Nov - 21:04

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[ANGLETERRE - NOVEMBRE 281]

Les huit élèves furent répartis en binômes. Le premier d’entre eux était constitué des numéros un et deux, Edward et Alphonse. Nés en Allemagne, ils vivaient au centre depuis trois ans et avait déjà acquis un grand nombre de compétences utiles lors du programme d’entraînement. Asao réalisa qu’il serait désavantagé par rapport aux résidents qui avaient déjà échoué à cet entrainement.

Connor et Callum, deux vrais jumeaux, s’étaient vu attribuer les numéros trois et quatre. Il avait bavardé avec eux à plusieurs reprises et il les trouvait très sympas.

Les numéros cinq et six étaient Gabrielle et Nicole. Gabrielle était une grande et mince métisse originaire des Caraïbes. Ses parents avaient perdu la vie quelques mois plus tôt au cours d’un accident de voiture. Elle avait onze ans, et tout d’une dure à cuire. Nicole était plus petite. Elle avait douze ans, des cheveux roux, et souffrait d’un léger embonpoint.

Le numéro huit, la partenaire d’Asao, se nommait Mia. C’était une petite asiatique de onze ans, au visage un peu plat et aux yeux noirs comme du charbon. Ses cheveux bruns avaient été passés à la tondeuse, ce qui lui donnait l’air d’un garçon manqué. Asao l’avait remarquée quelques jours plus tôt, mais elle portait alors un T-shirt rouge et de longs cheveux tombant sur les épaules. Elle semblait totalement différente, à présent, et affichait un calme olympien.

L’instructeur Roy les mena au pas de course jusqu’au parcours-combat.

- Fais exactement ce que je te dis, souffla Mia à l’oreille d’Asao.

- T’es qui, toi, pour me donner des ordres ?

- Ça va faire deux ans que je vis ici. J’ai suivi ce programme pendant soixante-quatre jours, l’année dernière, avant de me fracturer la rotule. Tu es là depuis quand, toi ? Deux semaines ?

- Presque trois, précisa Asao. Pourquoi as-tu coupé tes cheveux ?

- Plus faciles à laver, plus rapides à sécher, et ils ne se baladent pas devant mes yeux à longueur de journée. Ici, chaque minute de repos gagnée sur l’emploi du temps peut faire toute la différence. Je ferai tout mon possible pour te rendre la vie plus facile, Asao, mais je voudrais que tu fasses quelque chose pour moi.

- Je t’écoute.

- Aide-moi à épargner mon genou. Il est rafistolé à l’aide de broches en titane. Pendant les cours de karaté, essaie de ne pas me viser à cet endroit-là. Si nous devons transporter des sacs un peu lourds, donne-moi un coup de main. Tu es d’accord ?

- Tout ce que tu veux. Nous sommes partenaires, maintenant. Pourquoi ils te laissent effectuer le parcours-combat si ton genou est si fragile ?

- Ils ne sont pas au courant. Je leur ai dit que je n’avais plus mal. Cette fois, je suis décidée à aller au bout du programme, quoi qu’il en coûte.


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Mia connaissait toutes les astuces permettant de franchir aisément les obstacles du parcours-combat. Elle avait remarqué que l’un des côtés du tunnel était moins boueux que l’autre. Elle savait où saisir la corde avant de se balancer au-dessus du lac. Elle connaissait l’emplacement des caméras cachées. Lorsqu’un élève était accusé de tricherie lors de l’examen des bandes vidéo, les instructeurs le tiraient du lit à trois heures du matin et lui faisaient refaire l’ensemble du parcours. Enfin, au grand soulagement d’Asao, elle avait repéré un banc de sable immergé qui permettait de franchir une bonne partie de la rivière en marchant.

- Tu nages comme un gamin de cinq ans, lui dit-elle.

Ils étaient couverts de boue et glacés jusqu’aux os, mais ils avaient achevé le parcours dix minutes avant les autres élèves.

Mia tourna un robinet, retira son T-shirt et le mit sous le filet d’eau.

- Je te conseille de faire comme moi. Je l’utilise pour m’essuyer, puis je le lave une seconde fois. Évidemment, quand je le remets, il est glacé, mais ça m’évite d’avoir le corps couvert de boue séchée pour le reste de la journée. Tu ne peux pas imaginer à quel point ça gratte.

- Et pour le pantalon ?

- Pas le temps. Mais chaque fois que je le peux, je retire mes rangers et j’essore mes chaussettes. Tu as faim ?


- Je n’ai pas pris de petit déjeuner, contrairement à ce que prétend cette brute de Roy. Je ne tiendrai jamais jusqu’à ce soir.

Mia fouilla dans la poche latérale de son pantalon et en tira une énorme barre de Mars.

- Cool, dit Asao. Je suis désolé. C’est ma faute si nous sommes privés de nourriture.

- Tu n’y es pour rien. Jack Roy trouve toujours des excuses pour nous affamer, nous obliger à refaire le parcours-combat, ou nous tirer du lit au milieu de la nuit pour nous faire dormir à la belle étoile sans couverture. Il essaie de créer des tensions entre nous. Ne te fais pas d’illusions, chacun de nous se retrouvera tôt ou tard en position d’accusé.


Elle coupa la barre de chocolat en deux.

- Tu en veux la moitié ?


- Par pitié.

- Mais d’abord, tu dois promettre de veiller sur mon genou.

- Je le jure !

- Ouvre la bouche.

Elle y glissa le morceau de Mars.



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Re: BIENVENUE EN ENFER || Dim 11 Nov - 20:13

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[ANGLETERRE - NOVEMBRE 281]

Edward et Alphonse étaient en train de franchir le dernier obstacle. Callum et Connor les suivaient de près. Au loin, Asao entendait Roy hurler sur Nicole :

- Bouge tes grosses fesses de rouquine, numéro six, avant que je n’y colle la semelle de mes rangers !

Il se sentait à la fois navré et soulagé. Tant que les instructeurs s’en prenaient à Nicole, ils ne s’occupaient pas de son cas.

La journée se poursuivit par une séance d’exercices physiques en plein air. Abdominaux, tractions, pompes, flexions. Après une heure de ce régime, le petit japonais ne sentait plus ni la douleur ni le froid. Son uniforme n’était plus qu’une masse de boue informe.

Nicole était allongée sur le sol, à bout de forces. Miss Smith posa un pied sur sa joue et écrasa son visage dans la terre.

- Lève-toi, grosse vache, dit-elle.

Étant parvenue à se redresser, la jeune fille tituba vers le portail.

- Si tu franchis la clôture, c’est terminé pour toi ! cria l’instructrice.

Restant sourde à cet avertissement, elle quitta le camp d’entraînement et se dirigea vers le bâtiment principal.
Quinze minutes plus tard, elle était de retour, pleurant toutes les larmes de son corps et implorant qu’on lui offre une dernière chance.

- Reviens nous voir dans trois mois, mon petit ange, dit l’instructeur en chef. En attendant, débarrasse-moi tes grosses fesses de là, ou je te fais chasser définitivement de l'école des héros.

Les élèves n’avaient pas imaginé une seule seconde être réduits à sept dès le premier jour. L’échec de Nicole alimenta toutes les conversations. Tous clamaient haut et fort qu’elle avait manqué de courage, mais l’enviaient secrètement. Ils auraient payé cher pour retrouver leur chambre et prendre un bain brûlant.

Ils prirent une douche chaude puis se réunirent autour de la table de la salle à manger, impatients de voir arriver leur dîner. James se félicitait d’avoir Mia pour partenaire. Voir tous les autres commettre les erreurs contre lesquelles elle l’avait mis en garde était un régal.

