Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301
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Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301

Hisagomaru Hanataro
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Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Jeu 14 Juin - 23:51

La petit fée pénible qui spammait le héros à la tunique verte et à l'épée de maître jusqu'à ce qu'il écoute ce qu'elle avait à lui dire résonna dans le train de sa voix fluette. '' Hey, listen ! ''. Hanataro quitta alors sa rêverie, et tira de sa poche son téléphone portable : un SMS était arrivé.

Spoiler:
 


« Cool. »
murmura-t-il pour lui-même avant de le ranger.

Le coude contre le rebord de la fenêtre et le menton calé dans la paume, il reporta son attention sur le paysage qui défilait hors de la cabine du train. L'air de rien, et contre toutes apparences, Hanataro était du genre très calme lorsqu'il n'y avait pas de public à faire vivre dans le spectacle qui se jouait dans sa tête. Spontané voire exubérant, c'était certes un trait de caractère qui lui était propre, mais aussi un moyen pour lui de s'ancrer dans la réalité, de rester l'acteur de sa propre vie et ne pas sombrer dans les fabulations dévorantes qui le hantaient au quotidien.

Car au final, ses yeux n'étaient jamais qu'un trou de serrure, ouverture projetant dans l'esprit des autres la zizanie qui s'activait dans le sien. Et comme lui faisait dire souvent son Quirk, ce n'est pas parce que ça se passe uniquement dans la tête que ce n'est pas réel.


*******************


Le train commença à ralentir doucement alors qu'il entrait dans la gare de Shinjuku. Hanataro patienta encore un peu, histoire que la foule principale évacue en premier et éviter ainsi les bousculades, enfila son bonnet noir en prévision de la fraicheur d'une soirée naissante en février, et s'aventura à son tour à l'extérieur. Les mains dans les poches de sa longue veste et son sac en bandoulière lancé dans le dos, il ne tarda à pas faire savoir qu'il était là.


« Ma bonne vieille Tokyo, devine qui est revenu te voir ! »
s'exclama-t-il joyeusement, et accessoirement très fort.

Il n'était partie qu'une semaine, un peu court pour manquer à la capitale qui voyait aller et venir des milliers de personnes chaque jour. Mais l'important, c'était d'y croire.


« Bon, je dois trouver Nami maintenant. »


Il lui tapota un message sur son arme d'auto-défense, puis se dirigea vers l'entrée de la gare. En soi, la statue de l'étalon de Shinjuku plantée devant n'était pas vraiment un bon point de ralliement, dans la mesure où tout le monde l'utilisait à cette fin, pour n'en résulter qu'un attroupement immense où l'on n'était pas plus avancé. En conséquence de quoi, il opta pour un peu plus de logique et de fiabilité : une minute suffisait pour traverser la rue et attendre devant la boutique d'un vendeur de fruits, où il pouvait avoir une meilleure vue d'ensemble.

Cela, et lui laisser le temps de réfléchir un peu. Car l'air de rien, il avait beau connaître Nami depuis cinq ou six ans, il avait l'impression que ce soir allait être en quelque sorte leur première rencontre. Mieux valait donc qu'il soit sûr de son coup, et s'appuie sur des informations avérées :

1 ) Ils avaient tous les deux un parent dans la police, et c'était initialement ainsi qu'ils s'étaient rencontrés plus jeunes. Cela, c'était bon.

2 ) Ils étaient tous les deux dans la même classe à Yuei depuis leur première année, et à priori, si ce n'était pas avant, c'est dans ces environs là qu'ils étaient devenu assez intimes pour s'échanger leur numéro de téléphone. Jusque là, pas d'incohérence.

3 ) Degré et état de leur relation sur une échelle de '' sel & poivre '' à '' BFF '' : à déterminer.

A déterminer maintenant même, pour ainsi dire, vu que Nami arrivait vers lui.


« Hey ! Salut Nami ! Ponctuelle, comme toujours. Tu vas bien ? »


Ce devrait être suffisant pour établir les premières bases. Il lui laissait le loisir de déterminer s'ils se saluaient d'une poignée de main, d'une étreinte amicale, ou d'un bon vieux coup de poing dans l'épaule - qu'il devra remettre en place plus tard. Une fois les dernières incertitudes levées, le reste coulera tout seul ensuite.

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Fubuki Nami
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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Sam 16 Juin - 15:13

19h, face à la station Shinjuku.
Autant dire que l'endroit était noir de monde et qu'il nous serait impossible de nous retrouver sans utiliser nos téléphones.
Pour compenser ma taille et me rendre plus visible, je montai debout sur les barrières de métal longeant la gare. Ça aurait pu être utile, si j'avais été la seule a avoir cette idée...

J'avais beau scruté la foule : aucune trace de Hanataro-kun, pourtant peu discret en général.
Continuant d'observer depuis mon point surélevé, je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche, la sonnerie rendue complètement inaudible par le brouhaha environnant.
Lisant son message, je quittai mon perchoir pour me rendre au point de ralliement qu'il m'avait décrit, se trouvant un peu plus haut.

La population étant bien moins dense ici et il fut bien plus facile de l'apercevoir.
Un fin sourire s'étira sur mes lèvres en m'approchant alors que son attention se tourna vers moi.
Finalement à sa hauteur, je vins l'enlacer amicalement avant de me reculer, levant légèrement la tête pour capter son regard.

« Je vais bien ! Et toi ? Tu n'as pas passé tout le trajet depuis Tsumago debout j'espère ? »

Hanataro-kun était un bon ami.
Avant notre entrée à Yuei, nous nous étions vus qu'en de rares occasions en compagnie de nos pères respectifs, tout deux agent de police. C'était justement depuis notre classe commune, alors qu'il était – pour ma part – le seul que je connaissais déjà, qu'était née notre amitié.

Il était du genre démonstratif si bien que la sympathie était au cœur des discussions avec lui. Sa désinvolture me permettait d'être un peu familière avec lui : je savais que cela ne l'offenserait pas.
C'était un ami que j'avais appris a connaître et qui partageait mon intérêt pour les forces de l'ordre, tout comme certains de mes points de vue : chose assez rare finalement.

Maintenant que nous nous étions trouvés dans cette foule, nous commencions notre marche tout en discutant. Je ne l'avais pratiquement pas vu des vacances – si on pouvait appeler ça ainsi -.

« Tu étais en mission à Tsumago ? C'est l'agence qui t'y a affecté ? »

Bientôt, cela serait véritablement notre quotidien. Ou pas...

« Nous entrons dans la dernière ligne droite. Tu as décidé de ce que tu feras ensuite ? … »

Poursuivrait-il vraiment une carrière de héros ou se rapprocherait-il de la police ?
Une question à laquelle je n'avais pas la réponse moi même...

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Hisagomaru Hanataro
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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Dim 17 Juin - 23:54

« Comment je pourrai aller mal après une si belle journée ? » lui sourit Hanataro en lui tapotant sur les épaules après leurs salutations.

Il s'était fait tirer dessus, avait mené son enquête à terme avec brio, et avait touché un salaire en conséquence de son héroïsme pour le coup. Quelle meilleure conclusion pouvait-il espérer, sinon la canette de Pop Soda que lui lança Nami ?


« … toi, tu sais comment faire mon bonheur après un long voyage. »
finit-il par dire en souriant de toutes ses dents après être resté interdit plusieurs instants, les yeux rivés sur la canette qu'il avait entre les mains, et qu'il considérait comme si elle était le plus beau des trésors de ce bas monde.

Elle l'était vraiment.


« Non, ça allait pour le train. Au début y'avait pas mal de monde, puis progressivement, le wagon s'est libéré. »


A mesure qu'il parlait avec les autres passagers, pour être exact.


« Je suis parti trois jours pour le travail, c'est vrai, mais ce n'était pas une une mission confiée par l'agence. Un peu trop subtile pour le coup : c'était une enquête sur un suicide interposé. Mon père m'a demandé de remuer cette affaire un peu trop vite classée par le commissariat responsable. Mais bon, c'est pas à toi que je vais expliquer comment se passent les petites guéguerres de képi entre secteurs. »


Dès que y'a un compte à régler entre deux commissaires, l'on fait appel à des forces interposées, histoire que cela reste propre. La guerre froide à échelle miniature, dans un monde où ceux qui portaient le même uniforme devraient coopérer plutôt que jouer à cela.


« Je n'ai pas pour habitude de rendre service à l'un au dépit d'un autre, mais bon, il était question de rendre justice à cette affaire de meurtre maquillé en suicide interposé, alors je ne pouvais pas faire l'impasse dessus. »


Et cela faisait toujours des fonds à investir dans le millier d'accessoires dont Turbo Justice avait besoin.

Et en parlant de besoin, il fallu à Hanataro quelques instants, pensif, pour répondre à la question qui suivit. La réponse, il l'avait déjà depuis deux ans, mais il se demandait surtout s'il pouvait en faire part à Nami. Probablement que oui. Ils partageaient tous les deux des idées et des aspirations semblables vis-à-vis de la police, et ils étaient assez proches pour qu'il sache que s'il lui confiait quelque chose, cela restera entre eux.


« Ouais, j'ai déjà décidé. »
affirma-t-il alors qu'un large sourire confiant se dessinait sur ses lèvres. « Une fois que j'aurai mon diplôme, je vais continuer de travailler quelques années avec l'agence de Seigi. Je vais avoir besoin de ça pour de me forger une réputation auprès du public. »

Il jeta un coup d'oeil vers Nami, un sourire en coin, pour voir comment elle réagirait à cette déclaration, lui qui avait toujours affirmé que son image de marque auprès des gens lui importait peu : ce qu'il faisait, il le faisait pour la justice.


« T'inquiète pas, j'ai pas retourné ma veste. Mais si je veux arriver à mes fins, je vais devoir passer par là. Mon objectif à terme, c'est de redorer le blason de la police, qui est complètement tombée dans l’anonymat depuis l’avènement des héros alors que ces derniers ne sont pas très différents des forces de l'ordre. Et pour y arriver, je n'ai pas vraiment d'autres options que d'entrer dans le système pour le changer. »


Car c'était ainsi que fonctionnait l'esprit très volatile et fluctuant du grand public.


