Papiers s'il vous plait ! [Rang C]
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Papiers s'il vous plait ! [Rang C]

Fubuki Nami
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Papiers s'il vous plait ! [Rang C] || Ven 15 Juin - 0:05


Ordre de mission:
 

Akihabara. Une zone de Tokyo que je fréquentais relativement souvent car on l'appelait la ville électronique : incontournable pour tout fan de manga et de jeux vidéo. C'était d'ailleurs surtout pour ce dernier aspect que j'y flânais.
Bien que je préférais consacrer mon temps libre à mes entraînements ou a aider la brigade de mon père, cela restait plaisant de s'y balader avec des amis et de s'affronter sur des bornes d'arcade, sans paternel moralisateur sur les effets néfastes des jeux vidéo sur la psyché des gens.

Cependant, aujourd'hui je n'étais pas venue pour ça. C'était l'agence Seigi qui m'envoyait sur place afin de renforcer les rangs affaiblis des unités policières de la zone.
Une mission durant toute une semaine sous la supervision d'un policier y étant affecté.

Cela me faisait bizarre de rejoindre les forces de l'ordre en tant qu'apprentie héros, surtout dans une brigade dont j'ignorais tout a contrario de celle de mon père où j'étais réserviste.
Je ne connaissais ni les membres d'équipes ni même leur fonctionnement. Pas plus que leur avis sur les possesseurs d'alter ou sur les unités en formation héroïque.
Certains agents étaient réticents face à ce « mélange », les deux étant certes complémentaires et œuvrant tout deux au nom de la justice mais disposant d'une mise en lumière différente. Les forces de l'ordre n'étaient pas autant sous le feu des projecteurs que les héros. Ce n'était pas les idoles des jeunes. Pas plus qu'il n'avait de goodies à leur effigie ni toute une panoplie marketing.
Et pourtant, ils étaient là. Défenseurs de la justice en protégeant la veuve et l'orphelin tout en arrêtant les méchants.

C'était avec ces idées controversées en tête que je me rendis au point de rendez vous : le commissariat d'Akihabara.
Vêtue de ma tenue d'héroïne, un holster sur la hanche dans lequel se trouvait un glock 19 dépourvu de munitions, je me présentai à l'accueil en montrant mon insigne d'appartenance à Seigi ainsi que mon badge de réserviste dans la brigade de mon père pour justifier de mon port d'arme et de ma connaissance du milieu.

Rapidement, mon binôme en la personne de l'officier Takumi fut appelé. Je le saluai en inclinant respectueusement le buste tandis qu'il en fit de même, et me présentai une nouvelle fois.

« Cold-Breath de l'agence héroïque Seigi. »

Puis par la force de l'habitude, je me tins soudainement bien plus droite, les jambes serrées et le salut militaire de circonstance.

« Mais je suis également l'agent réserviste Fubuki Nami, des forces de l'ordre de Tokyo dans la brigade du Lieutenant Fubuki. »

Le visage, marqué par quelques rides de l'homme à la cinquantaine, s'étira d'un léger sourire en entendant mon affiliation aux forces de polices.

« Ainsi donc, il y a des gens comme cela à Yuei. Ravi de ne pas avoir a faire à une novice en la matière. Cela se serait montré plus pénible. »

L'homme observa mes documents un instant avant de me les rendre. Je les rangeai dans ma poche intérieure.

« Les héros ont tendance à prendre le melon. Heureusement qu'ils ne sont pas tous comme ça mais moi, les imbus d'eux mêmes, je n'en veux pas. »

Je lui adressai un signe de tête poli pour lui signaler que j'avais compris le message et attendis ses directives, impatiente de pouvoir exercer au sein d'une toute nouvelle brigade sans le regard discret – mais présent- de mon père sur mes actes.
Intéressée, je le laissais me guider après m'avoir fourni une matraque télescopique, le taser visiblement en option pour moi. Cela dit, je n'en avais cure : ce n'était pas comme-ci j'en avais réellement besoin.

Retrouvant finalement l'air pollué et encombré d'une ville pleine d'effervescence, nous débutions notre patrouille.
Arpentant les diverses ruelles, observant du coin de l’œil les activités diverses malgré la foule monstre. Tout autant d'analyse pour lesquelles j'avais l'habitude.
Certaines frappes avaient beau se croire originales qu'elles n'en possédaient pas moins des méthodes opératoires similaires. Des combines bien connues des forces de police.
Il était ainsi simple de comprendre que la majorité des trafics avaient lieu très tôt le matin ou très tard le soir et que peu se déroulaient en plein milieu de journée, excepté dans des milieux à fortes affluence contrairement à ce que l'on pourrait penser, se servant justement de la densité de la population pour se confondre dans la masse.

Les gros poissons possédaient également, en général, des sentinelles qui surveillaient les alentours et rapportaient toute activités susceptibles de leur nuire : comme les patrouilles de polices par exemple.
Souvent isolées, les sentinelles agissaient l'air de rien mais lançaient de fréquents coup d'oeil en balayant la zone dans laquelle elles se postaient. C'était ces regards évasifs et à la fois inquisiteurs qu'il nous fallait repérer pour les débusquer puis leur mettre suffisamment la pression pour qu'elles se mettent en mouvement.
Elles n'étaient cependant pas idiotes au point de rentrer dans leur tanière, cherchant plutôt à nous semer. Ce qui les pénalisaient souvent, c'était leur manie de communiquer en temps réel au reste de leur groupe. Les trois quarts du temps par sms d'ailleurs. Pas d'appel pour des raisons évidentes – ou sous message codé peu discrets – pas plus qu'ils n'utilisaient d'oreillettes comme on pouvait le voir dans certains films : parler tout seul au milieu de la foule n'avait rien de discret non plus.
Le problème avec cette technique, c'était que la police disposait d'une technologie capable de localiser les activités téléphoniques et cela même dans une grande zone alors dans une bien délimitée...
Tout ça pour dire que même si une sentinelle quittait notre champ de vision, pour peu que nous l'ayons repéré et donc tracée, elle était foutue.

