Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume
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Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume

Nishiki Saitô
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Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume || Sam 10 Nov - 23:07


Ce que la violence laisse dans les cendres

Lors des précédentes escarmouches qui avaient secoué tout le Japon et enflammé les débats télévisés autour des grandes questions au sujet de la sécurité de l'état et de l'intégrité de sa population, ce qui impliquait de facto le problème du contrôle des alters et la place des héros dans la société, Saitô, après avoir triomphé de l'équarrisseur de Ropongi avec bravoure et esprit de sacrifice, au prix coûtant de la vie de ce dernier, avait derechef été mis au devant des missions de sécurisation de la métropole, pour plusieurs mois. Certes, beaucoup de justiciers avaient pu obtenir de grâce quelques jours voire semaines de repos, ce qui en soi était tout à fait légitime, compte tenu de la violence inouïe des affrontements qui s'étaient déroulé dans la capitale, et des sévices physiques et psychologiques que certains de ces derniers avaient pu subir. Mais visiblement, malgré quelques stigmates bien marqués sur son épiderme, le Big Bang faisait partie des chanceux. Il lui semblait alors légitime de ne pas avoir de privilèges à s'accorder en ces temps troubles.

D'ailleurs, ce qu'il avait appris deux jours plus tôt, alors qu'il patrouillait dans Sapporo, l'avait conforté dans l'idée qu'il n'était pas de ceux à plaindre. La sombre nouvelle concernait l'une de ses associées, Yume, spécialisée dans les traques et les enquêtes comme lui.

Le Big Bang n'était pas réputé pour ses traits d'humanité, tout du contraire. On lui accordait volontiers une étiquette de voyou, ce que les hashtags autour de son nom continuaient de scander à travers les réseaux sociaux. Inutile de s'interroger sur les origines de cette mauvaise publicité : l'ingénieur détraqué avait pris la mauvaise habitude d'utiliser des moyens disproportionnés, souvent drastiques, pour régler le compte des forbans. Pour autant, même si cela pouvait paraître surprenant venant de sa part, il arrivait que l'élite de Tsukeru montre une attention particulièrement bienveillante à l'égard de certaines personnes, ce qui contrastait véritablement avec sa nature profonde : il était tel un félin ayant horreur de l'eau, mais qui pourtant se surprend à prendre un bain de temps en temps.

De fait, il avait envoyé un message à Yume afin de lui apporter son soutien dès qu'il avait appris qu'elle avait été blessée lors des attentats, tant sur le plan physique que sur le plan psychologique : les actes terroristes lui ayant arraché son mari, elle devait sans doute être terriblement affectée par cette tragédie. Prétextant une visite à Yuei pour le suivi d'un stagiaire, mensonge peu crédible mais ayant pour but de briser le malaise en détournant le sujet, ce qui permettait d'arrondir les angles, il parvint à négocier un moment d'échanges avec la veuve. Cela faisait plusieurs mois, et il s'en voulait de ne pas avoir pris des nouvelles plus tôt : il jugea que s'il avait été à sa place, il aurait toutes les raisons d'être rancunier.

Ce jour arriva. Un pas après l'autre, il passa la barrière du célèbre lycée dans lequel il avait lui-même fait ses gammes. Sur son visage n'apparaissait pas ce légendaire air malicieux qui le caractérisait ; il faisait preuve de sérieux et sa mine assez grave était le pâle miroir d'un chagrin né de l'empathie, et d'une certaine forme d'appréhension liée à la culpabilité de n'avoir rien pu faire, et ne pas avoir pris sur son temps personnel pour veiller sur sa collègue. Pourtant, il s'agissait bien à la base d'un sentiment altruiste qu'il destinait à Yume et à personne d'autre : l'esprit cartésien du Big Bang ne se concentrait que sur une chose à la fois et, durant cet après-midi, l'enseignant serait sa seule occupation. Après avoir passé la barrière puis la cours, il ouvrit la porte de l'établissement, les surveillants le laissant passer sans opposer de résistance. Il monta jusque dans une salle de classe, celle qu'on lui avait indiqué lorsqu'il avait demandé à trouver sa collègue.

Son coeur palpitait. Une étrange culpabilité irradiait tout son corps : finalement, il s'en voulait de n'avoir rien perdu lors des attentats. Il toqua trois fois, assez légèrement pour ne pas la surprendre, et attendît qu'elle daignasse s'ouvrir à lui.



Spoiler:
 

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Dernière édition par Nishiki Saitô le Dim 11 Nov - 9:17, édité 1 fois
Yoshida Yume
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Re: Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume || Dim 11 Nov - 0:29



Ce que la violence laisse dans les cendres
Novembre 301
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Le temps est parfois un cruel maître. Je n’ai jamais pu oublier et j’en suis encore hantée aujourd’hui. Pourtant, cela ne s’est pas passé hier même si j’ai encore cette impression que cela date d’hier. Mon dernier cours de la journée était terminé et cela devait faire une demi-heure que j’étais dans la pièce qui me servait de salle. Mes élèves étaient en sport et je pouvais profiter d’une période de paix. Ici, ce sont les enseignants qui se déplacent alors que les élèves restent dans leur propre salle. Mais heureusement, il y avait le silence. Il y a deux jours, j’ai reçu un message d’un collègue et équipier de la branche de la Traque… Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne connais pas Big Bang de la même façon que la plupart des personnes qui travaillent avec lui. Avant qu’il ne rejoint l’élite, nous étions dans le même département et je sais qu’il est arrivé quelques années après moi au sein de Tsukeru. Mais je n’appartiens pas à tous ses imbéciles qui jugent que sur les actions. Depuis ma convalescence, il est pour le moment un de mes rares collègues qui a pris le temps de prendre de mes nouvelles même si cela fait plus de quatre mois que je ne me sentais pas le courage de reprendre mon métier d’héroïne professionnelle.

