Bad girl and Lonely girl [ELSIE ROSEWOOD]
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Bad girl and Lonely girl [ELSIE ROSEWOOD]

Terumi Rei
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Surnom : ONE SHOT
Profession : Élève 3T - Filière Héroïque
Rang : B
Yens : 435
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Bad girl and Lonely girl [ELSIE ROSEWOOD] || Lun 25 Juin - 17:29

Bad girl and Lonely girlft. Elsie Rosewood


La fenêtre grande ouverte, les coudes sur les rebords, j'observe le ciel une clope au bec, de la fumée s'échappe de mes narines, mon esprit est ailleurs. Je pense à plein de choses, à quoi ressemblerait ma vie si ma mère ne m'avait pas abandonnée ? Est-ce que je serais heureuse ? Aurais-je la même désinvolture que celle qui m'anime jour après jour depuis maintenant dix-neuf ans ? Des dizaines de questions me taraude l'esprit, mais elle m'amène toute à la même conclusion, je ne le saurai jamais.

La sèche est consumée intégralement, je décide de me redresser et de laisser la fenêtre toujours ouverte pour garder l'aération et limiter l'odeur du tabac que l'on peut sentir dans mon logement. Ma piaule est très simple, il n'y a qu'une grande pièce qui fait office de chambre, salle à manger et cuisine. Il n'y a aucune décoration, les murs sont restés vierges, aucune photographie pouvant représenter un épisode de ma vie, juste un lit, une table, un frigidaire et un meuble pour y faire la cuisine avec les ustensiles qui vont avec. J'aurai pu rester dans les logements étudiants de Yuei, mais à mes dix-huit ans j'ai décidé de claquer la porte à cette aide administrative. Depuis ma naissance, je suis aidée par les administrations, comme si je ne pouvais pas me débrouiller par moi-même ! Depuis l'obtention de ma majorité je ne veux plus qu'aucune administration vienne me porter secours. C'est vrai que je pourrais garder mon argent durement acquis grâce à mon alternance à Tsukeru, et avoir recours aux aides, mais je ne veux plus être une assistée du système, trop c'est trop.
Cette volonté de me débrouiller seule, d'être adulte je m'y atèle même en dehors de Yuei, consciente de mes lacunes dans certains domaines, je suis obligée de rattraper mon retard en dehors de mes heures de cours. Mais là encore, je ne veux pas être aidée par l'administration de l'établissement héroïque. Il y a trois jours j'avais eu la chance de capter une conversation d'étudiantes de deuxième année à la cantine parlant d'un site internet où l'on pouvait trouver des tuteurs pour différentes matières. Telle une espionne, j'ai épié leur discussion sans aucune gêne prenant toutes les informations qui me seront utiles pour ma propre personne. Je me suis trouvée une tutrice en anglais, et j'attends cette dernière.

Je me laisse tomber de tout mon poids sur mon lit, les bras en croix. Mes prunelles chocolat observent le plafond. « Pwaaa, je déteste attendre. » La patience n'est pas une de mes qualités, d'ailleurs cela me fait même défaut et dire que je suis dans l'agence Tsukeru, là où la patience est reine. Il n'y a que quand j'ai une arme dans la main où j'arrive à modérer cette impatience qui me caractérise tant. Le ventilateur au-dessus de ma tête est à l'arrêt, après je n'ai pas trop le choix puisque ce dernier est cassé. J'ai bousillé le système en lui tirant dessus un soir avec mon pistolet à bille qui me sert à l'entrainement. Il m'arrive de réfléchir après l'action, et des fois je me rends compte de certaines de mes boulettes. Au moins, je ne regrette pas puisque je n'arrive pas à exprimer de regret quand je fais quelque chose, ça par contre c'est un avantage selon le point de vue que l'on a. Bang bang, my baby shot me down. Je commence à fredonner la mélodie pour m'occuper. Ma chanson préférée, d'ailleurs la seule chanson que j'écoute.