Un membre du personnel entra en poussant un chariot. Smith distribua un plateau métallique à chaque élève. Asao souleva son couvercle. Le riz était un peu sec, mais il était si affamé qu’il le trouva délicieux. Mia fut la dernière servie. Asao sentit que quelque chose clochait au son que fit son plateau en touchant la table.

Elle ôta le couvercle. Son plat contenait un emballage de Mars. Les traits de son visage s’affaissèrent. Roy posa son énorme main sur son épaule.

- Ma petite Mia, tu n’es pas la première à effectuer un deuxième séjour parmi nous. Tu penses peut-être connaître toutes les ficelles, mais je peux t’assurer que tu n’as aucune chance de nous avoir à ce petit jeu.

Elle contempla son assiette vide. Asao ne pouvait pas la laisser mourir de faim après tout le mal qu’elle s’était donné pour lui. Il traça une ligne au milieu de son assiette et offrit la moitié de son repas à sa nouvelle amie.

- Merci, partenaire, dit-elle.

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Imaginez que vous venez d’acquérir un nouveau jeu vidéo. Vous êtes au premier niveau, et vous éprouvez les pires difficultés. Les ennemis se déplacent trop vite, vous maîtrisez mal les commandes, mais vous finissez tant bien que mal par accéder au niveau suivant. Puis, de point de sauvegarde en point de sauvegarde, vous parvenez à terrasser le dernier boss.

Un jour, par curiosité, vous rejouez le premier niveau. Ce qui vous paraissait si difficile est devenu un jeu d’enfant. C’est sur ce principe de progression qu’est fondé le programme d’entraînement initial de la Grande Association de Héros. En accomplissant des épreuves difficiles sous une forte pression physique et psychologique, vous atteindrez un niveau de compétences que vous n’auriez jamais osé imaginer. Lorsque votre formation sera achevée, votre esprit et votre corps seront capables de performances exceptionnelles.
(Extrait du manuel d’entrainement de la G.A.H)


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Re: BIENVENUE EN ENFER || Ven 16 Nov - 22:26

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[ANGLETERRE - NOVEMBRE 281]

Callum quitta le programme au vingt-sixième jour, le poignet gauche fracturé sur le parcours-combat. Les obstacles ne présentaient aucune difficulté insurmontable, mais l’épuisement des élèves rendait les accidents fréquents. Comme si les activités éprouvantes de la journée ne suffisaient pas, Jack Roy prenait un malin plaisir à les priver de sommeil, n’hésitant pas à arroser leurs lits en pleine nuit avec une lance d’incendie.

Associé à Gabrielle au sein d’un nouveau binôme, Connor, qui n’avait jamais été séparé de son frère jumeau plus de quelques heures, envisagea d’abandonner. Les exercices physiques étaient éreintants. Lors de la première séance, Asao avait vomi de douleur. Mia lui avait ordonné de continuer à courir, mais il était en état de choc. Hunt lui avait lancé un violent coup de pied dans le dos.

- Tant que tu ne seras pas inconscient ou mort, tu vas me faire le plaisir de continuer à courir, avait-il lâché.

Ce jour-là, le jeune Gyô avait été à deux doigts d’abandonner.

Il avait fini par s’habituer à cette existence infernale. Un jour, il avait dénombré sur son corps douze plaies et vingt-six ecchymoses. Il se douchait deux fois par jour, mais n’avait pas le temps de se débarrasser de la terre accumulée aux endroits les plus difficiles d’accès, comme les ongles et les oreilles. Ses cheveux avaient la consistance de la paille, et des particules de boue séchée en tombaient chaque fois qu’il y passait la main. Il regrettait amèrement de ne pas s’être rasé la tête.

La sensation permanente de froid était pire que la fatigue. La nuit, ils ne disposaient que d’une fine couverture, et le dortoir n’était pas chauffé. Au matin, le sol de béton était glacé, mais les instructeurs les forçaient à prendre une douche froide. Le petit déjeuner n’était composé que de céréales et de jus de fruits. Leurs vêtements n’avaient jamais le temps de sécher. Les enfiler était une torture, mais ce n’était qu’un mauvais moment à passer. Au bout de cinq minutes sur le parcours-combat, tous les élèves étaient trempés jusqu’à l’os et couverts de boue pour le reste de la journée.

Les occasions de se réchauffer étaient rares : boissons chaudes à l’heure du déjeuner, douche en fin d’après-midi et dîner. Ils vivaient ces instants dans un état proche de l’extase. Tous souhaitaient recevoir une blessure légère, un simple bobo n’impliquant pas une exclusion du programme, afin de passer quelques heures à l’infirmerie, une pièce chauffée à 22°C. Une occasion inespérée de boire un thé bien chaud et d’y tremper quelques délicieux biscuits au chocolat. Edward et Connor avaient eu cette chance. Pour Asao, cela restait un rêve inaccessible.

En cours d’infiltration, il apprit à utiliser toute une panoplie de gadgets, des dispositifs d’écoute électroniques, de piratage informatique, de crochetage, de photographie et de numérisation. Des outils classiques mais également des outils expérimentaux leur permettant de se familiariser avec le travail des ingénieurs.  Ce n’était pas aussi excitant que dans les films. Miss Snowden, l’instructrice, un ancien agent du KGB, ne quittait jamais ses bottes fourrées, son épais manteau, sa chapka et son écharpe en renard, tandis que les élèves frissonnaient dans leurs T-shirts humides. Parfois, elle allait jusqu’à frapper ses mains gantées l’une contre l’autre en pestant à haute voix contre le froid qui, selon elle, n’améliorait pas l’état de ses varices.

Mr Roy en personne se chargea de leur enseigner le maniement des explosifs. Abandonnant pour quelques heures son personnage de dangereux psychopathe, il jongla avec un plaisir enfantin avec les bâtons de dynamite et les pains de plastic. L’apprentissage du maniement des explosifs était un intitulé de cours erroné. Ce cours avait principalement pour objectif de nous apprendre à désamorcer les bombes dans une certaine mesure. En effet, toutes les bombes ne peuvent pas être désamorcée ou du moins, pas par un être humain.  Jack, l’instructeur en chef fit exploser tout ce qui lui tombait sous la main, allant jusqu’à poser une charge directionnelle sur la tête d’Asao. Le projectile décolla à la verticale et fit un trou de la taille d’une balle de golf dans le plafond. L’instructeur prenait un malin plaisir à effrayer les jeunes recrues. Le but étant principalement de les familiariser avec ce son et de découvrir les différents types de déflagrations.

- Comme vous l’avez compris, nous aurions dû dire adieu à notre cher petit Asao si j’avais placé la charge à l’envers, ou si un incident s’était produit pendant le désamorçage du dispositif.

Asao se demanda s’il plaisantait. Il leva les yeux vers le plafond et estima que c’était peu probable.

Les cours de survie donnaient lieu à des excursions en forêt, hors du centre d’entraînement. C’était une discipline passionnante, consistant essentiellement à construire des abris et à connaître les parties comestibles des animaux et des plantes. Les élèves apprirent à faire du feu. Asao suivit cette leçon avec beaucoup d’attention, car il était décidé à manger chaud en toute occasion, même s’il devait se contenter d’un rôti d’écureuil ou de hérisson.

En revanche, il détestait les cours de langue étrangère. Il était en retard sur les élèves qui avaient passé plusieurs années au centre. Mia parlait couramment l’espagnol et se débrouillait en français. Lors du programme, chaque élève devait étudier une nouvelle langue correspondant à ses caractéristiques ethniques et mémoriser un millier de mots de vocabulaire avant la fin de la session. Alphonse et Edward apprirent l’allemand, Mia le mandarin, Gabrielle le swahili, Asao le japonais et Connor le russe, autant d’idiomes qui n’utilisaient pas l’alphabet latin. Il leur fallait apprendre à déchiffrer des caractères inconnus avant de pouvoir prononcer le moindre mot. Bien qu’Asao soit d’origine japonaise, il ne maitrisait pas du tout cette langue.