Depuis ce jour-là en réalité. Même si j’ai le bras droit qui ne répond plus, cela n’est pas ma plus grande douleur et la rééducation que je dois subir me paraît bien moindre face à la réalité que j’ai du affronter. Beaucoup devrait s’estimer heureux de n’avoir subit que des blessures superficielles alors que je ne retrouverais peut-être jamais l’usage de mon bras droit depuis cette fameuse explosion. Je n’ai qu’un regret : que ce soit lui qui se soit retrouvé à cet endroit. J’aurais voulu que cela se passe autrement mais ce n’est pas parce que je dispose de compétences hors du commun que je suis invincible. Aujourd’hui, je suis fragile et je dois me reconstruire et c’est à travers l’enseignement que je parviens à retrouver un semblant d’équilibre… Mais je connais mes obligations et même si je suis en convalescence, je ne dois jamais leur montrer que je suis blessée et encore moins leur dire la valeur de ce que j’ai perdu. Je ne dois pas mêler les élèves à tout ça. Il s’agit là de la future génération, ceux qui vont prendre ma relève un jour… C’est à travers eux que la société va entraîner vers le haut et assurer la protection de la population.

Tasse à la main, je regardais par la fenêtre alors que la pluie tombait. J’avais un peu froid mais cela n’avait rien à voir avec le faire que je ne sois pas habillée. Thé fumant, je m’apprêtais à prendre mes affaires afin de quitter la salle lorsque j’entends frapper. J’étais fatiguée et cela faisait des mois que mes nuits étaient sans cesse perturbés… Toujours la même chose… La même honte… Le même regret… Je porte sur les épaules le poids de mes erreurs et de mes regrets. Bien que je sois en convalescence, je ne me sentais pas capable de reprendre la route des missions. Pour le moment en tout cas. Posant ma tasse sur le bureau, je me déplace vers la porte afin d’aller ouvrir la porte. Cette maudite porte… Je pensais l’avoir laissé ouverte. Marchant pour m’approcher de la porte, je finis par l’ouvrir. Je ne suis pas surprise de voir qui se trouvait là puisqu’il m’avait envoyé un message deux jours plus tôt. Je tente un sourire forcé pour le saluer

« - Salut Saitô. »

Je m’écarte de la porte pour le laisser entrer. Si je voulais parler ? Je ne sais pas trop… Tout semblait encore frais dans ma tête et tout me paraissait difficile à trier. J’avais encore besoin de temps. Pour le moment, je me battais pour mes deux jumeaux car finalement, ils sont la seule chose qu’il me reste de Tadaki. Je suis peut-être une héroïne mais je suis une mère avant tout et ils sont devenus ma priorité. J’avais laissé la porte ouverte puisque de toute façon, je devais quitter la salle afin de la laisser à mes autres collègues pour leur cours.

« - Je m’apprêtais à quitter la salle de cours, les élèves de cette classe sont en cours de sport. Tu veux manger quelque chose ? »

Attrapant mon sac à dos, je l’ouvre avec mon unique main et je range mes affaires alors que ma main droite pend encore. J’ai quelques sensations mais je ne parviens pas à en reprendre le contrôle. c’est comme si je ne pourrais plus jamais m’en servir. Les médecins pensent que ce n’est pas vrai mais je me suis faite à l’idée que je n’en retrouverais plus l’usage. C’est comme si j’avais accepté cette conséquence. Me pouvant pas ranger mes affaires correctement, je mets tout comme ça avant de le refermer et de le mettre sur le coté invalide. Je galère un peu mais je suis habituée et je dois rester indépendante malgré l’handicap visible si on y fait attention. Heureusement pour moi, je suis gauchère donc cela ne me gène pas lorsque je dois écrire au tableau. J’attrape ma tasse encore fumante et j’en bois une gorgée pour essayer de me calmer car finalement, je n’aime pas me savoir dans cet état d’handicap. Mais vraiment pas. J’invite alors mon collègue à quitter la pièce afin qu’on puisse discuter un peu même si cela va peut-être difficile.

« - As-tu fait bonne route ? Comment ça va à l’agence ? Et toi, comment vas-tu ? »

Je l’ai demandé avec une forme de timidité. Il faut dire que le fait de ne pas pouvoir reprendre mon poste dans l’immédiat et je voulais reprendre mais ni les médecins, ni le psychiatre acceptent la reprise alors je ne préfère pas m’opposer à eux et je ne me sens pas le courage de les contredire. Pas encore du moins.

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Re: Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume || Dim 11 Nov - 9:47


Ce que la violence laisse dans les cendres

Une fois la porte ouverte, il eut une désagréable sensation. Il se demandait s'il avait bien fait, somme toute, d'envoyer ce message. Quelque part au fond de lui, une force fragile lui disait de tourner les talons, de ne pas entrer dans cette salle de classe et de s'en retourner à ce qu'il avait toujours fait : traquer, neutraliser des vilains, monter des pièces, créer des armes de guerre. Pour un individu de son espèce, ce genre de moments était assez inhabituel, pour ne pas dire quasiment inexistant : s'il restait sympathique et amusant pour la plupart de ses collègues, il préférait tout de même garder une distance affective. Hors, avec Yume, c'était différent : la situation était trop grave, les faits étaient trop préoccupants pour ne pas rompre avec cette tendance détachée.