DING DONG ! La sonnette vient de retentir. Je me dirige vers ma porte d'entrée et j'ouvre cette dernière. A ma grande surprise ce n'est pas ma tutrice, mais mon voisin du dessous. Il a le regard noir et une mine sévère. « Tu me veux quoi ? » Le mépris se lit sur mon visage, cet imbécile me gonfle puisqu'il me fait des reproches toutes les semaines depuis que j'ai emménagé ici. Je l'écoute sans prononcer la moindre parole. Monsieur n'est pas content parce que je balance mes mégots de cigarette par la fenêtre, car ces derniers tombent sur son balcon. Ok, très bien, next j'ai envie de dire, mais je le garde pour moi. Un petit sourire narquois apparait sur ma face de jeune femme, quand ce dernier me lance que je suis une honte pour Yuei, jamais cet établissement aurait dû m'accepter et que je ne serais jamais une héroïne. « C'est tout ? Bon tire-toi avant que je t'en colle une, sinon tu risques de te faire botter le cul par une gonzesse. » Sur ces douces paroles, je ferme violemment ma porte pour retourner près de mon perchoir.
La sonnette retentit de nouveau, je n'ai pas le temps de faire dix pas que je suis sollicitée de nouveau à l'entrée. Dans un grand mouvement j'ouvre ma porte. « Tu la veux vraiment pauvre con ! » Pensant toujours avoir affaire à mon abruti de voisin. Malheureusement ce n'est pas le cas quand je me rends compte que la personne n'est pas celle que je crois. Mon visage est non loin du sien. Je recule légèrement pour laisser de l'espace à la personne qui me fait face, et montrer que mon agressivité n'était pas tournée contre elle.

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Murakami Arashi
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Re: Bad girl and Lonely girl [ELSIE ROSEWOOD] || Mar 26 Juin - 2:15

Ce qu’il y a de bien, lorsqu’on a deux emplois, c’est qu’on a moins de temps libre pour réfléchir à sa vie. Moins d’opportunités d’être à l’arrêt et de contempler sa situation, de faire face à ses émotions refoulées. On doit toujours continuer d’être en mouvement et de courir contre la montre. Boire des cafés à la file pour garder un niveau élevé d’énergie et essayer d’être productif et efficace. Le côté un peu plus négatif, toutefois, c’est quand tu sors du premier boulot pour te rendre au second et que tu réalises qu’il te manque quelque chose. Vous l’aurez compris, mon sac contenant mon matériel de tutrice d’anglais était resté à la maison. Pire, je savais très précisément où il était. Dans l’entrée, sur le petit banc, à côté du porte-manteau. C’est donc en lançant quelques jurons que je m’étais résolue à faire un détour pour passer par la maison. J’y déposai quelques trucs, prennant ce dont j’avais besoin et attrapant une pomme que je mangerais en route au passage, en espérant ne pas être trop en retard.

Spoiler alert, j’étais totalement en retard. D’autant plus que je devais trouver l’appartement de la jeune fille à qui j’allais enseigner, ce qui n’était jamais facile. J’avais beau habiter au Japon depuis quelques années, je ne m’étais toujours pas améliorée dans la lecture des panneaux de circulation. Si seulement… Je me mordis la lèvre inférieure avant de souffler un grand coup. Pas de ces pensées-là. Je devais rester concentrée et productive. Et indépendante. J’arrêtai donc la voiture pour aller demander mon chemin, ce qui me permit de gagner de précieuses minutes. C’est finalement avec un air de victoire que je garai la voiture, la verrouillai et en sorti avec la sangle de mon sac d’enseignante à l’épaule.