Deux heures par jour, Asao dut supporter les hurlements et les insultes de son professeur. Mr Fujimoto qui enseignait le japonais ne cessait de briser des crayons entre ses doigts, de le frapper avec sa règle et de le bombarder de postillons. Le garçon finissait chaque leçon dans un état d’épuisement total, les mains douloureuses et l’esprit confus. Asao n’avait pas la sensation de faire des progrès, mais il savait désormais que le japonais donnait la migraine. Fujimoto se plaignait fréquemment de son comportement auprès des autres instructeurs et exigeait des punitions exemplaires, ce qui valait généralement à Asao de passer deux heures en caleçon dans le froid, aux dépens de son précieux sommeil, ou d’être réveillé au milieu de la nuit par le jet glacé de la lance d’incendie de Roy. Des punitions aussi ridicules qu’incompréhensibles.

Mais, plus que toute autre discipline, le petit japonais détestait les cours d'arts martiaux…


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Dernière édition par Gyō Asao le Jeu 6 Déc - 18:21, édité 3 fois
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Re: BIENVENUE EN ENFER || Sam 24 Nov - 23:08

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[ANGLETERRE - DÉCEMBRE 281]

- Vingt-neuvième jour ! s’exclama Jack Roy.

Contrairement à ses habitudes, il était coiffé d’une casquette de base-ball verte. Pour la première fois depuis le début du programme, ses deux acolytes ne se trouvaient pas à ses côtés. Il était cinq heures cinquante, et les six élèves rescapés se tenaient debout au pied de leur lit.

- Quelqu’un peut me dire ce que ce jour a de particulier ?

Ils avaient appris à se méfier de l’instructeur en chef. Toute réponse, bonne ou mauvaise, pouvait avoir des conséquences désastreuses. Mieux valait croiser les doigts et tâcher de ne pas attirer l’attention.

- Numéro sept, peux-tu répondre à ma question ?

Asao maudit sa malchance.

- C’est le jour de Noël.

- Exact, mon petit lapin. Le jour de Noël. L’anniversaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Selon toi, Asao, que devrions-nous faire pour célébrer cet événement exceptionnel ?

C’était exactement le genre de questions perfides qu’il redoutait.

- Vous pourriez peut-être nous offrir un peu de repos, monsieur.

- Excellente idée. Vous serez heureux d’apprendre que j’ai accordé un jour de congé à Miss Smith et à Mr Hunt, ainsi qu’à tous vos professeurs. Nous sommes enfin seuls, mes petits chéris. Vous allez pouvoir profiter pleinement de votre bon vieux Roy. Nous allons commencer la journée par une petite fête, puis nous nous adonnerons aux joies du Systema, du Karaté et de l’exercice physique, sans qu’aucune de ces ennuyeuses leçons ne vienne ternir notre bonheur.

Sur ces mots, il appuya sur un bouton à l’arrière de sa casquette. Des diodes clignotantes en forme de sapin s’illuminèrent au-dessus de la visière. Une insupportable version électronique de Jingle Bells résonna dans le dortoir.

- Doux Jésus, c’était si émouvant que j’ai failli essuyer une larme, dit l’instructeur en retirant son couvre-chef. Maintenant que cette petite célébration est terminée, je suggère que nous nous mettions au travail.

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Les élèves n’étaient pas habitués au sol élastique du dojo. Jusqu’à ce jour, ils s’étaient entraînés pieds nus dans le champ de boue qui entourait le bunker du camp d’entraînement. Ces séances étaient assommantes. L’instructeur détaillait un ou deux mouvements, puis les élèves les répétaient jusqu’à ce qu’ils soient capables de les exécuter à la perfection. Ensuite, ils passaient en revue les enchaînements appris lors des leçons précédentes. Chaque cours s’achevait par un combat entre partenaires de binôme.

Asao n’avait rien contre le Karaté. Il avait toujours eu envie de s’inscrire à un club d’arts martiaux, mais il n’avait jamais eu le courage de mener à bien ce projet.  À raison de cinq leçons par semaine, il progressait rapidement. Mais Mia était déjà ceinture noire, et l’avoir pour adversaire n’était pas une partie de plaisir. Elle accomplissait chaque mouvement avec une facilité déconcertante. Elle lui prodiguait des conseils et lui évitait souvent d’être puni par les instructeurs, mais il détestait le ton supérieur sur lequel elle soulignait ses erreurs et la façon dont elle le dominait au cours de leurs affrontements.

Il était censé anticiper et bloquer les attaques de sa camarade, mais elle était trop rapide et maîtrisait des enchaînements qui lui étaient inconnus. Il se retrouvait au sol à la fin de chaque assaut, alors qu’elle parait tous ses mouvements. Asao était trop fier pour admettre qu’il se sentait humilié. Elle était plus petite et plus jeune que lui. Et, comble d’horreur, c’était une fille.



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Re: BIENVENUE EN ENFER || Mer 5 Déc - 23:00

BIENVENUE EN ENFER

Gyō
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[ANGLETERRE - DÉCEMBRE 281]

La journée de Noël se poursuivit par six heures d’entraînement physique impitoyable. Les élèves finirent sur les rotules, les mains si engourdies par le froid qu’ils ne parvenaient plus à essuyer la boue qui dégoulinait sur leur visage. Asao avait mal à une côte, souvenir d’un coup porté par Mia au cours de la leçon de karaté. Insensible à leurs souffrances, Roy les avait une fois de plus privés de petit déjeuner.

À treize heures précises, il les conduisit à l’extérieur du terrain d’entraînement et se dirigea vers le bâtiment principal. Ils étaient tout excités. Même s’ils étaient habitués aux coups tordus de leur instructeur, ils se demandaient s’ils n’allaient pas enfin bénéficier de quelques moments de repos en récompense des efforts accomplis au cours du mois écoulé.

Il leur ordonna de s’arrêter à quelques mètres des fenêtres du réfectoire. Un arbre de Noël de quatre mètres de haut, décoré de guirlandes électriques, y avait été dressé. Les tables, recouvertes de nappes en papier doré, avaient été déplacées pour former un ample U. Des couverts en argent et des assiettes en porcelaine y avaient été disposés. Asao restait insensible à cet étalage de luxe. Il ne pensait qu’à la chaleur qui devait régner dans la pièce.

- Mes chers petits, je vous offre une chance de quitter le programme, annonça Jack Roy. Si vous vous décidez immédiatement, vous aurez le temps de regagner votre chambre, de prendre une bonne douche et d’être de retour au réfectoire pour profiter du déjeuner de Noël.

Asao savait que Connor envisageait sérieusement de se retirer depuis la défection de son frère. Il craignait que cette provocation ne le pousse à franchir le pas. Roy ordonna à ses élèves d’effectuer une série d’abdominaux. Derrière les vitres, des pensionnaires prenaient place à la table de banquet. Quelques-uns les saluèrent d’un geste de la main.

- Allez, laissez-vous tenter ! cria l’instructeur. De toute façon, aucun d’entre vous n’a la moindre chance de tenir jusqu’au centième jour. Rompez les rangs, mes mignons. Profitez du festin. Discutez avec vos amis. Je sais que vous en mourez d’envie. Que diriez-vous de vingt pompes pour vous aider à prendre votre décision ?

