Virevoltent les poussières, sombrent les décombres [...] PV Sanggyae
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Virevoltent les poussières, sombrent les décombres [...] PV Sanggyae

Asano Jin Hyeon
Justicier
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Surnom : The Sleeping Guardian | La Sentinelle Endormie
Profession : Archéologue | Historienne | Vigilante
Rang : A
Yens : 300
Renommée : 175
Alignement : Rebelle
Virevoltent les poussières, sombrent les décombres [...] PV Sanggyae || Ven 14 Déc - 0:16

Virevoltent les grises poussières ; sombrent les décombres d’une grandeur d’antan. Oubliées, longtemps le furent-elles, ces traces d’une époque annihilée. Tant est si bien qu’il ne demeure en son sein qu’un amas de corps, une terre recouverte. Un corps revêtant tantôt des habits d’argile tantôt des tissus de grès ; des formes assurément nombreuses, dévoilant les talents d’un savoir-faire ancestral. Oubliées, oui. Presque effacées par les Hommes et leurs désirs, leur ignorance. « L’Histoire est façonnée à notre image » affirment-ils du haut de leur tour d’ivoire. Actes démesurés autant qu’inconscients ; les récits enfouis remontent dans les mémoires, au fur et à mesure que les Scientifiques dépoussièrent des vestiges d’une vie. Assurément renaîtront-ils de leurs cendres. Lentement, mais sûrement.

Pêchés Humains.


Car les Hommes dissimulent, manipulent, ignorent les signes d’autrefois ; cette réalité devenue mensongère ne les arrange guère. Les Hommes détruisent, aussi, modelant cette existence ancienne à leur convenance. Et n’est désormais perceptible qu’une peinture vibrante d’une authenticité illusionnée. L’éclat s’éteint ; Les obscures nesciences règnent dans l’esprit des mortels. Jusqu’à ce que ces éclats ne remontent à la surface, tout du moins. Une prise d’air momentanée, avant d’être une nouvelle fois reniées. La recherche de puissance, un éternel recommencement.

Soucieuses perles portées sur l’entrée d’un bâtiment aux affiches colorées ; l’Asiatique marque une pause, cherchant du regard les trésors dissimulés à l’intérieur de l’antre. Inaudible soupire outrepassant la barrière des lippes, tandis que celles-ci se révèlent brièvement en un recoin. Une mélancolie certaine s’empare de l’esprit de la Scientifique. Qu’importe les richesses disposées là, patientant le moment où les savants s’empareront de leurs armes de connaissances et d’ouvrages constituées ; prisonnières des translucides glaces, elles-mêmes ne sauraient espérer la reconnaissance.  

Montrer pour renier : une habitude ainsi formulée, aussi affligeante puisse-t-elle être.
D’un pas lent, la trentenaire pénètre dans les lieux où siège l’exposition tant attendue.  Un, deux, trois. Nul besoin de se rendre plus loin ; les paupières se ferment un instant, tandis que le corps se retourne vers la voix qui l’interpelle.

— Excusez-moi Madame… Cette exposition est privée ; vous ne pouvez y accéder sans autorisation.

Tête légèrement inclinée, déposant les fils de jais sur la frêle épaule ; une poignée de secondes durant laquelle l’enquêtrice des temps anciens emmagasine l’information.  Une âme somme toute éduquée en ce sens depuis l’enfance, prenant la forme d’un apprentissage incrusté dans l’être, semblable à la Gouge sculptant le bois avec délicatesse. Incompréhension manifeste pour celle qui arpente les galeries comme une fourmi dans la fourmilière.  Alors, la Coréenne se contente de rester planter là, fixant les sombres mirettes dans l’attente que celles-ci opine à accorder l’entrée dans le temple miroité.

Un rire échangé, penaud de son état, et l’Historienne réalise enfin qu’une information manque à l’appel. Dans un mouvement rapide, une main se volatilise dans une poche latérale, en quête de ce qui lui ouvrirait  vraisemblablement les portes de l’entre deux. Un paradis de découverte, pour un enfer de commentaires. Un passe communément nommé « Carte professionnelle » dont la jeune femme tend à en éclipser l’existence.

— Oh. Vous êtes effectivement sur la liste des invités, toutes mes excuses Mademoiselle Asano. Voici le programme. Vous pouvez actuellement visiter l’ensemble de la galerie ; elle dispose de plusieurs salles, mais vous devriez vous y retrouver sans mal. Une fois terminée, une apage se tiendra dans la salle principale, en compagnie de nos généreux donateurs, prêteurs, et autres spécialistes. J’imagine qu’il vous tarde de converser avec d’autres Historiens !

