Entretien avec un vampire [Akio]
header

Partagez|

Entretien avec un vampire [Akio]

Tenryû Ayako
Principale de Yuei
avatar
Surnom : Lightning
Profession : Principale de Yuei
Rang : S
Yens : 1190
Renommée : 316
Entretien avec un vampire [Akio] || Sam 2 Juin - 13:08

Yuei allait rouvrir dans trois jours exactement. L’effervescence qui allait emplir les couloirs, les milliers de problèmes à régler à la journée, la logistique infernale, et surtout du début d’année où les secondes allaient être totalement perdus et tiraillés entre l’envie de briller et de prouver qu’ils étaient les meilleurs, et l’envie de se taire, se faire tout petit parce que le lycée était bien trop imposant pour leur carrure de gamin de 15 ans. Fort heureusement, Ayako était aidée par une horde de secrétaires et d’administrateurs. Elle n’aimait pas déléguer entièrement, et garder un œil, même lointain, sur tout ; mais il était humainement impossible, même pour elle, de gérer tout le lycée.

Le seul domaine dans lequel elle avait gardé le monopole, était dans l’équipe pédagogique. Il y a deux ans, lors de sa nomination principale, l’affaire avait fait grand bruit. D’une part, car la nouvelle en elle-même avait été un choc. Lightning était une héroïne en activité, l’une des plus appréciées, l’une des plus puissantes ; rien ne l’envoyait se perdre dans les méandres de l’administration d’une école de formation. Mais l’opinion a été ravie de savoir que l’avenir des héros semblait entre de bonnes mains, et les quelques jours qui ont suivi sa nomination ont été entièrement dévouées à son adulation. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’Ayako avait négocié ardemment sa nomination : elle ne voulait pas n’être qu’un pion sur un échiquier. Former les héros, les ingénieurs, les politiciens de demain, pourquoi pas, ça pouvait l’intéresser : mais pas à n’importe quel prix. Si elle était à la tête du lycée, il fallait qu’elle en soit la tête pensante et la tête dirigeante.
Début mars 299, elle avait convoqué une conférence de presse. Seuls quelques médias s’étaient déplacés, l’effervescence autour d’elle s’étant déjà tassée. Ils s’attendaient à des mesures minimes, un changement ou deux dans la politique éducative, l’annonce du numerus clausus de la filière héroïque de la promotion : bref, les informations bateaux qui précédaient la rentrée de Yuei. A la place, Ayako lâcha une véritable bombe, qui fit mordre les doigts à chaque journaliste absent de la salle de conférence. Les images ont fait le tour du Japon : l’image de la principale de Yuei, s’avançant vers l’estrade, habillée en noir et portant un foulard blanc. Sans feuille de discours, sans prompteur, sans note. Elle s’était présentée devant les journalistes sans filet, déterminée et sachant pertinemment qu’elle allait provoquer un séisme médiatique.

    » La publication du numerus clausus, des dates des épreuves d’entrée et des modalités administratives sera faite entièrement sur le site du lycée d’ici deux semaines. La date exacte vous sera communiquée dans les deux jours.

Les quelques journalistes présents se regardèrent en chiens de faïence : la principale ne se serait pas déplacée pour ces quelques mots. Un silence pesant s’installa dans la salle.

    » J’ai convoqué cette conférence de presse pour vous faire part d’une annonce de la dernière minute. A la suite d’une renégociation entre l’administration du lycée et le gouvernement, il a été décidé que l’ensemble des décisions pédagogiques relatives à Yuei était désormais confié au principal du lycée. Les cursus, les volumes horaires, les programmes, programmations et progressions sont à la charge de l’équipe pédagogique du lycée, qui est elle-même à la charge du principal.

Premier coup de tonnerre. La nomination d’Ayako, faite dans le plus grand secret, avait accouché d’un plan de restructuration du lycée Yuei. Elle en était désormais la seule responsable : elle y faisait ce qu’elle voulait. Bien entendu, la nomination et la révocation du principal restaient à la charge du gouvernement, mais ce dernier ayant accordé les pleins pouvoirs à la jeune femme, il était évident qu’elle allait être longtemps intouchable : un coup de maître de la part de Lightning, car le gouvernement ne pouvait se désabuser lui-même en la révoquant. Légers murmures dans les rangs des journalistes.