Lorsqu’ils se relevèrent après avoir accompli cet exercice, Bruce, un héros de la G.A.H ainsi que Callum le frère de Connor se trouvaient derrière les vitres. Ce dernier avait un plâtre au poignet. Il entrouvrit une fenêtre.

- Tiens bon, frangin ! Cria-t-il. La prochaine fois qu’on se voit, tu as un intérêt à avoir réussi !

Connor hocha la tête.

- Je ferai ce que je peux. Joyeux Noël.


Bruce poussa Callum de la fenêtre.

- Ne vous laissez pas impressionner par ce malade ! Hurla-t-il. C’est un taré, un vieux sadique qui adore s’en prendre aux plus faibles que lui.

Asao esquissa un sourire. Roy courut vers le réfectoire.

- Fermez cette fenêtre, avant que je ne vous botte le cul !


- Ouais c'est ça, espèce de nazi ! Lâchez rien les gars ! Lâcha Bruce avant de refermer la fenêtre.

Roy fit volte-face, le visage écarlate.

- Très bien, vous tous. Vous avez gagné. Direction le parcours-combat, et au trot.


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Asao et Mia furent les premiers à s’élancer. Ils étaient habitués à franchir la ligne d’arrivée avec une avance considérable sur les autres binômes. L’instructeur avait regagné son bureau chauffé pour avaler son déjeuner de Noël en les regardant souffrir sur les écrans de surveillance.

La dernière partie du parcours était une étendue de deux cents mètres constituée de rochers aux arêtes tranchantes. À bout de souffle, Mia trébucha et posa une main au sol. En un éclair, Asao se souvint des humiliations subies au cours des leçons de karaté. Submergé par un accès de colère incontrôlable, il écrasa volontairement les doigts de sa partenaire. La jeune fille hurla de douleur.

- Pourquoi tu as fait ça, espèce de salaud ?


- Je n’ai pas fait exprès.

- Si, je t’ai vu viser ma main. Tu as changé de trajectoire au dernier moment.

- Tu es complètement folle, Mia.

Elle le poussa en arrière.

- On est censés faire équipe, Asao. C’est quoi ton problème ?


- Calme-toi, tu veux ? Tu crois que tu ne me fais pas mal, toi, pendant les cours de karaté ?


- Tu as mal parce que tu es nul.


- Tu pourrais retenir tes coups. Tu n’as pas besoin de me réduire en bouillie à chaque leçon.

- Mais mon pauvre Asao, je retiens déjà mes coups.

Asao souleva son T-shirt et dévoila son abdomen couvert de bleus.

- Ah oui, vraiment ?

Elle lui lança un coup de pied qui l’atteignit à l’aine. Il se plia en deux, en proie à une douleur indescriptible.

- Voilà ce que je pourrais te faire, si je le voulais. Tu n’as rien compris, pauvre imbécile. Si je retenais vraiment mes coups, les instructeurs m’accuseraient de ne pas me donner à fond et nous serions punis tous les deux.

Le petit garçon aux cheveux blancs savait que sa partenaire avait raison. Il s’était comporté comme le pire des idiots. Mais, aveuglé par la colère, il bondit sur elle. Déséquilibrée, elle s’effondra parmi les rochers. Il commença à la bourrer maladroitement de coups de poing. Elle le frappa à l’arête du nez. Il se sentit soulevé de terre.

- Arrêtez ! hurla Gabrielle.

Connor accourut pour les séparer. Jack jaillit du bâtiment.

- Est-ce que quelqu’un pourrait me dire ce qui se passe ici ?


Les élèves restèrent muets.

- Connor et Gabrielle, retournez au dortoir. Mia, montre-moi ta main.

L’instructeur examina sa blessure.

- À l’infirmerie.

Puis il s’accroupit devant Asao et inspecta son nez.

- Tu ferais bien de l’accompagner. Profitez-en bien, mes amours, et préparez-vous à en baver à votre retour.

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Asao se cala confortablement dans un fauteuil de la salle d’attente de l’infirmerie, un gobelet de thé brûlant dans une main, un biscuit au chocolat dans l’autre. Mia s’assit en face de lui sans même croiser son regard.


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Re: BIENVENUE EN ENFER || Mer 5 Déc - 23:01

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[ANGLETERRE - DÉCEMBRE 281]

- Bienvenue, mes petits lapins ! s’exclama l’instructeur. Vous avez passé l’après-midi bien au chaud ? L’infirmière vous a fait un gros câlin ? Je vous ai réservé un traitement spécial, mes oiseaux d’amour. Enlevez votre T-shirt, votre pantalon et vos rangers. Ne gardez que vos sous-vêtements. Vous passerez la nuit dehors. Dans l’hypothèse forte improbable où vous seriez encore en vie demain matin, je vous laisserai entrer. Et n’oubliez pas qu’une chambre douillette vous attend dans le bâtiment principal.

Asao et Mia lui adressèrent un regard implorant.

- Joyeux Noël, ajouta-t-il en claquant la porte.

L’obscurité les enveloppa. Un vent glacial balayait le champ de boue dure comme de la pierre. La jeune fille éclata en sanglots.

- Je suis désolé, dit Asao. Tout est de ma faute.

Elle resta muette.

- Parle-moi, je t’en prie. Je sais que j’ai été stupide. Voir tous les autres assis au chaud dans le réfectoire m’a rendu dingue.

Mia était inconsolable. Asao posa une main sur son épaule. Elle le repoussa violemment.

- Ne me touche pas ! Répondit Mia en le pointant du doigt.

C’étaient les premières paroles qu’elle prononçait depuis l’incident.

- Qu’est-ce que je peux faire pour me faire pardonner ? Tu veux que je te supplie, c’est ça ? Que je me mette à genoux et que je te baise les pieds ?


- C’est foutu... gémit-elle. Tu peux bien te rouler par terre si ça te chante, nous allons être obligés d’abandonner.

- On peut y arriver. Il faut trouver un moyen de nous réchauffer.

Elle lâcha un petit rire nerveux.

- Nous réchauffer ? Tout ce que je vois autour de nous, c’est un champ de boue et un parcours-combat. Dans une heure, nos doigts et nos orteils seront gelés. Si nous nous endormons, nous mourrons. Tu te rends compte qu’il nous faut tenir quatorze heures ?

- Tu ne mérites pas ça, Mia. Je vais aller voir Roy et lui expliquer que je suis seul responsable de ce qui est arrivé. Je suis prêt à déclarer forfait pour que tu puisses poursuivre le programme.

- On ne marchande pas avec ce type. Il va te rire au nez.

- On pourrait faire du feu.

- Il pleut, le vent est déchaîné et il fait nuit noire.

- Mettons-nous à l’abri sous le pont qui enjambe la rivière. On n’aura qu’à installer des branchages sur les côtés pour se protéger du vent.

- On peut toujours essayer. On devrait fouiller les poubelles. On y dénichera peut-être quelque chose d’utile.

Ils marchèrent jusqu’à la clôture et soulevèrent le couvercle des containers. Ils n’y virent que des sacs remplis de déchets.

- Rien que des ordures, dit Asao.

- Je me fiche de l’odeur, dit Mia. Traînons-les jusqu’au pont. Avec un peu de chance, on y trouvera de quoi faire du feu. Les sacs nous permettront de résister au froid.

Les poubelles pesaient une tonne. Asao essaya de faire rouler la sienne, mais sa progression était sans cesse entravée par des mottes de terre gelée. Mia était ; gênée par sa main bandée. L’obscurité était si profonde qu’ils mirent de longues minutes à trouver le pont. À chaque pas, ils craignaient de fouler un caillou tranchant. Déjà, ils ne sentaient plus leurs orteils. Des photos effrayantes de pieds noirs et gelés aperçues dans le manuel d’instruction lui revinrent en mémoire. Un frisson les parcourut.