Ses lèvres se délièrent pourtant, laissant apparaître ses dents cubiques dans un sourire qui se voulait chaleureux mais qui dans les faits paraissait presque sadique, contre son gré. On ne choisit malheureusement pas son visage, ni ses airs. Elle prit la parole en lui disant bonjour, ce qui déclenchait le réflexe instinctif de la politesse pour l'élite de la traque.

--- "Salut !"

Fit-il en s'exclamant, tentant de faire vibrer la pièce avec des ondes positives, avec l'idée de mettre un peu de soleil dans le deuil de l'enseignante. Pour autant, son élan ne sembla pas faire marche et il eut presque honte d'avoir réagi ainsi. Il ravala sa langue et avança de deux pas, scrutant la salle de classe puis plongeant ses yeux sur Yume, analysant tous ses faits et gestes. Lorsqu'elle le regarda, il détourna les yeux. Elle lui proposa d'aller manger quelque chose. Il haussa les épaules et monta les yeux vers le plafond :

--- "Why not, dear Yume. Je ne connais pas bien l'endroit, alors je te suis."

C'est alors qu'il remarqua le spectacle un peu maladroit de la justicière. Elle faisait tout de la main gauche, laissant son bras droit au repos. Il y avait trop de manipulations pour mettre ça sur le compte de la latéralité : il ne faisait aucun doute qu'elle avait un problème avec son bras droit. Etait-il douloureux ? Voulait-elle cacher quelque chose ? Peut-être avait-elle dans l'idée de camoufler une arme, une carte, un appareil, ou un autre élément entre son bras et son corps. Il n'osa pas faire de remarque. Il aurait été impertinent de faire une remarque là-dessus, alors qu'il avait déjà l'impression de forcer le dialogue avec elle.

Quand elle fut prête, ils firent route ensemble vers la destination choisie de Yume. Elle détournait le sujet. Elle savait très bien pourquoi l'ingénieur avait décidé de se donner du temps pour la voir. Elle ne semblait pas vouloir se confier. Soit. C'était son droit. Parler de l'agence était une option intéressante.

--- "Tsukeru se porte relativement bien, mais l'agence a connu de meilleurs jours. Suite aux attentats, nous avons perdu beaucoup de forces opérationnelles. Moi-même, j'ai dû mettre en suspend tous mes travaux d'ingénieur pour l'instant. Je suis associé à des patrouilles de sécurisation, principalement à Sapporo, là où l'on soupçonne le plus d'activité ennemie. On espère pouvoir coffrer tous les responsables de ce massacre. Et, parallèlement, des héros enquêtent sur la disparition du Sculpteur..."

Son poing se serra. Il était lui-même à la prison lorsque le Sculpteur s'était échappé. Seulement, se retrouvant seul à contenir toute une horde de prisonniers commandée par l'équarrisseur de Ropongi, il n'avait pu se rendre utile sur d'autres secteurs : s'il avait réussi à abattre son adversaire et à bloquer l'évasion de la plupart des fugitifs, il n'avait pas su élargir son rayon d'action pour retenir la sortie de ce terrible vilain.

--- "... j'espère juste qu'il ne perpétuera pas ce genre de tuerie."

Marchant à ses côtés, il osa la regarder, pour une fois. Il guettait sa réaction. Le souvenir des attentats provoquerait sans doute quelque chose chez elle.


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Re: Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume || Dim 11 Nov - 12:11



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Depuis l’attentat, rien ne semblait normal pour l’enseignante que je suis. Ma patience semble m’avoir abandonné et c’est comme si je dois tout recommencer. C’est gênant de se montrer ainsi devant ses élèves mais aussi devant son collègue. Mais c’est une réalité que je dois affronter et subir. Si j’ai mal. Il arrive parfois qu’il me fasse mal tout comme j’ai parfois des fourmillements dans ce bras malade. Selon les médecins, c’est signe que cela circule bien dedans mais c’est l’aspect moteur qui bloque et même si je suis surveillé, cela m’agace de ne pas pouvoir m’en servir, je ne peux même pas montrer l’ensemble de mes compétences à mes propres élèves car je ne peux pas nier que mon alter a toujours su m’aider dans ma spécialisation : la traque et l’enquête. Car finalement, c’est ce que j’enseigne ici même si cela ne fait que quelques mois. Ma précédente collègue avait démissionné et on en avait parlé. Pour elle, cela faisait trop mais je savais que je pouvais m’en occuper.

Si je savais pourquoi il était là ? Oui mais c’est des souvenirs dont elle aimerait oublier la trace un maximum. J’ai tout perdu ce jour-là et je ne sais pas si je dois me considérer comme étant en vie car j’ai plus l’impression d’être un véritable zombie à qui on a arraché le cœur. Mes enfants sont plus forts que moi pour dissimuler leur fragilité psychologique. Je ne les ai pas entendu pleurer sauf le jour où je leur ai annoncé la mort de leur père ainsi que le jour de l’enterrement. Après, ils ont toujours été discrets tandis qu’ils m’entendent souvent la nuit. Je ne peux pas leur vouloir de ne pas pouvoir trop dormir la nuit. A sept ans, presque huit, ils sont presque aussi forts que moi et même si leur alter ne devraient plus tarder à se manifester, je vais devoir prendre sur moi. Mais Tadaki est mon seul et unique amour. Rebâtir ma vie sans lui est un gouffre que je ne pourrais pas traverser. Leur père est mort en héro comme il l’a toujours voulu mais il est parti si vite. J’ai vécu à ses côtés plus de seize années de bonheur et cela ne peut pas disparaître d’un seul coup.