Je montai l’escalier et m’engageait dans le couloir qui semblait être celui où se trouvait l’appartement de mon élève du jour. Accessoirement, des voix semblaient s’élever un peu plus loin, dans la direction dans laquelle j’évoluais. Une altercation était-elle en train de se produire ? J’haussai le pas, me remémorant intérieurement les diverses stratégies d’intervention que l’on m’avait apprises par le passé et que je m’efforçais toujours de mettre en application avec le plus de minutie possible. Néanmoins, cela ne serait visiblement pas nécessaire pour cette fois. Quelqu’un venait tout juste de claquer une porte et, à mon arrivée, il ne restait plus qu’un pauvre homme qui passa devant moi en vociférant, les poings s’agitant dans tous les sens. Il semblait chamboulé, pour ne dire que ça. Une vérification rapide me confirma que l’élève que je devais rencontrer était, justement, derrière cette fameuse porte dont le bruit résonnait encore dans ma tête. Espérons que je pourrais bénéficier d’un accueil moins mitigé.

Je m’armai d’un sourire et appuyai sur la sonnerie, attendant ce qui allait inévitablement se produire : j’allais devoir gérer une personne possiblement frustrée, en espérant qu’elle soit capable d’assez de sang froid pour ne pas s’emporter contre une tierce personne. La réalité fut d’ailleurs un pas au-delà de ce que j’avais imaginé. À peine avais-je sonné qu’une jeune femme ouvrait pour mieux me lancer des paroles… peu invitantes. J’adoptai un air surpris, mes yeux s’agrandissant. Heureusement, la brune se calma rapidement, sous le choc elle aussi. Et venait enfin le moment de malaise, où la pauvre demoiselle ne savait pas que faire d’autre sinon de reculer en demeurant silencieuse. Je retrouvai pour ma part le sourire, pas plus dérangée que cela. Même, j’étais amusée par sa force de caractère, me doutant bien que cela risquait de se retourner contre moi lors de ses apprentissages.

« Voilà un accueil chaleureux. Mademoiselle Terumi, c’est bien cela ? Je suis Elsie Rosewood, votre nouvelle tutrice d’anglais. Si nous pouvions entrer, j’aurais quelques questions à vous poser pour évaluer votre niveau et vos besoins. Oh, et j’aimerais bien apprendre à vous connaître également, bien sûr. »

Terumi Rei
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Re: Bad girl and Lonely girl [ELSIE ROSEWOOD] || Mar 26 Juin - 20:05

Quelle conne je suis ! Moi et ma foutue impulsivité à deux sous. Cela ne m'a pas effleuré une seule seconde que la personne qui sonnait à ma porte pouvait être ma tutrice. Oui je suis gênée, d'habitude je me moque de m'embrouiller, de laisser une mauvaise image de moi, mais là c'est différent. Je reste silencieuse. Tout en reculant légèrement, je remarque le sourire sur le visage de la femme qui me fait face. Bon elle a l'air de ne pas avoir trop mal pris la chose, tant mieux pour moi. Le son de la voix de mon invité brise le malaise qui régnait dans la pièce. Elle ironisait sur mon accueil, tout en se présentant à moi. Elsie Rosewood. Elle me demande de la laisser entrer, je recule suffisamment pour lui laisser l'espace nécessaire et je referme la porte derrière elle. Entretemps, elle me prévient qu'elle va me poser des questions pour évaluer mon niveau ainsi que mes besoins. Les questions pour jauger mon niveau ne me posent pas problème, néanmoins ce n'est pas le cas pour la partie qui concernait à apprendre à me connaître, car cela signifie parler de moi. S'il y a bien une chose que je n'aime pas faire, c'est de parler de moi.

« Faites comme chez vous. » Dis-je pour essayer de montrer un côté accueillant dans ma personnalité. « Une chose avant de commencer, si vous voulez vous adresser à moi, dites Rei simplement. » Je n'aime pas que l'on m'appelle par mon nom pour la simple et bonne raison que je possède ce dernier depuis mon entrée à Yuei il y a deux ans de cela, car il fallait un nom et un prénom à inscrire dans le dossier. Depuis que je sais communiquer avec autrui, je considère me prénommer Rei, uniquement un prénom et rien de plus.