« Après, c'est pas une question de fierté ou d'égo, et je ne veux pas non plus décrédibiliser les héros mais, j'avoue que parfois, ça me fatigue quand j'entends la façon dont les gens parlent de la police. C'est pourquoi, en tant que Justicier qui fait la justice, j'agis selon les codes de mon père ! Pour réunir la police et les héros dans le cœur de chacun. Et surtout, rappeler aux criminels que les héros ne sont pas les seuls garants de la paix à craindre. »


Un plan d'une extrême simplicité sur le papier, et présenté avec tant de conviction et d'assurance qu'il ne semblait même pas envisageable qu'un grain de sable puisse venir se glisser au milieu de rouages si bien huilés.


« Et quand ce sera fait, si je ne me suis pas fait licencier pour mes idéaux avant, j'intégrerai les forces de polices dont je serai le porte-étendard d'un tout nouveau système : celui où les héros et les policiers seront considérés sur un pied d'égalité par tous. Je serai le premier héros d'une longue série à être dans la police, passerelle entre les deux sphères. Je pourrai alors renoncer au titre de justicier, et être celui auquel j'aspire véritablement à devenir. »


Il cessa soudainement de marcher, concluant son dernier pas sur une pose dynamique, le poing gauche serré et le bras plié à la verticale devant lui.


« Turbo Justice, le policier aux pouvoirs d'acier ! »


Un coup de vent souffla, mais personne ne su vraiment dire si c'était un effet spécial ponctuant sa déclara, ou le résultat de la réaction désintéressée des passants qui reprirent leur route autour de lui après un bref instant d'observation.

Nullement gêné de sa propre intervention, Hanataro repartit comme si rien n'était pour rattraper les trois pas d'avance qu'avait Nami sur lui.


« Mais tu gardes tout ça pour toi, c'est une confidence. »


Confidence faite à la moitié de la rue aussi.


« Bon, on est arrivé au quartier des restaurants. Alors, qu'est-ce que tu veux manger ce soir, et qu'est-ce que tu veux avaler réellement ? »


Question étrange pour qui ne connaissait pas Hanataro et n'avait pas l'habitude de sortir avec lui. Un jeune homme plein de talents, surtout pour ce qui était de tromper les cinq sens du corps humain : avec lui, même un vieil hamburger mal cuit de la veille passait pour un coq au vin. Il fallait juste avoir bien notion que quoi qu'en dise l'esprit, cela ne changeait pas pour l'estomac ce qu'il recevait réellement.


« Et sinon, les '' vacances '' pour toi ? Tu t'es encore consacrée pleinement à des études en balistique, ou tu as fais quelque chose d'autre de ton temps ? Attention, le boulot pour les agences ne compte pas ! »

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Fubuki Nami
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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Mer 20 Juin - 0:05

La raison de son passage à Tsumago était lié à une affaire confiée par son père. De celles qui étaient classées bien trop rapidement, sans grandes preuves.
Certains commissariats se lavaient facilement les mains de certaines histoires, préférant les ranger dans un fond de tiroir vite fait bien fait par peur de s'arracher des cheveux dessus et de tomber sur un sujet épineux.
Alors, plutôt que de résoudre l'enquête, ils se contentaient tout bonnement de la faire disparaître dès qu'elle semblait plus complexe qu'elle ne le laissait croire au début...

Même au sein de la police subsistaient des pourris.
J'espérais qu'Hanataro ait réussi a les tacler en y apportant une véritable conclusion, différente de celle établie ! Même si le plus important restait que justice soit faite et qu'elle soit juste.

Quant à ma question d'avenir... Je devais avouer que la réponse de mon ami parvint à me surprendre. Ou plutôt l'expression qu'il arbora.
Il était donc fixé sur son choix... Quelle chance. C'était loin d'être mon cas.
Son idéal ne m'étonna pas en revanche. C'était une raison tout a fait louable et honorable.

« Je suis certaine que tu arriveras a faire changer le regard du monde sur les forces de l'ordre. Je te soutiendrais dans cette démarche. »

Un sourire s'étira sur mes lèvres tandis que l'on poursuivait notre marche.  

Cette idée paraissait idyllique...
Aujourd'hui dans notre société, les héros confirmés n'avaient pas l'autorisation de faire usage de leur alter en travaillant au sein des forces de police. Des arrangements pouvaient être trouvés, surtout en officiant pour Seigi qui était l'agence la plus souvent amenée a collaborer étroitement avec la police, mais dans ce cas, le héros n'intervenait qu'en aide à la brigade sans réellement en faire partie ni s'occuper des autres accréditations liées au métier comme les enquêtes, les interrogatoires etc...
C'était cette même loi qui me faisait douter de mon choix.
Je voulais pouvoir mettre mon alter au service de la police pour rendre la brigade plus a même de faire face à un vilain détenteur d'alter mais cela ne m'était pas possible, ou tout du moins, pas de cette façon.
Que faire alors ? Mon entrée à Yuei venait de mon désir d'apprendre à contrôler mon alter pour atteindre ce but, qui m'était refusé et dont j'avais pleinement conscience.
L'idée d'Hanataro m'offrirait cette possibilité de cumul sans avoir a choisir entre la voie héroïque en tant que héros ou en tant qu'agent de police...

Mais voilà que l'hymne de « Turbo Justice » retentit une nouvelle fois et maintenant...3...2...1... la pose qui va bien !
J'étirai un nouveau sourire devant le décomplexe total de mon ami, à fond dans son trip sentai.

Il ne tarda pas a me rattraper, me demandant que cela reste entre nous, ce a quoi je répondis en imitant une fermeture éclair que je zippai sur ma bouche, prononçant un « tu as ma parole » en gardant la bouche fermée, donnant un tout peu compréhensible.

Les confidences étant faites - et l'odeur de la nourriture diverses et variées nous parvenant aux narines - il était temps que nous nous décidions quoi manger.
L'entendre demander ce que je voulais  manger et ce que je voulais réellement avaler me fit toutefois lui lancer un regard accusateur.

« Tututut ! Interdiction d'utiliser son alter ! Eh puis …. Mmm... »

Mon regard se perdit sur les différentes cartes des restaurants. Que choisir... ?

« … Un Sukiyaki... ? Je veux manger et avoir l'impression de manger un Sukiyaki !  »

Dans le genre bien copieux et convivial on ne faisait pas mieux !
Un Kotatsu par box de restaurant traditionnel, sous lequel on pouvait réchauffer ses jambes tout en mangeant.
Une grande marmite qui faisait cuire, façon wok, tout pleins d'aliments comme de la viande, des légumes et des œufs, par exemple, et dans laquelle on se servait pour garnir nos bols, que l'on agrémentait de diverses sauces.

Le choix visiblement adopté, nous cherchions donc un restaurant correspondant parmi la liste qui n'en finissait plus et nous dirigions vers le concerné, Hanataro s'interrogeant sur mes propres activités durant les vacances.

« Pleinement consacrée à la balistique... non. Mais quand même pas mal. J'ai appris a identifié de nouvelles munitions en fonction des impacts notamment et j'ai pu passer quelques moments au stand de tir. Tu dis que les missions pour l'agence ne compte pas mais de toute façon, je n'en ai pas fait beaucoup... J'ai plus passé mon temps a m'entraîner avec mon père lorsqu'il était disponible ou a aider au commissariat comme je le pouvais, même – et souvent – pour les tâches ingrates. »

Mais qu'il fallait bien faire.

« Tu aurais dû venir. Je suis sûr que trier les dossiers des agents par affectation et par ordre alphabétique aurait été plus amusant ! »

Lâchai-je dans un sourire.
Même si je n'étais pas convaincu de notre efficacité dans cette ambiance un peu trop dissipée.

Enfin, nous y voilà ! Le Suki....su ? Le Sukisu... Sérieusement ? ...
Suki comme « J'aime ça » de Sukiyaki mais le « yaki » en moins (grillé) , pour former un jeu de mot... bizarre... avec « Kisu » qui signifie « un baiser »...
Je sais que c'est le genre de plats que l'on mange entre amis mais... justement. J'allais dans un restaurant avec un ami. Pas dans un love hotel, bordel !
Mais peut-être que je voyais une signification cachée là où il n'y en avait pas. En tout cas, Hanataro ne semblait pas avoir relevé, ce qui était très bien comme ça, et puis, finalement le nom était plutôt marrant.

Les lieux étaient en tout cas chaleureux et j'avais l'impression de faire tâche avec ma tenue comparée à la serveuse qui vint nous accueillir en kimono, plateau en main.
Notre place étant trouvée, nous nous installions, n'ayant pas a nous prendre la tête pour notre commande : ici il n'y avait qu'un unique plat de servi et pas des moindres.
Même s'il y avait toujours la possibilité de demander des accompagnements différents ou supplémentaires.

M'asseyant d'un côté de la grande table après avoir retiré mes chaussures, je glissai mes jambes dessous, affichant une expression satisfaite sous la chaleur dont elles profitaient.
Mon alter rendait mon corps un peu plus froid que la moyenne si bien qu'une source de chaleur était toujours appréciable et apaisante.

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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Mer 27 Juin - 0:40

« Mon invité est reine. » s'inclina très théâtralement Hanataro devant les demandes de Nami.

Et puisqu'elle avait choisi ce qu'elle désirait manger – concrètement et réellement -, ils se mirent en quête d'un restaurant répondant aux critères tout en discutant. Et lorsqu'ils le trouvèrent, Hanataro se dit en entrant que cela le changeait vraiment des boutiques de kebab et autres vendeurs de brochettes à emporter à la sortie des gares/métros où il avait l'habitude de manger sur le pouce entre deux. Ici, c'était spacieux – surtout en comparaison des critères précédemment évoqués -, décoré de façon sobre mais accueillant, et surtout, l'on avait envie d'y rester plutôt que de vite partir une fois sa commande récupérée.

« Depuis combien d'années n'ai-je pas prit le temps de manger dans un cadre semblable à celui-ci avec ma famille ? »
songea-t-il en analysant mécaniquement le nombre de personnes visibles, de serveurs, l'épaisseur des meubles derrière lesquels s'abriter en cas de problème, ainsi que les différentes issues possibles.

La réponse, il l'avait, mais elle ne l'avançait à rien, alors il ramena ses pensées vers le présent avant de se faire engloutir par elles.

Une belle femme vêtue de sorte à se glisser parfaitement dans l'atmosphère du restaurant vint les accueillir, et leur offrit de prendre place en tête à tête dans l'un des box libres. Nami ne perdit d'ailleurs pas de temps pour se glisser sous le kotetsu bien chaud, non sans un regard amusé d'Hanataro.


« Je vois qu'à défaut de mal supporter les températures basses, tu apprécies toujours autant de te mettre au chaud. »


Ôtant à son tour ses bottes d'hiver, il prit place en face de Nami, où il pu reprendre la discussion qu'ils avaient suspendu en entrant au Sukisu.


