Plus qu'une arme
header

Partagez|

Plus qu'une arme

Fubuki Nami
Apprenti Héros
avatar
Surnom : Cold Breath
Profession : Élève 3S - Filière Héroïque
Rang : B
Yens : 1410
Renommée : 98
Alignement : Dévouée
Plus qu'une arme || Dim 8 Juil - 16:48



Des téléphones qui sonnent, des doigts qui pianotent sur un clavier, des gens qui pleurent, qui sont soulagés ou heureux, et d'autres qui le sont beaucoup moins.
Des couloirs interminables. Des pièces que l'on dépassent en grands nombres, parfois vides et parfois desquelles s'élèvent des tons qui montent.
Plus loin encore, des cellules d'acier et quelques unes, blindées, résistantes à certains type d'alter, n'étant occupées que temporairement pour la plupart.

Des ambiances changeantes à chaque aile franchie. Un chemin que certains étaient amenés a suivre, dans l'ordre, s'arrêtant en bout de chemin à l'une des étapes, mettant une nouvelle fois leur avenir sur la sellette : prouver leur innocence et sortir ou bien poursuivre leur descente un peu plus loin, parfois jusqu'au bout du voyage, sans espérer faire un jour le trajet retour, payant pour leurs fautes.
C'était ainsi l'atmosphère au commissariat. Le lieu où tout basculait pour beaucoup.

Cependant, hormis les pôles réservés aux plaignants et ceux pour les coupables ou présumés, il y avait aussi des infrastructures pour les forces de l'ordre. Un backstage auxquels eux seuls avaient accès : des stands de tirs et une armurerie interne, par exemple.
C'était dans cette dernière que je me trouvais.
Patientant, assise à une table avec une canette sortie du distributeur, observant la pendule accrochée au mur.
L'attente semblait interminable, comme aux urgences d'un hôpital, le stress et l'angoisse en moins. Celui que j'attendais, revenant de son bloc opératoire, n'était autre que mon glock 19.
Il ne fonctionnait plus correctement depuis une chute en mission : la gâchette avait du jeu, entre autre, et cela impactait sur la précision de tir.
Je l'avais démonté pour observer chaque pièce et tenter de trouver l'origine du problème mais, même si je m'y connaissais pas mal, rien ne valait l'expertise d'un professionnel : c'est pourquoi il était en réparation et inutilisable depuis un bon moment – faute de moyens pour le réparer - , je m'en servais simplement de dissuasion : un vrai restant plus crédible qu'une arme factice malgré tout.  

Soupirant, j'attrapai ma canette de thé glacé et la porta à mes lèvres pour en boire une gorgée avant de la reposer sur la table.
On m'avait bien proposé des modèles différents, plus récents et même d'une série identique pour en avoir un plus neuf maintenant que je disposai de mon permis d'arme à feu depuis quelques temps mais c'était celui-là que je voulais. Impossible de penser à le remplacer.

Plus qu'une arme – que mon arme -, mon glock 19 était le symbole de beaucoup de choses. C'était celui de mon investissement pour les forces de l'ordre, de mes progrès, mais aussi, tout simplement, celui qui m'avait été prêté chaque fois que j'étais venue en renfort dans la brigade de mon père histoire de leur prêter main forte.
Encore au dessus de tout cela : il représentait la reconnaissance de mon père, puisque c'était lui qui me l'avait offert.

Après le pistolet à billes de mes douze ans qu'il avait choisi comme cadeau pour m'initier aux armes dans un but défensif du – au cas où – étant donné mon petit gabarit, voilà que trois ans après il m'en avait offert une réplique, bien réelle, et des responsabilités qui l'étaient tout autant.
J'étais consciente du danger de l'arme : c'était même là sa principale fonction. Dissuader ou blesser pour stopper. Mais il fallait remettre les choses dans leur contexte.
Mon père, Lieutenant dans les forces de polices de Tokyo, était au plus près, chaque jour, de la criminalité et des vices de ce monde. Voir évoluer sa fille, petite et fluette, avait attisé une certaine crainte en lui concernant ma sécurité. Il s'était alors mis en tête de m'apprendre à me servir d'une arme si je devais avoir besoin un jour pour ma survie, et m'avait appris a me battre : m'entraînant aux désarmements et aux méthodes d'arrestations ainsi que de défense en général.
Une décision qui avait entraîné bons nombres de conflits entre mes parents, et pour cause : l'un était flic, protégeant la population mais arrêtant aussi des criminels, l'autre était infirmière, sauvant des vies chaque jour et soignant les blessés, qu'importe le casier des personnes.

Ils étaient finalement tombés d'accord.
Apprendre à me défendre : oui.
M'exposer au danger : non.