Je m'installe près de ma table, il y a deux coussins au sol un pour moi et un pour un invité, en l'occurrence ma tutrice. « Bon, je m'appelle Rei, j'ai dix-neuf ans et je suis en troisième année à Yuei en filière héroïque. Voilà. » Une présentation courte et simple qui résume parfaitement ce que je suis. On va croiser les doigts pieds pour que mademoiselle Rosewood ne se rende pas compte que mon âge est supérieur à la moyenne d'âge d'un lycéen en dernière année à Yuei. Après, je n'y peux rien, mais au foyer on m'a fait commencer en retard l'école, donc maintenant je le paye. Il n'y a rien sur la table, je décide de me relever pour aller chercher des boissons. Je me dirige vers mon frigidaire et j'ouvre ce dernier, j'y extirpe une bouteille de soda en verre, une bière en canette et une bouteille d'eau minérale en plastique. Mon invité aura l'embarras du choix. Je pose le tout sur la table, mais avant de m'asseoir je vais également prendre un verre. Pour ma part, je n'utiliserai pas de verre, je préfère boire à même la bouteille. J'ouvre mon soda sans l'aide d'un décapsuleur en utilisant mes dents. « A la vôtre ! » Je porte la bouteille en verre contenant le liquide marbré à mes lèvres et je bois à pleine gorgée le breuvage sucré.

Ma gorge réhydratée, je regarde la jeune femme. « Je vous laisse me questionner pour que vous sachiez dans quel merdier vous allez mettre les pieds, car je suis une vraie bille en anglais. » Déjà qu'avec le japonais j'ai eu beaucoup de mal à l'apprendre que ce soit de le lire comme de l'écrire, alors apprendre une langue étrangère c'était une galère incommensurable. Au fond de moi, je sais que ces cours ne feront pas tellement de miracle, je n'y crois pas trop, mais je préfère essayer avant d'abandonner. « Enfin, j'ai une petite base. Je connais, Holy Shit ! F*uck ! Ce genre de choses quoi. » Et en plus j'en suis fière. Des étudiantes comme moi, mademoiselle Rosewood ne doit pas en avoir beaucoup, je suis assez unique dans ma façon d'être, je détache clairement des autres jeunes filles de mon âge.
Ma fenêtre étant toujours ouverte on entend les cris des enfants qui jouent dehors. Je fais une légère moue du visage, je n'aime pas les gosses, ils me sortent par les yeux. Quand je les vois se courir les uns les autres, j'ai envie de leur tirer dessus - avec une arme non-létale bien évidemment. « Je vais fermer la fenêtre pour qu'on soit tranquille. » Une nouvelle fois encore je me lève, mais avant de la refermer je vais dire ce que je pense à ses garnements bruyants. « Fermez-vous gueules les morveux. » J'y ai mis toute la puissance que je pouvais pour bien me faire entendre. La fenêtre étant close, je me rassoie et j'espère que je n'aurai plus à me relever, parce que là j'en ai marre.

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Murakami Arashi
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Re: Bad girl and Lonely girl [ELSIE ROSEWOOD] || Mer 27 Juin - 8:54

Sitôt que j’avais pénétré l’appartement, mon regard vert s’était promené un peu partout avec curiosité. J’étais entrée ici telle une enseignante et, de ce fait, avais laissé à la porte mon statut d’héroïne, de veuve et ma déprime. Je repensais à ce que j’avais appris, non pas seulement en terme d’anglais ou de pédagogie, mais bien de psychologie. Si je désirais construire une relation de confiance avec mon élève et la guider sur le chemin de l’apprentissage, alors je devais commencer par la comprendre. À vu de nez, j’avais l’impression qu’elle habitait seule. Assez mature, donc, pour avoir son propre chez soi, mais assez jeune pour avoir besoin d’une tutrice. Également, l’absence de parent était, ironiquement, un grand plus. J’avais déjà eu à faire avec des jeunes considérés délinquants dont les parents m’avaient appelé. Généralement, il n’y avait rien à faire. L’élève lui-même n’avait qu’une seule envie : tourner les talons. Toutefois, dans le cas de mademoiselle Terumi, ou Rei plutôt, la jeune femme avait décidé de me contacter d’elle-même, présentant donc une réelle volonté de progresser. Enfin, peut-être était-ce un peu tôt pour catégoriser la brune, mais la scène à laquelle j’avais eu droit en rentrant me donnait cette impression.