« C'est cool si tu as pu passer du temps avec ton père. J'espère qu'il se porte bien. Il paraît qu'en ce moment, les commissariats sont tous un peu tendu. Papa en tout cas est un peu moins jouasse que ce dont il a l'habitude dernièrement, et j'ai l'impression de pouvoir en dire autant de tous ses collègues. L'un dans l'autre, tu lui passeras mon bonsoir – ainsi qu'à ta mère, cela va de soi. »


Si cette dernière était toujours vivante et en bonne santé, bien entendu : Hanataro ne lisait presque jamais le background des autres.


« Du coup, je n'ai pas trop trainé dans le commissariat de papa, autrement que pour prendre les informations dont j'avais besoin ou pour aider sur le terrain. J'imagine que ça m'a évité la corvée de l'archivage aussi. »


Hanataro était efficace, c'était un fait, mais sa capacité à aspirer l'énergie d'autrui pouvait le rendre très vite fatigant, si bien que l'on évitait de lui confier autre chose que des tâches en solitaire.


« Après, tu connais mon avis sur la question : même si c'est pénible, quelqu'un doit bien le faire, alors pourquoi pas moi ? »


Dérivé de ce que son père lui avait apprit : '' ne fait jamais deux choses à moitié, fait en plutôt une seule pas du tout. ''


« Allez, tu sais quoi ? Puisque tu me dis que tu as été bien assidue, tu mérites un petit cadeau. Je t'ai ramené quelque chose de Tsumago. Je voulais te l'offrir plus tard, mais puisque tu as accepté mon invitation et qu'on se voit actuellement, autant le faire maintenant. »


Il pivota d'un cran pour se tourner vers son sac, puis s'arrêta pour regarder en coin Nami par-dessus ses lunettes.


« Mais tu me promets de ne pas te jeter dessus de suite. »


Il tira de son sac un petit dossier de trois ou quatre pages seulement, ainsi qu'une pochette plastique. A l'intérieur, l'on pouvait y voir une sorte de rond en ferraille difforme. Il tendit l'un puis l'autre à son interlocutrice.


« C'est un rapport balistique bien particulier : celui que j'ai demandé pour mon enquête de ces derniers jours. Et ça, c'est l'une des balles avec lesquelles on m'a tiré dessus, du calibre .45 : j'ai demandé si je pouvais la garder en souvenir. Comme ça devient plutôt rare de nos jours d'en voir, je me suis dit que ça te ferait sûrement plaisir d'étudier ça. »


C'est vers ce moment que leur serveuse vint se renseigner sur ce qu'ils voulaient commander. C'était un plat unique avec choix possible sur les accompagnements, mais Hanataro n'avait pas encore ouvert la carte, ayant déjà une idée de ce qu'il voulait. Il risqua tout de même un coup d'oeil discrètement sur le prix du menu, histoire d'être certain qu'il n'aura pas besoin de faire la plonge ce soir pour compléter un manque.


« Je vais prendre un Pop Soda en guise de boisson, et une carafe d'eau. En accompagnement, mettez des haricots plats. »


Simple, avec de la verdure : le repas des champions.


« Et pour toi Nami ? »


Normalement, la galanterie/le savoir-vivre inciteraient à laisser les dames passer commandes en premières, mais ce serait dommage de stopper la narration à ce moment là alors qu'Hanataro avait encore une grande annonce à faire. Et il la fit lorsqu'ils se retrouvèrent à nouveau tranquille.


« Au fait, tu as entendu la rumeur ? »
demanda-t-il sur un ton très sérieux. « Papa m'a parlé d'un agent de police qui serait en train de passer des examens et tests pour travailler en très étroite collaboration avec Seigi. Et je ne sais pas ce que ça peut signifier pour toi, mais à mes oreilles, ça sonne comme la toute première insigne de police de l'histoire avec une licence de Quirk inscrite dessus. »

La concrétisation d'un rêve pour Hanataro, même si ce n'était qu'une pierre posée sur les fondations d'un immense édifice. A ses yeux, c'était le premier rouage d'une société figée par le drame des Quirk qu'elle avait vécu qui se mettait enfin en route.

Le premier d'une longue série qu'il avait bien l'intention d'huiler de ses coudes.

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Fubuki Nami
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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Mar 3 Juil - 22:50


Ma mine réjouit s'évapora quelques instants lorsque Hanataro évoqua les tensions présentes au sein des commissariats que j'avais moi même remarqué.

« Oui, c'est pareil dans la brigade de mon père... Ils sont tous à cran mais il n'a rien voulu me dire. C'est justement ce silence qui me fait dire que cette ambiance est en rapport avec les possesseurs d'alters et sans doute plus probablement les héros. »

Peut-être que des décisions en internes avaient été prises ? Probablement.
La raison de son mutisme venait sûrement du fait que je possédais moi même un alter. Tout ça me rendait curieuse. Mais l'heure n'était pas au plombage de moral, surtout en compagnie de Turbo Justice !

« Je ne manquerais pas de les saluer de ta part. Tu en feras de même. »

Mon sourire revint à cet instant, s'étirant même un peu plus en écoutant les tâches attribuées à Hanataro par le commissariat. Du terrain, hein ? Un choix stratégique à ne pas douter.
Qui s'attendrait a lui confier le tri de documents importants avec l'espoir que cela serait fait efficacement et professionnellement ? Non pas qu'il n'en était pas capable, loin de là, mais son extravagance naturelle aurait sans doute vite fait de faire vagabonder son esprit ailleurs, comme en fredonnant un air de musique endiablé au beau milieu de la salle des archives par exemple ? Ou bien en parlant sans s'arrêter à son pauvre binôme assigné à la même tâche que lui ce jour là ?

L'imaginer me fit légèrement rire mais je me stoppai net en le fixant avec des yeux ronds lorsqu'il parla d'un cadeau pour moi...
Après quelques instants de vide intersidéral dans ma tête, j'arquai un sourcil, curieuse mais aussi sceptique quant à la nature de la surprise... Une attitude que je me maudis puisque ce n'était pas spécialement sympa, me faisant lui accorder le bénéfice du doute sur la nature du cadeau qui serait, en revanche, à coup sûr sincère.

Sa phrase attisa un peu plus mon intérêt tandis que j'essayai de me pencher depuis ma position, les jambes toujours bien au chaud sous le kotetsu. Et je ne fus pas déçue !
La surprise fut totale lorsque je vis le dossier suivi d'une pochette plastique dans laquelle se trouvait ce que je reconnaissais tout de suite comme étant une balle, et plutôt de bon calibre.
Je posai le sachet plastique sur la table et ouvris le dossier, feuilletant les documents qui s'y trouvaient en même tant qu'il m'expliqua ce dont il retournait.
Je ne saurais décrire mes sentiments à ce moment là. Une certaine excitation vis à vis de cette étude de cas qu'il venait de m'offrir mais aussi une certaine inquiétude vis à vis du projectile qu'il s'était visiblement pris et même du dégoût à l'encontre de ce restant de balle peut être encore maculé de son sang... Eurk...

« Tu t'es reçu une balle de calibre .45 ?! »

Mes yeux s'écarquillèrent.

« Mais ça va ?! Enfin oui ça a l'air mais... ou ça ? Pas de séquelles ? »

Au même moment, une serveuse vint prendre notre commande ou plutôt : nos boissons et accompagnements supplémentaires éventuels pour garnir le seul plat de la carte.
Ma surprise passa dès lors sous silence, reprenant un air de neutralité avant d'esquisser un sourire à l'encontre de la serveuse pour lui faire part de mon propre choix en toute courtoisie.

« Pour moi ce sera un thé glacé et des crevettes en supplément, s'il vous plaît. »

Lorsqu'elle prit congé, Hanataro redémarra le fil de la discussion en trombe en abordant un nouveau sujet alors que mon esprit était encore resté sur le précédent...
En même temps, je venais d'apprendre que mon ami avait reçu une balle ! Je sais que c'était les risques du métier mais quand même !

« Ah euh oui... mon père m'en a parlé. Il était d'ailleurs mitigé sur la question, mais, de ce que j'ai compris, il aura malgré tout l'interdiction d'utiliser son alter durant son service quotidien. Ce ne sera que lorsqu'il effectuera des missions pour le compte de Seigi qu'il y sera autorisé. Du coup, je doute qu'il ait a s'en servir souvent étant donné qu'il sera réserviste au sein de l'agence et donc appelé qu'en dernier recours sur des interventions « héroïques »... »

J'étais nettement moins confiante qu'Hanataro sur l'influence de la chose pour généraliser l'utilisation des alters aux agents qui en détenaient...

« Après ça renforcera forcément les liens entre l'agence, qui est au plus près des vilains, et les forces de l'ordre, c'est sûr : une sorte d'intermédiaire entre les deux structures, et c'est déjà une très bonne chose ! A voir l'évolution mais le simple fait de voir qu'un tel partenariat a pu être mis en place et accepté par le gouvernement est déjà une sacrée victoire en soit ! »

Un premier pas !
Je reconnaissais cet aspect et espérai que cela fasse avancer les choses tout en changeant les mentalités.

Mon regard bifurqua une nouvelle fois vers la pochette plastique encore sur la table tandis que je déposai le dossier au sol, à mes côtés, pour faciliter l'installation de la table pour le repas.

« Merci pour... euh... ce cadeau. Je vais étudier le dossier avec soin, c'est vraiment cool de ta part ! Quant à ça... J'aurais préféré l'étudier sans crainte de découvrir des traces sanguinolentes de mon ami dessus... »

Celle d'une autre personne aurait déjà été plus acceptable. Toujours glauque mais acceptable.

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Hisagomaru Hanataro
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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Ven 6 Juil - 22:53

« Bien, oui ? Je n'aurai pas pu te la donner autrement. » répondit simplement Hanataro sans comprendre l'agitation de Nami. « Et pourquoi veux-tu qu'il y ai mon sang dessus ? J'ai dit qu'on m'avait tiré dessus avec, pas que j'ai été touché. L'équipe d'expert de la police l'a juste retiré du mur. Je suis assez prudent pour m'éviter ce genre de blessure en général, quand même. »

Ceci était un spoil de l'enquête '' petits meurtres entre amis ''.


« Surtout qu'avec un calibre pareil, j'ai beau être robuste et vigoureux, même si c'était dans le pied que je l'avais prise, je ne serai pas là à manger avec toi. »


Courageux, mais conscient de ne pas être invincible : un trait essentiel pour un héros qui souhaite atteindre l'âge de la retraite.