Asao se glissa sous le pont de bois du parcours-combat.

- On a du bol, dit-il. La berge est bétonnée. Elle est à peu près sèche.

Mia déchira l’un des sacs et plongea la main dans un mélange de détritus alimentaires et de chiffons souillés de cirage. Une puanteur immonde lui monta aux narines. Elle commença à mettre de côté tout ce qui était susceptible de s’enflammer.

Pendant ce temps, Asao effectua des allers-retours entre le pont et le sous-bois voisin, apportant des brassées de branchages destinés à les protéger du vent.


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Re: BIENVENUE EN ENFER || Mer 5 Déc - 23:01

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[ANGLETERRE - DÉCEMBRE 281]

Une fois son tri achevé, Mia enroula des chiffons autour de ses pieds et les fixa à l’aide de bandes déchirées dans les sacs-poubelles. Puis elle confectionna deux longs ponchos dans le même matériau. Ils ressemblaient à deux épouvantails, mais ils étaient désormais protégés du froid.

Asao acheva de transformer le pont en abri et se glissa dans l’espace étroit.

- Bon appétit, dit Mia en lui tendant un brick de jus d’orange et une petite boîte de céréales.

- Tu as trouvé ça dans la poubelle ?

- La chance est avec nous. Il y en a cinq autres. Roy a dû les jeter ce matin, quand il nous a privés de petit déjeuner.

Asao planta la paille dans l’opercule et en avala le contenu en deux longues gorgées. Puis il ouvrit le paquet de corn-flakes.

- Nous avons des vêtements, de la nourriture et un abri. On devrait tenir jusqu’à demain matin.


- Peut-être, dit Mia, mais je me sentirais plus rassurée si on arrivait à faire du feu. J’ai mis de côté tous les déchets combustibles, mais je ne connais qu’un moyen d’allumer un feu. Il nous faudrait deux bouts de bois sec.

Ils se pelotonnèrent l’un contre l’autre, se frottant sans cesse les bras et les jambes pour se réchauffer.

- J’ai une idée, dit Asao. Il suffit d’utiliser l’une des caméras de surveillance du parcours-combat.

- Je ne vois pas où tu veux en venir.

- Il doit être possible de produire des étincelles avec le câble d’alimentation.


- Asao, tu ne devrais pas jouer avec ça. Tu risques d’être électrocuté.

Il se leva.

- Fais-moi confiance, Mia.

- Reste ici. Tu es complètement inconscient.

Il quitta l’abri malgré les protestations de sa camarade. Les bottes improvisées que lui avait confectionnées Mia le protégeaient du froid, mais elles rendaient sa progression extrêmement glissante. Il plaça quelques morceaux de tissu et de carton dans le couvercle d’une poubelle puis inspecta les alentours du parcours-combat. Il aperçut une petite lumière rouge à quelques mètres du pont. En s’approchant, il découvrit une caméra de surveillance dissimulée parmi les fourrés.

Il écarta le câble de sortie vidéo, arracha le câble d’alimentation, puis contempla les deux fils dénudés. Le doute l’envahit. Son plan, qui lui avait paru si génial quelques minutes plus tôt, lui sembla soudainement insensé et suicidaire.

Il s’accroupit près du couvercle, sépara les deux brins du câble et toucha un morceau de chiffon. Une gerbe d’étincelles jaillit et une flamme bleue illumina son visage. Un coin du tissu s’embrasa, mais un coup de vent l’éteignit aussitôt. Il sentit son sang se glacer dans ses veines. Il craignait que sa première tentative n’ait définitivement endommagé le circuit électrique. Il recommença l’opération et une nouvelle flamme s’éleva au centre du tissu. Asao le couvrit de morceaux de carton et, cette fois, le feu prit pour de bon.

Il lui fallait regagner le pont avant que sa réserve de combustibles ne soit épuisée. Il dérapait sur le sol gelé et le vent semblait redoubler de violence, comme s’il s’acharnait à réduire à néant tous ses efforts.

- Mia, cria-t-il, amène-moi d’autres trucs à brûler !

La jeune fille accourut et jeta quelques morceaux de papier dans le feu. Le couvercle de métal était brûlant entre les mains d’Asao. Ils eurent les plus grandes peines à descendre la pente boueuse qui menait au pont. Ils regagnèrent l’abri, livrèrent aux flammes le reste de leurs réserves, s’assirent côte à côte et se laissèrent bercer par la lueur vacillante du foyer. La fumée leur brûlait les yeux, mais ils étaient heureux de pouvoir profiter d’un peu de chaleur.

Mia posa la tête sur l’épaule de James.

- Je n’arrive toujours pas à croire que tu m’aies volontairement écrasé la main, dit-elle en examinant son bandage. Je pensais qu’on formait une équipe…

- Tu ne peux pas savoir à quel point je suis désolé. Je ferais n’importe quoi pour me racheter. Tu n’as qu’à demander.

- Oublions cette histoire pour le moment. Mais lorsque le programme sera terminé, nous nous battrons dans le dojo. Je te frapperai jusqu’à ce que tu implores mon pardon. Et là, je continuerai à te frapper, encore et encore.

- Marché conclu, dit Asao, espérant qu’elle le faisait marcher. Franchement, c’est tout ce que je mérite pour nous avoir fourrés dans ce pétrin.



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Re: BIENVENUE EN ENFER || Jeu 6 Déc - 19:05

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[ANGLETERRE - DÉCEMBRE 281]

Au petit matin, Mr Hunt passa la tête à l’intérieur de l’abri. Le feu s’était consumé. Asao et Mia dormaient profondément dans les bras l’un de l’autre.

- Debout là-dedans ! cria-t-il.

Les deux partenaires semblèrent tout étonnés de s’éveiller dans leurs vêtements de plastique. Ils avaient longuement lutté contre le sommeil, préférant rester alertes afin d’éviter les gelures. Mais l’abri était si tiède qu’ils avaient fini par s’assoupir.

- Je vous aime de tout mon cœur !
s’exclama Hunt.

Il tira de la poche de son pantalon deux barres de céréales et les leur tendit. Asao ne parvenait pas à comprendre pourquoi l’instructeur se montrait si amical.

- Vous vous en êtes tirés comme des chefs. Jack était certain que vous aviez abandonné. Les caméras sont tombées en panne. Il vous a cherchés toute la nuit.

- Quelle heure est-il ? demanda Mia, la bouche pleine.

- Six heures trente. Vous feriez bien d’aller vous habiller. Roy va être furieux quand il va vous voir.

- Pourquoi il nous déteste à ce point ? demanda Asao. Je sais bien qu’il hait tout le monde, mais là, il fait vraiment une fixation.
- Vous n’y êtes pas du tout. Nous avons fait un pari. Cinquante livres qu’il n’arriverait pas à pousser un élève à l’abandon le jour de Noël. Il a d’abord essayé avec Connor en l’emmenant devant le réfectoire, mais son frère l’a persuadé de tenir bon. Votre bagarre lui a donné une seconde chance. Il était certain d’avoir gagné. Bon sang, j’ai hâte de voir sa tête.

- Après tout ça, j’ai bien peur qu’il ne nous rende la vie encore plus difficile, soupira Mia.

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Les six élèves et leurs trois instructeurs volaient vers la Malaisie. Asao n’avait pris l’avion qu’une seule fois, à l’occasion de son voyage dramatique en Italie. Cette fois, il voyageait en première classe.