« Très bien. Appelez-moi Elsie dans ce cas. Je ne suis pas japonaise de toute façon alors l’absence de suffixes ne me dérange pas. »

Avais-je dit peu avant de découvrir la table. Bien sûr, une table basse et des coussins, bien à la japonaise. Cela me rappelait des souvenirs, alors que j’avais dû faire des pieds et des mains pour convaincre celui qui deviendrait plus tard mon mari de me laisser acheter une table à l’occidentale. La seule chose qui avait réussi à le faire plier avait été ma promesse de lui laisser acheter un kotatsu pour le salon. C’est avec ce souvenir en tête que je pris place à la table de Rei, un vague sourire nostalgique encore accroché au coin des lèvres. Peu après cela, la brune entreprit de se présenter de façon plus complète, me dévoilant son âge et son occupation. Une élève de Yuei. Voilà qui était intéressant. Possédait-elle un Alter ? À quelle agence était-elle affiliée ? Peut-être cela me permettrait-il d’établir des points communs avec elle pour établir un début de lien de confiance ?

« Je n’y suis jamais allée, mais l’on m’a dit beaucoup de bien de cette école. Je travaille pour l’agence Kyuunan lorsque je ne suis pas occupée à enseigner l’anglais alors, forcément, j’ai entendu parler de Yuei. »

Conclus-je avant de récupérer la bouteille d’eau que la jeune femme avait mis à ma disposition, sur la table. Après cela, Rei avait entrepris de me laisser découvrir sa très faible base d’anglais. Selon ses dires, elle ne connaissait que deux ou trois jurons basiques, que n’importe qui pouvait apprendre simplement pour la rigolade. D’ailleurs, sa fierté faisait plaisir à voir. Je ne pouvais m’empêcher d’en rire intérieurement. J’avais connu quelqu’un comme ça. Un individu qui avait un talent unique pour les mauvaises premières impressions, dont le langage était coloré et choquant, mais qui avait en vérité un cœur d’or et qui se montrait profondément passionné pour ce qui lui tenait à cœur. Si je n’étais pas toujours d’accord avec ses façons de faire et que je l’avais souvent repris car ses paroles crues poussaient mes cheveux à se dresser sur ma tête, cela ne m’avait pas empêchée d’épouser ce même individu et de partager de très beaux moments avec lui. À présent, j’avais envie de mettre en œuvre ce que j’avais appris à ses côtés pour offrir le bénéfice du doute à cette jeune femme et lui apporter mon aide sans la juger. Ou le moins possible en tout cas, parce que mine de rien, on ne va pas se le cacher, j’aime quand même juger les gens.

« Il faut bien commencer quelque part. Que tu ais fait les démarches nécessaires pour rencontrer un tuteur démontre que tu es décidée à apprendre en tout cas. »