« Tu n'avais quand même pas dans l'idée de m'ausculter pour étudier l'impact de cette balle sur un corps humain ? »
questionna-t-il, un sourcil suspicieux arqué. « Je te sais curieuse et passionnée, mais c'est mal-aisant là. »

Mal-aisant, mais pas assez pour mal-aiser Hanataro, dont le sourire qui se dessina sur ses lèvres trahissait sa plaisanterie. Il retrouva tout de même un peu de sérieux lorsque Nami lui détailla la rumeur du nouveau super-flic.


« Il faut savoir se contenter des petits pas. »
admit finalement Hanataro. « C'est toujours ce qui précède la marche et la course. Quand bien même notre super-agent sera limité par ses interventions avec Seigi, le fait de voir un homme en uniforme de police se servir de son Quirk va marquer les esprits. Et il pourra compter sur nous deux pour que ce soit positif. »

Parfaitement. Nous.


« N'empêche, je reste quand même perplexe. »
confia Hanataro en s'appuyant sur ses mains pour basculer en arrière. « Cela fait 300 ans que l'humanité a commencé à évoluer vers une toute nouvelle orientation. Aujourd'hui, la population compte 20 % de x-men. Dans 200 ans, ce sera probablement pas loin de 80 % d'après les estimations. Du coup, pourquoi restreindre l'usage d'un Quirk à une seule caste professionnelle qui n'a même pas cent ans d'existence ? Pourquoi avoir crée les héros quand il y avait déjà la police pour assurer l'ordre et la loi ? L'apparition des Quirk a mené la criminalité vers de nouveaux sommets, et en réponse, plutôt que de réformer un système déjà en place avec les forces de l'ordre, le gouvernement a préféré mettre en place une nouvelle instance pour lutter contre. Alors en soi, c'est bien, ça crée de l'emploi, mais ça met complètement de côté la police dont la formation d'assurer la paix et de démanteler le crime est déjà présente. Elle aussi devrait inclure dans ses années d'académie l'obtention de la licence de Quirk à titre professionnel en plus de l'insigne, car ce sont les policiers les plus à même de comprendre ce que ça implique comme responsabilité. »

Il marqua un temps d'arrêt en réalisant ses derniers mots.


« C'est faux dit comme ça. En tant qu'apprenti-héros, on y est fortement sensibilisé aussi, mais tu comprends ce que je veux dire. Un Quirk n'est pas différent d'une arme – même si c'est plutôt un outil souvent - : quand on passe son permit de port d'arme à feu, on apprend pas seulement à s'en servir, on apprend à se comporter avec. Nos pouvoirs sont pareils, et ils vont de plus en plus faire partie de la vie courante. Que la législation les encadre, c'est tout à fait normal, mais au point restrictif où nous en sommes, je ne le comprends pas. »


Les yeux clos et les sourcils froncés, Hanataro basculait d'une fesse à l'autre.


« La seule raison que je verrai là, spontanément, c'est que nous vivons encore avec les vestiges de la Guerre des Quirk qui a ravagé notre pays à l'époque. En créant une nouvelle unité autorisée à utiliser ses pouvoirs, le gouvernement s'est assuré de garder une main-mise dessus, une mesure qui lui permettra de dissoudre rapidement sans trop d'impact ce qu'il a lancé s'il sentait qu'il en venait à perdre le contrôle dessus. Ce qui soulève la question : sommes nous des héros garants de la paix, ou des armes utilisées selon les désirs d'un gouvernement ? »


Ou encore juste des icônes servant à vendre des goodies.


« L'un dans l'autre, il m'est avis qu'on a passé depuis longtemps le point de non-retour. Même en partant de l'hypothèse qu'en retirant la profession de '' héros '' car instable, le crime lui continuera de profiter de ce que permettent les Quirk. Et il en résulterait forcément des situations où toutes les forces armées du pays ne réussiront pas à affronter certaines situations sans de gros dégâts collatéraux. »


Hanataro lâcha un soupir, puis retrouva vite sa vigueur et sa confiance habituelles en se tapant le poing gauche dans la paume droite.


« En l'état, le système héroïque s'est maintenant rendu indispensable sur le fond, donc je ne m'inquiète pas trop. Cela me laisse les coudés franches pour atteindre mes propres objectifs en tant que héros sans avoir à craindre une autre réforme du système que celle dont nous serons les pionniers. »


Puisque Nami lui avait assuré tout son soutien dans la démarche, et que elle mieux que personne d'autre comprenait la position de son ami.


« En seulement deux ans d'études que j'ai passé à Yuei et Seigi, les mentalités ont commencé à changer, alors je compte bien marquer ma troisième année dans les esprits de tous ! En parlant de cela d'ailleurs, j'ai apprit que notre référent de classe a quitté son poste d'enseignant. Nous allons nous retrouver avec quelqu'un d'autre du coup. J'aurai bien aimé que ce soit Lunalyn mais bon, elle est plutôt tournée vers les classes d'ingénieurs, elle. »


Et c'était précisément pour cela qu'il avait des vues sur l'ancienne héroïne. Sur elle, et surtout son immense savoir-faire dans la mécanique. Parce que se fournir en matériel héroïques, c'était sympa, mais c'était quand même mieux de le faire avec quelqu'un d'autre qu'en solitaire. Et pas seulement parce que cela imposait de faire beaucoup de posts de taille imposante et que cela coûtait plus cher via la boutique PNJ.

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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Mer 11 Juil - 22:30

La réponse d'Hanataro me soulagea grandement même si je m'en doutais un peu. Vu le calibre, c'est certains qu'il aurait perdu des morceaux et ne serait donc pas là, en face de moi, s'il s'était réellement fait tirer dessus avec ça mais la balle aurait pu l'érafler quand même, d'où mon inquiétude.
Je ne pris pas la peine de le lui expliquer cela dit, savoir qu'il allait bien me suffisait.
Ma seule réplique fut pour sa plaisanterie, alors qu'il sous entendait que j'avais pour but de l'ausculter, par « passion ».

« Pfff... »

Une expression suivi d'un large sourire et d'une frappe légère sur son épaule pour le pousser un peu en arrière.

La suite adopta un ton bien plus sérieux lorsque le sujet de l'agent-héros revint sur la table. La discussion prit un tournant sous forme de débat mais surtout servant à la réflexion puisqu'il ne pouvait y avoir débat que lorsque les avis étaient différents, or j'étais relativement d'accord avec lui.

« Je partage ton avis. Je me suis questionnée là dessus moi aussi il n'y a pas si longtemps, alors que j'étais en mission pour l'agence afin d'assister le commissariat d'Akihabara qui se retrouvait en manque de personnel pour une durée passagère. J'en discutais avec mon supérieur et son avis rejoignait le notre : que c'est sans doute pour exercer un certains contrôle sur les possesseurs d'alter... C'est une idée logique quelque part, ça permet de nous encadrer tout en garantissant la paix et la sécurité de la population ; mais ça sonne un peu comme une forme de « privation de liberté », tu ne trouves pas ... ? Notre alter fait partie de nous. C'est parfois même une extension de nous-même donc nous empêcher de l'exprimer librement – même si c'est compréhensible – ça bafoue un peu les droits de l'Homme, non ? »

A moins que nous n'étions pas considérés en tant que tel, auquel cas, nous ne disposions pas des mêmes droits que les « humains » d'après le Gouvernement... Mais ça restait un sujet à double tranchant.

L'index sur mon menton et le regard vers le plafond trahit ma réflexion, même si elle était plutôt tournée sur l'une des questions qu'il avait posé.

« Mmh... Je pense que ça dépend du point de vue. Pour le gouvernement, j'ignore ce qu'il peut bien penser de nous ou la façon dont il nous voit, mais je ne me considère pas personnellement comme une arme à sa solde. Nous sommes tenus de lui obéir par les lois qui régissent notre société – et que nous sommes d'ailleurs les premiers a faire appliquer, toi et moi – mais hormis ça, je n'estime pas avoir de dette envers lui. Tu sais bien que j'ai choisi de rejoindre Yuei en premier lieu pour apprendre a contrôler mon alter et a pouvoir le mettre au service des forces de l'ordre en les assistants sur le terrain face à des cibles qu'ils ne peuvent maîtriser. Je ne me considérerais même sans doute jamais comme une héroïne. Je n'estime pas avoir a être considéré comme telle alors que je ne fais que mon devoir. »

J'avais longtemps mis sous verrou mon alter, pendant dix ans en fait, mais je m'étais rendue compte qu'il pourrait être utile pour venir en aide. Et même une fois ma décision prise, j'avais passé ma première année et un bout de ma deuxième à Yuei en craignant mon alter, par peur de blesser quiconque avec, comme j'avais pu le faire autrefois.
Tout ça, Hanataro le savait.

« Peut-être que nous sommes utilisés, il y a sans doute des corrompus de notre propre côté mais l'important, je pense, c'est la vision que tu en as toi même. »

Et ça soulevait un autre sujet :

« Mais – et je pense que tu seras d'accord avec moi - , maintenant que l'on connaît les deux corps de métiers, je peux affirmer que si les forces de l'ordre sont bien des héros, tous les héros ne seraient pas capables d'être agents. Les tâches sont différentes et multiples. Il y a des experts pour chaque domaine d'intervention et la cohésion de la brigade est essentielle alors que beaucoup de héros interviennent en solo. Nous travaillons souvent ensembles, entre agent et héros je veux dire, mais ça s'arrête là. On ne peut pas dire que les liens soient très fusionnels globalement... »

Parce que certains flics étaient, au fond, anti-alter et ne supportaient pas les héros, et parce que certains héros ne voulaient pas du soutien de la police et préférait agir en solitaire, non contents d'attirer une visibilité médiatique. Les deux partis avaient leurs tord sur le sujet.

« Comme tu dis, la présence de l'agent à Seigi est finalement un test. Même s'il n'y a pas de raison, les résultats de l'expérience pourraient s'avérer négatifs et remettre encore plus en cause la position actuelle. A nous de faire en sorte que cette cohésion existe. Nous sommes après tous les ambassadeurs de cette double casquette qui n'a rien d'incompatible ! »

J'affichai un sourire franc tout en lui tendant mon poing fermé pour checker sur cette conclusion.