Un accord que j'avais rompu la première...

________________



Nami's theme:
 
Fubuki Nami
Apprenti Héros
avatar
Surnom : Cold Breath
Profession : Élève 3S - Filière Héroïque
Rang : B
Yens : 1410
Renommée : 98
Alignement : Dévouée
Re: Plus qu'une arme || Dim 8 Juil - 21:57

Je me souviens du jour de mon quinzième anniversaire...

********************************

J'avais déjà été observer mon père sur le terrain avec sa brigade plusieurs fois. Une décision de ma propre volonté.
Je voulais savoir comment mon père, ce héros, arrêtait les criminels.
J'avais une vision biaisé de la chose à travers toutes ces séries policières que j'avais pu regarder : la réalité était bien différente même si quelques codes similaires restaient. On aurait pu croire qu'avoir un parent dans le milieu m'aurait permis de m'en faire une idée plus précise que n'importe qui mais mon père n'était pas du genre a raconter ses journées, et les réunions qu'il pouvait avoir en invitant ses collègues à la maison se passait toujours à huit clos.

Malgré tout, cette vocation – comme j'aimais l'appeler – m'avait tout de suite plu et puisque j'étais encore trop jeune pour partir sur des missions d'envergure, je m'étais tournée vers l'étude de la balistique : apprenant a détailler les armes sous toutes les coutures, tout comme leurs munitions, leur trajectoire et puissance d'impact ; avant de passer mon permis de port d'armes.

Et en ce jour de fête... cette arme, que je reconnu comme celle de prêt du commissariat au premier coup d’œil, me rendit heureuse...
Une joie sans doute dérangeante d'un point de vue extérieur – il s'agissait quand même d'une véritable arme à feu : bouuh ce père irresponsable – mais que l'on se rassure je n'ai rien d'une psychopathe – je crois – encore une fois, c'était vraiment le symbole qu'elle représentait qui m'avait empli de fierté et qui continuait de le faire.
C'était comme recevoir un badge de monté en grade, un diplôme …  : quelque chose qui récompensait nos efforts et nous offrait de nouvelles perspectives.
C'était un nouveau cap de franchi, prouvant mon implication pour les forces de l'ordre au sein desquelles j'avais ma place.
Je me rappelle avoir trouvé mon glock encore plus beau, plus précieux a partir de cet instant : maintenant qu'il m'appartenait.

J'avais passé le stade de tirer sur des bouteilles pour m'entraîner avec mon pistolet a billes. Par mesure de sécurité, avec cette arme là, il était indispensable de s'entraîner sur un champ de tir ou dans un milieu désert.
C'était ce que nous étions partis faire le lendemain, casque sur les oreilles et lunettes de protection vissée sur les yeux, mes bras tendus vers la cible de papier, le regard dans le viseur, expirant avant d'appuyer sur la détente de manière successive : cinq fois exactement, correspondant au nombre de balles présentes dans son magasin.

Comme toujours, j'avais rapproché la cible pour constater les impacts : un dans le bras gauche, deux dans le vide, un dans la jambe droite, un dans le flanc, presque dans le vide.
J'avais déjà tiré avec cette même arme avant mais c'était de cette séance dont je me souvenais les résultats encore aujourd'hui .

Après, nous étions passés dans une armurerie, une vraie, pas celle du commissariat. Dans celle-ci, on m'avait demandé de présenter mon permis d'armes lorsque j'avais déposé mes balles 9mm et mon holster tout neuf sur le comptoir pour les payer avec mes économies.

Ah... les armureries...
Certains faisait du lèche vitrine – surtout les femmes – et moi aussi... mais à ma façon !  
Devant les vitrines des armes en tout genre, leurs munitions et leurs accessoires. Une source intarissable de connaissances et de nouveautés.

Je m'étais promis d'acheter un pistolet revolver rétro à barillet comme le 357 Magnum ou bien un pistolet à percussion de l'époque du XIXeme. Pas pour m'en servir, seulement pour constituer une collection.
Mais... ils valaient une petite fortune et au jour d'aujourd'hui je ne m'étais toujours pas payée ce luxe. Une fois ma formation à Yuei terminée, peut-être...

________________



Nami's theme:
 
Fubuki Nami
Apprenti Héros
avatar
Surnom : Cold Breath
Profession : Élève 3S - Filière Héroïque
Rang : B
Yens : 1410
Renommée : 98
Alignement : Dévouée
Re: Plus qu'une arme || Mar 10 Juil - 0:14


Et me revoilà hors de mes pensées, assise à une table devant ma canette désormais tristement vide.
Un nouveau coup d'oeil sur l'horloge murale m'indiqua que seulement un petit quart d'heure était passé depuis le début de ma rêverie et pratiquement une heure depuis que j'avais confié mon arme...