Bien sûr, la plupart d'entre eux n'étaient pas si stupides et avait conscience de cette possibilité si bien qu'ils se débarrassaient de leur téléphone mais cela leur faisait perdre du temps dans leur fuite ou laissait malgré tout une mine d'informations non négligeable aux mains de la police retrouvant le dit téléphone. Dans son contenu, évidemment, mais aussi sur les éventuelles empreintes laissées dessus ou tout autre trace adn intéressante.

Malheureusement – ou plutôt heureusement – toutes les journées des policiers ne ressemblaient pas à ça. Certains jours n'avaient rien de trépidants et c'était signe que les choses allaient bien – dans une donnée toute relative, conscients de la face caché de l'iceberg -. Des patrouilles qui devenaient ennuyantes et du même coup fatigante : à l'image de cette journée.

Seulement, qui étions nous pour nous plaindre de cette sérénité ?
Eh bien, des agents œuvrant pour la justice mais aussi pour un monde meilleur : non pour une paix illusoire...

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Dernière édition par Fubuki Nami le Lun 2 Juil - 18:50, édité 1 fois
Fubuki Nami
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Re: Papiers s'il vous plait ! [Rang C] || Jeu 21 Juin - 15:08



Le deuxième jour ne se révéla pas plus palpitant mais ce n'était pas l'important.
J'étais certes cantonnée à des tâches administratives dont je me serais bien passée mais être organisé était, à mon sens, primordial pour un agent des forces de l'ordre. Que ce soit sur le terrain ou au commissariat, il se devait de savoir où il allait pour ne pas perdre de temps : dans ses traques ou ses recherches.

Le temps était une notion précieuse pour beaucoup mais se révélait d'autant plus importante dans des professions où des vies étaient en jeu : que ce soit pour intervenir auprès des victimes que contre les assaillants susceptibles d'en faire.
A chaque instant, quelque part, quelqu'un subissait une agression plus ou moins grave. Nous ne pouvions malheureusement pas intervenir pour toutes mais nous tâchions d'être en mesure de le faire : c'était bien pour cela que savoir gérer ses informations demeurait si capital.

Alors oui, aujourd'hui je triais des dossiers pour les stocker aux archives.
Des affaires élucidées, d'autres pas mais classées malgré tout... J'étais censée me contenter de les mettre dans la pile correspondante pour les rassembler mais ma curiosité me poussait a parcourir certains d'entre eux : surtout les affaires sans réponses.
Malgré tout, je me montrais efficace et rigoureuse dans mon travail, comme à mon habitude. Ma curiosité ne m'octroyait pas le droit de perdre du temps... cette notion précieuse.

Le commissariat d'Akihabara était en cruel sous effectif qui n'était heureusement que temporaire mais qui laissait les troupes restantes complètement débordées. Alors je m'activais, passant d'un pole à l'autre, apprenant rapidement l'identité des personnes affectées aux divers postes pour mieux leur proposer mon aide lorsque j'avais fini une tâche.

Takumi-san était, comme tout le monde, pas mal occupé, si bien qu'il me laissa gérer et vaquer là où le besoin se faisait sentir. Cette certaine indépendance me faisait chaud au cœur.
Il me faisait suffisamment confiance pour me laisser me débrouiller sans superviser tous mes mouvements, me laissant une impression « d'intégration » ou en tout cas pas de stagiaire comme il aurait pu le faire auprès d'un novice héroïque ne connaissant rien au milieu des forces de l'ordre.

C'est lorsque je classai mon dernier dossier qu'il vint me trouver pour la première fois de la journée, tasse en main, alors que le début de soirée ne devait plus être loin.

« Viens prendre une pause, Fubuki-san. »

Le ton laissa suggérer un ordre si bien que je ne contestai pas, même si je me sentais apte à poursuivre.

Assise en salle de pause, Takumi-san me servi un thé après m'avoir demandé ce que je souhaitais boire. J'avais bien protesté pour le faire par moi même mais son insistance était du genre tenace si bien que j'avais fini par abdiqué.

La température de mes mains changea peu a peu alors qu'elles tenaient en leur creux la tasse fumante. Je ne savais pas vraiment comment les autres ressentaient ou interprétaient cette simple et banale sensation mais dans mon cas, cela était très marqué. Ça avait un petit côté apaisant, comme ci mes muscles se détendaient à son contact, mais il y avait aussi cette « gêne »... cet envahissement, parce que ce n'était pas naturel, surtout pour moi et mon alter de glace.
Ça ne durait que quelques minutes puis finissait par disparaître.
Un peu à la façon d'un nouveau bijou que l'on sent en contact avec sa peau puis que l'on ne ressent plus du tout avec le temps.
Eh oui, décidément, toujours cette notion...

« Il y a un jeune homme qui est venu porter plainte pour le vol de sa moto. Affaire classique, d'apparence. Tu pourras enregistrer sa déposition ? »

Mes esprits se recentrèrent tout comme mon regard qui vint croiser celui de mon supérieur.

« Je m'en charge. »

***

Et je me retrouvais donc là, dans un bureau vide avec, face à moi, un jeune homme de dix-neuf ans - un peu plus vieux que moi donc – à qui on avait volé la moto blanche alors qu'il l'avait garé dans l'un des nombreux parking de la zone commerciale d'Akihabara.

« Donc vous dites que vous avez garé votre deux roues sur le parking F vers 15h, c'est bien cela ? Et vous avez constatez sa disparition vers 17h. »

« C'est bien ça. »

Le blond avait d'abord eu l'air sceptique en me voyant arrivée mais je ne lui en voulais pas. Pas bien grande, un peu plus jeune que lui... Il voulait se retrouver face à un agent , un vrai , pas face à une stagiaire comme il l'avait dit.
Je lui avais dès lors assurée de mes compétences en lui montrant, initialement, mon badge de réserviste des forces de l'ordre mais il avait aussi remarqué l'emblème de Seigi, qu'il connaissait vraisemblablement sans que cela ne m'étonne.
Depuis, il se montrait beaucoup plus respectueux et même peut être un peu effrayé ? … Hmmm... nan. C'était de la curiosité dans son regard. Je pouvais voir ça d'ici : « Quel est son alter... ? » voilà ce qu'il se demandait entre deux témoignages.