Après ce symbole de l'amitié et de nos convictions, la discussion s'amorça sur la rentrée et notre changement de professeur référent. Alors que j'allais lui répondre, la serveuse revint avec nos commandes : nos boissons, nos suppléments et... le grand plat de Sukiyaki servi sur sa plaque chauffante pour ne pas perdre en température tout au long du repas.
Même mon thé glacé fut servi dans un verre traditionnel ! Ce qui ne masquait pour autant pas le fait qu'il venait d'une canette initialement mais... c'était plus immersif à l'ambiance dirons nous !

Détachant mes baguettes avec appétit sous cette odeur salivante, je commençai à piocher dans le plat commun pour garnir mon bol, rajoutant quelques sauces proposées au passage, non sans un audible « Itadakimasu ! ».
Mmmmh... ! Ce mélange de saveurs !

« Dire que tu parlais de me retirer le goût... Sacrilège ! »

Commentai-je après avoir terminé ma première bouchée et revenant finalement sur notre sujet précédent.

« Oui donc nous disions... ah oui ! Le changement de prof ! Eh bien... je ne vois pas trop qui pourra prendre le relais... Storm Eagle peut être ? Je crois avoir entendu dire qu'elle allait enseigner a des classes supérieures... »

Je haussai les épaules.

« Personnellement, je m'en moque un peu, jusqu'ici on a toujours eu des enseignants compétents. Yuei est suffisamment sélectif pour ne pas perdre en qualité d'enseignement donc on aura forcément quelqu'un de doué ! »


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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Ven 13 Juil - 15:56

« Je ne serai pas allé jusqu'à qualifier le système actuel comme opérant à une '' privation de nos libertés '' . Je veux dire, l'usage de Quirk est seulement interdit sur la voie publique. Au même titre que l'on peut se promener en sous-vêtement chez soi si ça nous chante, on est libre d'utiliser nos pouvoirs à la maison. Je ne trouve donc pas la loi absurde en ce sens-là. Parce que avant de se dire que nos droits sont bafoués, il nous faut nous rappeler avant tout que les lois évoluent avec les époques. Et je ne pense pas que quand lesdits Droits de l'Homme et du Citoyen ont été décidés, signés et ratifiés, l'on imaginait qu'un jour des gens seraient capable de lancer des boules de feu par les yeux. Et exprimer ça librement dans la rue sans que ça tourne en catastrophe, j'avoue avoir du mal à visualiser. »

Ou du moins, tout ce qu'il voyait quand il essayait de visualiser justement, c'était un monde post-apocalyptique. C'était déjà pas mal que l'humanité n'ai pas emprunté une voie similaire à ce qu'il avait pu lire dans les comics des X-Men, avec une chasse au sorcière et élimination systématique des mutants. Même si cela avait bien faillit il n'y a pas si longtemps encore...


« Certes, tout le monde ne fait pas des explosions avec ses doigts ou peut FusRoDahé leur entourage, mais autoriser à certains d'utiliser leur Quirk dans la rue parce que '' inoffensif '' et pas d'autres, ça relèverait clairement de l'inégalité. »


Ce que chacun était à la naissance de toute façon, quoi qu'en dise la société.


« On en est encore un peu tôt avec la législation pour faire le recensement et le tri au niveau des Quirk dans cette optique là, et n'importe comment, même avec un pouvoir d'aspect quelconque, il aura toujours des petits malins pour savoir comment le tourner à un usage très et uniquement avantageux pour eux. C'est comme le port d'arme, ce n'est pas si mal que non seulement ce soit régit par une licence, mais qu'en plus, n'importe qui ne puisse pas y prétendre. Suffit de regarder ce que le contraire donne au pays du Mc Donald : j'ai entendu dire que le gouvernement prévoit, en plus de déjà autoriser les aveugles à porter une arme à feu, de faire construire des fusils de chasse miniatures roses ou bleus pour les enfants de moins de dix ans désireux de partir à la chasse avec leurs parents. Des vrais fusils, j'entends. »


Et après on s'étonne que des fusillades surviennent partout. Bon, forcément, c'était avec un point de vue extérieure et une mentalité différente qu'Hanataro voyait ces lois. Pour lui qui ne baignait pas dedans depuis sa plus tendre enfance, cela sonnait comme aberrant. Mais justement, le point de vue extérieur était ce qui permettait de mettre en évidence des aspects que les concernés acceptaient comme étant la normalité. Et lui n'ignorait pas qu'avec le temps, l'anormalité finissait toujours par devenir la normalité.


« Je préfère tout autant que les Quirk soient de base interdit sur la voie publique, et que la loi évolue vers des licences qui soient distribuées – et méritées – de façon très réglementé en fonction des corps de métier. Interdire à un pompier de souffler de l'eau qu'il peut générer depuis son corps, ce serait ridicule. Autoriser la même chose à un informaticien, je ne vois pas l'intérêt. »


Il haussa les épaules, soupirant.


« Et on retombe sur ce que je disais : il y a tant de disparités que ça demande d'être étudié au cas par cas, et que pour être parfaitement égalitaire, ça nécessiterait en plus du temps. Beaucoup de temps. »


Du temps que le gouvernement avait probablement moins que deux adolescents discutant du monde autour de la table qui accueillera leur futur repas.


« Personnellement, je ne me suis jamais vu autrement que comme un héros. Parce que c'est ce que sont tous les porteurs de l'Asahikage, et ce que je me destine à devenir une fois que j'aurai rétablit l'équilibre. »
affirma-t-il convaincu, le poing serré à la verticale devant lui.

Mais Nami relevait un point intéressant et vrai.


« Tout le monde n'a pas la carrure pour être policier, et tout le monde n'est pas fait pour être un héros dans le sens que la société lui attribut en ce moment, c'est un fait. Les deux ont beau servir la même finalité – l'ordre, la paix et la sécurité -, cela reste deux corps de métier différents tout de même, ne serait-ce que par leur fonctionnement. Un peu comme la brigade d'interventions et d'assauts, et l'escouade de tireurs d'élite. Des spécialités et des spécificités qui leur sont propres. Je ne cherche pas à casser les barrières qui existent entre, juste à restaurer la place qui revient légitimement à la police. Pas parce que je le juge comme essentiel à la bonne application de la loi - la justice n'a pas besoin de ça -, mais parce que je veux rendre la foi en ceux dont la fierté de porter l'insigne a été mise à mal. Et parce que rien ne m'interdit de lier l'utile au nécessaire, ça passe par établir une égalité des droits et devoirs entre les policiers et les héros d'agence. »


Et comme le disait une Nami en poing tendu vers lui :


« Cœur de flic, âme de héros, Justice assurée ! »
checka-t-il en retour.

Et sur ces bonnes paroles, le repas fut servit, suivit des reproches de Nami entre deux batailles pour attraper les meilleurs morceaux.


« Tu es injuste avec moi ! Je n'ai pas parlé de retirer le goût, mais de le changer. C'était une proposition dans l'hypothèse où on allait manger un kebab pour justement lui offrir la saveur du sukiyaki ou autre. Tu sais, ce genre de resto rapide et à emporter où vont les adolescents fauchés normaux. »


Hanataro plaidait non coupable en souriant, ce n'était pas comme si les deux se faisaient des reproches : ils se connaissaient assez pour savoir que ce n'était que des taquineries.


« Mais c'est vrai que c'est vraiment bon. Cela change du réfectoire de Yuei et des nouilles instantanées. »


Pour le corps en tout cas. Parce que à avaler de la nourriture pas chère depuis qu'il doit se débrouiller financièrement seul, cela faisait un moment qu'il trompait sans grands remords sa vue et son goût. Mais le naturel avait du bon aussi.


« Du personnel compétent... Moui, c'est vrai qu'en terme de qualité de cours, nous sommes plutôt bien servit, surtout lorsqu'on regarde les faits : on est formé par des héros professionnels qui n'ont à aucun moment de leur vie pour la plupart passé un diplôme d'enseignant. On serait en droit de craindre pire. »


Mais l'on n'avait pas besoin d'être très pédagogue dans la réalité des faits : il suffisait dans la plupart des professions d'une formation de deux fois huit heures pour être apte à enseigner son métier à quelqu'un. Pourquoi ce serait différent avec le job de héros ?


« Storm Peregrine va se lancer dans l'enseignement ? »
s'étonna Hanataro en se figeant les yeux rivés sur Nami, ce qui lui valu de se faire chiper le morceau de viande qu'il voulait attraper. « Cela serait pour ça que je ne l'ai pas beaucoup vu à Seigi dernièrement ? Houla, ça va être quelque chose ça. »

Et à en juger l'expression qui se lisait sur son visage, c'était très loin de lui déplaire comme idée.


« Vu sa personnalité ultra démonstrative, j'ai hâte de voir à quoi vont ressembler les cours avec elle. Alors l'avoir en plus en professeur principale... »


Le rêve.


« Enfin, n'importe comment, ce ne sera que pour un an maximum. Car après, à moins de se rétamer lamentablement après deux années de réussite haut la main à l'examen de fin d'année, nous ne serons plus des étudiants de Yuei. On y reviendra peut-être dans quelques années en tant que formateurs nous-même, imagine un peu. »


Premier cours : les policiers sont nos amis.


« Maintenant que j'y pense, je suis certain que j'aurai de l'avenir dans cette branche-là. Mais bon, je suis déjà bien assez occupé comme ça avec mes projets professionnels, qui ne sont pas compatibles avec un poste de formateur à Yuei. »


Jouant le jeu tout de même, il se redressa avec un bras plié dans le dos, et redressant ses lunettes de l'autre main sur un visage sévère, il lança d'un ton froid :


« Appelez-moi Professeur Hisagomaru, jeunes gens ! Et soyez attentif, je vous ai à l’œil ! »


S'en était tant caricaturé que personne n'y croirait. Encore moins que de l'imaginer réellement professeur.


« Naah. J'ai tellement investi dans mon matériel que je ne pourrai pas renoncer à l'exercice sur le terrain, sauf éventuellement pour faire quelques années après la retraite. »


Très mauvaise, la retraite au Japon, au point qu'il faille continuer de travailler après.


« Surtout quand je me dis que j'ai encore beaucoup d'optimisation à prévoir sur mon costume et ses accessoires, et que ce n'est pas hélas pas gratuit. Tu ajoutes à ça que je préfère en garder un peu sous le coude pour les réparations s'il se passe un incident qui m'endommage tout... »


A tout hasard, se faire percuter par un camping-car.


« … et tu te retrouves avec ma situation actuelle. »


Un peu nulle, mais partiellement parce que c'était son choix de vie : la justice dans l'âme avant le confort du corps. Heureusement, il était débrouillard.


