Quand les ombres s'entremêlent... [PV. Colette]
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Quand les ombres s'entremêlent... [PV. Colette]

Urimatsu Seitô
Apprenti Héros
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Surnom : Shadow Hero : Joker
Profession : Élève 3T - Filière Héroïque
Rang : A
Yens : 720
Renommée : 151
Alignement : Rebelle
Quand les ombres s'entremêlent... [PV. Colette] || Ven 8 Juin - 15:39

Tu t’avances dans la nuit, sans crainte ni peur. C’est ton élément. Rien ne peut t’arriver lorsque l’obscurité recouvre la ville. Même si tu n’as que 12 ans, et que ton corps frêle et ton visage fin attirerait tout type de prédateurs nocturnes. Mais toi, personne ne pourra jamais t’attraper.

Tu avais quitté ton lit pour rejoindre cette vie nocturne que tu aimes tant. Pourquoi t’obligeait-on d’aller à l’école le jour alors que ce n’était pas ton élément. Les autres n’avaient aucun intérêt pour toi. Ta peau pâle, ta beauté et ton intelligence avaient eu pour effet de t’offrir le doux nom de « suceur ». Plus pour le côté humiliant que pour le côté vampirique. Tu les détestais. Tu aurais voulu déchaîner la puissance de ton alter sur ces êtres infâmes, t’harcelant à longueur de journée. Car au fond, tu le savais, et la société aussi, tu étais le plus fort. C’était pourquoi on t’avait muselé dès ton plus jeune âge à ne pas utiliser ton alter contre eux, au risque de te voir punir sévèrement. Et tout le monde était satisfait avec ça ? Alors oui, au fond de toi…

Tu détestais tout le monde.

Tu naviguais et parcourais ses rues de manière totalement aléatoire. Cela te mena devant une belle maison, avec du beau monde. Tu t’avances contre cette grille fermée. Eux aussi, profitent de la vie nocturne. Toi aussi, plus tard, tu en profiterais. Mais bien plus que les autres. Au fond de toi, tu pouvais le sentir. Tu n’appartenais pas au monde de la lumière, c’étaient les ombres qui étaient ton royaume. Et toi, tu en deviendrais un des êtres les plus insaisissables. Mais il était encore trop tôt.

Tu voulais y jeter un œil plus près. Tu regardas la barrière, alors que tes yeux devinrent progressivement jaunes, puis d’un rouge écarlate. Tu sentais tes doigts, ta main, puis progressivement tout ton corps devenir froid. Petit à petit, ta silhouette disparaissait. Petit à petit, ta peau blanche devenait aussi noire que les ténèbres. Petit à petit, tu n’étais plus rien qu’une ombre se faufilant derrière ces grilles te séparant de ton objectif.

Tu te déplaces avec aisance, et tel un serpentin d’ombre, tu te faufiles au balcon et grimpes sur le mur menant à l’étage. Sans lumière, tu entres dans la pièce. C’est une chambre. Il y a de beaux bijoux. Tu t’avances vers eux. Puisqu’ils t’ont volé ta liberté nocturne, puisqu’ils ont mis l’oiseau en cage.

Toi, leur prendrais ce qu’ils avaient de plus précieux.

________________


Arii Colette
Membre du Syndicat
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Profession : Juriste du Syndicat
Rang : S
Yens : 165
Renommée : 275
Re: Quand les ombres s'entremêlent... [PV. Colette] || Mer 20 Juin - 20:34

Ma nouvelle demeure est belle et somptueuse, émerveillant mes invités de la soirée. Ils riaient, ils buvaient, ils mangeaient … et ils spéculaient. Ils pensaient naïvement que le brouhaha ambiant allait masquer leurs perfides murmures, mais non. Rien ne m’échappait. Leur regard calculateur – combien pouvait coûter ce joli vase en porcelaine de Chine, par exemple -, ou encore cette petite remarque si classique « de rien, à beaucoup ! » suffisait à les trahir, et à me placer sur ce trône que je désirais tant.

Une demeure n’était pas seulement une bâtisse de pierre, de bois et de ciment, empli de souvenirs. C’est une image et une marque, de pouvoir, de richesse ou d’influence. Avec ces quatre murs somptueux, je montrais aux prétentieux de mon passé que je n’étais plus cette stagiaire boutonneuse douée qu’on pouvait exploiter, ni cette avocate débutante dont on s’était amusé – et profité - de ses premières erreurs. Je n’étais plus « rien » ou « quelconque ». J’étais « quelqu’un » et surtout j’étais « eux », leur égal dans leur Mont Olympe.

Grisée par la victoire, je n’eus guère à boire beaucoup pour être euphorique et joyeuse. Deux sentiments que je m’empressais de cacher, en fuyant ma compagnie du soir. Je ne suis pas arrivée aussi haut en trahissant mes émotions ou pensées et ce n’était pas maintenant que j’allais faire preuve d’un quelconque laxisme. Personne ne devait me décrire autrement que je le « souhaitais ».

Je confie cette société brillante à mon père, aux joues rouges par l’alcool, et va dans ma chambre. Aucune excuse, car c’est mon toit et donc, c’est « moi » qui décide. Personne ne me suit évidemment, car même les relations doivent être choisies avec précaution. Celles qui ne sont que fantaisies et lubies doivent être évitées … ou cachées attentivement.

Le pas régulier, les talons claquant, je n’ai qu’une hâte : me glisser dans ma chambre, me jeter dans mon lit et hurler ma joie ! Un beau rêve qui n’aura pas lieu. Le croque mitaine s’était invité sous la forme d’une petite silhouette inconnue …

Je n’hurle pas. Seuls les enfants avaient ce genre de réaction face à une silhouette sombre. Non, j’étais une adulte, aux relations douteuses, et ayant escaladé les marches de l’Olympe en sacrifiant âme et moralité. Alors, les mythes et les contes disparurent de mon esprit au profit d’une analyse froide et rigoureuse.

« Pourquoi était-il là ? ». Un regard vers ma boîte à bijoux, et je compris que j’avais potentiellement affaire à un voleur.

« Pourquoi n’avait-il pas été détecté par un système de surveillance ? ». Soit j’avais affaire à un véritable as du vol, soit à une personne dotée d’un alter efficace, soit un génie du Hacking.

« Est-ce qu’il est en lien avec eux ? ». « Eux », ces criminels à qui j’avais promis de les sortir des pires situations en échange de sommes rondelettes et belles. Après réflexion, je conclus que non. J’avais assez brillé avec mes deux dernières affaires pour prouver ma valeur. Ils n’avaient nul intérêt à me piquer.

« Et surtout, que faire ? ». L’accuser d’office ? Le menacer ? Appeler à l’aide ? Tant de solutions qui me semblaient inappropriées. À force d’avoir affaire aux criminels, j’avais compris deux choses : le calme et la partialité étaient un duo gagnant.

- Bonsoir, je suis Arii Colette, la propriétaire de cette maison et également l’occupante de cette chambre. Te serais-tu perdu
?

Mon ton était calme et professionnel - ni chaude, ni froide -. Quant à mes propres, je laissais flou. Je lui offrais une issue de secours … car ils aiment ça, les gens. Méchant comme gentil.
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