    » Suite à la décision de la principale, l’ensemble de l’équipe enseignante du lycée Yuei a été licenciée.

La bronca parmi les quelques journalistes présents. Le bruit des photos qu’on prend s’intensifia, les questions volèrent. Ayako, elle, resta stoïque, continuant son discours.

    » La semaine qui arrive sera donc consacrée à la nomination des nouveaux professeurs enseignant au lycée, rendant donc la publication des modalités d’inscription des élèves plus tardive qu’à l’accoutumée. Merci.

Sans prendre la peine de répondre à qui que ce soit, elle tourna les talons. Les professeurs avaient été avertis quelques minutes plus tôt. Ceux souhaitant conserver leurs postes pourront bien entendu repostuler : mais l’équipe formée sera celle de la principale, et de personne d’autre.

Pendant une semaine, les chaînes d’informations étaient en boucle sur le renouveau de l’équipe de Yuei, analysant les allers et venues des personnalités à Yuei, spéculant sur la nouvelle équipe. Ce qui fut vite découvert, c’était la possibilité nouvelle pour un héros en activité de cumuler, s’il le souhaitait, son métier de héros et d’enseignant. Finalement, plus de la moitié de l’effectif enseignante fut renouvelée. A la publication du trombinoscope, l’opinion fut plus que jamais partagée sur cette première mesure, mais tous se mirent d’accord sur un point : il faudra attendre deux à trois ans pour voir les bénéfices de cette méthode par le vide.

Le problème, c’est que certains enseignants ne sont là qu’à titre vacataire. Très peu, mais deux ou trois ne sont là que par amitié envers Ayako ou par défi personnel. C’est le cas depuis deux ans, par exemple, du professeur de mécanique de la filière assistance, qui a déjà changé deux fois et qui changera une troisième fois. La principale s’assure de la continuité pédagogique, bien sûr, mais elle espère que tous les enseignants finissent par rester. Mais pour le professeur de mécanique, elle avait une idée. Un nom en tête. Et elle lui avait donné rendez-vous.

Elle avait annoncé un voyage professionnel pour la journée, et était partie en taxi tôt le matin, continuant de travailler sur son smartphone malgré tout, passant des appels, concluant des contrats et des partenariats, validant des choix. Elle arriva à Sendai en début d’après-midi. Elle mangea sur le pouce, et passa l’après-midi à visiter les infrastructures des succursales de Seigi, Kyuunan et Tsukeru avant de se rendre à sa chambre d’hôtel pour prendre une douche rapide et se changer. T-Shirt noir, pantalon noir et foulard blanc, elle laissa ses cheveux détachés et se rendit au point de rendez-vous. Elle le vit, à une table, déjà en train de boire. Elle s’installa face à lui, lui affichant un léger sourire.

    » Je croyais que tu préférais les bars undergrounds, Akio. Celui-là est assez… classique.


________________


   
Celui que frappe la foudre n'entend pas le tonnerre.
Kojima Akio
Membre du Syndicat
avatar
Profession : Garagiste - Ingénieur du Syndicat
Rang : A
Yens : 685
Alignement : Esprit Libre
Re: Entretien avec un vampire [Akio] || Lun 4 Juin - 13:14

- Il m’arrive d’être un peu distingué tu sais.

Fit-il en réponse à sa boutade, un petit sourire sur le visage alors qu’il venait de finir de tourner son whisky dans son verre d’un air distrait. Reposant le verre sur la table, il attendit qu’elle commande auprès du serveur qui s’était rapproché à son arrivée, pour reprendre la discussion.

- Pour rien te cacher j’avoue avoir eu un peu peur quand tu m’as proposé de te rejoindre ici. À croire que tu m’espionnes en douce pour savoir que j’serais à Sendaï ce weekend ! Creepy ♫ ...

Chantonnant presque le dernier mot, il but une petite gorgée alors que la jeune femme se faisait servir. Elle lui avait envoyé un texto la veille en voyant sur son appli qu’il était dans les parages.

- Qu’est-ce que tu fais là sinon ? Au vu des récentes news, j’t’aurais plus vu en train de te préparer à la rentrée. Du style former ces gens qui ont jamais enseigné et compagnie...