Avais-je eu le temps de formuler avant que des enfants jouant à l’extérieur ne viennent perturber notre discussion. Enfin, en soit ils ne faisaient rien de mal, qu’on se le dise. Ils étaient dehors, après tout, et l’heure était respectable. Si j’aurais été capable de simplement ignorer cette distraction, ce n’était visiblement pas le cas de mon interlocutrice qui s’excusa brièvement. Il y avait un drôle de contraste entre sa façon de s’adresser à moi et la façon dont elle réprimandait les gamins. Comme ennuyée, elle était ensuite venue reprendre sa place pendant que je me retenais pour ne pas pouffer de rire. J’ignorais pourquoi cela m’amusait, si ce n’était que son attitude me rappelait une myriade de bons souvenirs. À une autre époque, sans doute lui aurais-je adressé un regard désapprobateur. À présent, toutefois, j’avais l’impression d’effleurer, en sa compagnie, un état d’esprit qui n’avait plus été le mien depuis le départ de mon cher et tendre. Désireuse à la fois de gagner sa confiance et de satisfaire mes impulsions, je choisis d’agir sans m’embêter de réflexions intempestives.

« Voyons, Rei, c’est loin d’être acceptable. » Je marquai volontairement une pause, un sourire malicieux encore au coin de mes lèvres. Valait mieux ne pas la faire attendre trop longtemps toutefois, j’avais l’intuition que la brune était du genre à avoir la mèche courte. « Nous sommes en pleine leçon d’anglais, c’est l’occasion idéale de pratiquer vos prononciations. Permettez ? » Cette fois, c’était à mon tour de quitter la table et de m’approcher de la fenêtre, que j’ouvris. Je ne m’adressais à personne en particulier et, pour être honnête, ma voix était moins forte et moins décidée que celle de mon élève, mais l’intention était là.

« Shut up you little brats !! » Et je refermai la fenêtre, me tournant vers la brune en reprenant mon sérieux, dressant l’index pour appuyer mes mots et m’assurer que la première leçon du jour soit bien comprise. « Shut up est une façon très direct de dire à quelqu’un de se la fermer. You est l’équivalent de tu. Little signifie petit et, finalement, brats signifie… euhm… garnement. Voilà. Tu veux essayer ? »
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Re: Bad girl and Lonely girl [ELSIE ROSEWOOD] || Jeu 28 Juin - 22:43

Je ne comptais pas utiliser de suffixe pour m'adresser à la jeune femme qui se trouve dans mon salon. Déjà je la vouvoie ce qui est énorme, alors sortir des san et compagnie, il ne faut pas exagérer non plus. Bref, tout ça pour dire que ma tutrice souhaite que j'utilise son prénom pour converser avec elle. Why not.
Pour le moment, c'est davantage Elsie qui se présente à moi et non l'inverse comme il aurait été d'usage. Première chose, elle est étrangère elle doit venir d'un pays anglophone, lequel je ne serais pas le dire, car pour moi tous les occidentaux se ressemblent. Deuxième point, elle n'a jamais étudié à Yuei, néanmoins elle appartient tout de même à l'une des agences héroïques du pays, celle de Kyuunan. « L'agence où il faut sauver Willy. » Oui je me moque d'elle où plutôt de Kyuunan, la rivalité entre les trois agences est constamment présente et je dois représenter avec fierté les couleurs de mon groupe. « Je suis à Tsukeru, a agency best. » Et le clin d’œil qui va avec en prime.  

Après avoir montré mes talents de gueularde professionnelle à ma tutrice, je me retourne m'asseoir à ma place. Je lève mes sourcils devant la perplexité de la situation. Elsie me reproche que ce n'est pas correct. Quoi gueuler sur des enfants là où elle vient c'est un crime ? Je suis sûr le point d'ouvrir ma bouche quand la jeune femme m'annonce que je suis en pleine leçon d'anglais et que je dois pratiquer. Mon interlocutrice veut me montrer comment procéder, elle me demande même ma permission avant de s'exécuter. Mort de rire. « Vas-y. » Le vouvoiement à sauter et mes bras sont levés pour lui affirmer mon autorisation de faire ce qu'elle a en tête de faire.
Mademoiselle Rosewood se lève. Qu'est-ce qu'elle va faire ? Là j'avoue je ne comprends pas trop. Elle ne va quand pas fouiller dans mes affaires. Eh, je n'ai pas envie qu'elle trifouille dans mes sous-vêtements ! Je me fourvoie complètement quand je vois qu'Elsie se dirige vers la fenêtre que je viens de fermer plus tôt. La jeune femme l'ouvre. Si j'avais su, je ne l'aurai pas fermé il y a quelques instants. C'est peut-être une technique pour voir si je vais lui dire quelque chose en défaisant ce que je fais ? Non plus, je pars vraiment trop loin. La voix de la tutrice change de ton, mais aussi de langue, cette dernière est en train de parler en anglais. Je comprends très vite qu'elle s'est adressée aux morveux que j'ai engueulés plus tôt. D'accord, donc en gros si je dois parler faut que je le fasse en anglais. L'héroïne, car s'en est une puisqu'elle appartient à ces fragiles de sauveteurs, m'explique la phrase qu'elle a prononcée. Je l'écoute attentivement.