On me dit de penser aux bons souvenirs mais je fonds encore en larmes en y pensant. Il me manque, je ne peux pas le nier mais son absence définitive me pèse et je pense encore qu’il va revenir un jour. Lorsqu’il partait en mission, je m’inquiétais toujours pour lui tout comme il s’inquiétait pour moi. Maintenant, je sais que je n’ai plus besoin de m’inquiéter mais je ne l’ai pas encore admis. Je vais devoir franchir le pas et faire son deuil un jour. A côté de tout ça, mon bras n’était rien même si la douleur arrivait souvent par période et que je devais me concentrer pour ne pas crier face à celle-ci. Des médicaments ? J’en ai mais si la douleur arrive à son extrême, mes antidouleurs ne sont pas suffisant. Heureusement, ses pics de douleurs arrivent rarement et je fais attention à ménager mon bras droit. C’est déjà assez gênant et je ne tiens pas à déclencher une crise de douleur…

Me trouvant aux côtés de mon collègue, je suis restée un peu silencieuse et tout le monde ici dirait que je n’ai plus vraiment le même comportement qu’avant. J’ai perdu ma joie de vivre et il s’agissait d’une période trouble pour moi puisque je subissais encore les effets secondaires de la brutalité de ce massacre. Saito me parle du responsable du massacre qui a emporté mon mari et je serre le poing droit, ce qui déclenche une douleur. Stoppant ma marche, je ferme les yeux plaçant ma main valide sur l’épaule et je serre les dents. Au moins, il avait la réponse à une de ses questions. Si c’était douloureux, oui. Cela arrivait parfois surtout quand elle essayait de trop se servir de sa main malade. Et encore, j’ai récupéré de la capacité sur celui-ci. Avant, je n’arrivais même pas fermer ma main pour même utiliser mes doigts. Ma tasse était donc tombé sur le sol se vidant de son liquide qui n’était rien d’autre que du thé. Celle-ci est donc en morceau et pour l’instant, je semblais concentrer sur ma douleur et je devais la calmer. Je reste immobile pendant quelques minutes avant de souffler et de reprendre mon souffle. Je regarde alors Saitô avant de prendre la parole.

« - Si jamais, vous attrapez cette sale petite raclure, préviens-moi que je vienne lui arracher les membres moi-même... »

De la haine ? Presque oui mais je me sais instable psychologiquement parlant et ce n’était pas pour rien si je devais être suivi par un psychiatre. Le mal était déjà fait mais cela ne voulait pas dire que je ne m’en sortirais pas. Selon le psy, je vais finir par retrouver ma personnalité mais cela demande du temps. Beaucoup de temps. Et puis, ce n’est pas avec un bras malade que je vais pouvoir reprendre le terrain et je n’y suis pas autorisé. Alors, je me concentre sur mes cours et sur mes élèves qui demande une attention particulière. Dans le fond, être avec la future génération m’apaise surtout lorsque je suis en classe avec eux. Les voir se démener pour parvenir à surmonter mes pièges me fait réellement plaisir. Le soir quand je rentre, je me concentre sur mes enfants. Leur présence m’évite de penser à cette journée mais mes nuits sont sans cesse en train d’être perturbée par le même cauchemar qui ne cesse de se répéter.

Jusqu’à ce massacre, je n’avais jamais eu la moindre envie de vengeance et pourtant, ce n’est pas ma première blessure de guerre comme dirait certain mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser à vouloir me venger. Il est vrai que la vengeance n’est pas un sentiment que je devrais ressentir mais la perte d’un être cher entraîne toujours des sentiments non voulues qui s’accrochent à vous comme un parasite. Je ferme alors les yeux avant de finalement lâcher mon épaule droite. Baissant alors la tête, je lâche un soupir avant de m’abaisser. Je ne peux pas laisser les morceaux de la tasse ici, ce serait un coup à blesser un élève de l’établissement. Je retire mon sac à dos de mes épaules et je le pose au sol afin de rechercher des mouchoirs en papier pour ramasser. Bon, ma tasse était presque vide mais cela ne veut pas dire que je dois laisser ça en état. Les attrapant tant bien que mal, je finis par nettoyer ce que j’ai fais tombé alors que je réunis les morceaux de la tasse. Tout ça va finir à la poubelle et ce n’est pas grave pour la tasse, j’en ai d’autre à la maison et ce ne sera pas la première que je casse.

« - Dis-moi, Saitô, bien que je connais déjà la réponse, dis-moi pourquoi es-tu venue me voir ? »

Il lui avait dit qu’il était affecté au département de la protection et qu’il devait enquêter à Sapporo. Et puis, il fallait bien que le vif du sujet soit entamer. Il fait parti de l’élite et je sais que l’élite ne se déplace jamais pour rien. Il a prétendu venir ici pour un stagiaire mais je suis en contact avec les élèves de toutes les années et je sais que Tsukeru m’aurait demandé de m’en occuper vu que je suis sur place. L’agence ne mobilise pas un agent pour ça sans raison valable surtout quand on en a un sur place. Si ce n’est même deux. Le professeur de Sauvetage est aussi membre de Tsukeru alors pour moi, il s’agissait là d’un mensonge mais je ne lui en tiens pas rigueur. Loin de là.

Finissant de ramasser mes morceaux, je finis par réunir mes mouchoirs et les morceaux afin de me redresser puis d’aller jeter tout ça à la poubelle dont une ne se trouvait pas loin. L’établissement est nettoyer par les élèves et le personnel comme dans tous les lycées japonais d’ailleurs alors c’est la moindre des choses que de nettoyer lorsqu’on fait une bêtise. Même si elle n’est pas volontaire. Après quoi, je reprends mon sac que je remets sur mes épaules avant de regarder Saito dans les yeux. Je ne suis peut-être pas prête à reprendre le poste d’héroïne mais mon absence de l’agence pour convalescence n’était pas usurpée et elle est réellement justifiée.