Mes doigts pianotaient sur la table à intervalle régulier, témoignage de mon ennui croissant qui cessa rapidement après avoir croisé le regard désapprobateur d'un homme, ponctué d'un claquement de langue.

Si j'avais su que cela prendrait tant de temps, je serais partie faire autre chose en attendant... Mais c'était un peu tard maintenant.

« Fubuki-san. »

Le gong salvateur ?!

Ma tête se redressa d'emblée, remplaçant ma lassitude par un vif intérêt soudain.

« Aye ! »

Debout, droite comme un « i », j'avisai l'homme des forces de l'ordre qui m'interpella depuis son comptoir. Sans perdre un instant, je me dirigeai vers lui pour voir ce dont il retournait.
Etait-ce enfin fini ? …

L'homme souleva la partie basculante du comptoir pour m'inviter à le rejoindre.

« J'ai trouvé ce qui clochait. Je vais te montrer, comme ça, si ça se reproduit, tu seras capable de réparer le soucis toi même, c'est trois fois rien. »

Un « trois fois rien » qui rendait quand même l'arme inutile depuis un bon bout de temps – mais qui aurait visiblement pu être réparé il y a bien longtemps si j'avais eu les moyens pour le faire... -.

Acquiesçant, je le suivis jusqu'à l'atelier, derrière.
Bon nombres d'armes et de pièces étaient exposées ici, tout comme plusieurs bacs étiquetés des matricules des agents dans lesquels trônaient les armes de ceux qui n'étaient pas en service.

« Le mécanisme de la gâchette commençait a fatiguer, j'aurais pu le remplacer mais le tiens n'est pas abîmé alors je vais simplement redresser un peu le métal pour le resserrer, ça devrait suffire. Je remplace par contre le ressort.
J'ai aussi l'habitude de voir pas mal de poussière dans l'éjecteur alors j'ai démonté le tiens pour voir mais j'ai été surpris de le voir niquel ! Tu en prends soin dis donc ! »


Il me montra les diverses pièces tout en parlant, me laissant attentive à la moindre de ses manipulations pour tenter d'apprendre et de pouvoir les reproduire en cas de besoin, mais son compliment me gêna un peu, me faisant me gratter la joue en avouant mon secret qui n'en était même pas un :

« Je le démonte souvent pour le nettoyer et j'en profite pour observer son mécanisme... »

Le sourire de l'officier laissa comprendre sa satisfaction avant qu'il ne se remette a bidouiller mon arme dans une dernière déclaration sur le sujet.

« C'est tout a ton honneur. »

Les pièces furent ensuite nettoyées, remontées, assemblées, le tout avec une minutie et une rapidité qui démontrait une grande habitude.
En l'espace de dix minutes, mon arme était de nouveau entière, laissant l'officier procéder aux dernières vérifications.

« ça me semble pas mal. Vas l'essayer au stand et reviens me dire si tout est en ordre ou pas. »

Le remerciant d'un signe de tête et d'un léger sourire qui ne perdit rien de sa sincérité, je pris mon glock en main, l'admirant sous tous les angles comme ci je ne l'avais pas vu depuis un moment avant de le ranger dans son holster reposant sur ma cuisse, à peine une poignée de secondes plus tard.

Repassant de l'autre côté du comptoir, j'allai récupérer ma canette vide sur la table pour la jeter dans la poubelle prévu a cet effet – parce que recycler c'est important ! - et me dirigeai au stand de tir.
Plus mes pas me rapprochaient de ma destination et plus j'entendais fortement les coups de feu.
Prenant finalement place à mon tour, casque sur les oreilles et lunettes de protection sur le nez, je tendis mon arme vers ma cible au loin, la tenant de mes deux mains, et visai les zones que je voulais atteindre. Après une expiration, mon index se plia et se déplia successivement à côté de la gâchette, me préparant pour les coups de feu imminents qui arrivèrent dans l'instant, tirant une fois ma stabilité trouvée.
Cinq coups successifs.
La prise en main était bonne et la gâchette avait retrouvé sa flexibilité normale : sensible mais pas trop.
Tout semblait comme avant et pourtant pas mal de choses avaient changé...

Appuyant sur le bouton à mes côtés, je fis avancer ma feuille pour observer de plus près le résultat de mes tirs. Un impact dans le bras gauche, un dans la main droite, un dans la jambe gauche, un dans le pied droit, et un dernier dans la tête... le dernier recours si les balles de dissuasion et d'immobilisation précédentes ne calmaient pas l'individu...