« Puis-je vous demander qu'avez vous fait durant ces heures ? »

« … C'est vraiment important ? »

Je remarquai son hésitation et sa gêne.

« ça peut. »

Parce qu'il avait peut être eu une altercation avec le voleur pendant ce laps de temps. Que suivant où il était peut être que l'une de ses connaissances le savait et avait profité de cet instant, etc...

« … Eh bien, j'ai retrouvé des amis... Nous sommes allés dans un Maid-cafe... »

Voilà que son regard demeura fuyant, me faisant cesser de pianoter sur l'ordinateur pour lui adresser une expression neutre.

« Je ne suis pas là pour vous juger, vous savez. Vous pouvez bien faire ce que vous voulez, du moment que c'est légal. »

Un haussement d'épaules plus tard pour confirmer mon indifférence quant à cette information, l'homme m'expliqua les choses plus en détails mais rien de pertinent concernant le voleur. Un appel à témoin allait devoir être lancé. La zone était tellement fréquentée, surtout en plein après-midi, que quelqu'un avait forcément vu quelque chose. Et puis il restait une bonne piste...

« Nous allons contacter la sécurité du parking F. La vidéo surveillance doit avoir capturé des images intéressante. »

Je l'inscrivis sur mon rapport et le fis imprimer en deux exemplaires dont un qu'il signa, lui laissant l'autre avant de me lever.

« Nous vous contacterons lorsque nous aurons davantage d'éléments. »

Une prise de congé protocolaire mais efficace.

M'étirant après son départ, je regardai l'heure sur l'ordinateur : 20h.
Ce ne fut qu'après avoir remis les documents et fait part de mon rapport à Takumi-san que je quittai les lieux, direction le métro pour rentrer au cœur de Tokyo : demain j'étais de permanence de nuit.

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Re: Papiers s'il vous plait ! [Rang C] || Jeu 21 Juin - 23:17

Au troisième jour, le trajet jusqu'au commissariat se fit de nuit, me laissant découvrir Akihabara sous une autre facette.
Ma vie à Tokyo m'avait donné l'habitude des cités illuminées comme des phares dans la nuit, grouillantes peu importe l'heure avancée. Ici, cela était sensiblement pareil, la populace massive en moins.
Bien sûr, il y avait du monde mais pas suffisamment pour remplir les rames de métro comme d'ordinaire. J'entendais par là : sans être entassés comme des sardines contre les autres au point de ne plus avoir besoin de se tenir pour éviter de tomber dans un coup de frein trop brusque...

Arrivée sur place, je trouvai un Takumi-san concentré sur son écran d'ordinateur qui me salua d'un signe de tête, prenant le temps d'apposer son dernier point à la ligne pour reporter son attention sur moi.
Il m'expliqua le déroulement de la journée – lui étant là depuis la fin de matinée – et me confirma avoir contacté la sécurité du parking où la moto du jeune avait été volée.
Une équipe était allait se saisir des images entre 14h30 et 17h30 pour laisser une marge. Celles-ci révélaient un visage encapuchonné d'une grande silhouette masculine de corpulence moyenne. Rien de bien utile en soit hormis les caméras extérieures qui avait filmé son ascension au cœur de la ville avec l'engin, dans une direction peu fréquentée.
Le jeune homme avait également rappelé pour préciser qu'il devait faire le plein de la moto donc les station service de la zone avait également été passée au peigne fin, nous permettant de mettre un visage sur le voleur d'après les caméras de celle concernée : mettre de l'essence en étant camouflé semblait un poil louche, même pour notre voleur. Un certain Tsumori Kenta.

Takumi-san me donna un document qui n'était autre qu'un mandat de perquisition, au cas où le présumé responsable du larcin refusait de nous faire entrer sans : ce qui était dans son droit.
Et c'était là où nous allions nous rendre. Enfin une action sur le terrain. Pour une répréhension sommaire mais quand même : les délits moins conséquents ne devaient pas être pris avec moins d'importance pour autant. Bien entendu qu'ils ne passaient pas prioritaire sur une affaire plus urgente mais l'idée était là.

***

21h, quartier Est d'Akihabara

Venant d'arriver sur les lieux depuis a peine cinq minutes, Takumi-san s'était garé et mit à l'arrêt dans notre forgon banalisée, en planque, patientant un peu pour laisser les choses se tasser.
Nous nous trouvions devant la maison du concerné, plutôt – étonnamment – luxueuse, nous faisant évidemment nous demander la raison de son vol de moto alors qu'il avait visiblement les moyens de s'en acheter une bien plus récente et puissante.

Les environs semblant calmes et sous contrôle, nous allâmes frapper à la porte, non sans prudence, mon arme de fonction placée dans mon holster, chargée pour l'occasion, au besoin.
La porte s'ouvrit sur l'homme des vidéos de surveillance, interloqué mais aussi visiblement exaspéré par notre visite.
Takumi-san lui présenta son badge d'inspecteur tout en déclinant son identité et la mienne dans le même temps.

« Nous sommes venus pour la moto volée. Mais cela, vous vous en doutez Mr Tsumori. »

L'homme soupira et se passa une main sur le visage avant de les mettre en supplique devant nous.

« Ecoutez... je n'ai pas volé la moto. Enfin si mais... …. rhaaa... ce n'est pas la moto qui m'intéressait. »

« Et qu'était donc cette chose appartenant au passé ? »

« … Ce qu'il y avait dans le réservoir. »

Échanges de regards interloqués.
Quiconque aurait voulu répondre : du carburant, mais il n'y avait pas besoin d'avoir deux neurones pour comprendre que l'homme évoquait quelque chose de cacher en son sein.
Le réservoir presque vide prenait alors tout son sens, tout comme le fait que l'info' soit revenue en mémoire - comme par enchantement - au dépositaire de la plainte visiblement plus aussi blanc qu'il ne le paraissait dans cette affaire...