« - J’ai pensé à toi et je t’ai ramené des bentô si tu es d’accord pour manger en ma compagnie qui n’est plus aussi agréable qu’autrefois. »

Ce qui est bien vrai. Le changement de comportement est assez flagrant mais je mets ça sur le compte du massacre et de la journée où j’ai presque tout perdu. Je l’invite de ma main valide à me suivre. Je vais simplement dans une autre pièce pour pouvoir discuter seule avec lui et loin des oreilles indiscrètes des élèves ou des autres membres du personnel. Non pas que je n’ai pas confiance en eux mais j’ai encore beaucoup de mal à en parler et je ne veux pas vraiment qu’on me voit en train de souffrir ou de pleurer. Cela me gène pour Saitô mais il était là pour une seule raison et il allait devoir supporter ma fragilité que j’espère temporaire.

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Re: Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume || Dim 11 Nov - 22:18


Ce que la violence laisse dans les cendres

Comment pouvait-il s'y prendre pour ne pas brusquer les choses ? Il se trouvait dans une position très délicate avec laquelle il n'était pas foncièrement familier. Clairement, Yume avait dans l'idée de se venger. C'était une des choses qu'il voulait savoir. Clairement, elle n'était pas ignorante de ses intentions non plus. La présence de Saitô, si elle n'était pas méprisée, n'était pas non plus la plus attendue. Le traqueur était dans un territoire qui ne lui était pas destiné et Yume pointa ce constat du doigt, aussi simplement que bonjour, pour jeter le trouble dans le dialogue entamé.

Cela faisait suite à la tasse brisée. Cet accident avait tout d'un lapsus, témoin de la fragilité et peut-être de la gêne qu'il créait par sa seule présence. Il rentrait dans l'intimité de l'enseignante. Sa seule présence suffisait à lui rappeler le cauchemar des attentats. Sans aucun doute, la question qu'elle lui posait était une manière de se défendre, de reporter l'attention sur lui, plutôt que sur elle.

Il l'observa en train de ramasser les bouts cassés, mais ne daigna pas l'aider. Ce geste était symbolique à ses yeux. C'était à elle de recoller les morceaux brisés de sa vie.

--- "Je viens te voir par politesse, puisque je suis dans le coin."

Une réponse toute faite, balancée comme une brique, qu'il adressait à son interlocutrice avec un certain tact. La volonté derrière cette phrase était toute simple : ne pas mettre Yume sous le feu des projecteurs. Ne pas devenir le monstre confident. Il n'avait rien d'un psychothérapeute à qui la traqueuse devait livrer toutes ses angoisses, et qui s'imposait à elle comme un traitement abjecte. Il était un gentleman en vadrouille, respectant les règles de la courtoisie, jugeant tout naturel de lui faire causette, chemin faisant. C'est ainsi qu'il voulait se voir, même si cela n'était pas vrai.

Elle lui proposa des bento. Il ne se priva pas d'accepter, avec la délicatesse de baisser la tête en joignant ses mains à plat en signe de prière pour la remercier.

--- "Ce sera avec un grand plaisir ! Désolé, je n'ai rien amené... j'ai pris la mauvaise habitude de manger en ville."

Il ne releva pas la petite remarque sur le fait qu'elle puisse être une mauvaise compagnie. Cela lui paraissait malvenu de s'enliser dans ce gouffre de l'amertume et de l'aigreur, et de jouer au jeu du coach moral. Il n'était pas réputé pour être un agréable compagnon, lui non plus, de toute manière.

Il s'installa dans la pièce dans laquelle il avait été invité par l'enseignante. Il ne tarda pas à s'avachir sur une chaise, laissant ses deux bras pendre, balançant la tête en arrière dans une posture qui en disait long sur son état de fatigue. Il semblait comme un être agonisant sur cette chaise malheureuse qui s'évertuait à porter un poids mort, insouciant des règles de la vertu.

--- "Ô temps, suspens ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours..."

Fit-il en récitant un poème étranger, avant de se redresser pour adopter une posture plus correcte, le dos droit et les coudes sur la table.

--- "N'as-tu pas l'impression, toi aussi, que le temps défile à toute vitesse ? Regarde : on dirait que les attentats se sont déroulés hier, alors que cela fait plusieurs mois déjà... Pfiouuu... Notre métier ne nous donne aucun répit !"


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Re: Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume || Ven 30 Nov - 21:02



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Il est vrai que je dois prendre sur moi pour refaire ma vie et avancer pour le bien de mes enfants. Car c’est à eux que je dois penser au jour d’aujourd’hui. Tadaki et moi avons fait notre temps mais je ne suis pas véritablement prête à laisser ma vie d’héroïne de coté. Me venger ? Ce n’est pas impossible mais il faut reconnaître que beaucoup de personnes voudraient en faire autant que moi. A savoir que beaucoup auront tout fait pour se venger de l’assassin de son proche. C’est peut-être pour ça que le psychiatre refuse que je reprenne du service et j’en ai bien conscience. J’avais ramassé les morceaux de ma tasse, du moins, les morceaux que j’ai vu. Il est donc tout à fait possible qu’il reste des morceaux. Cependant, je fais avec et je continue ma route comme si qu’il ne s’était rien passé.