Elle lui poserait sûrement la même question. D’autant qu’il s’était fait propet comme l’attestaient sa chemise bleu ciel -même si celle-ci avait maintenant le bouton du haut ouvert et les manches retroussées- et sa veste jetée sur le dossier du siège de laquelle dépassait un bout de cravate qui laissait supposer que le reste du vêtement était roulé en boule à l’intérieur de la poche intérieure.

- Enterrement. Un ami de la famille. Enfin … un ancien.

Fit-il du coup après avoir capté son regard subtil mais insistant en direction de sa personne. Il s’était même coiffé, c’était pour dire !

- Sérieusement, tu sais qu'tu prends des risques un peu. Toi, miss héroïne spécialisée dans la castagne devenue éducatrice j'étais le premier à être surpris -et j'suis pas le seul- mais tous les jours j'ai des pop-ups sur le profil de tes recrues, à croire que tous les journaux parlent que de ça... Et elles ont pas toutes l'air compétentes. En héros mouok j'pense mais prof ...

Ricanant un peu, il reprit une gorgée, le serveur leur apportant les cartes au cas où ils souhaiteraient manger.
Tenryû Ayako
Principale de Yuei
avatar
Surnom : Lightning
Profession : Principale de Yuei
Rang : S
Yens : 1190
Renommée : 316
Re: Entretien avec un vampire [Akio] || Dim 10 Juin - 23:26

    » Un thé glacé. Mangue, s’il vous plaît.
Elle enleva sa veste, la posant sur le dos de sa chaise. Elle le dévisagea un instant : il n’avait pas changé. Peut-être un peu plus de charme inhérent au nombre des années qui s’écoulaient, mais rien de plus. Et elle était contente au fond d’elle qu’il soit en si grande forme. Il avait épousé une voie bien pire que celle qu’Ayako avait choisie : il était passé du côté des hors-la-loi. Elle ne voulait pas savoir jusqu’à quel point il s’était enfoncé : elle savait juste que temps qu’elle était encore en vie, elle ne cesserait de lui tendre une main pour le faire remonter.
    » Les élèves sont de plus en plus nombreux à Yuei, et les employés héros aussi. Les agences ne peuvent plus tous les accueillir à Tokyo même et doivent être envoyés dans d’autres grandes villes. Je m’assure que les succursales de Seidai soient suffisamment sûres pour eux.
On lui apporta son thé glacé. A vrai dire, elle avait appris qu’il serait là, et avait totalement chamboulé son agenda pour pouvoir le voir. Cela faisait plusieurs semaines qu’elle n’avait plus eu de nouvelles, et plus le temps passait, plus le temps qui s’écoulait entre deux textos était long. Elle gardait un air détaché devant lui, mais elle mourrait d’inquiétude au fond d’elle. Parce qu’elle avait côtoyé les Vilains, qu’elle avait pu voir de ses yeux les exactions de certains, que la mafia n’avait rien de tendre et qu’un ingénieur comme lui, aussi talentueux, pouvait se faire exploiter à des fins horribles. Elle avait vu Basile : Détective Privé : elle savait de quoi elle parlait.
    »Et tous les jours j’ai des mails m’informant de ton actualité… elle feignit ostensiblement d’en recevoir un nouveau. Ah non. Au temps pour moi : pas du tout. Tu pourrais être retrouvé mort, assassiné par tes patrons ou par ceux qui te payent, que je serai la dernière à le savoir. Elle haussa un sourcil : le ton était clairement réprobateur. Plus sérieusement, tu sais que tes objets ne sont pas tous utilisés à bon escient. Au contraire. J’ai encore des amis à Seigi qui me disent que des Vilains sont arrêtés à tour de bras utilisant des objets qui portent ta marque. Et beaucoup d’entre eux sont illégaux. Tu risques ta peau pour des criminels à deux francs qui se font avoir dès qu’ils braquent un Super U pour 300 yens. C’est ridicule. Et dangereux.
Son ton n’était plus réprobateur : il était sérieux, grave. Elle savait qu’il connaissait les risques, elle savait qu’il avait embrassé cette carrière à dessein et elle savait surtout qu’il ne reviendrait pas. Mais elle continuait d’essayer de le faire revenir. Akio était son meilleur ami, peut-être même le seul véritable ami qu’elle n’ait jamais eu. Il était son échec ; son plus grand échec. Le plus grand remord de sa vie ; et pourtant, elle n’y était absolument pour rien.
    » Je cherche encore un professeur de mécanique. Tu es le meilleur que je connaisse. Tu serais parfait, et tu le sais. Tu n’as qu’un mot à dire, et je t’offre un salaire équivalent à ce que tu gagnes en un mois correct, une place sûre et sécurisée et qui te protégera des Vilains et de la justice.