« En ce moment, je cherche un nouvel ingénieur pour m'aider à monter le dernier projet sur lequel je travaille : un casier sur propulseur et une montre reliée. Cela me permettrait sur le papier d'entrer mes coordonnées GPS pour me faire livrer rapidement mes affaires de combat en cas de besoin. Parce que porter la caisse de rangement de mon costume héroïque dans mon dos façon Seiya le Saint, c'est marrant cinq minutes, mais ce n'est ni discret, ni bon pour pour la colonne vertébrale. Et comme contrairement à toi, je suis très dépendant de mon équipement pour intervenir dans la majorité des domaines impliquant de faire face à du danger ou de l'hostilité, c'est mieux pour moi de pouvoir avoir sous la main rapidement mon nécessaire de héros. »


La faute à un physique sec qui ne voulait pas gonfler malgré des heures de tentatives à soulever de la fonte, l'obligeant ainsi à miser sur des gadgets plutôt que ses capacités physiques brutes – ou à défaut, sur sa rapidité plutôt que de la force. Parce que même le Taihojutsu, un art martial policier servant à neutraliser et immobiliser sans blesser, nécessitait d'avoir en force les points qu'il n'avait pas.

Et de toute façon, avec sa formidable acuité visuelle, il était plus efficace même avec un lance pierre plutôt que ses poings.

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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Ven 20 Juil - 13:00

J'étais d'accord avec son point de vue concernant la restriction des alters : c'était normal que les choses soient régulées et, comme il le rappelait lui même, nous étions autorisés a utiliser notre alter chez nous du moment que ce n'était pas à des fins peu légales.

Puisque j'avais poussé ma réflexion du côté des utilisateurs, quelque part bridés dans leur nature profonde, j'imaginais aussi l'autre face de cette pièce. A l'inverse, peut-être que cela n'était pas judicieux de laisser la possibilité d'utiliser son alter sans licence pour certifier que l'on était capable de s'en servir correctement, et que l'on était suffisamment « bon » pour le faire sans travers.
Un exemple récent me venait en tête : un homme que j'avais interpellé et qui s'était enrichi grâce à son alter, revendant le diamant qu'il créait en quantité.
Clairement, sans cette affaire mettant la lumière sur cet homme suspecté pour tout autre chose, comment cela aurait-il pu être découvert ? Il œuvrait chez lui, a l'abri des regards et disposait d'un travail à côté pour ne pas éveiller les soupçons.
Les forces de l'ordre ne pouvaient pas détecter une utilisation d'alter a distance ! Aucun dispositif n'était en ce sens - et c'était indéniablement tant mieux, sans quoi cela reviendrait à mon discours précédent sur la privation de liberté -.

Tout ça pour dire que l'on pouvait trouver a redire des deux extrêmes et que, finalement, le juste milieu pour lequel avait opté le gouvernement n'était pas si mal.
Une conversation qui ne nous menait pas a grand chose au final, mais qui restait intéressante – du moins pour moi - , même si celle qui concernait la vision d'Hanataro se considérant en héros l'était tout autant, si ce n'était plus, vu le cadre plus personnel.

Je ne me voyais pas en héroïne, trouvant mes actes « normaux », étant mon devoir et faisant partis de ma philosophie ; alors que lui possédait un point de vue différent selon lequel tous les agents de police était des héros et plus particulièrement les porteurs de l'Asahikage, donc par définition, lui aussi en était un.
Je ne pouvais pas dire que j'étais contre sa vision des choses puisque pour moi aussi, toutes les personnes se dévouant pour les autres, allant même parfois jusqu'à risquer leur vie, étaient par définition des héros. Seulement puisqu'il s'agissait de moi c'était plus difficile. Je ne pouvais pas me voir comme ça... Un héros ne blessait pas les autres, même sans le faire exprès.

Mais les choses étaient parties sur une note plus légère, un peu gênante même, lorsque mon ami me fit remarquer que son invitation a manger ne tenait, à la base, que pour un snack rapide et pas spécialement pour un restaurant.
Les joues légèrement empourprées par cette déclaration – malgré son ironie évidente – je me devais de m'excuser et de rattraper le tir ( ce qui est en général très difficile … une fois que la balle est partie... elle est partie... Ah... les blagues des utilisateurs d'armes...)

« Je te rappelle que c'est toi qui m'a demandé de choisir ! Heureusement pour toi que je n'ai pas choisi un restaurant Français. Tu sais, le genre où tu as plus faim en ressortant du resto' qu'en y entrant ! »

De la gastronomie qu'ils appelaient ça ! Le nom était classe, ça oui ! Ça sonnait comme une science. Mais ça ne remplissait pas nos estomac pour autant !
Enfin, je n'en savais rien en fait, puisque je n'y avais jamais mis les pieds.

« Mais tu as raison ! On se retrouvent au final dans un restaurant et en plus tu m'as offert un chouette cadeau, alors on oublie l'invitation à tes frais et je paye ma part : sinon ça va finir par sonner comme un rencard ! »

Mes joues avaient retrouvé leur couleur habituelle et mon sourire assuré soulignait le revers de sa taquinerie.

Et la discussion reprit son cours.

« Je ne pense pas qu'un diplôme d'enseignant soit forcément garant d'un bonne apprentissage dans un établissement comme Yuei. Les professeurs étaient / sont des héros qui ont un savoir faire bien plus précieux que n'importe quel bouquin : la réalité du terrain à travers leur propre expérience.
C'est la seule chose dont ils ont besoin pour nous préparer au mieux aux situations réelles.
 »


Je pris une nouvelle bouchée du plat, sans croisement de baguettes cette fois-ci, avec un sourire face à ses paroles qui faillirent me faire manquer ma bouche.

« Mmppff... Toi ou moi en tant que prof' ne serait définitivement pas une bonne idée ! Tu imagines la tête des étudiants de toute année, écoutant nos discours policiers ? Même avec tout le pep's qui nous caractérise, je suis sûre que si je rendais ça plus vivant et moins psycho-rigide, c'est la brigade qui me taperait sur les doigts pour trop de laxisme et une perte de crédibilité... »

Sauf qu'a force d'être trop rigide on se fermait aux autres et ça donnait les relations conflictuelles que pouvaient avoir certains individus envers la police. Nous restions humains, un discours chaleureux pour expliquer le sens de la justice ne faisait de mal a personne. Certains agents avaient en effet tendance a rester ancrer dans leur rôle quotidien du « mauvais flic » et abordait ce visage impassible, cette voix résonnante et autoritaire, avec tout le monde, même face à un public d'innocents.

« Même si j'avoue que Hisagomaru-sensei sonne plutôt bien ! »

Et même si ses élèves auraient probablement des migraines à la sortie de ses cours tant il pouvait être démonstratif !

J'étais taquine mais pourtant, je savais qu'il ferait un bon enseignant s'il s'y destinait, juste que, comme il le disait lui même, il avait d'autres priorités et de l'équipement a créer... comme ce casier portatif utilitaire.

« Wahou... C'est une idée pratique ça ! »

Commentai-je en le fixant avec de grands yeux ronds l'espace d'un instant, en essayant d'imaginer sa création. Il me semblait avoir déjà vu ça dans une série d'animations euh... américaine je crois ?

« Et le design de casier... Pourquoi ce choix ? Ça pourrait aussi être une sorte de grosse valise ou de coffre. Tu veux faire dans l'originalité ? »

Ce qui n'était clairement pas surprenant lorsqu'on le connaissait.

« C'est vrai que moi, hormis mon Glock, je n'ai rien a transporté. En attendant de te trouver l'argent pour ça, tu peux toujours te trouver un assistant chargé de porter ton matériel à ta place. Tu peux même lui faire croire que ce n'est pas lourd ! Ingrat mais pratique. »

Bien sûr, je n'étais pas sérieuse – au cas où je devais le préciser – mais l'idée restait drôle a imaginer, enfin non, ça ne devait pas l'être, mais ça l'était quand même !

Là dessus, je voulus reprendre un autre morceau de viande du plat sauf, qu'encore une fois, Hanataro eut la même idée.
Figés avec nos baguettes cramponnées à l'objet du « conflit », nous nous observions avec un regard plissé façon cowboy au Far West, ne pouvant malgré tout m'empêcher un léger sourire.
Après quelques instants, les cowboys laissèrent place à la Piraterie – ou aux mousquetaires, c'était selon – mes baguettes lâchant la viande pour venir s'entrechoquer contre les siennes, dans un duel à l'épée de bois.

« En garde ! »


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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Mer 25 Juil - 17:35

« Ah, Le France !* »

* En français dans le texte.


« La poulet basque, le mouclade charanthèse, le baguette laonnaise. * »


* Voir plus haut. Et outre son accent français inexistant pour résumer toutes ses connaissances sur la France, Hanataro prouva qu'il aurait bien du mal à s'en sortir là-bas


« Y'a aucun problème Nami. »
reprit-t-il avec un peu plus de sérieux – un peu. « Je t'ai laissé choisir et ça me fait plaisir de manger au calme avec toi. Aussi, si tu veux me faire revenir sur mes mots, j'espère que tu as plus d'un chargeur pour ton glock sur toi, parce que c'est uniquement en passant sur ma carcasse que tu règleras ne serait-ce que la moitié de l’addition ce soir. »

Il y avait des principes dans ce monde, et Hanataro faisait partie de ceux qui les appliquaient. Pas par galanterie ou par gentillesse, mais parce que c'était ainsi que ses parents l'avaient élevé. Cela dit, la dernière pique de Nami le jeta dans un froid assez embarrassant qui le laissa mystifié, à la regarder avec des yeux ronds.


« Et si c'était le cas, en réalité ? »
finit-il par lâcher dans un inondation de sincérité.

Sérieux pendant un instant, son visage finit par ressembler à une bombe à retardement, dont les secondes qui s'égrainaient l'amenèrent à éclater de rire, ruinant tout l'effet. Nami savait pourtant qu'il n'était pas facile de le prendre à contre-pied sur les plaisanteries, mais ce n'était pas pour autant qu'elle cessait d'essayer. Peut-être dans l'espoir de marquer un jour, ou tout simplement parce que cela finissait à chaque fois dans le rire et la bonne humeur, la recette pour passer de bons moments entre amis.