Je connais Saïto depuis longtemps et je suis entrée dans le département des traques quelques années avant lui et j’ai appris à le connaître avec les expériences. Il faut dire que s’il fait maintenant parti de l’élite et je me dis que ce n’est pas pour rien. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je pense savoir pourquoi il est là mais je sais aussi que je n’arriverais pas à connaître le fin mot de tout ça. Cependant, mon but n’est pas du tout et dans le fond, je suis quand même contente de pouvoir parler à quelqu’un. Bien sûr, j’ignore ce qu’il pense réellement et je n’ai jamais eu la capacité de lire dans les pensées. Il m’a donc donné une réponse bateau allant de paire avec le message que j’avais reçu il y a deux jours. C’est alors que mon interlocuteur baisser la tête tout en joignant ses deux mains. Cela me fait sourire et je ferme les yeux car finalement, c’est un sourire vrai qui s’affiche alors sur mon visage qui semblait bien neutre ou presque.

« - Je m’en suis douté, c’est pour ça que j’ai pensé à t’en préparer. »

Qui n’avait pas pris cette mauvaise manie d’aller manger en extérieur au lieu de se préparer à manger soit-même. Me concernant, j’avais toujours pris cette habitude de faire moi-même à manger. Même lorsque Tadaki partait à son agence. Bien sûr, je suis héroïne mais cela ne veut pas dire que je suis exempté de faire mon rôle de mère et d’épouse. Loin de là. Mais c’est peut-être l’une des rares choses qui n’a pas bougé depuis son décès. Je peux remercier mes enfants de m’avoir poussé à refaire à nouveau la cuisine. Grâce à eux, j’ai repris le plaisir de faire à manger ou de la pâtisserie. Je suis quand même contente qu’il n’ai rien mangé en arrivant. Je l’ai donc invité à se joindre à moi.

Arrivant dans la pièce, je le vois s’affaler dans une chaise et je le regarde en arquant un sourcil. Il est vrai qu’il ressemble à un être agonisant… Chose qu’il n’est pas sur le moment. Il aurait été blessé, je ne dis pas mais là, je me demande encore pourquoi il est dans cet état mais dans le fond, ce ne sont pas réellement mes affaires. Je suis déjà bien embêté avec mes propres soucis de santé et psychologique sans oublier le reste. Mais bon heureusement pour moi, je suis plutôt bien entourée
et je pourrais les remercier quand j’irais mieux. Il me semble que je l’ai déjà fait mais je ne suis pas complètement guérie. Je sais qu’il va me falloir un long moment pour pouvoir reprendre du service mais je fais confiance envers mon kiné et mon psychiatre pour ça. Il se met alors à énoncer un poème étranger que je connais plutôt bien à vrai dire. Mon mari était un fan de poésie et je continue celui-ci tout naturellement avec un sourire en coin des lèvres.

« - Laissez-nous savourer les rapides délices, des plus beaux de nos jours. Le Lac de Lamartine, poète Français. Je ne te savais pas poète, Saïto.  »

Cela me rappelle de vagues souvenirs qui viennent alors placer une sorte de voile blanc au niveau de mes yeux. Mais cela n’est que passager et je sais que mon mari était quelqu’un de cultivé et qui aimait beaucoup lire, plus particulièrement des poésies. Même mes enfants connaissent ce poème et c’est aussi une façon de rendre hommage à celui-ci. Je ne peux pas l’oublier et même s’il est désormais de l’autre côté, je porte toujours mon alliance, preuve que je ne suis pas prête à refaire ma vie même si mes proches pensent que je devrais le faire. Je me mets alors assise et je le regarde avant de poser mon sac sur moi. Je l’entends poser la question et je reste silencieuse un moment. Je ne savais pas trop quoi lui répondre à vrai dire.

J’ouvre le sac et je sors les deux bentô que j’avais préparé la veille avec mes enfants. Je savais qu’il venait vu qu’il m’avait envoyé un sms il y a deux jours. Je n’y suis aller avec aucune violence et je réfléchissais à ce que j’avais dit plus tôt. La vengeance est un plat qui se mange froid mais je sais aussi que la vengeance n’est pas la voie des héros. Je repose le sac sur le sol tout en prenant les deux bouteilles d’eau sur la petite table où nous nous étions installés. Je le regarde puis je lui réponds.

« - On le savait en embrassant cette voie. Nous savons que nous aurons très peu de répit. Je m’en rappelle dans les moindres détails... »

Je lâche un soupire avant d’ouvrir ma bouteille d’eau et de boire plusieurs gorgées avant de la reposer. J’avais bu un peu de thé un peu plus tôt mais rien de plus naturel que de l’eau. Je montre malgré tout un sourire. Voir une autre tête me fait du bien. Je regarde mon bentô un petit moment avant de reprendre la parole une dernière fois.

« - Merci… Merci de venir me voir, Saïto ! »

©crack in time

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Re: Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume || Dim 2 Déc - 20:04


Ce que la violence laisse dans les cendres

Les bentos avaient beau avoir été déballés, il n'osait guère mettre la main dessus, au risque de paraître pour un impertinent, ce qu'il cherchait à éviter à tout prix. Plutôt que de se jeter sur la denrée comme un affamé, il contourna les tables de la salle de classe en les caressant, comme s'il s'amusait à vérifier leur propreté. Il avait le sentiment d'être tel un errant piégé dans un monde parallèle, au coeur duquel ne se trouvaient plus que lui et l'édifiante adjudicatrice du savoir : deux égarés dans ce désert immense qu'est la vie. Ce faisant, et avec une délicatesse délicieuse, il entendît sans trop comprendre les remerciements de Yume. Son esprit déducteur, guère à l'aise avec la mathématique des sentiments, fit le travail de décortication pour saisir la raison de cela. Il en conclût qu'elle avait compris la raison réelle de sa présence ici. Probablement que cela lui mettait un peu de baume au coeur. Pris au dépourvu, il décida de jeter son regard par la fenêtre, avec la conviction d'entrer dans une sphère d'intimité qui ne correspondait pas fondamentalement à sa fonction. Ses mots se firent lents, et les syllabes se décomposèrent dans sa bouche avec une sobriété courtoise.

