Deuil Intimiste - Ecorchée Espérance [pv Home Hory]
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Majima Sayaka
Civil
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Surnom : /
Profession : Étudiant au collège
Rang : C
Yens : 800
Renommée : 5
Alignement : Bienfaitrice
Deuil Intimiste - Ecorchée Espérance [pv Home Hory] || Sam 24 Nov - 13:10

Naguère encore, la progéniture des plus insipides scélérats de pacotilles n'avait jamais expérimenté le phénomène d'hystérie, cette panique indescriptible et délirante qui découle d'une torpeur des plus indicibles, implacables et viscérales. Une frayeur primitive qui voyaient succomber les masses au moindre incident. La gamine éprouvait d'ordinaire une sensation plus modeste et digeste, aussi le frisson malsain de cette cruelle vérité ne la quittait plus. Il lui parcourait l'échine telle une décharge par instants, aussi fugaces que virulents. Redoutait-elle alors de voir surgir les pires misérables au détour d'une bâtisse ou ruelle ? Son esprit étriqué s'avérait hélas propice à ce genre d'inquiétudes, tandis que sa mémoire anxiogène la tenaillait inlassablement au quotidien. Quelle triste existence, songeait-elle à chaque réveil. Des funestes pensées dignes d'un vécu pénible. Elle aurait préféré n'être qu'une imbécile heureuse, simplette ignare des évènements fâcheux. Mais la tragédie du capitole et des institutions mémorables avait saigné une nation toute entière, ainsi que l'ensemble du reste du monde. Quoique certains s'en gaussaient peut-être dans l'ombre des pleurs indignés et autres hommages proférés dans l'éventuelle indifférence des mécréants classiques.

Le fléau avait beau avoir déferlé si loin de sa petite personne insignifiante qu'il l'avait pourtant ébranlé, cette petiote taciturne dont le mutisme pesant ajoutait au malaise populaire. Et même sa demeure voyait sa sécurité compromise par ce règne de terreur inouïe, évadé au temps jadis des insurrections bellicistes des mutants originels. Une désillusion poignante que ne pouvaient démentir ses tuteurs, son géniteur factice beuglait d'ailleurs que ces déments ne méritaient nulle clémence. L'incarcération laisserait-elle place à des exécutions en série ? La populace réclamerait peut-être la répression extrême en guise de solution miracle et salvatrice, pour mieux s'épargner représailles et autres dérives de ces monstres. Majima Sayaka se voulait trop abattue pour renchérir le débat stérile des ménages laminés. Et son opinion naïve importait peu, du reste. Seul l'avis des sinistrés semblait légitime. Voilà qu'on lui diagnostiquait presque une forme de déni lorsqu'elle se confiait enfin au psychologue de son école, Himamura Takashi du collège St Eizan, à l'orée du sixième jour. Son jardin minuscule apparaissait tel l'ultime refuge pour sa chétive et frêle petitesse, un domaine insouillé de palabres ou esclandres d'aucune sorte. L'endroit où elle aimait surtout à se retirer depuis peu, comme si l'humeur maussade de sa parenté manquait de l'entacher et consumer.

Le phénomène la rassurait d'ailleurs sur un détail, la probabilité que le chirurgien macabre médiatisé viendrait l'y débusquer et mutiler demeurait si mince. Certes elle encourait d'aventure ce risque effroyable et lancinant, mais il lui fallait bien avouer que la chose frisait des chances de succès toutes aussi négligeables. Autant parier sur sa côte de popularité à venir, le tirage fructueux d'une tombola ou le degré d'emprise bénéfique qu'aurait son alter thérapeutique sur une famille de victime. Si chacun dansait comme au bord d'un gouffre béant, un abîme vorace, d'autres menaçaient d'y être précipités, comme happés par une sottise inextinguible. Ces mirettes d'ambre terne dénigraient l'éventualité même d'une crise à ses prémices alors qu'une horde de vauriens pourraient bien réitérer la chose, perpétrant des massacres plus ambitieux encore. Deuil à l'espérance d'antan, envolée l'insouciance de la jeunesse. L'étudiante fondait craintes à arpenter sa cité où l'ombre d'un incident isolé couvait en son sillage, et se gardait bien d'attiser le climat de nervosité de ses voisins et camarades de classe, malgré sa propension à prêcher la prudence. Un malheur frapperait-il son entourage bientôt ? Même la racaille la moins reluisante ou pernicieuse pouvait sévir en ces heures sombres, forte d'une assurance nouvelle ou d'acolytes plus audacieux, des professionnels.

Et quel pouacre impudent la blâmerait de fonder craintes plus noires encore, d'envisager perdition certaine ou persécution plus poussée ? Si son entourage s'accommodait du fait de la savoir brimée, moquée ou dénoncée pour usage d'alter intrusif et intempestif en milieu scolaire, ainsi qu'un argumentaire faisant polémique auprès de certains, Majima Sayaka ne pouvait nier la gronde populaire à l'égard de ses congénères. Et ce en dépit des propos qu'elle prêchait en faveurs de la société actuelle. Elle trouvait tout autant à redire sur des détails à affiner, une éthique à rendre plus juste ainsi qu'une morale assez bancale et hypocrite qu'elle dénonçait bien avant l'incitation à l'insurrection des masses négligées et discriminées. Demeurer dans le flou le plus absolu la rendait sujette à cette fièvre paranoïaque tandis que d'ordinaire elle vivait bien ce climat anxiogène, son quotidien tout juste méprisable. S'en irait-il en aggravant ? Advienne que pourra, songeait cette mioche que l'angoisse tenaillait tout autant que la niaiserie d'un déni insouciant. Mais la malade n'ignorait rien de la noirceur de l'âme humaine et des vents de révoltes tapissant l'histoire, un cercle vicieux d'oppressions et d'absurdités chez chacun qui serait peut-être indéfiniment immuable et qu'une voix vacillante pourrait très bien ne jamais endiguer. Voilà quelles horreurs la trottaient en ces instants de lucidité pensive, où la philosophie maigre d'une trop jeune étudiante embrassait quelque lambeaux d'espérance qu'un peuple dénigrait ou étreignait avec la frénésie de l'émotion. Un émoi palpable toujours ardent en Hosu.
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