________________


   
Celui que frappe la foudre n'entend pas le tonnerre.
Kojima Akio
Membre du Syndicat
avatar
Profession : Garagiste - Ingénieur du Syndicat
Rang : A
Yens : 685
Alignement : Esprit Libre
Re: Entretien avec un vampire [Akio] || Mer 13 Juin - 13:11

Se servant dans le petit pot de cacahuètes que le serveur venait de ramener avec le verre de thé glacé – à croire que sans la commande d’Ayako il ne méritait pas de snack -, il sourit bêtement à la réprimande, d’un sourire ironique figé. Et ça recommençait. Encore. À croire que sa nouvelle fonction lui demandait de faire peau neuve. Quoi de plus normal en même temps. Si on apprenait que la personne en charge de l’avenir de toute une génération de futurs héros trainait avec de la racaille… Et pas n’importe quel type de racaille. Il était officiellement rattaché au Syndicat. Après pour ce qu’il y faisait réellement … bof.

Poussant un soupir quand elle eut fini ses réprimandes, il s’étouffa en avalant une cacahuète quand elle lui proposa le poste de professeur. Ahah. Lui. Professeur. Et il savait qu’il y serait parfait ? Quoi, où, comment ? Il détestait tous ces gosses pinailleurs qui ne se sentaient plus pisser et cherchaient la gloire et les éloges plutôt que d’aider réellement autrui. Tu parles de héros…

- C’est actuellement super choupi. Que tu t’inquiètes suffisamment pour moi au point de risquer la réputation de ton école à me proposer un rôle de prof. Mais soyons honnêtes. Tu penses vraiment que je suis le genre de modèle que tu veux donner à ta marmaille ? Moi parfait pour éduquer des gosses en pleine crise d’adolescence ? Allons, fais pas genre…

Nouvelle cacahuète. Sa marque ? Il n’affichait rien d’apparent qui le rattachait directement à lui. Mais il était vrai que tout artiste laissait indéniablement transparaître son identité dans chacune de ses œuvres… Sûrement dans le lot des objets qu’elle citait il y en avait en effet quelques-uns à lui…

- Après c’est vrai que j’suis le meilleur que tu connaisses… ça j’en doute pas par contre. Mais t’en fais pas pour moi, j’suis un grand garçon. T’sais si vraiment je faisais ce que tu me soupçonnes de faire, j’vivrais autant de risques que si j’étais resté en agence. Si les vilains visaient vraiment les héros, ils auraient qu’à viser les supports autour pour que tout s’écroule.

Faisant craquer son cou, il repensa à l’un de ses camarades ingénieurs de l’agence Seigi qui un beau jour n’avait plus jamais donné de nouvelle, et pour cause il s’était fait renverser par une voiture. Coïncidence, meurtre prémédité ? L’enquête n’avait rien donné mais le département et plus spécifiquement la filière en biomécanique en avait bien souffert.

- Et j’ai appris à me défendre depuis le temps. Tu serais surprise. D’ailleurs, à l’occasion on pourrait se faire un petit combat.