L'homme se montra coopératif, conscient qu'il n'avait pas vraiment le choix de toute façon. Il nous mena à son garage dans lequel était effectivement entreposée la moto, intacte.
Il avait roulé peu pour s'éloigner du parking et s'était arrêté pour récupérer ce qu'il y avait dans ce fameux réservoir avant de se rendre compte du manque crucial de carburant qui lui empêchait d'attraper son précieux par l'interstice directement, il avait donc fait remplir le réservoir et était rentré chez lui pour en faire la fouille plus discrètement et avec des outils appropriés.
Cette fameuse chose ? Un diamant d'une bonne taille. Rien que cela.

Il nous expliqua l'avoir donné par erreur au propriétaire de la moto, croyant qu'il s'agissait de la personne à qui il était censé le confier. Il hésita à nous donner plus d'informations – et pour cause – mais son témoignage ne tenait pas debout. Après un moment, il fini par avouer qu'il était censé faire analyser la pierre. Pour nous expliquer sa provenance et son origine, comme on le lui demanda, il nous confia que la pierre lui appartenait, littéralement, car son alter le lui permettait.
Aïe... Les choses allaient se gâter... Et c'est moi qui mis les pieds dans le plat.

« Vous êtes donc en train de nous dire que vous avez produit ce diamant, n'est-ce pas ? »

« Il ne me semble pourtant pas que vous disposez d'une licence héroïque... Je me trompe ? »

Enchaîna mon supérieur.

Eh oui... cet homme avait utilisé son alter illégalement et cela au moins une fois... Cependant, je doutais de cela. Un épicier-primeur ne devait pas gagner autant que le laissait suggérer sa villa. Bien entendu, il ne s'agissait là que de spéculations et une enquête allait être faite pour déterminer si elles étaient avérées ou non...
En attendant, il était en état d'arrestation pour utilisation illégale de son alter et risquait bien plus gros encore.

Le son des sirènes se fit entendre sur le chemin du retour, le voleur volé arrêté et la moto intacte dans la fourgonnette.
Ce vol d'apparence « banal » s'était finalement révélé plus complexe que cela.
Alors que Takumi-san conduisait, j'appelais quant à moi le poste à sa demande. Dépêchant une équipe pour aller également arrêter le dépositaire de la plainte pour le vol qu'il avait commis le premier – bien que lui s'en sortirait sans trop de problèmes -.

Cette arrestation me plongea dans mes réflexions étant moi même détentrice d'un alter.
Combien de fois l'avais-je utilisé pour agrémenter mes boissons de glaçons frais alors qu'il n'y en avait plus dans le réfrigérateur ?
L'échelle d'utilisation n'était évidemment pas comparable avec celle de cet homme qui s'en servait peut être même pour se faire de l'argent mais le principe restait le même et me faisait me poser une question : les lois pouvaient-elles nous contraindre dans notre nature profonde ? N'etait-ce pas là une violation des droits de l'homme, quelque part ? Ou bien les « mutants » n'entraient-ils pas dans ce cadre ? …

Je comprenais parfaitement la restriction d'utilisation dans des limites clairement définies, sans ces règles établies le monde serait bien différent aujourd'hui et certainement moins reluisant, mais cela revenait quand même a brider les possesseurs d'alter. C'était une partie d'eux même qu'on leur demandait de taire. Cette même partie qui faisait d'eux ce qu'ils étaient...

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Re: Papiers s'il vous plait ! [Rang C] || Lun 25 Juin - 17:09


Je me réveillai tôt en cette matinée du quatrième jour, malgré ma veillée tardive.
Et pour cause, je me trouvai dans un lit qui n'était pas le mien, manquant de confort, dans une pièce a l'isolation acoustique discutable si bien que j'avais pu entendre toutes les allées et venues.
Ayant fini tard, et les trains commençant à manquer a l'appel, j'étais restée dormir sur place, dans l'une des couchettes du commissariat prévues pour les gardes tardives ou au contraire bien matinales.

Les premiers rayons du soleil filtrèrent, me faisant ouvrir les yeux avec une certaine difficulté alors que j'étais encore enveloppée par le sommeil, m'étirant et baillant derrière ma main vu les lieux où je me trouvais, une manière bien plus élégante que d'ordinaire.
Sans perdre un instant, j'enfilai mes chaussures et m'observai devant le miroir, réajustant sommairement ma coiffure au passage.
Mon arme rengainée dans le holster sur ma cuisse, je m'engouffrai dans la fourmilière du commissariat, déjà en pleine effervescence.

C'était une ambiance qui me plaisait. On parlait de « travail » mais je voyais ça bien plus comme une vocation, un but, ou encore une philosophie de vie.
Garantir la paix était une voie noble et nécessaire. Cependant, il arrivait aussi que l'on soit en désaccord avec certaines décisions, ou certaines lois a appliquer et a faire respecter...
Tout n'était pas juste, même dans le registre des lois.

Faisant un détour par la machine a café où je me servis une tasse histoire de m'aider a émergée, je croisai Takumi-san qui m'invita à le suivre pour le briefing de la journée.
Installés à son bureau, il m'expliqua la garde à vue du voleur initial et le début d'interrogatoire de l'homme aux diamants.
Je me montrai attentive à son discours, comprenant bien vite que pour l'heure peu d'informations avait été révélées de leur part, surtout pour le revendeur illégal qui attendait l'arrivée de son avocat.

Reparler de cette affaire me fit d'ailleurs replonger au cœur de mes réflexions de la veille, si bien que je profitai de l'instant de calme pour en discuter avec mon superviseur.

« Takumi-san... Dites moi, quel est votre point de vue sur les possesseurs d'alter ? »

« J'en dis que les choses seraient plus simples sans les alter dans le monde. »

On ne pouvait pas lui donner vraiment tord...

« Mais sur ceux qui en détiennent... que dire ? Ils n'ont pas choisi d'en avoir un. Ils doivent apprendre a vivre avec. En un sens, c'est ptet bien eux les plus a plaindre. »

Son regard dans ma direction ne m'échappa pas.