La pointe de ses baskets n’atteignait pas le siège situé devant lui. Le fauteuil de cuir, qu’il pouvait incliner et transformer en couchette, était équipé d’un écran permettant de jouer à la Nintendo Gamecube et de visionner des films. Avant le décollage, l’hôtesse servit des amuse-gueule et des jus de fruits. Après treize semaines de souffrance ininterrompues, il avait l’impression de rêver.

Le 747 acheva son ascension dans le ciel de l’aéroport d’Heathrow. Un voyant lumineux s’éteignit, l’informant qu’il pouvait désormais détacher sa ceinture. Il posa les écouteurs sur ses oreilles et explora les chaînes musicales. Il tomba sur une chanson d’Elton John, Rocket Man, que sa mère adorait. Il réalisa qu’il n’avait pratiquement pas pensé à elle depuis son arrivée à la G.A.H et se sentit un peu coupable.


Une chaussette vola par-dessus le paravent amovible qui le séparait du fauteuil voisin et atterrit sur ses cuisses. Mia fit glisser la cloison. Il ôta ses écouteurs.

- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Asao.

- Tu voulais savoir combien de temps durait le vol ?Branche-toi sur le canal cinquante.

Asao pressa un bouton et une carte du monde apparut sur son écran. On pouvait y voir deux points rouges. L’un représentait Londres, l’autre Kuala Lumpur. Une série de chiffres indiquaient la distance parcourue, la vitesse, la température extérieure et le temps de vol restant.

- Treize heures et huit minutes. Dit-il. Cool. Réveille-moi quand on aura atterri.

Mia semblait déçue.

- Tu ne veux pas jouer à Mario Kart ?

- D’accord, mais pas longtemps. J’ai quelques heures de sommeil à rattraper.


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Re: BIENVENUE EN ENFER || Jeu 6 Déc - 19:06

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[MALAISIE - DÉCEMBRE 281]

Asao déchiffra le panneau fixé au-dessus de la porte du terminal : Bon séjour en Malaisie. Il jeta son sac à dos sur son épaule et respira l’air extérieur. Au moment où l’avion s’était posé, l’écran indiquait une température extérieure de 40°C, mais, en plein soleil, la chaleur dépassait l’imagination.

- Vous croyez qu’il est possible de courir par une telle canicule ? Demanda Mia.

- On va pas tarder à le savoir. Répliqua Gabrielle.

L’instructeur en chef, vêtu d’un short blanc et d’une chemise hawaïenne, conduisit le groupe jusqu’à un minibus garé sur le parking de l’aéroport. L’instructeur Hunt tendit quelques billets au chauffeur tandis que les élèves prenaient place à bord du véhicule.

Ils roulèrent pendant une demi-heure sur une autoroute presque déserte, à contresens des embouteillages du début d’après-midi. A première vue, Kuala Lumpur était une ville moderne comme les autres. Mais Asao ne tarda pas à remarquer que les trottoirs bordés de palmiers étaient inhabituellement haut perchés. Il en déduisit que la région devait être frappée par des orages diluviens. Pas de doute, ils se trouvaient bel et bien sous les tropiques.


Au cours des trois mois passés, les élèves ne s’étaient pas beaucoup parlé. Ils avaient profité de la moindre minute de répit pour dormir. Ils n’avaient guère pu discuter qu’à l’heure du dîner, et leurs rares conversations avaient systématiquement tourné autour du programme d’entraînement.

Les instructeurs sanctionnaient toute faute individuelle par une punition générale. Les élèves avaient développé un esprit d’entraide qui les poussait à secourir leurs camarades défaillants. Mia et Edward se tenaient prêts à repêcher Asao lorsqu’ils devaient évoluer en eaux profondes. En échange, ce dernier portait le sac de sa partenaire dès que son genou donnait des signes de faiblesse. Alphonse, trop corpulent, avait souvent besoin d’assistance pour se hisser sur les obstacles les plus élevés. Ils avaient peu à peu pris conscience qu’ils avaient besoin les uns des autres.

Asao n’était pas inquiet à l’idée de passer quatre jours dans la jungle. Il savait que des épreuves difficiles l’attendaient, mais il n’avait plus peur de souffrir. L’entraînement avait porté ses fruits. Il avait tant de fois repoussé ses limites qu’il abordait désormais les défis les plus effrayants sans plus d’émotion qu’une visite chez le dentiste ou un cours de chimie.

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

L’hôtel cinq étoiles était luxueux. La chambre d’Asao et Mia était équipée de deux vastes lits et d’un balcon qui surplombait la piscine. Il était neuf heures du soir, mais les élèves avaient passé tout le voyage à dormir et ils se sentaient au meilleur de leur forme. Les instructeurs les avertirent qu’ils ne souhaitaient pas être dérangés. Ils leur donnèrent quartier libre, pourvu, qu’ils ne quittent pas l’hôtel, et les autorisèrent à commander ce qu’ils voulaient au service d’étage. Enfin, ils leur recommandèrent de se coucher tôt, puis prirent la direction du bar.

Les deux filles et les quatre garçons se rassemblèrent autour de la piscine. Ils n’avaient encore jamais eu l’occasion de se détendre tous ensemble. La nuit était tombée. Un vent léger soufflait, mais la température n’avait baissé que d’une dizaine de degrés. On n’entendait que le chant des grillons et le crépitement des insectes qui se brûlaient les ailes dans les pièges électriques. Un employé vêtu d’un costume blanc leur apporta des peignoirs et des chaussons en éponge.

Cela faisait bien longtemps qu’Asao ne s’était senti aussi reposé et rassasié. Pourtant, il éprouvait un malaise. Tandis que ses camarades nageaient, plongeaient, faisaient la bombe et s’éclaboussaient, il restait assis sur le bord, les pieds dans l’eau, à siroter un Coca avec une paille.

- Eh, Asao, détends-toi ! cria Mia.

- Je crois que je vais aller me coucher.

- T’es vraiment pas marrant...


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Re: BIENVENUE EN ENFER || Jeu 6 Déc - 19:07

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[MALAISIE - DÉCEMBRE 281]

Le petit japonais regagna sa chambre. Pour la première fois depuis le début du programme, il surprit son reflet dans le miroir de la salle de bains et eut de la peine à se reconnaître. Ses poignées d’amour avaient disparu. Ses pectoraux et ses biceps étaient saillants. Avec ses cheveux blonds et ras, ses plaies et ses bleus, il se trouvait l’air très viril. Il ne put réprimer un sourire. Il était absolument dingue de lui-même.

Il s’allongea sur le lit et alluma la télé. Il y avait peu de chaînes en anglais. Il finit par tomber sur BBC World et réalisa alors à quel point il avait été coupé du monde. Si la troisième guerre mondiale avait éclaté au cours des trois mois qui venaient de s’écouler, il n’en aurait rien su. Les choses ne semblaient pas s’être améliorées. Les gens continuaient à s’entre-tuer sans raison et les politiciens en costumes sinistres persistaient à ne pas répondre aux questions qu’on leur posait. Il apprit avec plaisir qu’Arsenal avait remporté son dernier match à domicile. Puis il zappa sans trouver son bonheur et commença à regretter de ne pas être resté avec ses camarades.

Soudain, la porte de la chambre s’ouvrit.

- Ferme les yeux, dit Mia, les mains dans le dos.

- Pourquoi ? demanda Asao.

- J’ai une surprise pour toi.

Il entendit ses autres amis chuchoter dans le couloir.

- Pas question. Qu’est-ce que vous me voulez ?

- Si tu ne fermes pas les yeux, ce ne sera plus une surprise.

Tout ça sentait le coup fourré à plein nez, mais ils avaient l’air de s’amuser comme des fous, et Asao ne voulait pas casser l’ambiance.

- OK, ils sont fermés.