--- De rien Yume. C'est à moi que ça fait plaisir. Et je te remercie pour le soin que tu me portes avec ces mets qui, visiblement, me semblent appétissants.

Il resta immobile l'espace de quelques secondes, pensif. Les attentats, en tout état de cause, avaient causé moult blessés. Saitô, s'il avait agi avec le plus grand professionnalisme possible, s'en voulait de n'avoir pas pu secourir davantage d'innocents. Piégé dans le gouffre de la prison de haute sécurité, il avait affronté avec bravoure un criminel extrêmement dangereux. Il s'était sacrifié pour sauver la vie de Sandman, accusant pour elle, de plein fouet, plusieurs balles qui lui avaient déchiré le torse, le laissant comme un pantin désarticulé, seul au milieu d'une scène qui définitivement aurait pu être celle de son dernier jour. Mais s'il était sorti ? S'il avait, par bienveillance, décidé d'ignorer cet homme pour s'en aller secourir des innocents ? Peut-être aurait-il été plus utile là-haut. Mais alors, combien de victimes aurait fait l'équarrisseur ? Il n'avait pas la solution à tout et même s'il l'avait voulu, il n'aurait sans doute rien pu changer au destin macabre qui s'était acharné sur le triste mari de son associée. Ses yeux se tournèrent alors vers la veuve, cristallisés par l'attention qu'elle lui portait. Il y avait, dans cette pièce qui ressemblait à un immense désert, une atmosphère de confidence et de complicité.

--- Puis-je t'avouer quelque chose ?

Cette seule question, lancée au hasard de la discussion, resta en suspend l'espace d'une seconde. Le regard braqué sur le dehors, Saitô semblait prêt à déclarer quelque chose qui, certainement, allait considérablement influencer la relation qu'il pouvait entretenir avec Yume. Depuis plusieurs années, il pourchassait le crime. Il commençait à en avoir assez.

--- J'en ai marre des règles. Si d'aventures nous utilisions nos alters en toute liberté et pouvions, en libre arbitre, mener nos enquêtes selon notre bon vouloir, sans être contrôlés par le gouvernement, certainement que nous aurions pu éviter certains des accidents qui ont secoué le Japon...

Il semblait manifestement affecté par ces paroles. Un sentiment de culpabilité le gagnait, tandis que tout autour d'eux se figeait. Le monde s'était arrêté de respirer.

--- Yume... nous vengerons ton mari. Je te le promets.

Fit-il pour conclure, dans un état d'esprit totalement solennel, absolument convaincu de lui-même et, secrètement, autel d'une colère cyclopéenne à l'égard de la criminalité.


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Re: Ce que la violence laisse dans les cendres | PV Yoshida Yume || Ven 7 Déc - 22:54





Ce que la violence laisse dans les cendres

Novembre 301

Je le regarde discrètement alors que j’avais tout déposé sur la table. Je le vois contourner les tables en caressant sur son passage. J’en viens à me demander ce qui se passe dans sa petite tête blonde mais malheureusement, la télépathie n’est pas une compétence que j’ai développé. J’en ai d’autres bien plus intéressante mais je vais devoir les travailler de nouveau afin de compenser la perte d’un membre. Heureusement, ce n’est pas une de mes jambes sinon je serais en fauteuil roulant et ce n’était pas sûre que je puisse enseigner ici. Malgré tout, je me dis que cela aurait pu être pire et je commence à me dire que c’est encore un miracle si je suis encore en vie. Cela aurait pu être moi et j’aurais préféré mais en y réfléchissant, mon époux aurait vécu ma douleur actuelle. Malgré tout, ce sont surtout à mes enfants que je pense… J’ai continué à lutter contre la douleur, les cauchemars et la peur pour eux. C’est quand même bizarre d’avouer sa peur de la solitude alors qu’on est censé être sur le terrain à faire son métier. Mais cela me rappelle aussi que je suis quelqu’un d’entièrement humaine. Le don que j’ai reçu n’a rien d’extraordinaire et je vis tous les jours avec. C’est donc un poids de plus sur mes épaules de plus en plus frêles. Mais cela ne tient qu’à moi de remonter la pente.

Malgré tout, j’ai toujours cette sensation bizarre que quelqu’un me surveille mais que je ne parviens pas à voir. Je ferme alors les yeux un moment avant de prendre une grande inspiration. C’est ce que m’a conseillé de faire le psychiatre afin d’éviter de me lancer dans une crise une nouvelle fois. Bien qu’elles se soient espacées, elles sont toujours là et il s’agit là que de ma propre faiblesse. Je dois surmonter ça seule et je ne dois pas compter sur les autres pour le faire à ma place. C’est une étrange sensation que de se sentir être un boulet à la fois pour une agence et à la fois pour un métier. Pourtant, je savais dans quoi je m’embarquais en empruntant cette voie. « A creuser plus bas que terre mais creuse encore ». C’est une expression qui me va bien en ce moment. Prenant plusieurs inspirations, je finis par rouvrir les yeux.