Sur la suite de la conversation, Hanataro voulu argumenter que le diplôme ne faisait pas l'éducateur, certes, mais l'expérience non plus : être doué mais n'avoir aucune compétence de pédagogie était à ses yeux l'équivalent de n'avoir connu que la théorie mais de savoir l'expliquer à la perfection. Mais en fait, Nami n'avait pas excessivement tort non plus. Même sans talent pour l'enseignement, lorsqu'il s'agissait de pratique, n'importe qui d'expérimenté pouvait s'en sortir plus ou moins : il suffisait de préparer des mises en situation, et de hurler sur les erreurs jusqu'à ce que l'étudiant comprenne pourquoi il s'y prenait mal.

C'était de toute façon plus distrayant d'aborder des sujets plus concrets comme leurs équipements héroïques, le genre sur lequel les services publiques de secours et de défense pouvaient jalousement baver. Encore une inégalité de plus sur le compteur des disparités héros / reste du monde qui aurait besoin de ne serait-ce que de la moitié de ce que disposent lesdits héros, mais Hanataro ne la releva pas. Il haussa simplement les épaules en pinçant les lèvres sur la question du design du casier, l'air de dire '' pourquoi pas ? ''


« C'est pour un aspect pratique, je dirai. Déjà parce que j'ai beaucoup d'équipements, et que l'air de rien, y'a besoin d'un sacré réservoir de kérosène pour la porté de deux cent kilomètres demandés. Il me fallait donc quelque chose de spacieux. Ensuite, ça doit être parce que j'ai déjà vu le modèle quelque part : là au moins, je pars sur une valeur sûre, je sais que c'est possible à réaliser. Faudra juste que je réfléchisse à où le ranger pour ne faire de trou dans mon plafond quand je l’appellerai. Dehors, j'ai peur d'attirer les regards. Hum... Va falloir que je songe à une rampe de lancement mobile aussi, du coup. Enfin, ce n'est pas trop ma partie ça. Moi, j'amène l'idée, le concept, et le cahier des charges, et l'ingénieur lui est censé trouver comment rendre le tout possible. »


Cela dit, l'idée de se faire fabriquer un robot porteur pour son équipement n'était pas mauvaise en soi. Simplement, niveau anonymat, c'était limite de se faire suivre tout le temps. Et en parlant de suivit, Nami suivit le même chemin que lui avec ses baguettes vers un morceau de viande, ce qui le tira de sa réflexion.

Il trouva tout de suite dans quelle ambiance se mettre.


« Ce Sukiyaki est trop petit pour nous deux, Hombre. »
menaça-t-il d'une voix grave, la mâchoire carrée et les yeux plissés. « Dégaine, si tu l'oses ! »

Elle osa, ce qui conduisit les deux adolescents à se comporter comme des enfants, à grand renfort de coups de baguettes pour le simple plaisir de batailler. Il paraît que c'était sain de profiter de ce genre de moments, aussi puérils soient-ils, car finissait toujours par venir l'instant où il fallait dire adieux à innocence de sa jeunesse.

Ou du moins, pour la majorité.

Car pour sa part, Hanataro avait depuis longtemps eu l'occasion de voir comment le monde fonctionnait, et que ce dernier était loin d'être aussi beau que l'image qu'il en avait. Ce n'était pas pour autant qu'il avait renoncé à sa manière de vivre et changé. Malgré les débâcles et les épreuves, comme l'incident dans lequel il avait été impliqué au milieu de sa deuxième années, il conservait une certaine innocence. Celle avec laquelle il voulait remodeler le monde. Il ne concevait pas que l'on puisse s'enfermer dans le passé, et le laisser nous maintenir au fond du gouffre.

C'était d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles il était véritablement heureux pour son amie. Elle ne le lui avait peut-être jamais avoué, mais les parents parlant, il avait eu des échos concernant la phase qu'avait traversé Nami, terrorisée par son Quirk et ce qu'il pouvait faire. Tout cela à cause d'un incident malheureux que personne n'avait souhaité, elle la première. Cela avait duré, longtemps. Tellement qu'Hanataro n'était arrivé plus ou moins que vers la fin de cette période. Mais c'était suffisant. Suffisant pour qu'il ai pu la redécouvrir, radieuse, lorsqu'elle avait trouvé la force de se relever.

Il n'avait pas la prétention de croire ou penser qu'il avait eu un rôle là-dedans – le concept ne parvenait même pas à trouver forme dans son esprit. Tout ce qu'il y avait d'important à ses yeux, c'était la finalité : Nami était elle-même, vivante, battante, et déterminée malgré la souffrance des épreuves traversées. Car toute souffrance laisse des cicatrices, mais c'était ces dernières qui nous rendaient apte à affronter le lendemain convenablement préparé.

Et n'importe comment, tout ce qui comptait dans l'instant, c'était de parvenir à désarmer son opposant. Et avec une baguette en moins entre les doigts, Hanataro était en mauvaise posture.


« Il ne sera pas dit que le Capitaine Barbe-Chauve sera vaincu ce jour ! »
scanda-t-il, debout.

C'était presque si le duel ne se déplaçait pas dans leur box. Jusqu'à ce que la porte de leur pièce réservée s'ouvrit.

La serveuse en kimono entra, et s'assura que ses deux clients n'avaient besoin de rien. Les deux clients en question, Nami et Hanataro, étaient tranquillement assit à discuter autour de ce qu'il restait dans leur sukiyaki maintenu au chaud.


« Tout va bien. Je vais vous demander la carte des desserts d'ici un quart d'heure. Nous aurons terminé je pense. »


La serveuse se retira. L'instant d'après, les deux compères lâchèrent un long soupir de soulagement après avoir tenté de faire bonne figure dans l'urgence. Le souffle encore court par leurs idioties, c'était presque s'ils n'avaient pas retenu leur respiration pour cacher leur essoufflement. Hanataro donna l'impression de se liquéfier sur place en se laissant allonger en arrière, les bas écartés. A une demi-seconde près, ils auraient été surpris sur le fait d'un comportement plutôt embarrassant.


« C'était moins une... »
concéda Hanataro. « On aurait eu l'air fin à se faire expulser du restaurant. »

Puis partant d'un sourire progressif, ils éclatèrent de rire.

Cela faisait du bien.


« Je vois que tu es toujours aussi habile avec des baguettes. Je laisse le morceau de viande, tu l'as mérité. »


Quand bien même il n'avait jamais été l'enjeu de la bataille. Il se passa un petit moment que chacun utilisa pour retrouver contenance après la récréation, avant qu'Hanataro ouvre un nouveau sujet.


« Je vais avoir un nouveau tuteur/binôme cette année à Seigi. Kentarô Miura, aka Burrito Bison, va déménager plus au nord du japon depuis que sa femme a été promu là-bas pour son travail. Il avait hâte de partir, mais il voulait au moins terminer les affaires qu'il avait en cours ici. C'est bien la conscience professionnel. »
acquiesça-t-il. « Mais du coup, je ne sais pas encore avec qui je vais être. Est-ce que Yu va me juger assez digne de confiance maintenant que je suis presque en troisième année pour me mettre en équipe avec une nouvelle génération de héros, ou est-ce que je vais être avec un des vétérans de la boite ? J'en saurai plus lors de la réunion annuelle qui suit celle de Yuei, j'imagine. Et toi, tu restes toujours avec le même binôme, ou tu as envie de changement ? »

Un équipier stable avait des avantages, notamment celui de savoir exactement qui couvrait ses arrières. Cependant, varier ses partenariats permettaient aussi de ne pas entrer dans une routine, et de multiplier les expériences, les points de vue et les approches des situations – quand cela se passait bien, tout du moins. Cela dépendait de ce que l'on voulait.

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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Mer 1 Aoû - 16:01

Malgré sa blague me plongeant un instant dans un mal aise en me demandant s'il était bel et bien sérieux et ce que je pourrais lui répondre si c'était le cas, l'ambiance bonne enfant s'accentua lorsqu'il rejoignit mon idée puérile.
Lâcher la pression, se détendre en faisant les idiots... il n'y avait que ça de vrai ! Je n'étais même pas sûre que cela changerait un jour chez moi, malgré les années.

Les coups de baguettes s’enchaînèrent jusqu'à désarmer partiellement mon adversaire, le regard triomphant, sonnant le glas de la victoire, je m'apprêtai a mettre un terme a cet affrontement rempli d'epicness à travers ce duel entre petits bouts de bois, raflant la mise en imposant ma supériorité !
Mais c'était sans compter les pas menant la serveuse à notre box, laissant le chaos de l'instant précédent disparaître en une seconde pour ne laisser plus qu'une conversation entre presque adultes, sagement assis autour de leur table.

Mon grand sourire essaya de dissimuler l'agitation de mon cœur et de ma respiration, l'air de rien, tout en tâchant de reprendre un rythme normal. Et cela fonctionna.
Hanataro fit preuve d'un calme impressionnant sans trahir son essoufflement si bien que notre couverture ne fut pas grillée.
Ils étaient beaux les apprentis héros brigadiers  Diraient certains râleurs…
Eh bien, ils restaient humains, quoiqu'on en dise !

Mon ami se laissa finalement tomber en arrière pour évacuer tension de l'instant avant de m'adresser un regard complice qui nous fit partir dans un éclat de rire.
Après quoi, j'affichai un sourire de satisfaction factice et m’emparai de mon précieux morceau de viande que je savourai avec exagération comme pour rendre jaloux le perdant, dans cette comédie.

Là dessus, nous retrouvions peu à peu nos esprits. La récréation était terminée et elle avait été la bienvenue ! La conversation tourna autour de notre futur binôme à l'agence.

« Ah oui ? Tu serais resté une année de plus avec lui s'il n'avait pas déménagé ? J'ai personnellement fait en sorte de changer chaque année... Je suis toujours en très bon terme avec mes anciens mentor et le premier m'a vraiment bien aidé pour me faire au cursus de Yuei, l'agence et avec mon alter, mais chacun à sa méthode et je veux pouvoir en observer plusieurs. J'en apprends plus de cette manière qu'en restant auprès de la même personne. Alors oui, une fois de plus je vais faire partie d'un nouveau binôme ! »

Quant a savoir avec qui...

« Ember décidera, comme toujours. Je pense qu'elle fera le meilleur choix pour combler les lacunes de chacun. Du coup, pour les miennes, j'aimerais bien un binôme avec un alter de feu. Et ce n'est pas ce qui manque à l'agence ! »

Parce que maintenant que j'avais dépassé la peur de ma glace, c'était le moyen le plus efficace que je voyais pour progresser et me renforcer. Un binôme a base d'entraînements intensifs et difficiles, sans ménagement.  