J'affiche un sourire puisque je dois essayer à mon tour et que je sais par avance le massacre que cela va être. J'arrive à gérer les mots que je connais, là pour moi c'est de l'inconnu. « Alors ... euh ... shot up yu little wrats. » Ce n'est pas ça je le sais, mon accent est à écorcher un pauvre Akita Inu. Il est vrai que les cours d'anglais en classe ne m'ont jamais véritablement intéressé, certes mon corps est présent pendant l'heure de cours, mais mon esprit est ailleurs. La technique du corps astral, mais qui est physique, en gros la technique du glandeur ou glandeuse.
Étant une grande spécialiste du je n'arrive pas à me concentrer sur un sujet, c'est pour ça que j'enchaîne sur un autre sans aucune liaison entre eux, je décide d'assouvir ma curiosité, et en prime je ne la vouvoie même plus, je n'arrive pas à rester polie longtemps, je fatigue si je peux le dire. « C'est quoi ton ... ah oui en anglais. » Je marque un temps d'arrêt pour trouver les bons mots. « What your Alter ? » Normalement, je ne me suis pas trompée. Depuis qu'Elsie m'a annoncé qu'elle travaillait pour l'agence Kyuunan, j'ai envie de connaître son pouvoir. Est-il de type attaquant ? Défensif ? Une capacité accrue ? Il y a tellement de possibilité. Moi par exemple, je ne rate jamais ma cible si on me met une arme dans les mains, on m'enlève l'arme mon alter ne se manifestera pas. Je pense que j'aurai adoré pouvoir créer des boules de feu avec mes paumes pour ensuite les lancer sur mes ennemis. Je mettrais la ville en feu.

« Je suis curieuse quand ça concerne les autres, mais quand c'est moi je deviens une tombe. » Je ne sais pas trop pour qu'elle raison j'avoue à ma tutrice que je n'aime pas parler de ma personne. Peut-être mon inconscient qui parle pour moi ? En tout cas avec cette phrase je suis prête à mettre ma main au feu qu'Elsie va vouloir creuser. Elle n'a pas l'air d'être le genre de personne qui ignore les autres, sinon elle ne serait jamais rentrée à Kyuunan, puisque leur mission première est de secourir les civils en difficulté. Mes prunelles marron observent celles de la jeune femme, et je me tais.

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Re: Bad girl and Lonely girl [ELSIE ROSEWOOD] || Mer 4 Juil - 3:26


J’avais évoqué mon appartenance à l’agence Kyuunan et, bien évidemment, la réaction avait été celle que l’on me donnait la moitié du temps. Tellement prévisible et, surtout, tellement frustrant et immature ! Inutile de dire que j’étais un peu touchée dans mon orgueil et que j’avais envie de lui exposer les raisons pour lesquelles son dédain pour Kyuunan était injustifié et stupide, mais n’eu pas besoin de le faire. Elle me réconforta avec son anglais tout déglingué, me poussant à esquisser un sourire moqueur. « And regrouping only the finest english speakers it would seem. » Certes, je sais, pas très bien pour une prof de se moquer comme ça, mais voilà. Elle l’avait cherché ! Puis je suis une tutrice d’anglais, pas un modèle à suivre. Le reste des événements, vous le connaissez déjà alors permettez moi d’être une feignasse et d’utiliser l’avance rapide.