Elle le laminerait sans doute en deux tours mais l’idée de la défier, elle, la prodige, l’amusait tout de même. Sans compter qu’amener la discussion ailleurs que sur l’impact de ses objets héroïques sur la société était loin d’être déplaisant.
Tenryû Ayako
Principale de Yuei
avatar
Surnom : Lightning
Profession : Principale de Yuei
Rang : S
Yens : 1190
Renommée : 316
Re: Entretien avec un vampire [Akio] || Mer 20 Juin - 14:27

    » Oh c’est vrai, excuse-moi. Un ingénieur de génie, l’un des meilleurs du monde, quel exemple de merde pour la jeune génération. J’te demande pas de leur donner des conseils de choix de vie, juste de leur expliquer qu’une résistance dans un objet ne va pas augmenter sa durabilité. C’est à ton niveau, ça, non ?
Si la filière héroïque de Yuei était disputée au point de n’avoir que des étudiants qui savaient à peu près ce qu’ils faisaient, ce n’était pas le cas de la filière assistance qui souffrait encore de l’amateurisme de ceux qui y entraient. Beaucoup d’ailleurs n’allaient en filière assistance que pour espérer créer des liens pour finalement être un super-héros, n’étant pas assez doué pour la filière héroïque ou parce qu’ils en ont été recalés. Conséquence de quoi : les ingénieurs en herbe ne sont que très peu performants en entrant à Yuei, à l’exception de quelques-uns, et le rôle des enseignants en était d’autant plus déterminant. L’ingénierie était un pôle aujourd’hui indispensable : sans objet et sans technologie, il était rare d’être efficace. Les agences de héros avaient toutes un pôle consacré, et chacun des héros avait son équipement.
    » Et te fous pas de moi, être en agence est forcément plus sûr que se faire un nom à Sapporo. Entre les gangs et le Syndicat, aucun endroit n’est moins sûr. Suffit que tu vendes un de tes objets à une persona non-grata et pouf, tu deviens la cible numéro un de tout un tas de mecs trop faibles pour être des héros, trop fiers pour l’assumer et trop cons pour faire quelque chose de leur vie.
Ayako ignorait qu’Akio était membre du Syndicat : son pauvre petit cœur ne le supporterait sans doute pas. Pour elle, il n’était qu’un ingénieur underground, répondant à la demande au hasard, sans distinction de qui lui demande du moment qu’ils venaient avec de l’argent. L’intégration à une association mafieuse, qui plus est à la plus grande du Japon et l’une des plus grandes du monde, était un pas qu’elle le pensait incapable de franchir. Parce qu’elle avait confiance en lui et en son bon fond ; qu’elle pensait qu’il n’était qu’un être déçu du système et qui s’en mettait à la marge.
    » Là je te parle de venir à Yuei. Je ne crois pas qu’il y ait plus sûr. J’y suis.
Elle lui adressa un clin d’œil avant de boire une gorgée de son thé glacé. Le trait d’esprit était évidemment qu’une blague, mais elle pensait réellement que Yuei était l’endroit le plus sûr du Japon. Elle s’était assurée de la fiabilité de son équipe, et le nombre de héros et d’apprenti-héros au mètre carré était de loin le plus élevé. Un Vilain se casserait les dents en essayant d’attaquer l’établissement.
    » Attends… Tu veux dire que tu as appris à rester sur place ?
Elle sourit légèrement : le dernier affrontement entre eux deux avait abouti à une victoire écrasante, presqu’humiliante, d’Ayako sur Akio. Il faut dire que ni l’un, ni l’autre n’avait d’objets héroïques et que malgré tous les assauts du Kojima, la Tenryû n’avait pas eu besoin de forcer pour le vaincre. La chance qui l’avait accompagnée depuis le début de sa vie : la puissance brute de son Alter.
    » Enfin… Si tu veux, un jour où tu auras plus qu’un verre à m’accorder. D’ailleurs, j’aurais besoin de nouvelles lunettes. Les autres sont cassées.
Akio lui avait créé par le passé une paire de lunette bien utile avec son Alter : elles permettaient de voir au travers des tempêtes et du brouillard. Elle avait cassé les siennes lors d’un combat contre un Vilain ; elle n’avait pas ressenti le besoin d’en faire refaire vu qu’elle était assignée à la direction de Yuei. Aujourd’hui, cependant, elle sentait le vent tourner. Et une paire de lunettes serait pas de refus…

________________


   
Celui que frappe la foudre n'entend pas le tonnerre.
Kojima Akio
Membre du Syndicat
avatar
Profession : Garagiste - Ingénieur du Syndicat
Rang : A
Yens : 685
Alignement : Esprit Libre
Re: Entretien avec un vampire [Akio] || Sam 14 Juil - 12:06