Je soupirai devant cette feuille parfaite correspondant à mes attentes, sans pour autant m'empêcher de fixer la tête trouée de ma cible de papier.
J'espérais n'avoir jamais a porter un tel coup. Quelle pouvait être la sensation ressentie en portant un coup létal ? Pouvait-on seulement continuer à dormir paisiblement ? … Oui, définitivement, je souhaitais ne jamais être exposée à cette situation, même si je savais que ça semblait être un euphémisme en cumulant les interventions aux seins des forces de l'ordre et celles en tant que héros pour Seigi, mais c'était un choix de vie qui me convenait parfaitement.
Tout en y étant réfractaire comme n'importe qui, je savais aussi que si je n'avais pas d'autres choix pour la sécurité de tous, j’appuierais sur la gâchette, même le viseur en pleine tête...

________________



Nami's theme:
 
Fubuki Nami
Apprenti Héros
avatar
Surnom : Cold Breath
Profession : Élève 3S - Filière Héroïque
Rang : B
Yens : 1410
Renommée : 98
Alignement : Dévouée
Re: Plus qu'une arme || Mar 10 Juil - 9:41

Après trois ou quatre session de tir, vérifiant bien que tout fonctionnait parfaitement, je reposai le matos de sécurité et quittai les lieux. Je retournai vers l'armurerie du commissariat, satisfaite de voir que mon arme était enfin opérationnelle mais d'autant plus ravie de la retrouver dans son holster.
Même lorsqu'elle était inutilisable, sa présence avait un quelque chose de rassurant et était, en général, suffisante pour dissuader, ce qui en un sens était assez triste... Être rassurée par une arme ne devrait pas exister mais cela continuerait aussi longtemps qu'il y aurait de la vermine violente foulant la planète. Un constat aussi affligeant qu'amer.

Car oui, faire partie des forces de l'ordre était ce genre de métiers que l'on préférerait voir disparaître, cela signifiant que tout allait pour le mieux, malheureusement, la réalité était telle que cela n'arriverait jamais.
Il y aurait toujours des arrestations, toujours des enquêtes criminelles, toujours des blessés par balles ou par d'autres armes, toujours des morts aussi... qu'importait notre investissement, nous mettions fin aux dangers mais nous ne pouvions les éradiquer jusqu'aux derniers.
Nous étions comme ces colibris qui tentaient d'éteindre un feu massif en apportant des gouttelettes d'eau dessus pour espérer l'éteindre. Ça avait beau l'air d'être inefficace – tant le brasier avait d'ampleur -, ils faisaient malgré tout leur part et a plusieurs, parvenaient à des résultats.
Et j'étais encore partie dans mes réflexions ! …

Au moins, mes pas m'avaient quand même conduit en mode pilotage automatique jusqu'à ma destination pendant que mon esprit était ailleurs !

« Il est parfait ! Merci beaucoup pour les réparations et ajustements. »

Mon buste légèrement incliné, témoigna de mon remerciement.

Et on en venait au sujet qui fâche...

« Comme convenu avec le devis, je te soustrairais ça a ta prochaine recette ! »

Sourire légèrement déformé : mon pauvre salaire de réserviste...
Les tarifs étaient nettement moins chers en interne, d'où ma présence ici, mais puisqu'il ne s'agissait pas - plus - de mon arme de fonction puisqu'elle m'appartenait bel et bien... il fallait débourser une belle petite somme...

« Oui... Bien sûr... »

Gyurh... Comment j'allais faire avec ça en moins... Surtout qu'il fallait encore que je m'achète des munitions... Bon eh bien... Papa et maman me verront un peu plus souvent ce mois-ci, ça me fera économiser quelques courses...
Oui bon... Qui n'avait jamais fait ça quant il était un peu raque ?... Hormis les riches, évidemment. Ce n'était pas Tsubasa-senpai qui utilisait ce genre de combine par exemple...
J'affichai une moue boudeuse avant de me masser les deux joues sans aucune délicatesse.
Allez ! On se ressaisi !

Arme désormais en état de fonctionnement dans son holster, j'allais voir si une brigade n'avait pas besoin de renfort.
Et actuellement, j'avais le choix entre taper des rapports ou faire de l'observation pour la sécurité routière... Va pour ce dernier choix : au moins, ça me ferait prendre l'air et bouger un peu après cette attente interminable...

________________



Nami's theme:
 
Contenu sponsorisé
Re: Plus qu'une arme ||

Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Chez Eäràr, maître d'arme.
» L'arme de la dialectique n'aurait pas donné des résultats +
» Dreadnought et Arme détruite
» Armure 105 à 135 et arme 109 à 145
» arme combine flamer

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dawn of Heroes :: Tokyo :: Centre-Ville-
Sauter vers:
spider