« Pourtant, nous restons des êtres humains ou en tout cas des êtres vivants. »

Car certains alter de transformation se faisaient sérieusement poser la question sur l'humanité des concernés.

« Nous disposons donc également des droits de l'Homme et du citoyen.
Ne voyez vous pas une contradiction entre cette donnée, prônant le respect des besoins fondamentaux, et les lois encadrant les alters, qui privent les concernés de ces mêmes droits ? 
»


Une réforme qui violait bien au moins deux des besoins de la pyramide de Maslow. Certes vieille mais toujours proche de la réalité.

« Le besoin d'appartenance est parfois difficile avec un alter, créant certaines inégalités, tout comme le besoin d'estime. En un sens, notre situation est similaire, sur quelques aspects, avec celle des personnes jugées « différentes » ou « anormales ». »

Principalement les personnes en situations de handicap d'ailleurs mais pas uniquement.

« Le point qui diffère, selon moi, est le regard de mépris. La moquerie est commune aux deux, la pitié aussi, tout comme le dégoût parfois et cela lorsque la différence / l'alter est visible. Mais le mépris ou la peur, ne concerne que les possesseurs d'alters. Êtes vous d'accord ? »

Parce que la nature avait fait de nous des êtres avec des capacités étendues et que la différence effrayait.

« La société conditionne a cette image. Mais en tant que membre des forces de l'ordre, je sais que les plus dangereux n'ont pas forcément une sale tronche ou un gabarit exceptionnel. Tout comme tu dois le savoir, Fubuki-san. »

J’acquiesçai.  

« Je dirais que vous réguler est incontournable. Ça vous bride forcément au quotidien mais pour pouvoir vous mêler au reste de la population, c'est indispensable. Si on vous laissait libre d'agir comme bon vous semble, il faudrait vous exiler loin et vous laisser entre vous : en deux communautés distinctes.
Avec ces réformes autour des alters, c'est justement ce que le gouvernement cherche a éviter, je suppose. Et la société étant ce qu'elle est, pleine de tentation et de corruption, certains tirent profit de leurs facultés a des fins discutables. C'est pour faire face à ce genre de cas que vous êtes formés en tant que héros, et seulement dans ce cadre que vous êtes autorisés a utiliser vos alters.
Des alters oui, mais au service de la paix et rien d'autre. »


Je comprenais son point de vue.
Il n'y avait que les héros qui pouvaient faire face aux vilains en possession d'alter. Ce n'était pas du ressort de la police.
Qui de mieux qu'un utilisateur d'alter pour en mettre un autre hors d'état de nuire ?! Ce n'était qu'a cette condition que le gouvernement se montrait enclin à l'utilisation de nos facultés. Mais cela sonnait un peu comme une sorte « d'esclavagisme », « d'entrave » qui parvenait à me déranger.

Les héros confirmés se sentaient libres d'utiliser leur alter alors qu'ils étaient toujours liés au gouvernement – comme tout le monde – sauf qu'ils écopaient aussi d'une surveillance assidue.
Cette notion de privation de liberté, en tant que héros, ne m'avait jamais effleuré l'esprit auparavant mais ce n'était en soit pas le plus important. Même si ça le restait quand même.

« … Vous avez raison. Ce qui compte, au delà de ça, c'est la sécurité de la population. »

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Re: Papiers s'il vous plait ! [Rang C] || Mar 26 Juin - 11:42

Hormis ma discussion avec Takumi-san – qui eut le don de me pousser a réfléchir sur milles et unes questions – la journée se déroula sans faits marquants. Inutile donc de parler une nouvelle fois de ma fouille de documents, des rapports a taper ni même de cette patrouille agréable mais sans aucun débordement.

C'est aux aurores que j'arrivai en ce cinquième jour.
Les rues et ruelles partiellement vides offraient un contraste singulier avec l'observation coutumière. Un petit élan de solitude qui ne faisait pas de mal et qui permettait de laisser mes pensées s'échapper. Marchant dans la fraîcheur matinale, je savourai cette quiétude, bien trop rare et éphémère.

Un cri de femme retentit alors. Qu'est-ce que je disais !
Sans réfléchir plus que cela, je me dirigeai en direction de la demande de secours, courant vers la ruelle adjacente d'où cela semblait provenir.
Un gros bras s'en prenait à une jeune femme, son compagnon ou visiblement ex-compagnon vu la façon dont il s'adressait à elle. Il semblait également suffisamment remonté pour se montrer violent.

Bien. Un récapitulatif rapide se formula dans ma tête : pas de manifestation d'alter pour l'heure donc probablement un civil. Ce qui signifiait qu'un héros n'avait rien a faire là dedans et que l'utilisation du mien était donc proscrit. Je devais agir en tant qu'agent des forces de l'ordre.
Les sourcils froncés, en pleine concentration, je me rappelai les enseignements de mon père sur les techniques de désarmement et d'arrestation : des méthodes que j'avais appliqué maintes fois. La différence de taille entre nous allait sûrement le surprendre et me laisser un avantage non négligeant alors qu'il douterait de mes capacités.

« Vous l'avez entendu ? Elle vous a demandé de la laisser tranquille. »

La tenant par le poignet sans ménagement, son regard exultant la rage se tourna vers moi.

« Dégage gamine. Ça ne te regarde pas. »

Décliner mes fonctions en lui montrant mon insigne ? Non. Pas alors qu'il la tenait. Trop dangereux pour elle.

« Je me moque de votre discussion. Peu importe ce dont il retourne ce n'est pas une raison pour la brutaliser. »

Bien entendu, il n'en eut rien a carré.
Pas d'utilisation d'alter Nami. Pas d'utilisation de ton arme a feu... Sauf en dissuasion !
Sortant mon glock 19 de mon holster, je le pointai sur le crétin qui la lâcha aussitôt en levant les mains.