Roulant des yeux alors qu’elle reparlait de sécurité comme si elle était sa mère -bon actuellement pas comme la sienne si elle se souciait de lui-, il se craqua discrètement une phalange. À cause de son alter ce simple geste était devenu très coutumier et résolvait pas mal de problèmes de démangeaisons qu’il pouvait avoir à force de trop utiliser sa mutation. Roulant à nouveau des yeux quand elle rigola à sa propre blague de rester debout, il devait reconnaître néanmoins que même s’il s’était amélioré, il n’en était pas encore au point de résister à ses cyclones, pluies d’éclairs ou blizzards polaires… Et ne le serait probablement jamais.

- Arrête de t’en faire pour moi un peu. Je savais que j’te manquais mais si tu veux me voir tous les jours, y a d’autres façons d’y remédier que de devenir prof dans ton bahut tu sais.

Sourire ravageur, il pianota sur son verre à sa petite blague. Ils étaient sortis ensemble à la fin du lycée et c’était probablement l’une des pires idées qu’ils avaient eu tous les deux. Trop de choses les opposaient : leurs principes, leur dynamisme, leurs aspirations. Et si c’était déjà le cas alors qu’ils venaient de rentrer en agence, maintenant le gouffre n’en était que plus impossible à franchir.

S’étirant comme s’il avait passé la nuit à faire autre chose -et en effet sa nuit avait été mouvementée étant donné qu’il avait dû tâter le terrain en préparation de ce soir-, il bailla un peu avant de réfléchir à sa demande.

- Pas de soucis. Je t’enverrai ça quand je rentrerai à Tokyo… T’es toujours autant fashionista ou un truc plus sobre t’irait ? Sait-on jamais, être principale d’un lycée pour gamins t’a peut-être assagie. Me semble d’ailleurs pas que tu continues à casser du vilain non ? 'Fin après moi et les news sur les hauts faits des héros tu sais …

Les journalistes fanatiques qui relataient l’adoration des héros lui donnaient envie de vomir tant ils transpiraient l’hypocrisie. Sans compter que beaucoup de héros commençaient à rechercher la notoriété plus qu’autre chose… Bon nombre faisaient ainsi preuve de plus d’engouement que nécessaire et se permettaient tout et n’importe quoi. À l’image de ce fameux héros qui avait fait s’écrouler un petit immeuble de banlieue il y avait de cela quelques années maintenant. Sa licence avait beau lui avoir été retirée, les temps changeaient et constamment les incidents de ce genre devenaient monnaie courante.

- Tu m’invites ?

Fit-il alors qu’il leva un doigt pour qu’un serveur revienne avec l’addition. Il n’avait à vrai dire pas de grande excuse pour s’absenter mais ne pouvait pas non plus lui dire la vérité. Elle le pensait neutre dans ce conflit héros-vilains. Si elle apprenait qu’il faisait partie du Syndicat et pire qu’il s’apprêtait à commettre un délit de bonne ampleur, elle le foudroierait sûrement elle-même. Quelle idée avait-il eu n’empêche d’accepter un tel job. Se pouvait-il que ce qu’elle lui proposait était en réalité plus sympa que sa situation actuelle ?
Tenryû Ayako
Principale de Yuei
avatar
Surnom : Lightning
Profession : Principale de Yuei
Rang : S
Yens : 1190
Renommée : 316
Re: Entretien avec un vampire [Akio] || Sam 14 Juil - 15:27

Elle soupira : ce n’est pas cette année qu’elle réussirait à le convaincre qu’il fallait qu’il rejoigne les rangs de Yuei. Pourtant, elle était sûre qu’il serait parfait, et peut-être même qu’il créerait des vocations dans un secteur en proie à un déficit de talents. Et peut-être devait-elle l’avouer : oui, elle lui manquait. C’était l’une des seules personnes avec qui elle n’avait pas pour obligation d’être protocolaire – même si elle se permettait bien des choses malgré tout. Elle imaginait d’ailleurs le ministère de l’éducation en proie à de violents débats quant à sa légitimité : les récentes réunions entre ministres et surtout, sans elle, la laissait présager un avenir peu radieux pour elle. Même si ses méthodes fonctionnaient : l’efficacité des apprentis héros sur le terrain avait été accru ces dernières années, de la bouche même des chefs d’agence. Mais il restait énormément de travail.
    » Quelque chose de simple suffira. Sans pour autant que ce soit dégueulasse, hein. T’as eu des cours de Design, je crois, profites-en pour les mettre en œuvre, cette fois.
Elle savait qu’il ne perdait pas de temps en fioriture si la commande ne le demandait pas explicitement.
    » La même chose que la dernière fois. Il faut que je puisse voir à travers les tempêtes et les brouillards. Ou à peu près, en tout cas.
Pour le coup, elle devait admettre ses faiblesses : elle n’y connaissait rien en technologie. Elle se contentait d’utiliser ce qu’on lui donnait, sans vraiment comprendre que ça fonctionnait. Tant que ça fonctionnait…