J’avais pris l’initiative de jouer les exemples en engueulant moi-même ces enfants, encore une fois quelque chose qui allait très probablement me disqualifier si un jour je désirais devenir un bon modèle pour qui que ce soit. Toujours est-il que Rei ne semblait pas du genre à s’en formaliser, participant avec amusement à l’exercice, démontrant hors de tout doute que sa prononciation allait avoir besoin d’être travaillée. Néanmoins, je me permis de l’encourager en applaudissant sa performance. « C’est un bon début ! » Car la motivation était là et, honnêtement, c’était la partie la plus importante. Je devais simplement m’assurer de l’encourager dans cette voie et de garder cette flamme de l’apprentissage bien vivante. Suffisait de trouver ce qui la motiverait elle et lui donnerait envie de continuer à faire des efforts et à se surpasser. Et, comme pour bien faire, c’est d’elle-même que la brune m’annonçait ce qui pouvait potentiellement être un incitatif à bosser sérieusement. Même si sa vision de Kyuunan était péjorative, ça ne l’empêchait pas de se demander si j’avais un Alter et, surtout, de vouloir le connaître.

J’esquissai un énième sourire malicieux, toute contente que j’étais. J’ignorais pourquoi d’ailleurs, mais cette fille me plaisait. Je sentais qu’elle allait me donner du fil à retordre et, bizarrement, j’en étais heureuse. Moi qui ne traversait la vie qu’en traînant des pieds à présent, enchaînant les habitudes par simple nécessité plutôt que par une quelconque motivation, j’étais toujours heureuse de tomber sur un défi stimulant, quitte à courir le risque de faire un faux pas en cours de route. Et oui, j’avais conservé de lui plus que des meubles et de l’héritage visiblement. Ses façons de penser s’étaient insinuées en moi et, petit à petit, modifiaient ma vision des choses ainsi que mes désirs. « Pour l’instant, c’est un secret ! Je te ferai une démonstration quand tu auras amélioré ta prononciation et ta syntaxe. Puis c’est moi qui doit apprendre à te connaître normalement ! » Ce à quoi elle avait avoué préférer en apprendre sur les autres, mais se montrer plus réticente lorsque l’on cherchait à la faire s’ouvrir. Nouveau sourire de ma part.

« Je comprends tu sais, je suis comme ça aussi la plupart du temps. Enfin, sauf avec mes élèves et avec une poignée de potes à qui j’aime me plaindre. Sans doute aimeraient-ils beaucoup que je sois plus discrète moi aussi ! » Pour le coup ma crédibilité en serait peut-être légèrement entachée, mais vu l’oiseau j’osais me croire en bonne compagnie pour le coup. Désireuse de l’aider à se mettre un peu plus à l’aise, j’allais récupérer mon sac d’enseignante. J’avais fait un détour et j’étais arrivée en retard pour aller chercher mon matériel alors autant en tirer profit ! « Retournons donc en territoire plus impersonnel, histoire que tu n’ais pas besoin de te mouiller trop vite. J’ai emporté avec moi un petit questionnaire à te faire remplir, pour tester ton niveau d’anglais. Pas de pression surtout, s’il y a des trucs dont tu ne connais pas la réponse ce n’est pas grave. Ce test vise à évaluer ton niveau actuel d’anglais pour nous permettre de cibler tes faiblesses et de voir ce que nous devons travailler en premier. Prends le temps que tu veux, je ne suis pas pressée. » Sur ce, c’est avec le sourire que je lui tendis finalement une copie vierge, accompagnée d’un crayon et d’une gomme à effacer. Certes ce n’était rien de plaisant, mais il fallait bien commencer quelque part.


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