****

La suite du repas et des desserts se passa toujours dans la bonne humeur. Une demi heure plus tard, nous étions sortis, repus et satisfaits de ce moment de détente et de retrouvailles. Jusqu'à ce que mon téléphone ne se mette a sonner...

Quittant tout juste le restaurant, je décrochai en reprenant mon sérieux après avoir vu qu'il s'agissait de mon père. S'il m'appelait, c'était sans doute lié à une demande de renfort.

« Allo ? »

« Il faut que l'on se rejoigne rapidement. Ma brigade est sur le coup. »

Un léger instant de silence se fit entendre.

« … ça va toi ? Tu tiens le coup ?... Foutu crétin !! »

Mes sourcils s'arquèrent d'incompréhension.

« Oui, moi ça va... Je suis avec Hanataro-kun. Qu'est-ce qui s'est passé ? ... »

« Tu n'es pas au courant ?! Regarde les infos ! C'est retransmis partout. »

Sans perdre un instant, je fis un signe de tête à mon ami pour lui faire comprendre de me suivre, lui même ayant sans doute compris la gravité de la situation.

Nous n’eûmes pas de mal a trouver un écran allumé sur la chaîne d'informations, a vrai dire, tous les écrans semblaient diffuser la même chose...
M'approchant d'un peu plus près, jouant des coudes et de ma petite taille pour me faufiler, je parvins devant l'un d'eux, une boule se nouant au creux de mon estomac et de ma gorge alors qu'il était certain maintenant, que les événements étaient d'importance capitale vu leur retranscription médiatique...
Des vilains ? Des ém…

« Mihawk... »

Son nom mourut sur mes lèvres.

Les yeux écarquillés, rivés sur l'écran, je ne pouvais plus bouger, me contentant de murmurer le pseudonyme de ce héros emblématique de Seigi autrement connu comme Tsubasa Takamura, le père de Tsubasa-senpai.

Je reculai d'un pas, instinctivement, toujours au téléphone avec mon père, lisant le gros titre qui annonçait sans détour : « Mort de Mihawk »
Une reportaire expliqua qu'un incident s'était déroulé à la station balnéaire près des monts sur lequel Mihawk et son fils étaient intervenus en attendant les renfort du Kyuunan. Plusieurs secousses avaient eu raison de la montagne et une partie s'était effondrée sur le bâtiment, dont la structure avait fini par céder.

Les informations me parvinrent sans que je ne les entendent réellement, posant ma paume sur mon visage tout en serrant la mâchoire dans un « c'est pas vrai » a peine audible sous l'agitation et les exclamations ambiantes.

« T'es où ? Je passe te prendre. »

La voix de mon père me sorti de ma stupeur.

« ...Euh... pas loin de la station Shinjuku... »

« Ok. J'arrive. »

Et il raccrocha.
Mon regard se posa sans un mot supplémentaire pour Hanataro. Il n'y en avait pas besoin.

Un héros emblématique de Seigi venait de s'éteindre. Le héros qui m'avait indirectement poussé dans ma décision d'intégrer Yuei et d'apprendre a maîtriser mon alter. Le héros que mon père détestait par dessus tout depuis déjà des années, la réciproque étant vrai.
Le père d'un héros en devenir...

« La brigade de mon père est sur le coup. J'interviens en renfort. »

« Les blessés sont actuellement pris en charge par les équipes de secours sur place. Les forces de l'ordre ont pris la situation en main et la zone est en cours de déblaiement »

Mes pensées se bousculèrent à la vitesse de la lumière, s'amoncelant dans un chaos dévastateur.
Je ne pouvais pas y croire...
…  Que s'était-il passé ? Pourquoi Mihawk s'était fait avoir là dedans ?! …
Et Tsubasa-senpai ? Où était-il ?! Je ne pouvais qu'imaginer son état...

« L'agence a peut-être besoin d'un coup de pouce avec tout ça... Essaye de les contacter. »

Même si je ne le disais que par automatisme, étant certaine qu'il allait contacter Seigi ou son père dans la foulée, lui aussi.

Quittant la foule d'un pas soutenu se muant en course après avoir échangé un dernier regard déterminé à Hanataro, je me rendis au point de ralliement, le poing serré et la gorge toujours aussi nouée devant l'inconcevable...

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Re: Ca s'est passé un mois avant la rentrée de l'an 301 || Jeu 2 Aoû - 13:52

Sitôt qu'ils sortirent du restaurant à l'atmosphère chaleureuse, le froid d'une soirée d'hiver naissante vint les accueillir. Mais il en fallait bien plus pour entamer la bonne humeur des deux joyeux lurons après un si bon moment passé ensemble. Hanataro tira simplement la capuche de son survêtement pour se protéger la tête des morsures occasionnelles du vent qui se levait, puis reporta son attention vers Nami, curieux de savoir si elle supportait le froid mieux que la moyenne avec son Quirk. La question s'arrêta cependant au bord de ses lèvres, bloquée par une sonnerie de téléphone. Celui de son amie.

Mauvais timing, ils étaient sur le point de se dire au revoir, mais en soi ce n'était pas grave : il n'était pas à dix minutes près, il pouvait attendre. Et c'est sans doute ce qu'il se serait passé si ce coup de fil de Nami était anodin. Alerte spoil : il ne le fut pas, et Hanataro n'eut qu'à voir le visage perplexe de son amie pour comprendre que quelque chose clochait. Il ne capta pas tout ce qui se disait de l'autre côté du combiné, mais la partie '' Regarde les infos ! '' avait été exprimée suffisamment fort.

Hochant la tête, il emboita le pas de Nami et lui tira doucement le bras au détour d'une rue pour lui indiquer ce qu'il avait repérer avant elle, à savoir des écrans diffusant les informations. Il y en avait un peu partout en ville, ce qui permettait à la population, mais aussi aux héros, de savoir ce qu'il se passait presque en temps réel, et de pouvoir pour ces dernier intervenir en fonction. Un attroupement se tenait déjà devant à écouter les informations relayées, aussi Hanataro fit de son mieux pour ouvrir la voie à Nami. Il était peut-être plus grand, mais il lui manquait le gabarit associé pour jouer d'autre chose que des coudes et de la politesse.


« Pardon. S'il vous plait. Poussez-moi excusez-vous. »


Dans un dernier grognement d'effort, il parvint à hauteur des écrans, et dégagea juste l'espace nécessaire du bras pour que Nami puisse se faufiler en-dessous. Mais il ne la remarqua jamais passer, alors qu'il se figea à la vue des informations. Le monde entier cessa d'exister, ne laissant plus que lui et cette télévision dans un univers vide. Les commentaires de la journaliste l'atteignaient à peine, braqué qu'il était sur le gros titre de l'annonce : le héros Mihawk était mort en intervention.

Apprendre la mort de quelqu'un que l'on connaissait n'était jamais agréable. L'on n'y était jamais préparé, et encore moins lorsque cela vous tombait ainsi sur le coin de la figure, après une soirée tout ce qu'il y avait de plus normale. Tout le monde mourait un jour ou l'autre, des centaines de personnes passaient de vie à trépas chaque jour, de cause naturelle ou non, mais l'on avait tendance à oublier que cela arrivait aux héros aussi. Que les héros étaient avant tout des individus comme n'importe qui d'autres. Qu'ils étaient des symboles, peut-être, mais qu'ils n'était pas immortels...

Mihawk était un vétéran de Seigi, il en avait vu plus d'une. Et ce soir, il avait vu la dernière... Hanataro restait interdit devant l'écran, dont le message passait en boucle en attendant d'avoir des nouveautés à rapporter. Il ne se rendait même pas compte que sa main serrait le poignet de Nami : l'un et l'autre étaient en état de choc devant la nouvelle.

Il ne réalisa sa prise que plus tard, lorsque Nami tenta de rebrousser chemin. Il fut d'ailleurs incapable de dire si c'était pour l'empêcher de tomber elle, ou pour se retenir lui. Mais dans les deux cas, ils ne pouvaient pas rester là, les bras ballants : ils devaient bouger. Le choc encaissé, mais très loin d'être digéré, Hanataro commença par faire le tri dans son esprit. Il devait se montrer utile et efficace, il n'avait pas encore le loisir de se laisser abattre par la nouvelle, aussi terrible soit-elle. Il s'efforça donc de l'écarter, et se concentra sur la meilleure façon qu'il avait de se rendre utile. Qui plus est, de nombreuses questions étaient encore en suspend. S'il voulait en apprendre plus, il fallait qu'il se rende sur place.

Nami était déjà attendu pour aller sur les lieux de l'incident avec la brigade de son père. Lui n'avait pas ce statut de réserviste, il était juste un intervenant extérieur. Aucune chance donc que son propre père l'appelle pour aller sur les lieux, à plus forte raison qu'il n'était pas de service ce soir là. C'est à peine s'il entendit son amie évoquer Seigi, il était déjà en train d'enclencher la touche d'appel rapide, enregistré au numéro de l'Agence.


« Va s’y. Je te rejoins là-bas dès que je peux. »
lui lança-t-il pour ne pas la retenir.

Dès qu'il aura une raison légale de s'y rendre. Ce qu'il n'eut jamais.

La spécialiste des sauvetages et interventions en catastrophes civiles, matériels et naturelles, c'était l'Agence Kyuunan, pas Seigi. Rien de surprenant donc à ce que le standard lui refusa l'intervention. Il y avait déjà assez de monde sur place, et ils avaient besoin de plus que ce que Hanataro avait à offrir dans une zone encore dangereuse, à savoir juste une paire de bras. Les trains à destination de là-bas étant bloqués pour faciliter l'évacuation, il pouvait aussi oublier de s'y rendre de sa propre initiative par la voie routière qui sera déjà bien assez encombrées par les secours et les véhicules de chantier.

Ce qui le laissait bloqué sur place, incapable d'intervenir sur les lieux du drame.

Assit à même le sol et adossé contre un mur, les mains dans les cheveux et le portable entre les jambes, il se sentait impuissant, inutile, à devoir attendre des nouvelles des autres. Cette même impuissance qu'il haïssait tant, cette inutilité qui le poussait constamment sur ses limites pour ne jamais avoir à se sentir ainsi. Il réalisait une fois de plus aujourd'hui que quoi qu'il essayait, il n'était pas tout puissant. Qu'aussi fort qu'il tentait, aussi durement qu'il s'entrainait, il ne pouvait pas tout résoudre.

Et cette frustration commençait parfois déjà avec ce qu'il avait simplement sous le nez.

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