Pas vraiment, non. Étirement des lippes empreints de politesse ; Jin Hyeon n’appréciait guère les retrouvailles de ce genre-ci, à vrai dire. Parce qu’elle connaissait d’ores et déjà les phrases types qui alimenteraient les débats à venir. Si tant est que l’on puisse qualifier  cela de débat, bien entendu.

— Merci Mademoiselle. Si vous en avez le temps, venez profiter également des découvertes exposées : c’est à voir au moins une fois dans sa vie, vous savez !

Une risette rendue. Et déjà le corps entreprend de s’éloigner de  l’accueil, pour rebrousser chemin après quelques pas. Pour réparer une bêtises, en quelque sorte.

— Navrée de vous déranger une fois de plus. Pourriez-vous m’indiquer l’emplacement des poteries et des céramiques ? Je dois bien avouer que c’est la raison principale de ma venue.

— Comme le laissait entendre votre Carte ! Les Poteries se trouvent au fond du couloir à gauche ; vous ne pourrez pas vous tromper.

Ultimes remerciements, avant qu’ elle ne quitte l’endroit définitivement, s’approchant des objets tant désirés par l’œil.  Vous êtes sur la liste des invités. Une remarque qui ne l’interpelle pas plus que cela, et ce malgré la méconnaissance d’un lien humain. Naturelle, disions-nous.  Ce n’est pourtant pas les questions qui manquent, mais l’Archéologue n’a que faire des comment, des pourquoi… Tout ce qui l’intéresse, ce sont ces vestiges qui lui tendent les bras, épuisées par les remarques incessantes avant même qu’elles ne débutent. Et dieu sait qu’elles ne tardent pas à s’intimer dans l’ouïe experte, poussant un soupir las au-delà des frontières de chair.

— Et dire que ce fou ose nous faire croire qu’il s ‘agit de restes de sculptures et de peintures datant des années 550 av. J-C. Parait-il que cela viendrait d’une minorité Monpa qui aurait vécu au Bhoutan à l’époque. Ce type est vraiment prêt à tout pour un instant de gloire, quelle satanée blague.

— De toute manière, tout le monde sait que c’est faux n’est ce pas ? Franchement, il n’a vraiment pas peur du ridicule. Une honte pour la profession…

Deux hommes discutant dans l’allée où trônaient les sculptures ainsi que les rouleaux aux couleurs effacées. L’Homme manipule l’Histoire à sa guise, la détruit de ses propres mains. Cette entrevue perçue en est par ailleurs un bon exemple. Et cela représente l’une des raisons pour laquelle Jin Hyeon n’évolue que dans un cercle vivant limité ; la faute aux vices Humains. Une jalousie naturelle, presque ordinaire, entre les différents chercheurs et leurs trouvailles ; une quête à la reconnaissance s’instaure à chaque nouvelle découverte. Objectif que la souris de Bibliothèque ne comprend guère, d’ailleurs, préférant l’anonymat aux grandes éloquences. Une nécessité de se tirer dans les pattes incompréhensible ; la découverte ne devrait-elle pas être au centre de la manœuvre ? Les Chercheurs n’existaient-ils donc pas pour ramener les civilisations dans les mémoires du Monde ?

Incompréhensible. Ni plus, ni moins.


Irritation naissante, bien que dissimulée non sans une certaine difficulté. Des membres brièvement raidis, un poing resserré à l’abri des regards, dans une manche de manteau un peu trop grand. Une main attrapant le téléphone gisant dans le trou latéral, pianotant quelques mots avec rapidité avant de le replacer dans son nid.

— Et voilà, ça recommence. Ça en devient lassant, cet étalage de rancœur et de jalousie excessive…

C’est qu’elle en regretterait presque d’être sortie de sa tanière, petite Asano.