Oui, j’avais compris mais je ne préfère pas en parler ouvertement. Je l’avais remercie car oui, dans le fond, cela me fait du bien de voir d’autres têtes connues. Peut-être que je me rendrais à l’agence lorsque j’irais mieux… Je vais y réfléchir plus longuement afin d’être bien fixée car je change d’avis comme de chemise en ce moment. Je sais que je dois me reprendre mais j’ai peur de ce que je vais devenir avec un choc pareil. On ne sort jamais indemne de ce type de choc surtout aussi violent. Ce n’est jamais bon. Je regarde ensuite Saïto qui parle du plat que j’ai fais avec mes enfants. Car avec un bras en moins, c’est un peu compliqué de faire tout ce que je voudrais. Mais j’ai de la chance que malgré leur jeune âge, mes enfants m’aident comme ils peuvent ayant compris la douleur de leur maman. Et je ne parle pas de la douleur psychologique mais bel et bien physique ainsi que des poussées de douleurs aléatoires qui peut foirer l’atmosphère d’une magnifique soirée.

« - Goûte s’y et tu m’en diras des nouvelles ! »

L’invitant alors à prendre place en face de moi, je le regarde simplement avant de lui tendre des baguettes. Car oui, on sait manger avec des baguettes ici et je n’échappe pas à cette règle. Après tout, je suis née dans ce pays. J’ai appris à vivre dans les traditions et pourtant, je suis la première à m’en séparer. Chose étrange pour une enfance différente. Mais nous avons tous une histoire différente mais qui nous a finalement rapproché vers une chose en commun : notre rôle et la voie que nous avons embrassé depuis que nous sommes passé par cet établissement. Même en remontant le temps, je ne suis pas sûre de parvenir à sauver le vie de celui que j’ai aimé de tout mon être jusqu’au moindre recoin. Lui qui a toujours été là depuis ma jeunesse ne l’est plus et je dois apprendre à vivre seule et avec mes enfants. Je dois admettre que c’est une tout autre vie mais je dois me faire à l’idée qu’il ne reviendra plus… Je l’ai vu mourir, je le revois mourir encore et encore… Son corps, je l’ai porté malgré la douleur, malgré les blessures… Je sais qu’il est donc bel et bien mort… Et rien ne pourra y changer.

C’est alors que mon collègue me regarde et me demande s’il peut me faire une confidence. Hochant la tête, il sait qu’avec moi, les secrets sont bien gardés et je ne suis pas du genre à crier ça sur tous les toits. Je suis quelqu’un qui est un peu trop libre dans sa tête et il n’était pas rare que je zappe l’autorité des Forces de l’Ordre. Et pour cause… Mais c’est encore une fois un sujet qui ne concerne que moi. Oh du moins, c’est ce que je croyais jusqu’à ce que j’entends la révélation de Saïtô. Nous chassions le crime depuis des années et même si j’ai commencé avant lui, je me mets aussi à sa place. Les règles, toujours des règles… Et surtout de plus en plus. Et après, on s’étonne que la population a peu de tout ça. De nombreuses personnes ont perdus leur famille et qu’on a été obligés d’annoncer publiquement qu’il ne s’agissait que d’un accident des plus banales alors que nous savons tous que ce n’est pas vrai…

« - Les règles nous tuent à petit feu… Je supporte de moins en moins les collaborations que je dois obligatoirement fournir aux Forces de Sécurité Japonaises. Toujours à les attendre, toujours à attendre leur consignes… A croire que nous ne sommes que de la chair à canon pour eux… Chacune de nos rixes, de nos rivalités, ont entraînés des morts à ne plus savoir en compter et annonçant publiquement qu’il s’agit de dégâts collatéraux… »

Je lâche un soupir et je lève ma main gauche vers ma chevelure afin de repousser une mèche vers l’arrière. Mes cheveux blonds courts ont tendance à retomber devant lorsque je penche la tête en avant et là, cela a été le cas. C’est comme si j’avais honte de l’avouer. Je ne suis pas du genre à me plaindre mais je savais qu’il avait raison. Si les règles étaient plus souples, peut-être qu’il y aurait eu beaucoup moins de problèmes. Mais tout va probablement se compliqué avec la démission de l’ancien ministre affecté aux affaires héroïques… Et donc indirectement des alters. Mais on ne sait jamais ce que réserve l’avenir.

« - Ils ont probablement peur de ce que nous ferions si nous venions à ne plus être contrôlés… A croire que nous sommes des armes pour eux…  »

En y réfléchissant, ce n’est pas faux. Le jour où une guerre éclate, nous serons les premiers à être envoyés afin de montrer à quel point le Japon est fier de contrôler ceux qui disposent de compétences surnaturelles. Mais on a grandi comme ça et cela n’est pas prêts de s’arranger. Plus les années passent et plus les lois nous obligent à nous brider et à nous cacher. Parfois, c’est décourageant de le savoir et que tu ne peux rien faire sans l’accord de la Police tandis que tu es là à tout observer… Combien de fois j’ai pu les maudire parce qu’ils ne sont pas foutu d’arriver tôt sur un lieu de crimes ou d’accident.

« - Merci… Mais… Je ne veux pas mêler les autres à ça… Je ne veux pas qu’on vous accuse de meurtres pour moi… Je ... »

Je ne savais pas trop quoi dire. Bien que cela me touche, je ne veux pas que mes collègues prennent les pots cassés de mes conneries. Oui, je veux me venger mais je ne veux pas être un ras de marrée qui emporte tout sur son chemin même si je risque de m’épuiser rapidement. Quoi que pas en journée… Heureusement d’ailleurs mais je ne veux pas me faire passer pour une terroriste. Je veux juste apaiser mon cœur et m’occuper personnellement de celui qui a mis fin à celui avec qui j’ai partagé presque toute ma vie. Je veux que cette douleur cesse et j’espère qu’elle partira avec cette rage de me venger…
 

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