« Wow ! Calme toi. D'où tu sors ça ? Une gamine ne devrait pas jouer avec un truc pareil. »

« Éloignez vous d'elle. »

L'homme recula de quelques pas tandis que la femme, bien plus grande que moi, vint de mon côté.
Je me rapprochai de l'individu, toujours dans mon viseur, qui, dans une tentative désespéré – et jugeant sans doute qu'il aurait le dessus vu mon gabarit – se mit a saisir le canon de mon arme pour le dévier tandis que je la tenais toujours étonnement fermement.

Rapidement, je passai sous ses bras, nouvellement dos à lui, le forçant a lâcher l'arme dans ce mouvement peu naturel pour les os de ses bras et en profitai pour lui asséner un coup de crosse au visage. Lâchant mon glock, je me saisi de lui pour mieux lui mettre les mains dans le dos, sortant les menottes de ma poche pour mieux les lui passer alors qu'il était encore a moitié sonné.

« Vous êtes en état d'arrestation. Vous avez le droit de garder le silence. »

Sans perdre un instant, je pris mon téléphone – ma radio étant encore au commissariat – et contactai Takumi-san pour lui expliquer la situation et accessoirement, la raison de mon retard.
Me faisant savoir qu'il arrivait, je raccrochai et récupérai mon arme, absente de toute munition depuis le départ, pour la ranger dans mon holster.

« Vous allez également nous suivre, madame. »

Parce que nous avions besoin d'entendre sa déclaration. Cela déciderait, en grande partie, le sort réservé à ce compagnon sanguin, même si j'étais persuadée qu'il sortirait rapidement. Il n'avait pas commis d'acte de violence majeures. J'avais, cela dit, mon propre rapport a faire. Le fait qu'il ait tenté de me désarmer ne pesant clairement pas en sa faveur.
Au moins, il n'était pas question d'un utilisateur d'alter aujourd'hui. Une arrestation purement civile et en adoptant uniquement le code de la police.

Peu après, Takumi-san ainsi que deux agents arrivèrent sur place et prirent la relève. Une fois tout le monde au poste, la déposition de la jeune femme fut prise et l'homme interrogé. Je ne me chargeai cette fois ci pas de la manœuvre pour des raisons évidentes d'implications et donc un manque possible d'objectivité.
A la place, je fus convoquée dans le bureau de mon superviseur auprès duquel je fis mon rapport, debout, dans un usuel salut militaire.

« Agent réserviste des forces de l'ordre de Tokyo, Fubuki Nami au rapport. »

Et c'est ainsi que je lui expliquai l'affaire, sans rien omettre, pas même mon intervention pleinement exécutée en tant qu'agent et non pour le compte de l'agence de Seigi, puisque cela ne nécessitait pas l'intervention d'un héros – ou dans mon cas, d'une apprentie héros disposant de sa licence héroïque provisoire -.

La police se chargeait de bien plus de tâches variées que les héros. Un commissariat demandait une gestion et une organisation millimétrée. Les forces de l'ordre ne se trouvaient pas forcément au cœur de l'action, bien d'autres a côté englobait la sécurité du territoire et de la population. C'était bien pour ces aspects foncièrement différents, même s'ils se rejoignaient à un moment ou à un autre, que les deux institutions étaient dissociées.

Cependant, comme mon ami Hanataro-kun, j'espérais voir un jour les policiers possesseurs d'alter libre de pouvoir l'utiliser pour leur garantir plus d'efficacité au sein de leur brigade, tant que cela restait encadré.
Moi qui avait déjà vécu cette situation d'impuissance en intervention face à des vilains détenteurs d'alters, je savais à quel point cela pouvait être frustrant de ne pas pouvoir intervenir, bridée par des textes de lois alors que des vies étaient en jeu et promptes a être prises sans une intervention rapide...

Le képi de la police ou la tenue de super-héros... Il fallait choisir.
Toujours cet éternel dilemme...

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Re: Papiers s'il vous plait ! [Rang C] || Lun 2 Juil - 18:47

Le cinquième jour fut rythmé par des interventions sommes toutes basiques et quotidiennes des forces de l'ordre. Vérifications de papiers d'identité, contrôle routiers... ce genre de choses peu palpitantes.

L'agresseur de la veille, que j'avais mis en état d'arrestation, était quant à lui toujours en garde à vue après vingt-quatre heures. Il était parti pour en faire au moins autant de plus même s'il ne risquait pas grand chose. Ce qui le retenait si longtemps était sa tentative de désarmement à mon encontre, c'était certains.

De mon côté, j'avais la « chance » et le privilège d'assister à une enquête policière sur une scène de crime. Etant donnée le contexte, je ne m'étais pas mise à sauter de joie, évidemment, on parlait en plus de deux victimes : une mère et son bébé, même pas encore né...
La scène laissait penser à un suicide, la femme ayant été retrouvée avec une arme de catégorie C en main, sans autre empreinte digitale que la sienne. Elle était morte d'une balle en pleine tête.

Entièrement balisée, la zone était truffée d'experts en tout genre : une mine d'informations et d'observations.
La brigade criminelle envoyée sur place avait bien entendu pour but de déterminer si l'acte était bel et bien volontaire et, le cas échéant, déterminer qui en était l'auteur.

En tenues adaptées, Takumi-san et moi allions sur les lieux, le corps ayant déjà été retiré.
Les experts en balistique nous transmirent un dossier dans lequel était disposé des clichés de la victime, et plus particulièrement de l'impact de balle sur son crâne.
En l'observant, quelque chose me frappa tout de suite.

« Sur le front... »

Et non sur les tempes comme cela était le cas de manière plus « habituelle ».
Il y avait d'ailleurs une raison à cela : l'arme n'était que peu vue par le suicidaire.
Sur le front, au contraire, l'arme était imposante et ajoutait une pression supplémentaire à la personne souhaitant passer à l'acte, en plus de ne pas être une position des plus pratiques.

« En effet. Le calibre et l'arme corresponde par contre. »

« La balle et sa douille ont été retrouvée ? »

Questionna Takumi-san, se faisant la même réflexion que moi.