Asao entendit des pas discrets sur la moquette, puis des litres d’eau froide inondèrent son torse. Il ouvrit les paupières et se dressa d’un bond. Des glaçons glissèrent dans son peignoir, puis le long de son dos. Callum, Alphonse, Gabrielle et Edward suivaient Mia, armés de seaux à Champagne. Il sauta de son lit et dérapa sur un cube de glace.

- Bande d’enfoirés ! hurla-t-il en se secouant pour chasser les glaçons de son peignoir.

Ses camarades étaient pliés de rire.

- Je pensais qu’on pourrait commander de la bouffe au room service, dit Mia. Si tu n’es pas trop fâché, bien entendu.

- Excellente idée.

Ils s’assirent en rond sur le balcon et parlèrent une fois de plus du programme d’entraînement en dégustant des spécialités locales. Ce repas achevé, les garçons décidèrent d’impressionner les filles en urinant dans les plantes vertes situées deux étages plus bas. Mia et Gabrielle se glissèrent à l’intérieur de la chambre et refermèrent la baie vitrée.

- Hey, laissez-nous entrer. Protesta Connor.

- Dites-nous à quel point nous sommes belles, dit Mia.

- Vous n’êtes que des grosses truies, répliqua Edward. Ouvrez-nous.

- Oh, très bien. Je vois que vous tenez absolument à passer la nuit sur le balcon.


Asao se pencha par-dessus la balustrade. Ils se trouvaient trop haut pour sauter. Il s’approcha de la vitre.

- Réflexion faite, je vous trouve absolument sublimes.

- Espèce de lâche ! Protesta Connor.

- Tu veux dormir à la belle étoile ?

- Ohh mais c’est toi qui as raison. Elles sont irrésistibles !

- Des purs top models, en fait, ajouta Asao.

Les filles se tournèrent vers Edward.

- Eh bien ?

Ce dernier haussa les épaules.

- Vous êtes deux rayons de soleil. Allez, ouvrez cette fenêtre.

- Tu crois qu’ils l’ont mérité ? demanda Mia à Gabrielle, ravie du pouvoir qu’elle exerçait sur les garçons.

Cette dernière posa un doigt sur sa bouche et la considéra d’un air songeur.

- Je voudrais qu’ils embrassent la vitre pour nous prouver à quel point ils nous vénèrent, dit-elle.

Sa camarade éclata de rire.

- Vous avez entendu, les mecs ? Un gros smack sur la baie vitrée, et que ça saute.

Les quatre garçons échangèrent un regard consterné.

- Oh, pour l’amour de Dieu, gémit Connor.

Il s’exécuta le premier. Les trois autres l’imitèrent docilement.

On frappa à la porte.

- Qui est là ? demanda Mia.

- Votre instructeur adoré... Ouvrez cette putain de porte.

Gabrielle fit coulisser la baie vitrée, puis les garçons se précipitèrent à l’intérieur, espérant ne pas avoir été surpris en train de se soulager dans les plantes vertes. Mia fit entrer Mr Roy. Après plusieurs heures passées au bar de l’hôtel, sa démarche et son élocution étaient maladroites.

- Il est onze heures passées. Je veux vous voir au lit dans cinq minutes.


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Gyō Asao
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Re: BIENVENUE EN ENFER || Sam 8 Déc - 21:18

BIENVENUE EN ENFER

Gyō
Asao

Flashback
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[MALAISIE - DÉCEMBRE 281]

L’hélicoptère se posa sur le toit de l’hôtel à cinq heures du matin. Les élèves prirent place dans la cabine des passagers et déposèrent leurs sacs à leurs pieds. Ils avaient troqué leurs vêtements civils pour un uniforme adapté aux conditions climatiques : un pantalon de toile légère, un T-shirt bleu sans chiffre ni logo et un chapeau à larges bords destiné à protéger leur visage et leur nuque des rayons du soleil.

Jack Roy passa un bracelet électronique au poignet de chaque élève. C’était une bande de plastique souple que l’on ne pouvait retirer qu’à l’aide d’un couteau.

- Ne l’enlevez sous aucun prétexte ! Hurla Roy pour couvrir le vacarme du rotor.En cas d’urgence, dévissez le bouton sur le côté et pressez-le fermement. L’hélicoptère restera en alerte permanente, prêt à rejoindre votre position en moins d’un quart d’heure. Nous atteindrons le premier site de largage dans quelques minutes. Tout ce dont vous avez besoin se trouve dans votre sac à dos. Il est dix heures pile. Au cours des soixante-douze prochaines heures, chaque binôme devra rejoindre trois points de passage. Si vous échouez, vous serez éliminés du programme et vous devrez tout recommencer à zéro. Souvenez-vous qu’il ne s’agit pas d’un terrain d’entraînement. Les erreurs que vous commettrez ici ne feront l’objet d’aucune punition, mais elles pourraient bien vous coûter la vie. Cette jungle est sans doute l’endroit le plus inhospitalier où vous mettrez jamais les pieds.

L’hélicoptère s’immobilisa en vol stationnaire, à quelques mètres du sol. L’instructeur fit coulisser la porte latérale et un soleil aveuglant envahit la cabine.

- Numéros un et deux, c’est à vous ! Cria Large.

Alphonse et Edward s’assirent au bord de l’ouverture, les jambes ballantes. L’instructeur en chef jeta leurs sacs à dos dans le vide. Asao vit les deux garçons glisser hors de la cabine, sans savoir s’ils avaient atterri sains et saufs à cause de la poussière soulevée par l’hélice. L’instructeur leva le pouce vers le pilote et l’appareil s’élança vers le point de largage suivant. Mia semblait anxieuse. Les sauts mettaient son genou à rude épreuve. Gabrielle et Connor furent déposés à leur tour, puis l’hélicoptère rejoignit son dernier objectif.

Asao s’approcha de la porte et regarda vers le sol. Il découvrit une étendue d’eau peu profonde et s’y laissa tomber. Il avait appris à se réceptionner en roulant sur le côté au moment de l’impact afin que le choc soit absorbé par l’ensemble du corps. S’il se réceptionnait avec trop de raideur, il risquait de se fracturer une hanche ou une cheville. Il effectua un atterrissage convenable puis se releva, trempé mais indemne.

En touchant le sol, Mia poussa un cri. Il s’accroupit à son chevet.

- Tout va bien ?

Elle se leva lentement puis effectua quelques pas prudents pour tester son genou fragile.

- Ce n’est pas pire que d’habitude.

L’hélicoptère prit de l’altitude. Ils se protégèrent les yeux pour éviter d’être aveuglés par les bourrasques de sable, puis coururent sac au dos vers la plage de sable blanc écrasée par un soleil de plomb.

- Mettons-nous à l’ombre. Dit Asao.

Ils s’installèrent sous un palmier. Mia sortit de son sac l’enveloppe contenant son ordre de mission et la déchira.

- Et merde.

- Qu’est-ce qui se passe ?

Elle lui tendit le document. Il était rédigé en français. Asao consulta celui qui lui avait été remis.

- Formidable. Tout est en russe. Si j’avais su que ma vie en dépendrait, j’aurais moins fait le con en cours.

Un examen plus approfondi leur apprit que les deux ordres de mission étaient identiques. Asao comprenait à peine la moitié des informations, mais Mia était plus douée pour le français. En comparant les deux versions et en établissant quelques déductions logiques, ils parvinrent à dissiper la plupart de leurs interrogations.

Une carte était jointe aux feuilles dactylographiées. Le premier point de passage y figurait, mais pas le lieu où ils avaient été déposés. Ils devaient atteindre leur objectif avant dix-huit heures et passer la nuit sur place.