Elle haussa cependant un sourcil quand elle fut congédiée de manière polie. Elle regarda l’heure : elle était elle-même de toute façon en retard, mais elle s’étonna tout de même qu’Akio soit à l’origine de l’arrêt du « rendez-vous ».
    » Quoi, ça gagne pas assez pour payer un verre à une demoiselle, ingénieur à son compte ?
Elle croisa les bras et le regarda avec cynisme, avant d’ajouter :
    » Et me réponds pas « moins que principale » en métaphorisant mon métier pour y inclure « gardien de zoo » et « mioches qui écoutent rien ».
Elle sortit son portefeuille et laissa quelques yens sur la table, avant de se lever et de prendre la direction de la sortie avec Akio. Lorsqu’ils furent à l’air libre, elle leva la tête. Aucun nuage dans les cieux. Elle sourit légèrement, comme une gamine qui sort de son premier rendez-vous. Elle tourna la tête vers lui, le regardant quelques secondes.
    » Tu sais…
Mais elle se rétracta. Elle aurait voulu lui dire tant de choses. Qu’elle avait passé un très bon moment, comme à chaque fois qu’ils se voyaient. Qu’elle espérait qu’ils n’attendent pas autant de temps avant de se revoir. Qu’ils auraient pu retenter le coup, même, ou qu’ils auraient pu être bien à deux. Elle se contenta d’hausser les épaules en soupirant.
    » Envoie moi un mail ou un SMS dès que tu as terminé mes lunettes. J’te dirais où les envoyer et j’te paierai.
Elle l’embrassa sur la joue et tourna les talons en direction de son taxi sur la grande route. Elle le reverrait, de toute façon. Et elle espérait que ce serait dans un contexte plus favorable, pour lui comme pour elle. Car même s’il était, désormais, aux yeux de la loi, un Vilain, elle n’était pas en reste. « Principale du lycée Yuei », ça n’avait rien de favorable. Elle était constamment surveillée, épiée. Elle avait des responsabilités incommensurables et étaient même responsables des actions de centaines d’autres personnes, sans compter les milliers d’élèves.

S’asseyant sur la banquette arrière de la voiture qui l’emmenait vers Tokyo, elle soupira en sortant son téléphone. Comme attendu, elle avait une vingtaine de SMS et des dizaines de mails. La rançon de la gloire, quand, à quelques jours de la rentrée, la principale s’accordait du répit… Mais elle prit tout de même le temps de lui envoyer un SMS d’abord. Le sens des priorités.

________________


   
Celui que frappe la foudre n'entend pas le tonnerre.
Kojima Akio
Membre du Syndicat
avatar
Profession : Garagiste - Ingénieur du Syndicat
Rang : A
Yens : 685
Alignement : Esprit Libre
Re: Entretien avec un vampire [Akio] || Sam 14 Juil - 19:51

Cette fois. Souriant à cette pique plutôt légitime, il acquiesça pour la vision à travers le brouillard et compagnie. Il avait compris la première fois, qu’elle ne s’en fasse pas, il savait prendre une commande de tête. La laissant payer en acquiesçant au fait qu’il ne gagnait en effet pas assez d’argent, il reprit sa veste posée sur le dossier de sa chaise. Inutile de lui dire qu’il était encore criblé de dettes, elle ne le maternerait que plus.

Se levant avec elle, ils se dirigèrent vers la sortie, la jeune femme s’arrêtant un moment à contempler les nuages.