« Oui, ici. » Montra l'homme du doigt sur l'un des clichés. « Elle correspond à l'impact, mais sa trajectoire n'est pas naturelle. Nous supposons qu'elle a été déplacée. »

Mon regard se posa sur la plaie a l'arrière de la tête avant de revenir vers la coupe du front de la victime. Mon doigt se posa dessus tandis que je m'adressai aux experts du domaine qui me passionnait tant : la balistique.

« Vous avez déjà conclu qu'il ne s'agit pas d'un suicide, n'est-ce pas ? Hormis cette trajectoire douteuse que vous mentionnez, il est évident, en regardant la victime, que le point d'entrée de la balle s'est fait par l'arrière du crâne et non l'avant. »

Parce que le point d'impact était bien plus petit derrière que devant.
Le tir avait atteint la jeune femme depuis l'arrière : impossible donc qu'elle ait manié l'arme de cette façon. Et puisqu'il n'y avait pas d'autres trace adn que la sienne sur l'arme à feu, cela signifiait que : ou bien le meurtrier avait pensé à la manier de façon à ne pas en laisser – même si dans ce cas il y avait en général souvent des fibres de tissus, capillaires ou autres substances malgré tout présente – ou bien cette arme n'était pas la responsable : le criminel disposant d'une réplique similaire.

« C'est effectivement le cas. Rien ne concorde avec un suicide. La portée même du tir ne correspond pas. »

S'avançant dans la pièce, l'expert mima le port d'une arme à feu.

« Le meurtrier devait se tenir a peu près ici, le canon dans cet angle là. Rien a voir avec un coup de feu a bout portant. On peut au moins déterminé, vu la trajectoire, que la personne qui a tiré était plus grande que la victime »

Très haut à l'arrière du crâne et quasiment sur l'arrête du nez devant.
Restait a déterminer pourquoi ils étaient en possession d'une arme. Ce n'était pas dans son boulot de secrétaire médicale qui le justifiait en tout cas...

Son collègue rédigea leur rapport : ils avaient fini leur expertise.
Les points apportés par la balistique étaient précieux pour l'enquête, les autres domaines permettraient eux aussi d'affiner les possibilités jusqu'à déterminer le coupable mais cela n'était plus de mon ressort – les résultats d'enquêtes ne seraient pas soumis avant mon départ du commissariat -  pas plus que celui de Takumi-san qui interviendrait de nouveau au moment des divers interrogatoires pour en apprendre davantage sur l'affaire ou pour les perquisitions chez les suspects présumés.

Encore une journée sans alter. Sans incrimination de la minorité que nous représentions.
Une journée intéressante même si aucun d'entre nous n'auraient regretté son absence, offrant de meilleures circonstances et surtout un avenir pour cette double vie prise injustement...

Je soupirai.
Avoir conscience que l'on ne pouvait malheureusement pas venir en aide à tout le monde laissait un goût amer...
Que ce soit un acte prémédité dont nous ignorons les tenants et aboutissants en amont, ou bien la cible hasardeuse d'un psychotique... nous n'étions pas omniscients : forces de l'ordre comme Héros...
Une réalité douloureuse a encaisser.

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Re: Papiers s'il vous plait ! [Rang C] || Jeu 5 Juil - 18:20

Après le privilège d'observer une étude balistique en cours, sur le terrain, je ressortis avec des questions pleins la tête, m'interrogeant toujours sur le sens que j'allais pouvoir donner à ma carrière future.
Mais tout cela ne dura que le temps du trajet retour en compagnie de mon superviseur : il n'était pas question de lambiner et de se pencher sur mon avenir, d'autres étaient en jeu, toujours.

Changés et nos armes de fonctions retrouvées, nous repartions aussitôt en patrouille pour une ronde habituelle : des trafiquants de drogue pris sur le vif dans leur deal et mis aux arrêts après un échange musclé intégrant des armes a feu, rejoignirent l'arrière de notre véhicule, me faisant contacter le commissariat pour rendre disponible des agents pour les réceptionner et constituer un rapport après interrogatoire.
Vu la marchandise à leur disposition, il y avait fort à parier qu'ils en disposaient de plus ailleurs et donc que ce n'était pas des petits trafiquants solitaires : nous allions peut-être pouvoir entraîner tout leur réseau dans leur chute.

« Patrouille 7 au rapport : deux trafiquants de drogues arrêtés en pleine activité en zone excentrée du centre-ville de Tokyo. Usage d'armes à feu à l'encontre des forces de l'ordre avec intention meurtrière. Demande présence d'officiers pour prise en charge à notre arrivée. Terminé. »

Une annonce radio et dix minutes plus tard, nous confions nos sanguins trafiquants menottés à nos collègues avant de reprendre la route pour poursuivre notre patrouille.

Seulement, après une bonne heure d'errance sans nuisance à la paix, un message radio nous parvint, attestant de l'urgence :

« A toutes les unités ! Utilisateur d'alter de type transformation déchaîné au quartier B6, que les patrouilles les plus proches s'y rendent pour sécuriser le périmètre en attendant l'arrivée héroïque. Je répète : à toutes les unités ! Utilisateur d'alter de type transformation déchaîné au quartier B6, que les patrouilles les plus proches s'y rendent pour sécuriser le périmètre en attendant l'arrivée héroïque. »

Takumi-san et moi même échangions un regard.
Nous étions tout proche de la zone concernée et j'avais autorisation d'utiliser mon alter grâce à ma licence provisoire de troisième année.

Un hochement de tête plus tard de ma part et Takumi-san en fit autant, se saisissant de la radio à son  tour :

« Ici le commandant Takumi : je me rend sur place. L'agent Fubuki agira en soutien avant l'arrivée héroïque. Je répète : ici le commandant Takumi : je me rend sur place. L'agent Fubuki agira en soutien avant l'arrivée héroïque. »

« Bien reçu »

Dès lors, la pression monta d'un cran tout comme l'adrénaline.
La zone était plutôt bondée d'ordinaire et le contrôle de mon alter laissait franchement à désirer. Il faudrait impérativement dégager le périmètre pour que j'intervienne sans accroc.