- Je suppose que d’autres indications nous attendent là-bas. Dit Mia.


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[MALAISIE - DÉCEMBRE 281]

Asao inspecta le contenu de son sac à dos. Il était beaucoup trop lourd. À l’évidence, il ne pouvait pas tout emporter. L’utilité de certains objets était incontestable : machette, boussole, citerne gonflable pour recueillir la pluie, rations de survie, gourde, nécessaire de premiers soins, médicaments, tablettes de purification d’eau, crème solaire, moustiquaire, allumettes, couteau suisse. Il décida de conserver le rouleau de sacs-poubelles. Il ne pesait presque rien, et il était bien placé pour savoir qu’il pourrait leur rendre de nombreux services. Il découvrit une tente équipée de piquets métalliques.

- Laissons-la ici. Dit Mia. Elle pèse une tonne. On fabriquera un abri avec des feuilles de palmier.

Ils se débarrassèrent de nombreux accessoires : rangers de rechange, parasols, couverts, parkas. Certains d’entre eux étaient particulièrement insolites. A quoi pouvait bien servir un ballon de rugby ou une raquette de ping-pong ? L’exemplaire des œuvres complètes de William Shakespeare aurait pu les aider à allumer un feu, mais ils le jugèrent trop épais. Asao jeta un dernier regard à la pile d’objets hétéroclites et espéra qu’ils n’abandonnaient rien d’indispensable.

- Et maintenant ?Demanda-t-il.

Mia consulta la carte puis tendit l’index vers une montagne lointaine.

- Elle figure sur le plan. Le point de passage est situé au bord d’une rivière. Elle prend forcément sa source en un point élevé. Je pense qu’on doit marcher dans cette direction.

- Elle se trouve à quelle distance, selon toi ?

- Impossible à dire. Il n’y a pas d’échelle. On ferait mieux de se mettre en route immédiatement, car on n’aura plus aucune chance de trouver notre objectif une fois la nuit tombée.

Ils décidèrent de longer la côte jusqu’à l’embouchure de la rivière, puis de la remonter jusqu’au point de passage. Ils auraient pu couper à l’intérieur des terres, mais ils n’auraient aucune idée de la direction à prendre après avoir atteint le cours d’eau.
Le soleil implacable rendait toute progression sur la plage impossible. Ils préférèrent marcher à la lisière de la jungle, à environ cent mètres du rivage, sous la canopée peuplée d’oiseaux bruyants. Il y faisait si sombre que la végétation se réduisait à quelques plantes basses et à des plaques de mousse. A l’exception de racines entremêlées et de troncs couchés, le sol était plane et dépourvu d’obstacles.

Les insectes leur donnaient du fil à retordre. Une chenille urticante de dix centimètres de long chatouilla le mollet de Mia. La jeune fille hurla de douleur, jurant qu’elle aurait préféré être piquée par un frelon.

Après cette mésaventure, ils prirent soin de glisser leurs bas de pantalon dans leurs chaussettes.

Après une heure de marche, ils regagnèrent la plage. Ils parvinrent à casser quelques noix de coco et en burent le lait. Ils cueillirent les fruits des arbres qu’ils pouvaient identifier et écartèrent ceux qui leur étaient inconnus, de peur de s’intoxiquer. Enfin, ils se déchaussèrent et se jetèrent tout habillés dans la mer.

Ils craignaient les moustiques plus que tout autre prédateur. Ils se moquaient des piqûres, mais ils savaient que certaines espèces, attirées par la moindre trace d’humidité, étaient porteuses de la malaria. Or, ils n’avaient pas reçu de cachets contre cette affection.


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Re: BIENVENUE EN ENFER || Sam 8 Déc - 21:19

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[MALAISIE - DÉCEMBRE 281]

Après chaque baignade, ils se badigeonnaient de lotion insecticide et de crème solaire, puis ils enfilaient un uniforme de rechange. Ils essoraient leurs vêtements mouillés, les mettaient à sécher à l’arrière de leur sac à dos et reprenaient leur route à la lisière de la jungle.

Gavé de lait de coco et de jus de fruits, Asao ne tarda pas à ressentir de terribles brûlures d’estomac. En fin d’après-midi, les deux partenaires commencèrent à souffrir de la soif, et leur progression s’en trouva ralentie.

Ils n’avaient croisé en chemin que des mares d’eau stagnante grouillantes de moustiques et probablement contaminées par des déjections animales. Ils savaient qu’ils n’avaient aucune chance de trouver une source au niveau de la mer. Leur salut ne pouvait venir que du ciel. Ils étaient confiants, car ils avaient étudié la météorologie de la région. En fin d’après-midi, l’eau évaporée au cours de la journée forma d’énormes nuages noirs. Lorsque le premier éclair illumina la jungle, ils coururent jusqu’à la plage, gonflèrent une citerne et attendirent que le miracle se produise.

Les premières gouttes avaient la taille d’une balle de golf. Asao renversa la tête en arrière et laissa l’eau de pluie couler au fond de sa gorge. Puis il eut l’impression de se trouver sous la lance d’incendie de Mr Roy. L’eau creusait de profonds sillons dans le sable. La citerne s’étant remplie en quelques secondes, ils y plongèrent le visage et burent à grands traits. Lorsque l’averse cessa, ils remplirent leurs gourdes et versèrent l’eau restante dans un sac-poubelle.

Lorsqu’ils atteignirent l’embouchure de la rivière, leur progression se fit plus facile. En suivant le chemin mal entretenu qui longeait le cours d’eau, ils atteignirent le drapeau qui matérialisait leur objectif, soixante minutes avant la limite fixée par leur ordre de mission, après sept heures de marche soutenue.

Un canot à moteur recouvert d’une bâche reposait sur la berge. Asao la souleva et découvrit du matériel de cuisine et des jerrycans d’essence. Soudain, il perçut un mouvement au fond de la coque. Il crut tout d’abord que la lumière lui jouait des tours, puis il comprit de quoi il s’agissait. Il recula en titubant.

- Un serpent ! Lâcha-t-il.

Mia s’approcha du canot.

- Qu’est-ce que tu racontes ?

- Je te dis qu’il y a un énorme serpent au fond de la coque.

- Tu es sûr ? Selon le manuel, les reptiles sont extrêmement rares dans la région.

- Ça doit être un coup des instructeurs. Retirons la bâche et laissons-le s’en aller.

- Il mesure quelle taille ?

- C’est un monstre, dit Asao en décrivant un cercle de vingt centimètres de diamètre avec ses mains.

- Aucun serpent de cette taille ne vit en Malaisie. Dit Mia, stupéfaite.

- Tu n’as qu’à jeter un œil, si tu ne me crois pas.

- Je ne mets pas ta parole en doute, mais je pense que cette bestiole n’est pas arrivée ici par hasard. Je crois qu’il s’agit de notre dîner.

- Hein ? Ce serpent venimeux ? Notre dîner ?

- Asao, tu dormais pendant les cours de survie ? Les serpents de cette taille n’ont pas de crochets. Ce sont des constrictors. Ils étouffent leur proie en la serrant entre leurs anneaux. Si on le laisse s’enfuir, il risque de se glisser dans notre abri pendant la nuit et de faire le festin de sa vie.

- Je vois surtout que c’est toi qui meurs d’envie de le bouffer. Très bien. Je te suis. Quel est ton plan ?

- Tu retires la bâche, je l’asticote jusqu’à ce qu’il sorte la tête et tu le décapites avec la machette.

- J’ai une autre idée, Mia. Je l’asticote et tu lui coupes la tête.

- Ça marche. Je ferai le sale boulot, mais tu te chargeras de le découper, de le vider et de le cuisiner...



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