@Sanggyae M. Wangchuck
(On a oublié de convenir d'une temporalité, faudra qu'on voit ça °°)

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Disponibilité RP : Indisponible - Présente


— Asano Jin H. — Asano Jae I. — Asano Eirin — Shimura G. Masahiro — Hoshino Renjiro.
Sanggyae M. Wangchuck
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Surnom : Le Petit Prince
Profession : Troisième Prince du Bhoutan, Ambassadeur au Japon || Réfugié politique.
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Re: Virevoltent les poussières, sombrent les décombres [...] PV Sanggyae || Ven 28 Déc - 11:28

The child was looking, with that eye judging without hating.
ft. Asano Jin Hyeon


Quel était ce sentiment ? Celui qui confortait son cœur dans une eau tiède, celui qui l’enveloppait pour mieux se rendre compte de sa situation, celle de ne pas être à sa place en portant pourtant tout ce qui le définissait. Sanggyae fixait son pâle reflet dans l’une des vitrines de l’exposition. La poterie si âgée lui rendait son regard vide. Il voyait dans la transparence et le brun de l’argile, les ornements bhoutanais, les tissus dévoilant autant son bras qu’une partie de son torse. Des vêtements qui l’avaient suivi toute sa vie, avec lesquels il s’était occupé du potager avec son père, marché sur ce pont avec sa mère. La couleur d’or fondait avec ce doux rouge carmin. Rien de trop voyant, mais tout pour dénoter dans cette foule d’historiens. Sanggyae avait fait travailler le chat sauvage bien plus strictement. Les dessins glissaient sur son avant-bras, un dragon le lacérant. Et ce soupçon de nostalgie ornait son bras : le bracelet dragon de sa tendre génitrice.

« Petit Prince ! » S’exclama une voix.

L’appelé tourna vivement son visage vers celui qui avait gérer toute cette exposition, les bijoux dans ses cheveux cliquetant sur l’instant. Il étira un sourire poli, et inclina brièvement de la tête en réponse à l’humble salut de celui qui l’avait invité. Une discussion se fit, faite de remerciements et de mots polis, sans sens dans la gorge sèche du Petit Prince.

L’enfant observait les lieux, de cet œil qui juge sans haïr, observe avec cette nostalgie muette. L’adulte joue le rôle ; celui d’une marionnette. Voir l’histoire de son pays ainsi exposé avait quelque chose d’étrange, de creux, de manque. Rien n’était vivant, rien ne se colorait pour lui, d’émotions vives. Et il se rendit compte qu’il faisait parti de cette exposition. Une vitrine autour de lui, un ravin d’incompréhension avec autrui.

Sanggyae étira un sourire triste, tandis qu’il se rapprochait discrètement d’un visage connu. Les historiens discutaient non loin, de choses aussi ennuyeuses que la politique à ses yeux. Il fixa la dame, comme ces autres qui fixaient les poteries, avec ce regard curieux, sans la perversion du savoir. Il ne la dénudait pas du regard, il ne l’insultait pas d’un jugement qui n’avait lieu d’être. Il l’observait, comme les experts observaient les peintures. Il était expert en l’humain, il éprouvait une tendresse étrange pour cette observation.

Les mots avaient beau être chuchotés, le Petit Prince les entendit. Ils lui rappelèrent un des enseignements de Bouddha, que Myrth ne cessait de lui répéter. Situé derrière elle, il commenta :

« Celui qui gravit une haute montagne doit nécessairement en descendre. Celui qui dédaigne les autres sera à son tour objet de mépris. Celui qui méprise l’apparence des autres deviendra laid en retour. Celui qui ravit à autrui ses vêtements ou sa nourriture entrera sûrement dans l’état d’avidité… C’est la loi déterminée des causes et des effets ordinaires. »

Il étira un simple sourire, pour terminer sa citation. Bien entendu, que les historiens médisaient, car ils étaient hommes noyés dans leur propre malheur, succombant à leur propre avidité et jalousie. Mais plus on nourrit l’envie, plus on s’enfonce dans cette tristesse interne. Et ainsi, comment peut-on traiter autrui autrement que comment on se traite soi-même ? Mais le karma venait toujours serpenter, invisible aux regards jaloux.

Il ancra un regard amusé dans les iris de son interlocutrice, et continua de son accent léger :

« J’espère que mon intrusion dans votre pensée ne vous offusque pas, Mademoiselle Jin Hyeon. »

Il prononçait son nom, montrant par là même qu’il se souvenait d’elle. Son regard se détacha du sien, léger et chaud, pour revenir à la scène face à eux. Il continua :

« Aimez-vous malgré tout l’exposition ? »

Lui, il la trouvait bien triste. Elle lui rappelait la situation actuelle du Bhoutan. Il avait bien fait de ne point en parler à Yuna. Les photos qu’il lui avait envoyé éveillaient mieux l’imagination. Ici, il ne régnait que la mort, que la vie muette.

BY CΔLΙGULΔ ☾
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