Le gyrophare enclenché tout comme la sirène d'urgence, Takumi-san se fraya un chemin a pleine vitesse, nous faisant arriver sur place à peine cinq minutes plus tard.
La panique était notable : la population courrait dans tous les sens pour s'enfuir tandis qu'un bruit sourd se fit entendre. Une parcelle de bâtiment venait d'être détruite et s'était écroulée sur le sol, heureusement sans présence en dessous.

Sans perdre un instant, nous nous rapprochions des lieux, mon supérieur dégaina son arme tandis que je me canalisais, consciente que j'agissais ici en tant que future héroïne et non comme agent des forces de l'ordre.

Dos contre un mur et œillade discrète, nous avions finalement notre agitateur en visuel. Un homme d'une quarantaine d'années possédant des chaînes métalliques à la place des mains, servant également de grappin comme il nous le montrait en les déchaînant sur les bâtiments.
Lunette fumée sur le nez, il était impossible de voir son regard même si nous savions qu'il était accaparé par l'immeuble qu'il observait en levant la tête.

« Sors de là, enfoiré ! Planques toi comme la sous-merde que t'es comme ça tu ne seras pas le seul a crever, ordure ! »

Aussitôt, Takumi-san mis son oreillette en place et j'en fis tout autant pendant qu'il transmettait les nouvelles informations aux brigades sur place. Ainsi, nous apprenions deux deux patrouilles se tenaient également au nord et a l'est de notre position, l'individu également dans le champ de vision.

Cette situation me rappelait celle qui avait initié mon désir de rejoindre Yuei pour apprendre a utiliser mon alter, craint et trop longtemps laissé de côté.
Je me souvenais encore de la frustration de ce jour, alors que la bridage de mon père s'était retrouvée impuissante devant deux utilisateurs d'alters : incapables de rivaliser et donc d'intervenir, laissant la main aux héros...

« Sécurisez le périmètre ! Qu'une équipe pénètre par l'arrière du bâtiment pour mettre en sûreté ceux qui s'y trouvent. Il a une dent contre un homme qui se trouve vraisemblablement dans ces locaux. L'agent Fu.... Cold Breath entre en action. »

Après un nouvel échange de regard, captant le signal de mon mentor, je m'élançai par la gauche, courant furtivement a travers les bâtiments pour arriver dans le dos de la cible.
Le grappin chargé, il le relâcha en direction des vitres a pleine vitesse me laissant tout juste le temps de geler le sol jusqu'à lui, englobant sa jambe et sa chaîne tendue dans ma glace, le stoppant dans son mouvement.

Surpris, l'homme se retourna, semblant chercher pendant une demi seconde de trop l'origine alors que j'étais la seule présente sur place : Ha... mon gabarit me laissant indemne de toute suspicion... quel avantage parfois.

« On ne bouge plus ! »

Mais il ne se dégonfla pas pour autant.
Exultant la rage, il se débattit et déjà ma glace commença à se fissurer si bien que je renouvelai mon action pour la consolider, le laissant évidemment tenter de me harponner avec son grappin libre.

« Dégage ! J'vais te buter toi aussi ! »

Un bond sur le côté me permit d'esquiver mais il effectua une rotation imprévue et parvint à se saisir de ma cheville.
Sans perdre un instant, je gelai et emprisonnai la chaîne au contact, la fragilisant, avant de frapper dessus fortement avec mon pied libre pour la casser, me libérant de son emprise tout en l'empêchant de s'en servir pour le moment, retenue au sol par ma glace.

« Cible neutralisée, mais restez prudents. »

Communiquai-je dans mon micro-oreillette tandis que mes mains tremblaient imperceptiblement sous l'effet de la brûlure du gel, une plaque de glace commença même a apparaître sur mon bras gauche.

Serrant la mâchoire sans perdre mon objectif de vue, j'appliquai une nouvelle fois mes mains au sol,  créant une traînée de glace hérissée jusqu'à l'homme pour bloquer son autre jambe, le laissant vociférer de frustration et de colère tandis qu'il forçait toujours plus.

Les forces de l'ordre sortirent en bon nombre de leur cache, encerclant la cible en la tenant en joue.

« Vous êtes cernés ! Toute tentative ne ferait qu'aggraver votre cas ! Rendez vous ! »

Pestant, l'homme se résigna, sachant pertinemment qu'il ne pourrait pas faire face a toutes ses armes a feu pointées sur lui.
Je remodelai ma glace au contact pour entraver ses « bras » entre eux, de la base de l'épaule jusqu'aux mains pour être sûr qu'il ne tenterait rien de stupide.
Escorté par des officiers prudents, il fut ensuite conduit dans un fourgon où ses mouvements furent entravés pour être sûr qu'il ne puisse rien faire, même s'il parvenait à se défaire de ma glace.

« Bon travail, Fubuki. »

Vint me complimenter Takumi-san tandis que je me contentai d'un hochement de tête respectueux, soutenant mon bras gauche partiellement couvert de glace, tout en ajoutant un :

« Je n'ai fait que mon devoir, comme tout le monde. »

Peu après, l'homme visé dans le bâtiment fut localisé et emmené au poste pour apporter des éléments de réponse sur la rage de celui aux grappins.
Des patrouilles restèrent sur place pour garantir la sécurité et baliser les zones dangereuses où les locaux avaient été endommagés et où des parcelles de murs risquaient de s'effondrer.

De notre côté, Takumi-san et moi même rentrions au commissariat après l'avoir rassuré sur mon état qui était fréquent lorsque j'utilisai un peu trop mon alter. J'eus donc le droit a une bonne tasse de chocolat chaud que je pris plaisir a poser sur mon bras gelé, laissant peu a peu apparaître ma peau sous cette mince pellicule de glace.

Le héros confirmé n'avait même pas eu a intervenir... Je pouvais avouer être assez fière.
Fière de ma performance mais surtout d'avoir pu agir et aider la brigade au mieux face à un utilisateur d'alter, cette fois-ci...

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