- Tu sais…

– Hmm ?


Elle semblait si sérieuse, si pensive que son cœur sembla manquer un instant devant ce moment qui lui semblait si hors du temps, loin de tout ce qui les séparait. Mais ce moment de flottement disparut bien vite, la pression extérieure retombant lourdement sur leurs épaules alors qu’elle lui parlait d’adresse de livraison.

- T’inquiètes. C’était cool, rentre bien.

La regardant s’éloigner et monter dans son taxi, il passa sa veste par-dessus son épaule et se dirigea vers l’endroit où sa voiture d’emprunt était garée. C’était cool oui. Il sentait encore la pression qu’avait exercé la jeune femme sur sa joue, mais la réalité le rattrapait déjà alors qu’il consultait son portable. Un nouveau message. « T’es où ? ». Répondant qu’il arrivait, il fut dérangé par un autre message qu’il referma après avoir lu en diagonale. Si elle savait …

Rentrant au bercail, les préparations se poursuivirent quelques heures et le restant de la journée défila à toute vitesse. Derniers préparatifs, il sortit dehors pour s’en griller une avant d’y aller. Clés sur le contact, il alluma une cigarette, se frottant un instant les yeux, son portable tombant sur le siège. S’en munissant, il revit dans l’historique le sms et instinctivement appuya sur le bouton d’appel.

Trois sonneries, pas de réponse. Il était trois heures du matin après tout mais enfin il entendit sa voix.

- Vous êtes bien sur le répondeur d'Ayako. Je ne suis pas disponible pour le moment. Laissez un message et je vous rappellerai. Des bisous !

– Yo … J’sais qu’il est tard mais … en fait non t’écouteras ça demain donc balec. J’tenais à te dire un truc. J’ai pas mal réfléchi à c’que tu m’as dit. Ta proposition, ton inquiétude tout ça. Et j’sais que tu cherches qu’à me protéger des vilains, du Syndicat, d’moi-même lol… mais peut-être qu’il faudrait que j’sois totalement honnête avec toi. La raison pour laquelle j’crains pas trop le Syndicat c’est qu’tu vois j’en fais partie. Rien de ouf j’te rassure, j’en suis pas une tête pensante mais disons que j’me suis retrouvé dans la merde et qu’ils m’en ont sorti. ‘Fin ils m’y avaient mis aussi mais ça c’est une autre histoire. Tout ça pour dire que … J’suis pas tant la victime que t’imagines que j’suis… Et … sur base de ça… tu chercherais toujours un prof de méca ? P’t’être que t’as raison, ça pourrait être cool. Me remettre sur le droit chemin, avoir un truc stable, serein… bref dis-moi, ciao.

- Une fois votre message enregistré, appuyez sur dièze pour plus d'opt …


Appuyant sur dièze, il réécouta son message pathétique alors que de sa main libre il tirait lourdement sur sa cigarette. Reculant sa tête sur son dossier, il pianota un instant sur son volant avant d’appuyer sur un nouveau bouton.

- Message supprimé.

Raccrochant, il rangea son portable, fermant les yeux un instant. Quelle idée conne. D’avoir pensé à lui dire pour le Syndicat, mais aussi d’avoir répondu à son offre. Il était bon dans ce qu’il faisait oui, mais des ingénieurs corrects elle en avait une tripotée de disponibles, tous plus à même de montrer le bon exemple à ses élèves. Et quand bien même, comment réagiraient ses clients de le voir s’affilier à Yuei ? Il savait comment le Syndicat traitait avec les déserteurs et il ne ferait pas exception. Et même sans ça … il appréciait sa vie d’une certaine manière. Ces commandes toujours plus risquées et challengeantes, son garage, son assistante, ce petit frisson qui le parcourait à chaque réalisation… tournant la clé, sa voiture démarra. Direction le test rp.
Contenu sponsorisé
Re: Entretien avec un vampire [Akio] ||

Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Entretien avec un vampire
» Entretien avec un vieux
» Des extraits d'un entretien avec Jean Erich René
» Entretien avec Milandor
» Entretien avec Magneto [Hypermusic et Magneto] [Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dawn of Heroes :: Autres lieux :: Autres :: Reste du Japon-
Sauter vers:
spider